26 février 2009

"Désormais, le clan Bongo ne jouit plus de la même impunité"

Antoine Glaser est rédacteur en chef de La Lettre du continent et coauteur avec Stephen Smith de Sarko en Afrique (éd. Plon, 2008).

La justice française a saisi, jeudi 26 février, des comptes bancaires du président du Gabon. Omar Bongo avait été condamné à verser 457 347 euros au fils d'un chef d'entreprise français qui avait dû payer cette somme pour faire libérer son père, René Cardona, détenu à Libreville. Cette affaire peut-elle faire des émules et susciter de nouvelles plaintes ?

Le président gabonais Omar Bongo, le 8 décembre 2007 à Lisbonne.

Les faits Des comptes bancaires d'Omar Bongo saisis en France

Il s'agit d'une affaire privée et relativement mineure si l'on s'en tient aux montants impliqués. Le président gabonais et sa famille était actionnaires dans la société de René Cardona. Comme ailleurs en Afrique, c'est très difficile de travailler au Gabon si on ne dispose pas de protection au plus haut niveau de l'Etat. Mais c'est moins l'aspect judiciaire de cette affaire que sa médiatisation qui nous intéresse. D'autres particuliers ayant connu le même type de problèmes que M. Cardona savent désormais que le clan Bongo ne jouit plus de la même impunité. Ce sont parfois de petites affaires qui font rebondir les gros dossiers.

Quel rapport entretient la France avec le Gabon ?

Les relations franco-gabonaises sont très anciennes. Après la guerre d'Algérie, c'est le Gabon qui a assuré, à travers Elf, l'approvisionnement énergétique de la France. Pendant toute la période de la guerre froide, Omar Bongo était "notre homme à Libreville". Il a couvert toutes les turpitudes de la France en Afrique. Ce n'est pas un hasard si les mercenaires français engagés dans la guerre du Biafra stationnaient au Gabon. Aujourd'hui encore, quand Omar Bongo descend à l'Hôtel Meurice, toute la classe politique vient lui rendre visite. De gauche comme de droite. Plusieurs Gabonais siégeaient au premier rang lors du dernier congrès de l'UMP...

Quelles sont les relations de Nicolas Sarkozy avec Omar Bongo ?

Il ne peut rien lui refuser. D'abord, Omar Bongo a toujours fait partie des principaux acteurs du "village" franco-africain. Il connaît Nicolas Sarkozy depuis ses premiers pas au RPR. Quand les deux hommes se rencontrent, les discussions portent davantage sur la politique française que sur l'état du Gabon. Leurs relations ne sont pas aussi étroites qu'à l'époque de Jacques Chirac, mais Bongo reste un homme incontournable en Afrique. C'est toujours à lui que l'on fait appel en cas de problème.

A combien estime-t-on les avoirs du clan Bongo en France ?

C'est très difficile à évaluer. Le clan Bongo est très installé dans la capitale. Le président gabonais a une quarantaine d'enfants naturels et adoptés. Tous ont fait des études en France et disposent d'appartements et de voitures. Le montant des biens de cette nomenklatura gabonaise est considérable.

D'où vient cette fortune ?

Le Gabon est un petit pays peuplé d'un million d'habitants, dirigé depuis cinquante ans par le même homme. De son palais du bord de mer, Omar Bongo règne en patriarche. Sa fille Pascaline dirige le cabinet présidentiel. Son fils Ali est ministre de la défense. Beaucoup d'enfants sont à la tête de sociétés d'Etat. Tous les barons régionaux sont cooptés. Cela crée des réseaux politiques et financiers très intégrés. Il faut savoir que 80 % à 90 % des recettes du Gabon viennent du pétrole.

La médiatisation de l'affaire des biens immobiliers et, aujourd'hui, du procès Cardona sonne-t-elle le glas d'une certaine politique africaine ?

La "Françafrique" est comme un gros bateau : même si elle est en phase finale, elle ne va pas disparaître du jour au lendemain. Paris peut toujours compter sur Omar Bongo pour lui rendre service. C'est le président gabonais qui a organisé la rencontre de Carla Bruni-Sarkozy avec Nelson Mandela en février 2008. C'est Libreville qui a servi de plate-forme lorsqu'il a fallu évacuer certains citoyens Français du Tchad. C'est Ali Bongo qui est intervenu pour faire libérer les journalistes français emprisonnés à Niamey.

Mais le système se délite. La politique française en Afrique est en train de se judiciariser. En témoignent l'Angolagate, l'affaire Borel à Djibouti, l'affaire Kieffer en Côte d'Ivoire ou encore l'affaire des biens immobiliers. Aujourd'hui, toutes ces histoires sont très médiatisées.

L'Afrique fait peur à Nicolas Sarkozy. Il souhaite se désengager du continent, d'autant plus que la France, en perte d'influence, n'a plus les moyens d'une politique bilatérale comme à l'époque de la guerre froide. Ce n'est pas un hasard si Nicolas Sarkozy répète à qui veut l'entendre que la France a plus d'intérêts au Proche et au Moyen-Orient.

Propos recueillis par Elise Barthet

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23 février 2009

Livre africain :Les éditeurs africains peinent à trouver des solutions

Meilleure diffusion du livre
Publié le : 23.02.2009 | 07h19
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Par : Abdallah Darkaoui
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A l'heure de la mondialisation, le livre devient l'allié de tous les combats pour la diversité culturelle et linguistique et pour l'accès aux savoirs et au développement.

En Afrique, notamment subsaharienne, le nombre d'éditeurs augmente au même titre que celui des éditions. Pourtant la diffusion reste le parent pauvre de la chaîne de production du livre.

«De toute évidence, les moyens à déployer pour mieux faire circuler le livre pose problème, la diffusion-distribution étant le maillon faible de la chaîne de production du livre», estime Abid Nouri, président de l'Union des éditeurs tunisiens et maghrébins.

Par le passé, relève-t-il, les gouvernements et les Etats se chargeaient de cette mission qu'est l'édition, mais aujourd'hui ils ont cédé l'essentiel de cette activité au secteur privé, alors que le livre demeure un outil fondamental de sensibilisation et de promotion sociétale.

