Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) / Nigéria / Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouver

Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) / Nigéria / Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement
ABUJA, Nigeria, 11 janvier 2009/African Press Organization (APO)/ — Communiqué final
1. A l’invitation de S.E. Umaru Musa Yar’Adua, Président de la République Fédérale du Nigeria et Président en exercice de la CEDEAO, une session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est tenue, le 10 janvier 2009, à l’Hôtel Transcorp Hilton d’Abuja, République Fédérale du Nigeria.
2. Le sommet a été convoqué à l’effet d’examiner l’évolution de la situation en Guinée depuis le décès du Président Lansana Conté, notamment à la lumière de la prise du pouvoir par les militaires.
3. Etaient présents les Chefs d’Etat et de Gouvernement ci-dessous :
Son Excellence M. Blaise COMPAORE
Président du Faso
Son Excellence M. Laurent GBAGBO
Président de la République de Côte d’Ivoire
Son Excellence Yahya A.J.J. JAMMEH
Président de la République de Gambie
Son Excellence Dr. John Evans ATTA-MILLS
Président de la République du Ghana
Son Excellence Ellen JOHNSON-SIRLEAF
Présidente de la République du Libéria
Son Excellence Alhaji Umaru Musa YAR’ADUA
Président et Commandant en chef des Forces Armées de la République fédérale du Nigeria
Son Excellence M. Ernest Bai KOROMA
Président de la République de Sierra Leone
Son Excellence M. Faure Essozimna GNASSINGBE
Président de la République togolaise
Son Excellence Seini OUMAROU
Représentant le Président de la République du Niger
Les représentants des Chefs d’Etat et de Gouvernement ci-après, dûment accrédités, ont également pris part aux travaux :
Son Excellence JOSE BRITO
Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et de la Communauté, représentant le Président du Cap Vert
Son Excellence Joao CARDOSO
Ministre, Directeur de Cabinet à la Présidence, représentant le Président de Guinée Bissau
Son Excellence Euloge HINVI,
Secrétaire Général au Ministère des Affaires Etrangères,
République du Bénin
Son Excellence Coulibaly Boubacar KARAMOKO
Ambassadeur, représentant le Président de la République du Mali
Son Excellence, Daouda Maliguèye Sène
Ambassadeur du Sénégal au Nigeria, représentant le
Président de la République du Sénégal
4. Les travaux se sont déroulés en présence des personnalités suivantes de la CEDEAO, de l’UA et des Nations Unies, notamment :
Son Excellence Said Djinnit
Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest
M. El Ghassin WANE
Représentant le Président de la Commission de la l’Union Africaine
5. Le discours d’ouverture a été prononcé par Son Excellence Umaru Musa Yar’Adua, Président de la République Fédérale du Nigeria et Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement.
6. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont félicité le gouvernement et le peuple ghanéens pour la conduite exemplaire des récentes élections générales dans leur pays et souhaité au Président John Evans Atta-Mills la bienvenue en leur sein.
7. Ils ont également ont observé une minute de silence à la mémoire de feu le Général Lansana Conté, ancien Président de la Guinée, décédé le 22 décembre 2008.
8. Le Premier Ministre de Guinée a été invité à prendre la parole pour expliquer la situation dans son pays puis a répondu aux questions des membres de la Conférence
9 La Conférence a, par la suite, procédé à l’examen du rapport du Président de la Commission de la CEDEAO portant sur les deux missions de la CEDEAO effectuées en Guinée en décembre 2008 et janvier 2009. Elle a également pris connaissance des recommandations issues de la réunion du Conseil de Médiation et de Sécurité tenue le 9 janvier 2009.
