Les systèmes de santé privés dans les pays pauvres sont inefficaces

PARIS, France, 12 février 2009/African Press Organization (APO)/ — De nombreux pays donateurs, y compris la France, font la promotion dans les pays pauvres des programmes de santé privés. Oxfam International publie aujourd’hui un rapport, « Optimisme aveugle : une remise en question des mythes concernant les soins de santé privés dans les pays pauvres », qui affirme que les systèmes de santé privés sont souvent inefficaces et mettent en péril les vies des populations pauvres.

Le rapport d’Oxfam International analyse les systèmes de santé de nombreux pays en développement et évalue les principaux arguments en faveur de soins de santé privés (meilleurs résultats à moindre coût, réduction des inégalités, responsabilisation…). Il conclut que, contrairement à ce qui est prôné actuellement par les bailleurs de fonds internationaux, la promotion du secteur privé n’est pas la panacée pour construire des systèmes de santé de qualités, accessibles à tous. Au lieu de promouvoir les systèmes de santé privés, il est nécessaire de renforcer les capacités des états du Sud à promouvoir des soins de santé publics et gratuits, seul moyen efficace pour sauver des millions de vies dans le monde.

Avec des investissements publics inadaptés, une gestion souvent déplorable des finances publiques, un soutien insuffisant de la communauté internationale et une promotion du secteur privé à tous crins, les systèmes de santé se sont écroulés dans les pays en développement. Les gouvernements de ces pays et la communauté internationale doivent les reconstruire.

« Après des années de désinvestissement, sous l’influence des bailleurs de fonds internationaux, les services de santé publique dans les pays pauvres sont délabrés En Afrique subsaharienne, l’espérance de vie des adultes ou le nombre d’accouchements assistés par du personnel qualifié ont reculé au cours des dix dernières années » déclare Sébastien Fourmy, d’Oxfam France – Agir ici.

« La réforme des systèmes de santé est aujourd’hui au cœur de l’aide au développement. La promotion du secteur privé par des organisations internationales telle que la Banque mondiale, soutenue par la France, doit être remise en cause ».

L’étude d’Oxfam démontre que plus un gouvernement investit massivement dans les services de santé, plus les taux de mortalité baissent.

« Grâce aux dépenses publiques de santé en augmentation au Sri Lanka par exemple, les Sri lankaises peuvent désormais espérer vivre aussi longtemps que les Allemandes malgré des revenus dix fois moins importants. Pour l’avenir des populations pauvres, seul le développement de systèmes de santé publics forts peut garantir l’accès du plus grand nombre aux services essentiels de santé, et ainsi améliorer sensiblement l’espérance de vie de pays entiers » explique Anna Marriott, auteure du rapport.

Oxfam France – Agir ici rappelle également que le gouvernement français n’a toujours pas validé sa nouvelle stratégie de coopération en matière de santé 2007 – 2012. « Les priorités sectorielles et géographiques de l’aide française ne sont pas claires. Aujourd’hui le gouvernement français se contente de souscrire à la stratégie que promeut la Banque mondiale en matière de santé. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, doit rompre avec cette position et appuyer une politique de coopération qui fait du renforcement des systèmes de santé publics et de la formation des personnels de santé la première des priorités » conclut Sébastien Fourmy.

SOURCE : OXFAM International