Pour ce patron d'une maison d'édition en Tunisie, il faudrait faire en sorte que le livre ne soit plus perçu comme un bien économique. «Les investisseurs eux-mêmes n'imaginent pas que le livre puisse être un bien marchand».

Même son de cloche chez Mariame Kanté, éditrice sénégalaise pour qui le déficit en matière de distribution du livre est la grande problématique à laquelle font face les maisons d'édition africaines.

«Au Sénégal, on compte seulement deux bibliothèques situées dans la capitale Dakar», a-t-elle fait observer.

«Le réseau de libraires est inexistant ou peu développé: il y a des livres mais il y a un grand problème de disponibilité. Les ouvrages ne sont pas bien distribués dans les villes et encore moins dans les zones rurales», déplore-t-elle.

Selon elle, toute action de promotion du secteur de l'édition à l'échelle de l'Afrique doit avoir pour préalable un effort d'intégration régionale des Maisons d'édition. «Si l'on ne peut pas parler de distribution du livre sénégalais dans les pays frontaliers, comment voulez-vous qu'on y pense pour ce qui est du Maghreb et du reste du continent», se demande-t-elle.

De son côté, l'éditeur marocain Abdelkader Retnani plaide pour la promotion et la mise à niveau du réseau des librairies et bibliothèques, estimant que «c'est justement le manque de professionnalisme au niveau des libraires qui freine pour beaucoup la circulation du livre».

Selon lui, les instances concernées sont appelées à remédier à cette situation en procédant à la création de nouvelles bibliothèques dans différentes régions, autres que celles de Rabat et de Casablanca. «La mise à niveau des librairies, ce maillon faible de toute la chaîne, permettra à coup sûr de mieux faire connaître l'auteur marocain, non seulement au Maroc mais aussi dans d'autres pays, et favorisera la commercialisation de ses ouvrages», suggère M. Retnani.

En matière d'édition, le marché le plus captivant reste le manuel scolaire qui représente 90 pc du chiffre d'affaires, indique pour sa part Ange Félix N'Dakpri, président de l'Association des éditeurs ivoiriens, notant que «ce sont des ouvrages obligatoires et prescrits par l'Etat qui génèrent les recettes les plus importantes».

Les frais de financement, de fiscalité et de douane font que le livre africain est cher puisque les intrants ne sont pas tous détaxés, a-t-il expliqué, appelant à la mise en place de fonds de soutien à la création, la production et la diffusion.

Serge Dontchueng Kouam, directeur général de l'AES au Cameroun, a estimé de son côté qu'«en l'absence d'infrastructures pour la profession, l'éditeur doit être constamment soutenu par les instances de tutelle».

Abondant dans le même sens, M. Ndiaye a souligné que «les politiques du livre dans les pays d'Afrique subsaharienne ne sont pas encore systématisées, et sans l'édition scolaire, le travail de d'éditeur est très difficile».

La coopération Sud-Sud est-elle la solution? L'étroitesse du marché africain et la quasi-absence de réseaux régionaux de l'édition, combinés à l'inefficacité de certaines politiques nationales du livre et au manque de capitaux, freinent l'émergence d'une véritable industrie du livre. La promotion de la coopération entre les pays du continent semble être le meilleur remède, selon certains professionnels africains.

«L'Afrique a toujours été une terre d'accueil des livres étrangers», a assuré Serge Dontchueng Kouam,. « Il est temps que cette situation change. Et pour ce faire, il faut professionnaliser le métier et s'adapter au marché international pour réussir la coopération aussi bien Sud-Sud que Nord-Sud «, a-t-il estimé.

Il a expliqué que les coûts peuvent être ramenés à des proportions raisonnables par le biais de la promotion de la coproduction et de la coédition dans le cadre de partenariats entre les Maisons d'édition africaines.

L'intégration régionale peut aider à résoudre certains problèmes tant elle constitue le garant de l'élargissement du marché, affirme le Sénégalais Ndiaye, déplorant toutefois que l'Afrique reste toujours subdivisée en plusieurs zones linguistiques (francophone, anglophone, lusophone..).

«L'intégration régionale pourrait être une vraie opportunité si elle est bien conçue puisqu'elle permettra d'échanger les livres. Il peut y avoir même des transferts des compétences et des traductions», a souligné M. N'Dakpri, appelant à une profonde réflexion sur le transport des livres, une grande visibilité au niveau de toute la chaîne de production du livre et la mise en place d'un site-web pour présenter un catalogue exhaustif de la production africaine.

Autant dire que les éditeurs africains, longtemps à la traîne et en quête de professionnalisme, ne semblent pas manquer de dynamisme et surtout d'idées dans un marché mondial de plus en plus exigeant.

Par MAP

Source : www.lematin.ma  journal en ligne marocain

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22 février 2009

La grande interview du bloggeur Saint-Ralph

Pour cette  année 2009, j’ai eu l’idée d’interviewer certains acteurs Africains du net.

Monsieur ADJOBI Raphaël dit Saint-Ralph. En fait partie. C’est un africain de la diaspora vivant en région parisienne. A ce titre , il a accepté de réaliser un entretien avec moi. Je vous invite avec plaisir  à le lire et si possible à apporter la contradiction.

Le Pangolin: Vous tenez sur Internet un blog qui parle de l’Afrique De quoi s’agit-il ?

Saint-Ralph. : Mon blog s’intéresse surtout à l’histoire de l’Afrique et des Afrodescendants éparpillés dans le monde.

Le Pangolin: Quel est le nom de ce blog ?

Saint-Ralph. : Mon blog s’intitule « Lectures, Analyses et Réflexions de Raphaël ».

Le Pangolin: Pourquoi ce nom ? 

Saint-Ralph. : Il s’agit pour moi de faire des comptes rendus de lectures de livres susceptibles de me faire connaître le passé et la réalité quotidienne des Noirs dans le monde. S’intéresser au passé des Noirs suppose aussi, en effet, suivre leurs actualités, les analyser et en tirer des réflexions personnelles. Si je ne peux pas tirer de réflexion d’une information, c’est qu’elle n’a pas grande importance à mes yeux.