10. La Conférence a exprimé sa profonde préoccupation devant la résurgence du fléau des coups d’état en Afrique, y voyant une menace sérieuse aux efforts de renforcement du processus de démocratisation sur le continent. Elle a appelé à la mise en œuvre de mesures plus efficaces aux niveaux régional et continental pour faire face à cette situation, notamment à travers la ratification rapide par les Etats membres de la CEDEAO qui ne l’auraient pas encore fait, du Protocole additionnel de la CEDEAO sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance, ainsi que de la Charte de l’UA sur la Démocratie, les Elections et la Gouvernance, de même que la mise en œuvre effective de ces instruments.
11. La Conférence a, en outre, réaffirmé l’attachement indéfectible de la CEDEAO aux principes de la démocratie et à l’Etat de droit, ainsi que le rejet de la prise du pouvoir par des voies anticonstitutionnelles, conformément aux dispositions des Protocoles de la CEDEAO et des instruments pertinents de l’UA.
12. Après un examen approfondi des différents rapports et recommandations, la Conférence a:
condamné fermement le coup d’état du 23 décembre 2008 en Guinée, en se fondant sur les dispositions du Protocole A/SP1/12/01 sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance et réaffirme la position de principe de la CEDEAO contre l’accession ou le maintien au pouvoir par des voies anticonstitutionnelles.
décidé la suspension de la participation de la Guinée à toutes les réunions de la CEDEAO au niveau des Chefs d’Etat ou au niveau ministériel, jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel.
exigé du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) la prise de mesures immédiates visant le rétablissement de l’ordre constitutionnel en Guinée, conformément aux Protocoles de la CEDEAO et en tenant compte des décisions adoptées par le Conseil de Sécurité et de Paix de l’UA sur la situation en Guinée.
13. La Conférence a pris acte des efforts déployés par les parties prenantes guinéennes en vue du rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel notamment à travers les actions suivantes :
la mise en place d’un Conseil national de transition (CNT), organe délibérant, regroupant civils et militaires, en vue de la réalisation des objectifs de la transition. La CEDEAO, avec l’appui de ses partenaires, assistera les acteurs guinéens en vue de la mise en place rapide du CNT ;
ii. la mise en place d’un forum consultatif regroupant toutes les composantes de la société guinéenne, en tenant compte de sa diversité ethnique et régionale, ainsi que de la dimension genre. Ce forum servira de cadre de dialogue permettant aux Guinéens d’œuvrer au renforcement de la cohésion nationale ;
iii. le CNT mènera à terme le processus de transition, en organisant des élections libres, régulières et transparentes en 2009 ;
iv. le CNT assurera la stabilité gouvernementale indispensable à la bonne conduite de la transition ;
v. les membres du CNDD, ainsi que le Premier ministre de transition et les membres de son Gouvernement, ne devront pas se présenter aux élections à organiser en 2009 ;
vi. les autorités de transition s’engagent à respecter les droits humains et l’état de droit, ainsi qu’à lutter contre l’impunité et le trafic de drogue.
14. Afin de faciliter le rétablissement de l’ordre constitutionnel en Guinée, la Conférence a arrêté les mesures d’accompagnement ci-après :
le maintien par la CEDEAO d’un dialogue permanent et constructif avec le CNDD, les parties prenantes guinéennes et les partenaires en vue de veiller à la mise en œuvre immédiate des recommandations concernant l’organisation rapide d’élections et le transfert du pouvoir à un régime démocratiquement élu ;
les efforts à déployer par la CEDEAO pour que la Guinée soit inscrite sur les listes de la Commission de Consolidation de la Paix de l’ONU, en tant que pays fragile sortant de conflit, pour lui permettre de bénéficier du Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix ;
la définition d’un commun accord, par la CEDEAO, la communauté internationale et les parties prenantes guinéennes, de critères de référence et de délais d’exécution des tâches identifiées dans le cadre de la feuille de route pour la transition ;
les mesures devant être mises en œuvre par la CEDEAO et la communauté internationale pour faciliter l’achèvement des opérations d’inscription des électeurs et la mise à disposition de cartes d’identification des électeurs afin de permettre la tenue d’élections en 2009. A cette fin, la CEDEAO et la communauté internationale faciliteront la mobilisation des ressources requises pour l’opération ;
la nécessité d’un financement adéquat pour assurer une transition paisible et réussie en Guinée. A cet égard, un appel a été lancé à l’endroit des partenaires internationaux, notamment la Banque Mondiale, le FMI et ‘UE en faveur de la poursuite de leur appui financier aux programmes socioéconomiques du pays, pour maintenir sur les rails le processus du retour à l’ordre constitutionnel, à la démocratie et la bonne gouvernance.
