Il y a les « pour » qui vantent ses bienfaits pour nos os, contre l'ostéoporose... Il y a les « contre » qui pointent les risques d'allergie, de cancer de la prostate... La bataille du lait fait rage. : David Adémas

Les « antilait » sont très audibles depuis une dizaine d'années ; les « pro lait » reprennent l'offensive, au niveau européen.

- « Le lait (et son calcium), c'est bon pour la santé, nos os, l'ostéoporose... »

- « Ce n'est pas vrai, 75 % des habitants de la planète ne le digèrent pas et développent des allergies... »

Cette bataille date d'une dizaine d'années. Elle se livre à coups d'arguments scientifiques et historiques. Les « anti » ont mis au jour l'inégalité des habitants de la planète à digérer le lactose, un sucre présent dans le lait, mais pas dans les produits transformés comme le fromage et le yaourt.

Les éleveurs d'Europe du Nord (Caucase, Allemagne... qui ont ensuite migré), les premiers à domestiquer et à tirer profit de la vache, aux alentours de 7 000 avant J.-C., ont développé une enzyme, la lactase, qui permet de digérer le lactose. Les Amérindiens, les Asiatiques, la plupart des Africains, soit 75 % de la planète, non. Ils n'ont jamais bu de lait après celui de leur mère.

Les « pro lait » sont passées à la contre-offensive, au niveau européen, avec le projet LeCHE. Quinze équipes de chercheurs de sept pays étudient les liens entre les origines de l'élevage laitier au Néolithique et la capacité des hommes à digérer le lait à l'âge adulte. Le CNRS (Centre national de recherche scientifique) français apporte sa caution.

Il n'est pas sûr, cependant, que cela suffise à calmer les « anti » qui font remarquer qu'un des partenaires de LeCHE est l'Ocha, un observatoire des habitudes alimentaires lié au Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel). Le débat s'annonce long...

Source : Ouest France