Le Pangolin: En parcourant votre blog, j’ai noté, par les livres que vous presentez, vous traitez le plus souvent les thèmes suivants :  Le panafricanisme, le fédéralisme, le rôle de la diaspora dans la transformation et l’évolution de l’Afrique, les libertés individuelles, le rôle des élites, la démocratie et les relations Afrique-Occident. Alors qu’est-ce que vous entendez par panafricanisme ? 

Saint-Ralph. : Pour être franc, je ne crois pas du tout au panafricanisme. Il n’a jamais existé et j’avoue que je ne le souhaite que d’un seul point de vue : une prise de conscience d’un mépris dont nous sommes tous les victimes, la prise de conscience de la nécessité de ne pas servir de fer de lance à l’avidité étrangère contre son frère africain. Mon panafricanisme se limite à cela. Hors de ce principe simple, je considère chaque pays africain comme une entité autonome qui doit rechercher sa voie indépendamment des autres. Loin de moi l’idée d’un panafricanisme fraternel qui permettrait à tous les africains de vivre en Afrique du Sud, au Ghana ou en Côte d’Ivoire sans aucun contrôle ou restriction. Contrôle et restriction ne voulant pas dire interdiction. D’ailleurs aucune interdiction n’est possible au mouvement des peuples.

Le Pangolin: Justement pour rebondir sur la question du panafricanisme, pour vous le panafricanisme serait –elle la seule voie pour l’évolution et la transformation de l’Afrique. Qu’est-ce qui fonde votre conviction ?

Saint-Ralph. :  Je ne sais pas si parler d’une plus étroite coopération entre les pays africains signifie plaider pour le panafricanisme. Si oui, alors ce sera le deuxième principe qui fonderait mon panafricanisme. Car il est inadmissible de voir les pays européens voler au secours d’un pays africain en détresse pendant que ses voisins l’ignorent superbement.

Le Pangolin: Et le fédéralisme pour vous c’est quoi exactement ?

Saint-Ralph. : Qu’avons-nous à fédérer ? Il est difficile aujourd’hui de penser à une fédération des pays africains.

Le Pangolin: Pour coller à l’actualité, quelle est votre réaction sur ce qui se passe au  Zimbabwé et au Ghana ?

Saint-Ralph. : Justement, ce qui se passe dans ces deux pays nous donne la preuve que nous ne partageons pas les mêmes idéaux. Il est impossible de s’entendre si nous n’avons pas la même idée de la démocratie, la même idée de l’état, de la nationalité, ou du moins des idées très voisines.

Le Pangolin: Au vu de ce qui se passe au Zimbabwé, malgré les violences post-électorales, pensez-vous toujours que la démocratie reste un passage obligé pour la démocratie et la paix en Afrique ?

Saint-Ralph. La démocratie, c’est la possibilité pour le peuple de faire et défaire ceux qui le dirigent. S’il y a dans un pays des institutions qui permettent cela, c’est dire que c’est une démocratie. Et c’est la voie que les peuples africains souhaitent et désirent. Mais nos dirigeants souvent au service de l’avidité des pays plus puissants ne permettent pas une mise en place facile de cette forme de gouvernement qui est absolument nécessaire au développement harmonieux et durable de nos pays.

Le Pangolin: Alors que pensez-vous des tripatouillages des constitutions et des élections opérées ici et là par différents dictateurs africains qui ne veulent pas céder leur place à d’autres ?  Il est à noter que l’année 2009 est une année électorale dans plusieurs pays (Afrique du Sud, Algérie, Congo, Niger, pour ne citer que ces pays-là)

Saint-Ralph. : L’apprentissage de la démocratie passe par là. Les pays Européens semblent avoir oublié ce passé chaotique et honteux qu’ils ont connu. Les Africains doivent éviter de comparer des choses qui ne sont pas comparables et éviter d’exagérer les fraudes au point de sortir les armes à feu après chaque élection.

Le Pangolin: Est-ce que ces violences ne posent pas le problème de la greffe démocratique qui n’a pas pris en Afrique ? C’est-à-dire les constitutions claquées sur celles de l’occident ?

Saint-Ralph. Il y a aujourd’hui en Europe de nombreuses émissions radios qui démontrent que depuis toujours, derrière chaque coup d’état fait en Afrique il y a eu une main étrangère. Je conseille vivement le livre La Traite des Noirs et ses acteurs Africains de Tidiane Diakité à tous les Africains. Ils comprendront clairement que c’est ainsi que les Européens agissent avec les Africains pour continuer à les dominer depuis le 15 è siècle. Et dans ce livre, les Européens s’en ventent. Cinq siècles après, ils appliquent la même politique en Afrique. Pourquoi la changer si elle fonctionne toujours.

Le Pangolin: Pour vous le problème de la démocratie en Afrique est-il du aux constitutions ? Ou bien c’est plutôt celui des Hommes? Quelle en est votre explication ?

Saint-Ralph. : En Afrique comme ailleurs, le problème des dysfonctionnements de l’état ne tient pas à la qualité des Constitutions mais bien aux hommes qui ne savent pas les respecter. Quand on se donne une constitution, toujours mauvaise pour les uns et bonne pour les autres, il faut savoir la respecter et en faire le cadre d’un travail national. Mais c’est également par le travail qui s’opère dans le respect de la Constitution qui permettra aux hommes de la faire évoluer. On ne prend pas les armes chaque fois que l’on n’est pas d’accord avec la Constitution. Sinon, ce que vous bâtirez sera à son tour détruit dans la logique des choses.

Le Pangolin: Donc ce problème de qualité serait dû à l’origine à la nature de la formation et des conditions de cette formation ?

Saint-Ralph. : Je n’ai pas compris la question.

Le Pangolin: Qu’en est-il selon vous de la responsabilité des élites africaines en ce qui concerne les violences politiques récurrentes que connaît l’Afrique, tout comme celui des coups d’état ?