f) le renforcement des capacités du Bureau du Représentant spécial du Président de la CEDEAO par la mise à disposition des effectifs et équipements requis afin de permettre de coordonner la contribution de la CEDEAO au processus de transition
la facilitation par la CEDEAO de visites périodiques en Guinée de l’Envoyé Spécial du Président en exercice de la CEDEAO ;
la soumission par le Président de la Commission de la CEDEAO au Président en exercice de la Conférence d’un rapport périodique sur la situation en Guinée.
15. La Conférence a demandé au Président de la Commission de la CEDEAO de communiquer la présente décision au Président de la Commission de l’UA et au Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA pour information et action appropriée.
16. Les Chefs d’Etat ont exprimé leur gratitude au Président en exercice pour l’hospitalité chaleureuse et fraternelle qui leur a été réservée ainsi que les excellentes dispositions prises en vue d’assurer la réussite des travaux.
Fait à Abuja, le 10 janvier 2009
SOURCE : Economic Community Of West African States (ECOWAS
La Françafrique bouge encore
Livres. Tout sur les relations : Chirac, Sarko, Bongo, Gbagbo…
THOMAS HOFNUNG
La Françafrique, même pas morte ! Durant sa campagne présidentielle en 2007, Nicolas Sarkozy avait annoncé sa fin imminente. Pour l’avoir pris au mot, son éphémère secrétaire d’Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, a pris la porte, à la demande expresse du champion incontesté de la Françafrique, le président du Gabon Omar Bongo. Dans un livre alerte et souvent drôle, Antoine Glaser et Stephen Smith décrivent par le menu ce revirement, symbolisé par la résurrection d’un go-between influent, l’avocat Robert Bourgi. Marginalisé sous le règne de Jacques Chirac, ce Franco-Libanais, qui a grandi au Sénégal, est parvenu - affirment les auteurs - à s’imposer dans le premier cercle de Sarkozy, aux dépens d’une cellule africaine pourtant chargée sur le papier de mettre en musique «la politique africaine de la France».
Fardeau. Avec ce livre, le tandem qui avait signé, dans les années 1990, Ces Messieurs Afrique sur les réseaux françafricains, revient à ses premières amours. Avec force anecdotes. Les auteurs racontent comment l’Elysée a fait appel à Bongo pour arracher une entrevue entre le couple présidentiel et l’icône absolue du continent africain, Nelson Mandela.
A l’issue de leur examen d’une année seulement de sarkozysme en Afrique - du Tchad au Gabon, en passant par l’Afrique du Sud -, Glaser et Smith évoquent une «régression» par rapport à la période chiraquienne, assurant que l’ex-président avait tenté de rompre avec certains usages du passé. Le terme de «mutation» serait plus approprié. Ni Bongo ni le Congolais Sassou Nguesso n’avaient trouvé porte close au palais de l’Elysée sous Chirac. Quant au dossier ivoirien, il est traité de manière nettement moins affective par le nouveau locataire de l’Elysée.
Fondamentalement, il voit l’Afrique comme un fardeau. Mais elle ne cesse de le rattraper : de l’affaire de l’Arche de Zoé au Tchad, en passant par ces dinosaures de la Françafrique qu’il côtoie depuis son ascension dans les Hauts-de-Seine, et qui l’ont activement soutenu durant sa campagne. Et nos deux auteurs de citer un analyste perspicace et goguenard de la Françafrique, le président ivoirien Laurent Gbagbo : «Il [Sarkozy] est intéressant parce qu’il n’est pas paternaliste, mais prêt à laisser tomber l’Afrique si son pays n’y trouve pas son compte.»