Saint-Ralph. : Certes, il y a chez eux à la fois une ignorance ou un mépris des règles de la vie démocratique mais aussi l’appétit des gains faciles qui les rendent victimes de la rapacité des occidentaux qui les manipulent. Les Européens leur disent, si vous ne faites pas l’affaire, nous choisirons un autre. Alors, les Africains se disent « qui est fou ? »

Le Pangolin: le problème est donc culturel ?

Saint-Ralph. : Elle n’est nullement un héritage d’une tradition africaine. Elle est une habitude prise avec la domination des blancs. C’est l’histoire qui nous l’enseigne.

Le Pangolin: Selon vous quels sont donc les critères pour la naissance d’une vraie élite africaine, démocratique et efficiente capable de changer le cours des choses?

Saint-Ralph. 15 : Au regard de tout ce que je viens de dire, on peut croire que seul l’orgueil des Africains leur permettra de changer le cours des choses.

Le Pangolin: Et la grande masse de la population du continent qui n’a pas accès à l’école et aux soins, comment elle peut améliorer son niveau de connaissance car les dictatures selon vous se nourrissent d’ignorance du peuple ? 

Saint-Ralph. :  Je ne crois pas au lien étroit entre les dictatures et le niveau d’instruction du peuple. Il n’y a pas que des dictatures en Afrique. Dans la plupart des pays, c’est à un mauvais fonctionnement des institutions qu’on assiste plutôt qu’à la manifestation d’un pouvoir dictatorial. Il ne faut pas abuser du mot « dictature » comme le font les Européens chaque fois qu’ils parlent de l’Afrique. Sur notre continent, les pouvoirs sont trop centralisés pour permettre des réponses satisfaisantes aux besoins des pays. L’objectifs de tous, c’est l’exercice du pouvoir et non point du devoir social. Quand chaque ministre ou chef d’état voudra accomplir une action concrète qui se voit, les choses bougeront. 

Le Pangolin: En tant qu’observateur et analyste de l’Afrique quel regard portez-vous sur la jeunesse et la femme africaines ?

Saint-Ralph. : La jeunesse est partout dans l’impasse. Il faut absolument multiplier les écoles de formations professionnelles et aider à l’installation des jeunes. Cela changera profondément les pays africains. Quant aux femmes, je crois qu’elles ont les mêmes problèmes que les hommes : chômage et vie précaire. Elles sont le plus souvent dans les petits métiers ; ce qui fait qu’elles vivent moins durement la crise que les hommes qui cherchent les postes les mieux payés.

Le Pangolin: Pour vous donc la diaspora a un devoir de transmission ? Dans quel sens ?

Saint-Ralph. : Il ne faut pas exagérer le rôle que pourrait jouer la diaspora en Afrique. Hier, c’était se former en Europe pour aller travailler en Afrique. Aujourd’hui, on vient en Europe pour y travailler et y faire sa vie. Que voulez-vous que l’Afrique attende de telles personnes ? Je ne crois pas que l’Afrique a quelque chose à attendre de sa diaspora. Nulle part l’Afrique ne l’a manifesté. Il n’y a que quelques éléments prétentieux qui se croient l’avenir de l’Afrique.

Le Pangolin:Quelle place accordez-vous aux femmes et aux jeunes dans le futur africain

Saint-Ralph. : La jeunesse reste toujours l’avenir d’un pays. Quant à la femme elle est embarquée dans le même bateau que l’homme. Son avenir est le même que celui de l’homme ; c’est à dire ce qu’elle saura construire aujourd’hui. On récolte ce que l’on sème.

Le Pangolin: A propos des relations Afrique-Occident, quel est votre regard sur l’occident et son comportement envers l’Afrique ?

Saint-Ralph. : Grâce à mes récentes lectures, je sais que la mainmise de l’Europe sur l’Afrique ne date pas de l’époque coloniale. Non, elle ne date pas du début du 20è siècle. La manière dont l’Europe gère les relations entre elle et l’Afrique date du 16 è siècle. Hier, c’était des êtres humains contre des produits manufacturés. Aujourd’hui, ce sont des matières premières contre des produits manufacturés. L’Afrique ne vend pas de produits finis à l’étranger depuis plus de quatre siècles. Elle a perdu l’habitude de l’invention qu’il lui faut retrouver. Mais bien sûr l’Europe veille pour que les choses ne changent pas parce qu’elle ne veut pas perdre sa source de biens et son marché. Aussi depuis l’époque de l’esclavage, elle provoque des coups d’état, flatte l’un, méprise l’autre en l’affublant de tous les noms et de tous les maux de son peuple. Et ça fonctionne très bien.

Le Pangolin: Comment voyez-vou l’évolution de l’Afrique en cette année 2009? Surtout après l’élection de Barack Obama aux Etats-Unis d’Amérique ? 

Saint-Ralph. : J’espère un peu plus d’orgueil de la part des Africains qui favorisent les ventes d’armes en cherchant à renverser les pouvoirs en place. La démocratie, c’est aussi le refus des armes et la défense de ses idées sur la place publique. La démocratie, c’est apprendre à planter un arbre et savoir attendre qu’il porte des fruits. Il y a des gens qui se disent très forts parce qu’ils cueillent des tomates vertes puis les font mûrir avec du gaz carbonique et les mettent rapidement sur le marché afin de gagner plus rapidement de l’argent. Mais tout le monde sait que leurs produits sont de mauvaise qualité par rapport aux produits de ceux qui savent attendre que ce qu’ils ont semé mûrisse.       

Le pangolin : Tous mes remerciements pour avoir accepté de répondre à ces questions. Février 2009

    

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Alsace : Reportage : l’argent de la solidarité africaine

Alsace - Sénégal

Le 21/02/09 à 07:13 - Textes et photos : Adrien Dentz

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La BMW (Boulangerie Moderne de Waoundé) : un des projets collectifs financés par les émigrés.

Des enfants de tirailleurs sénégalais, qui ont contribué à la libération de l’Alsace, voudraient conclure un jumelage avec une commune française pour réaliser un projet d’irrigation à Waoundé, au bord du fleuve Sénégal. Objectif : assurer l’autosuffisance alimentaire pour mettre un frein à l’émigration.