Coups tordus. Deux autres ouvrages s’intéressent aux turpitudes françafricaines. Ecrit par Samüel Foutoyet, de l’association Survie, le premier pointe, lui aussi le retour en grâce des bonnes vieilles habitudes sur les rives de la Seine. Avec un titre explicite : Nicolas Sarkozy ou la Françafrique décomplexée. Par son côté militant, qui en fait sa limite, cet ouvrage s’inscrit dans le droit fil des livres de l’ancien président de l’association, François-Xavier Verschave. Jusqu’à sa mort, ce dernier a dénoncé la Françafrique, «le plus long scandale de la République». Ici, pas de révélation, mais une synthèse assez complète des relations de Sarkozy avec l’Afrique.
Pour une mise en perspective informée et plaisante à lire, on se plongera dans le livre de Patrick Pesnot qui a rassemblé les émissions de Monsieur X (sur France Inter le samedi) consacrées à cette mine de coups tordus qu’est la Françafrique. Le récit de cette époque où Paris faisait et défaisait les régimes ne manque pas de sel. Et, en creux, montre à quel point les temps ont changé. La Françafrique de papa, c’était quand même autre chose.
SOURCE : Libération
La Cédéao suspend la Guinée suite au coup d'Etat, offre son soutien
ABUJA (AFP) — La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a suspendu samedi la Guinée des activités de l'organisation après le coup d'Etat du 23 décembre tout en offrant son soutien pour assurer la transition vers un retour à "l'ordre constitutionnel".
Le sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la Cédéao, réuni à Abuja, a "fermement condamné le coup d'Etat du 23 décembre", a annoncé le président de la commission de l'organisation régionale, Mohammed Ibn Chambas.
Les dirigeants, qui s'étaient réunis à huis clos, ont "suspendu la Guinée de toutes les réunions de la Cédéao au niveau des chefs d'Etat et des ministres, jusqu'à la restauration de l'ordre constitutionnel", a-t-il poursuivi.
Les dirigeants ont ainsi suivi la recommandation de suspendre la Guinée émise la veille par leurs chefs de la diplomatié, et emboîté le pas à l'Union africaine qui avait déjà annoncé cette mesure, à son niveau, le 29 décembre.
Une junte a pris le pouvoir en Guinée à la faveur d'un coup d'Etat, quelques heures seulement après l'annonce du décès du président Lansana Conté après 24 ans de "règne". Elle a suspendu la Constitution et dissous le gouvernement.
Soulignant son "inquiétude profonde face à la résurgence de coups d'Etat en Afrique", le sommet d'Abuja a réitéré l'engagement de la Cédéao en faveur de la démocratie et "son rejet de l'accès et du maintien au pouvoir par des moyens anticonstitutionnels".
Les dirigeants ont aussi pris note des "efforts fournis par les différentes parties en Guinéee en faveur du retour rapide à l'ordre constitutionnel".
Ils ont notamment souligné l'engagement des nouvelles autorités guinéennes à "achever la transition en 2009 en organisant des élections crédibles, libres, justes et transparentes".
La Guinée, qui est membre de la Cédéao, ne pouvait sièger au sommet samedi, mais Kabiné Komara, nommé Premier ministre par la junte, avait toutefois été invité à prendre la parole.
"J'ai dit à l'assemblée que la Guinée était désireuse d'être comprise, qu'elle était désireuse de recevoir tout le support nécessaire pour qu'enfin elle puisse devenir un pays tout simplement normal", avait-il déclaré à des journalistes après son intervention.
Les dirigeants de la Cédéao ont également énoncé une liste de mesures d'accompagnement visant à soutenir la transition en Guinée, parmi lesquelles "le maintien d'un dialogue permanent et constructif avec le CNDD, les parties prenantes en Guinée et les partenaires".