C’est jour de grande affluence à la poste de Waoundé, comme chaque lundi en début de mois quand arrive la « manne ». L’argent des émigrés fait vivre ce bourg de 12 800 habitants, situé à 700 km à l’est de la capitale Dakar, au bord du fleuve Sénégal. Nous sommes en pays Soninké, une des premières ethnies d’Afrique de l’ouest à avoir émigré en Europe. Cette petite Poste, qui ne paie pas de mine, distribue chaque mois les 100 millions de francs CFA (150 000 euros) envoyés par le millier d’émigrés de Waoundé installés en Europe, dont 800 en France. L’argent transite par la Western Union, la banque américaine spécialisée dans le transfert de fonds (moyennant une forte commission) dont l’enseigne en lettres jaune or est omniprésente en Afrique.
« On se prive pour pouvoir envoyer 100 à 150 euros chaque mois », confie Mohamadou Diakité, 27 ans. Ce petit-fils de tirailleur sénégalais, à la double nationalité, a travaillé plusieurs années sur les chaînes de montage des usines Peugeot de Mulhouse et Sochaux. Il est revenu au pays pour deux mois, puis retournera en Alsace à la recherche d’un contrat d’intérimaire.

Sans les émigrés, rien n’aurait été construit

L’argent qui rentre au pays permet de payer le riz, importé de Thaïlande et du Vietnam (30 euros le sac de 50 kg), un mouton pour les fêtes, les médicaments, les habits et l’entretien de la famille nombreuse. À la « manne » des émigrés s’ajoutent les pensions des retraités, pour la plupart d’anciens manœuvres dans le marine marchande française basés à Marseille ou au Havre. C’est le cas d’Abdou, 71 ans, qui vit une retraite paisible à Waoundé grâce à une pension de 350 000 francs CFA (813 euros). Il gagne trois fois plus qu’un instituteur qui n’a pas les moyens de s’offrir, comme lui, une belle mobylette bleue presque neuve.
« Il n’y a pas une maison sans émigré », indique Sadio Cissé, 72 ans, le maire de Waoundé et sénateur libéral du département de Kanel. « Sans eux, rien n’aurait été construit ici », affirme le vieux sage en habit traditionnel.
Les émigrés ne font pas seulement vivre leur clan et construire de grandes maisons familiales en dur, ils financent aussi la plupart des projets collectifs par l’intermédiaire de l’Association pour l’éducation, la santé et le développement de Waoundé fondée en 1991 et d’un groupement d’intérêt économique (GIE) qui gère notamment un magasin d’alimentation générale et la BMW, la boulangerie moderne de Waoundé, la seule du secteur.

Nous avons de l’eau, mais pas de moto-pompes pour irriguer

Avec leurs petits revenus en Europe, les émigrés ont financé notamment la construction de la Poste, le dispensaire abritant une maternité (50 naissances par mois), une extension de l’école primaire (795 élèves pour douze classes) datant de l’époque coloniale, la grande mosquée ainsi qu’une radio communautaire qui émet dans un rayon de 70 km. « Notre objectif est de fixer les jeunes dans la commune en leur proposant le même niveau d’informations que dans les grandes villes », explique Amadou Guèye, journaliste de Radio Jikké (espoir en soninké) dont tous les copains sont partis « là-bas ».
« Les habitants sont riches, mais la commune est pauvre », plaisante le maire qui dispose d’un maigre budget (moins de 200 000 euros). La patente des stands du marché est l’unique ressource. « Il n’y a pas d’obligation à payer les impôts chez nous. Il faut sans cesse discuter avec les gens qui rechignent à payer l’eau courante installée en 2003, car elle était gratuite avant au puits ». La même année, le téléphone mobile est arrivé à Waoundé où l’ancienne mairie est devenue une boutique Orange.
Depuis l’ouverture, en décembre 2006, d’un pont sur le Diouol, un bras du Sénégal inondé durant l’hivernage (la saison des pluies de juin à septembre), Waoundé est désormais accessible par la piste durant toute l’année. Mais il a fallu attendre 50 ans pour que ce projet de désenclavement se concrétise.
Le sénateur-maire veut désormais engager « la grande offensive pour l’agriculture, la nourriture et l’abondance » proclamée par le président Abdoulaye Wade. « Nous avons beaucoup d’eau grâce au fleuve, mais les terres ne sont cultivées que pendant l’hivernage, car nous ne disposons pas de moyens d’irrigation ». La seule motopompe en fonctionnement à Waoundé (financée par les émigrés) arrose 2 ha de maïs qui poussent sous le soleil de février (30° à l’ombre) alors que la dernière pluie est tombée fin août dans cette contrée du Sahel aux confins de la Mauritanie, et que la prochaine n’arrivera que début juin.
Sadio Cissé aimerait construire un système d’écluses le long du Sénégal, pour disposer d’une zone irriguée toute l’année. « Si nous pouvons donner deux hectares cultivables à chaque famille, il y aura assez à manger et les gens n’auront plus besoin d’émigrer ».
Cette course à l’autosuffisance alimentaire est vitale car la « manne » des émigrés va se réduire avec la disparition progressive des retraités et la politique d’immigration restrictive qui empêche de plus en plus les jeunes de Waoundé d’aller en France, bien que la moitié d’entre eux ait droit, en principe, à la nationalité française. Pour accomplir le rêve de Sadio Cissé, l’argent des émigrés ne suffira pas. La commune de Waoundé cherche l’appui d’une collectivité française prête à faire passer un courant de solidarité entre le Rhin et le fleuve Sénégal.

Source : l'Alsace.fr

LIRE AUSSI :

Du Rhin aux rives du Sénégal

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21 février 2009

Bien manger pour bien grandir.

Manque de calcium et de fer, retard de taille et de poids, ennuis dentaires, mauvaises performances scolaires...  tous ces problèmes peuvent résulter d’une alimentation déséquilibrée ou carencée. Souvent par manque de ressources. Mais il est également vrai que dans certaines couches de population, l’information est insuffisante.

Pour un adulte sur cinq le petit-déjeuner est inexistant. Et que dire des 16% d'enfants qui partent en classe le ventre vide ?  Nous sommes très loin des principes alimentaires qui voudraient que le petit déjeuner apporte environ 25% des calories totales de la journée, le déjeuner entre 30 et 40%, et le dîner à peine plus que le petit déjeuner.

www.destinationsant e.com

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18 février 2009

Le Fonds pour l’innovation en micro-assurance lance un nouvel appel à propositions afin d’encourager l’innovation et promouvoir


Le Fonds pour l’innovation en micro-assurance lance un nouvel appel à propositions afin d’encourager l’innovation et promouvoir les services de l’assurance auprès des pauvres

GENEVE, Suisse, 17 février 2009/African Press Organization (APO)/ — Le Fonds pour l’innovation en micro-assurance du BIT lance un appel à proposition de subventions visant à favoriser l’émergence de nouveaux modèles et encourager les partenariats permettant de développer des solutions de gestion des risques à la fois efficaces et accessibles financièrement pour les travailleurs pauvres des pays en développement.

Le nouvel appel à propositions octroiera entre quatre à huit subventions de moins de 100 000 dollars des Etats Unis aux fournisseurs d’assurance qui souhaitent se lancer dans des activités de micro-assurance n’exigeant pas d’investissements importants. Le Fonds octroiera aussi entre trois à cinq subventions à des projets visant à stimuler l’éducation et la protection des consommateurs pauvres.

La date limite de soumission des demandes par le bais du formulaire électronique est le 10 mars 2009 à 17h00 (heure d’Europe centrale). Les directives pour les demandes de subvention et la description complète des projets soutenus par le Fonds pour l’innovation en micro-assurance se trouvent sur le site Web du Fonds www.ilo.org/microinsurance.

Créé en 2008, le Fonds pour l’innovation en micro-assurance du BIT a déjà concédé 19 subventions à l’innovation pour un montant allant de 20 000 à 600 000 dollars des Etats-Unis à des assureurs commerciaux, des coopératives, des organisations non gouvernementales (ONG) et à d’autres fournisseurs d’assurance lors de deux séries précédentes.

Les bénéficiaires développent une grande variété d’expériences. Certains assureurs commerciaux se focalisent sur le renforcement de partenariats avec des acteurs de la société civile et des entreprises de services publics, d’autres lancent des produits correspondant à une forte demande (assurance santé, funéraire et sur les biens) dans des zones à faible infrastructure et dans lesquelles l’analphabétisme est largement répandu. Beaucoup investissent aussi dans les nouvelles technologies afin d’accroître l’accès à la micro-assurance, diminuer les coûts administratifs, améliorer la collecte d’information, faciliter les transferts d’argent et réduire la fraude.

Le Fonds pour l’innovation en micro-assurance, une initiative du programme finance et solidarité fait partie des efforts du BIT pour avancer vers une globalisation juste avec une large gamme de partenaires et pour développer des services financiers, incluant la micro-assurance, pour aider les travailleurs à gérer les difficultés économiques générées par des situations de crise telles que la sécheresse, l’hospitalisation ou un décès dans la famille et de leur permettre ainsi à rompre le cycle de la pauvreté.

Pour plus d’information, merci de contacter microinsurancemedia@ilo.org

SOURCE : International Labour Organisation (ILO)

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Tempête en Afrique subsaharienne

Tempête en Afrique subsaharienne

Par Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI

Ancien ministre socialiste de l’Industrie puis des Finances, ancien candidat à la présidence de la République française, Dominique Strauss-Kahn est directeur général du FMI depuis 2007. Il a grandi à Agadir de 1955 à 1960, entre 6 et 11 ans. Il a enseigné à HEC et à Sciences Po Paris. Il fait partie des socialistes qui veulent mener le parti socialiste français vers une politique socio-libérale, qu’il décrit dans son principal livre, «La Flamme et la cendre» (Grasset 2002).
Il souhaite que la Turquie, Israël et le Maghreb entrent dans l’Union européenne, ce qui lui a créé des ennemis à droite comme à gauche en France. De même, il a été vertement critiqué dans son propre parti pour avoir souhaité que des chaires universitaires soient financées par des entreprises. Au FMI, il veut modifier fortement les interventions de l’institution, après avoir tiré les leçons de la crise financière. A Paris comme à Washington, ces positions lui ont valu des «coups tordus»: de fausses affaires de prévarication et de mœurs pour l’affaiblir


Alors que le monde se débat dans le plus grave bouleversement financier de la période d’après-guerre, les yeux se tournent vers les économies avancées et les marchés émergents le plus immédiatement affectés. Mais l’impact sur les pays pauvres est bien plus grave encore.
La faible croissance mondiale réduit les marchés d’exportation, et les cours de nombreuses matières premières sont en chute libre.
Le resserrement du crédit dans les économies avancées et l’assombrissement des perspectives économiques dans les pays à faibles revenus frappent les flux d’investissement. Et les versements des travailleurs installés à l’étranger, qui ont aujourd’hui supplanté l’aide en tant que plus grand flux financier vers les pays à faibles revenus, sont aussi en train de décliner.

Les efforts remis en cause

L’Afrique subsaharienne dépend lourdement des exportations de matières premières, elle est donc tout particulièrement vulnérable à la crise mondiale. Beaucoup de pays africains ont mis à profit la décennie passée pour mettre en place des politiques économiques solides et durables qui ont débouché sur une croissance robuste et une inflation basse. Associées à l’allégement de la dette, ces politiques ont permis d’obtenir une dette publique réduite, des systèmes financiers relativement solides et, le plus important, une hausse des niveaux de vie.
Ces acquis sont aujourd’hui menacés. Les prix élevés de la nourriture et des carburants qui ont prévalu ces derniers temps ont gravement ponctionné de nombreuses économies africaines. Aujourd’hui, elles sont confrontées à un second coup porté par la récession économique.
La priorité pour l’Afrique et la communauté internationale doit être d’assurer que le continent réchappe à la tempête financière, protège les réalisations significatives des dix dernières années et continue de faire des progrès décisifs dans la lutte contre la pauvreté. Ce n’est pas le moment de faire une pause dans nos efforts pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement de l’ONU.