La Cédéao et la communauté internationale "faciliteront" les opérations d'enregistrement des électeurs en vue des élections ainsi que la levée des fonds nécessaires à la tenue d'un scrutin, indique encore le communiqué.
La Cédéao est parvenue à s'accorder sur l'attitude à adopter face aux putschistes malgré des divergences.
Le président sénégalais Abdoulaye Wade leur a témoigné son soutien à la junte dès le 26 décembre, une prise de position jugée "malheureuse" par le chef de la diplomatie nigériane Ojo Maduekwe.
M. Wade, seul dirigeant de la Cédéao à avoir pris position en faveur des nouvelles autorités, n'avait pas fait le déplacement à Abuja.
Dans un discours lu pour lui devant l'assemblé, il a soutenu que la prise de pouvoir par la n'était pas un coup d'Etat "classique".
"Nous pouvons choisir la voie facile des récriminations, suspensions et sanctions. Ou bien nous pouvons (...) donner mandat au président de la Commission (de la Cédéao) d'aider la Guinée à réussir sa transition", avait-il plaidé.
Les chefs d'Etat du Nigeria, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, de la Gambie, du Ghana, du Liberia, de la Sierra Leone et du Togo ont pris part au sommet. Le Niger était représenté par son Premier ministre et les autres pays par des délégations de haut niveau.
Afrique de l'Ouest: la pêche souffre de politiques "contradictoires"
| Romandie News |
DAKAR - La pêche en Afrique de l'Ouest, qui fait vivre des millions de personnes, souffre de "contradictions" entre les politiques nationales, rendant difficile la gestion des ressources halieutiques menacées par la surexploitation, selon des experts réunis cette semaine à Dakar.
"Il n'y a pas une bonne articulation des politiques de pêche entre les Etats d'Afrique de l'ouest. Il y a souvent des contradictions ou des divergences", relève André Bihibindi, un responsable du Réseau sur les politiques de pêche en Afrique de l'Ouest (Repao), une ONG basée à Dakar.
Ces distorsions sont perceptibles dans "la négociation des accords (de pêche avec des pays étrangers, européens ou asiatiques), les politiques de protection, les conditions d'accès (à la ressource) et les politiques douanières et fiscales", a-t-il détaillé.
Il s'exprimait lors d'une réunion organisée mardi et mercredi à Dakar, à laquelle participaient des délégations de plusieurs Etats et d'organismes sous-régionaux, des professionnels de la pêche et de la société civile des pays d'Afrique de l'Ouest, pour la mise en place d'un comité régional sur la cohérence des politiques de pêche.
Pour le ministre sénégalais de l'Economie maritime, Souleymane Ndéné Ndiaye, "la cohérence des politiques de pêche en Afrique de l'Ouest constitue un enjeu de taille".
"Elle représente une priorité dans le contexte de raréfaction de la ressource créant des tensions énormes au niveau national ainsi que régional entre acteurs", a-t-il souligné.
Pour Dougoutigui Coulibaly, responsable d'une organisation de pêcheurs industriels au Sénégal, des bateaux de pêche étrangers déclarent des capacités et des puissances motrices différentes d'un pays ouest-africain à un autre. Il a appelé à une harmonisation des législations pour "arrêter ce trafic".
"Depuis longtemps, on en parle mais on n'avance pas", a-t-il regretté alors que la surexploitation des ressources halieutiques a plongé dans la crise le secteur de la pêche de nombreux pays.
Parallèlement, de nombreux problèmes se posent, dans la surveillance, la réglementation des bateaux, la délivrance des licences de pêches.
Et, à ce jour, la coopération régionale n'a pas produit les résultats escomptés.
La Commission sous-régionale des pêches (CSRP), créée en 1985 et formée de sept Etats (Sénégal, Gambie, Guinée, Mauritanie, Guinée-Bissau, Cap-Vert et Sierra Leone) "n'a pas atteint ses objectifs d'articulation des politiques de pêche", selon plusieurs experts.