Intensifier et cibler l’aide


Des politiques fortes

Il est clair que la responsabilité de mettre en place des politiques économiques solides repose sur les pays africains eux-mêmes. Cela dit, la communauté internationale doit être prête à les aider. Mon avis est que des politiques fortes, côté africain, et un soutien solide de la communauté internationale offrent les meilleures perspectives pour une croissance durable et la réduction de la pauvreté en Afrique. Voici trois priorités qui doivent nous guider:
1- D’abord, si une incitation fiscale peut jouer un rôle dans certains pays, dans beaucoup elle est limitée; par conséquent, la région tout entière doit protéger le bas niveau, durement gagné, de sa dette publique. Quand l’orage sera passé, des dettes publiques réduites et des finances publiques viables seront cruciales pour préserver les dépenses qui aident les pauvres et pour faire revenir les investisseurs internationaux indispensables à la croissance future de l’Afrique.
2- Ensuite, la chute des cours internationaux crée l’opportunité de faire descendre l’inflation du niveau inconfortablement élevé provoqué par la crise alimentaire et énergétique du début de l’année dernière. Cela ne signifie pas imposer des cibles rigides à l’inflation, mais une politique monétaire prévisible visant à établir une stabilité des prix à moyen terme – avec un taux de change souple le cas échéant – bénéficie à la fois au secteur privé et, plus important encore, aux pauvres.
3- Enfin, la communauté internationale doit tenir ses engagements d’augmenter les aides. Ce n’est pas le moment de manquer à cette parole. Il est tout aussi important de faire repartir les négociations commerciales internationales et de conclure avec succès le cycle de Doha – notamment pour préserver l’Afrique du risque d’un protectionnisme montant.

Copyright: Project Syndicate, 2009.
Traduit de l’anglais par
Bérengère Viennot



Trouver le moyen d’aider l’Afrique à relever ce défi –notamment en tirant des leçons des réussites du passé – sera l’objectif d’une grande conférence parrainée par le FMI et le président de Tanzanie, Jakaya Kikwete, qui se tiendra à Dar Es-Salam en mars. Cette discussion sur les perspectives de l’Afrique impliquera non seulement des décideurs officiels mais aussi des représentants du secteur privé et de la société civile, dont le rôle clé est reconnu par tous.
Le FMI est prêt à jouer son rôle. Nous travaillons étroitement avec nos 53 membres africains sur la mise au point des mesures appropriées. Nous avons augmenté nos financements aux pays les plus touchés par les chocs alimentaire et énergétique. Et nous sommes prêts à apporter davantage d’aide – y compris dans le cadre d’un nouveau mécanisme de financement pour les pays frappés par des chocs exogènes – pour aider ceux que la crise financière a le plus gravement affectés.
Nous intensifions également notre aide technique pour consolider la prise de décisions économiques en Afrique, et nous sommes en train d’ouvrir deux nouveaux centres régionaux d’assistance technique. A la conférence de Tanzanie, nous attendons avec impatience les retours et les idées sur ce que le Fonds peut faire de plus – et ce qu’il peut faire différemment.
Alors que l’Afrique et ses partenaires naviguent ensemble au milieu de la tempête financière, il nous faut nous assurer que les plus vulnérables ne sont pas oubliés. Il nous faut aussi nous assurer que les solutions visant à consolider la stabilité financière et à éviter de futurs bouleversements – l’objectif du sommet du G-20 d’avril – sont abordées avec tous les pays concernés. En ce moment, tous les yeux sont tournés vers la crise immédiate. Il ne faut pourtant pas perdre de vue les défis à plus long terme qui persisteront quand l’orage sera calmé. La conférence de Tanzanie nous permettra d’évaluer ce que les succès passés nous ont appris, et ce qu’il faudra changer à l’avenir.
Notre objectif commun est clair : nous assurer que l’Afrique va non seulement survivre à la tempête actuelle, mais qu’elle en sortira plus forte.
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17 février 2009

27 millions d'esclaves dans le monde, selon l'ONU

L'esclavage a officiellement disparu il y a plus d'un siècle. Pourtant, c'est un mal qui perdure encore dans le monde. L'ONU estime à environ 27 millions le nombre de personnes en situation d'esclavage, sous une forme ou une autre. Dans un rapport rendu public le 12 février, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODOC) souligne que "le déni ou l'incurie compromettent la lutte contre la traite des êtres humains". De nombreux systèmes de justice pénal "minimisent la gravité de ce crime" ou ferment les yeux sur le problème.

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Barakatou et Boubacar Messaoud.

Eclairage Barakatou, libérée par hasard

On distingue, en règle générale, deux sortes d'esclavage moderne : le travail forcé et l'exploitation sexuelle. Aucun pays n'est épargné. Les enfants constituent environ 20 % des victimes de la traite à l'échelle mondiale. Mais dans certaines régions d'Afrique ou d'Asie (comme le Mékong), ils en sont les premières victimes.

PHÉNOMÈNE SOUS-ESTIMÉ

Le travail forcé est un phénomène sous-estimé qui prend de l'ampleur, selon l'UNODOC. Il est moins souvent détecté et signalé que l'exploitation sexuelle, car il est moins visible. C'est dans le sous-continent indien que les cas sont les plus nombreux. Quinze à vingt millions d'hommes, femmes et enfants sont maintenus en situation de travail forcé en Inde, au Pakistan, au Bangladesh, en Birmanie, au Népal, et à Singapour. L'Organisation internationale du travail (OIT) donne des chiffres plus restrictifs et les évalue à 12,3 millions.

Dans les pays industrialisés, l'exploitation sexuelle est la forme d'esclavage la plus répandue.Quelque 360 000 personnes en seraient les victimes. Contrairement à toute attente, ce sont majoritairement des femmes qui réduisent d'autres femmes et des fillettes à l'esclavage sexuel. En Europe orientale et en Asie centrale, les femmes représentent en effet plus de 60 % des personnes condamnées pour traite. Ce sont souvent d'anciennes victimes de l'exploitation sexuelle.

Au Moyen-Orient, la pratique de l'esclavage est fréquente et revêt diverses formes. Au Liban, l'esclavage domestique est régulièrement dénoncé, et l'est moins dans les pays du Golfe qui pourtant asservissent par milliers des "petites bonnes" asiatiques.

En Afrique, plusieurs pays, essentiellement du Sahel, continuent de pratiquer, de facto, l'esclavage. Au Niger, on compterait "au moins 43 000 esclaves", selon l'ONG Anti-Slavery International, basée à Londres. Au Mali, ils seraient environ 7 000. Il s'agit le plus souvent de Noirs, soumis à la domination de maîtres arabes ou touaregs, comme cela se pratique en Mauritanie.

Pour l'anthropologue Malek Chebel (auteur de L'Esclavage en terre d'islam, Fayard, 2007), les musulmans n'ont jamais vraiment milité pour l'abolition de l'esclavage. Si le Coran recommande l'affranchissement de l'esclave, il n'en fait pas une obligation. Malek Chebel déplore que l'esclavage soit devenu "de dynastie en dynastie, de siècle en siècle, un fait musulman" qui, dit-il, ne soulève nulle part de "réprobation".

Florence Beaugé

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Notre cœur aussi a besoin de vitamine D !

Selon un travail américain en effet, la carence en vitamine D augmenterait le  risque de maladie cardiovasculaire. Le taux sanguin idéal de vitamine D devrait se situer entre 30 et 50 nanogrammes par millilitre.  En tout état de cause il ne devrait jamais être inférieur à 20 nanogrammes par millilitre.  Or des données récentes, fournies par la Framingham Heart Study, font ressortir qu’avec un niveau inférieur à 15 nanogrammes par millilitre de sang, le risque d’accidents cardiaques est pratiquement doublé !

Ce résultat est capital, souligne l’auteur de ce travail. La carence en vitamine D doit être considérée comme un facteur de risque cardiovasculaire à part entière, précise-t-il. Le problème c’est qu’aujourd’hui dans un pays comme les Etats-Unis, plus de 30% des enfants et des adolescents présentent de sérieux déficits.

Rappelons que pour faire le plein de vitamine D, il suffit de s’exposer une quinzaine de minutes au rayonnement solaire. L’autre solution, c’est de s’en remettre à une supplémentation. C’est un moyen efficace, sûr, simple et peu coûteux. Enfin n’oublions pas qu’un simple déficit en vitamine D retentit sur le système immunitaire, la fonction cérébrale et bien entendu sur notre santé osseuse ! N’hésitez pas à en parler avec votre médecin.

www.destinationsant e.com

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12 février 2009

Les systèmes de santé privés dans les pays pauvres sont inefficaces


Les systèmes de santé privés dans les pays pauvres sont inefficaces

PARIS, France, 12 février 2009/African Press Organization (APO)/ — De nombreux pays donateurs, y compris la France, font la promotion dans les pays pauvres des programmes de santé privés. Oxfam International publie aujourd’hui un rapport, « Optimisme aveugle : une remise en question des mythes concernant les soins de santé privés dans les pays pauvres », qui affirme que les systèmes de santé privés sont souvent inefficaces et mettent en péril les vies des populations pauvres.

Le rapport d’Oxfam International analyse les systèmes de santé de nombreux pays en développement et évalue les principaux arguments en faveur de soins de santé privés (meilleurs résultats à moindre coût, réduction des inégalités, responsabilisation…). Il conclut que, contrairement à ce qui est prôné actuellement par les bailleurs de fonds internationaux, la promotion du secteur privé n’est pas la panacée pour construire des systèmes de santé de qualités, accessibles à tous. Au lieu de promouvoir les systèmes de santé privés, il est nécessaire de renforcer les capacités des états du Sud à promouvoir des soins de santé publics et gratuits, seul moyen efficace pour sauver des millions de vies dans le monde.

Avec des investissements publics inadaptés, une gestion souvent déplorable des finances publiques, un soutien insuffisant de la communauté internationale et une promotion du secteur privé à tous crins, les systèmes de santé se sont écroulés dans les pays en développement. Les gouvernements de ces pays et la communauté internationale doivent les reconstruire.

« Après des années de désinvestissement, sous l’influence des bailleurs de fonds internationaux, les services de santé publique dans les pays pauvres sont délabrés En Afrique subsaharienne, l’espérance de vie des adultes ou le nombre d’accouchements assistés par du personnel qualifié ont reculé au cours des dix dernières années » déclare Sébastien Fourmy, d’Oxfam France – Agir ici.

« La réforme des systèmes de santé est aujourd’hui au cœur de l’aide au développement. La promotion du secteur privé par des organisations internationales telle que la Banque mondiale, soutenue par la France, doit être remise en cause ».

L’étude d’Oxfam démontre que plus un gouvernement investit massivement dans les services de santé, plus les taux de mortalité baissent.

« Grâce aux dépenses publiques de santé en augmentation au Sri Lanka par exemple, les Sri lankaises peuvent désormais espérer vivre aussi longtemps que les Allemandes malgré des revenus dix fois moins importants. Pour l’avenir des populations pauvres, seul le développement de systèmes de santé publics forts peut garantir l’accès du plus grand nombre aux services essentiels de santé, et ainsi améliorer sensiblement l’espérance de vie de pays entiers » explique Anna Marriott, auteure du rapport.

Oxfam France – Agir ici rappelle également que le gouvernement français n’a toujours pas validé sa nouvelle stratégie de coopération en matière de santé 2007 – 2012. « Les priorités sectorielles et géographiques de l’aide française ne sont pas claires. Aujourd’hui le gouvernement français se contente de souscrire à la stratégie que promeut la Banque mondiale en matière de santé. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, doit rompre avec cette position et appuyer une politique de coopération qui fait du renforcement des systèmes de santé publics et de la formation des personnels de santé la première des priorités » conclut Sébastien Fourmy.

SOURCE : OXFAM International

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