La Commission, basée à Dakar, avait adopté des mesures pour harmoniser les positions sur notamment les accords de pêche avec les pays européens, la taille des mailles, la réglementation des bateaux.
Mais selon le Repao, la Convention de 1985, révisée en 1993 et portant sur ces mesures, "n'est pas entrée en vigueur".
"Les accords d'accès (accords de pêche, importante source de devises pour des Etats) sont encore négociés individuellement avec les Nations (étrangères), les termes minima de la Convention ne sont donc pas respectés", ajoute le Réseau.
La réunion de Dakar a donc mis en place un comité régional consultatif chargé de "promouvoir la mise en cohérence des politiques de pêche en Afrique de l'Ouest et servir de cadre de concertation pour tous les acteurs de la pêche", selon un document lu mercredi soir à l'issue de cette rencontre.
Ce comité aura "un rôle de conseil, de veille et d'alerte pour la cohérence des politiques de pêche en Afrique de l'ouest. Il sera formé d'acteurs étatiques et non étatiques comme des organisations de la société civile et des professionnels de la pêche", précise Gora Ndiaye, un responsable du Repao.
(©AFP / 09 janvier 2009 09h17)
De Césaire à Obama. Entretien avec Alain Mabanckou
Par Grégoire Leménager
Dans «Black Bazar», du Congolais Alain Mabanckou, on se blanchit la peau, on s'empaille sur la dette coloniale et on se balance les pires clichés sur les Noirs. A roman comique, questions sérieuses. L'écrivain répond
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Hermance Triay; Né en 1966 au Congo-Brazzaville, Alain Mabanckou enseigne la littérature francophone à la UCLA, en Californie. Prix Renaudot en 2006 pour "Mémoires de porc-épic", il est notamment l'auteur de "Verre cassé", "African psycho" et "Lettre à Jimmy".
Pour l'humour noir, en ce début d'année, prière de s'adresser à Alain Mabanckou: son «Black Bazar» risque de faire grincer quelques dents. N'espérez ni une attaque frontale contre le grand Satan occidental, ni une défense bien-pensante des minorités. L'auteur de «Mémoires de porc-épic» reste fidèle à son credo: «Il n'est pas de pire personnage que celui qui joue le rôle dans lequel on l'attend.»
Son nouveau roman met en scène un jeune Congolais plaqué par sa femme, et qui doit à son intérêt pour la «face B» des filles son surnom de «fessologue». Fervent adepte de la SAPE («Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes»), il ne jure que «vestes en lin d'Emmanuel Ungaro» ou «costume Yves Saint-Laurent vert bouteille». C'est l'antiracisme sauvé par la haute-couture: l'habit fait le moine, pas la couleur de peau. Et le refus de l'essentialisme tient chez lui en une phrase: «Dis-moi comment tu noues ta cravate, je te dirai qui tu es.»
A l'arrière-plan s'anime cependant l'univers des immigrés africains qui, à Paris, vendent du poisson salé à la sauvette, se ruinent en «produits à dénégrifier», courent après les filles fraîchement débarquées du pays, et vivent à cinq dans un petit studio - «comme des rats, mais pas de la même famille». A travers leurs conversations de comptoir, entre rigolade, tendresse et détresse, «Black Bazar» instruit, avec ses avocats et ses procureurs, rien moins que le procès de la colonisation.
G.L.
Le Nouvel Observateur. - «Black Bazar» est une plongée dans «la négraille parisienne», comme disent vos personnages. Mais vous montrez surtout leur diversité, sinon leurs divisions... Pourquoi insister sur cet aspect? S'agissait-il de montrer, comme vous l'avez écrit ailleurs, que «la communauté noire de France est une illusion»?
Alain Mabanckou. - C'est vrai que c'est un regard que je porte sur la «négraille» - le mot est d'ailleurs emprunté à Aimé Césaire dans le «Cahier d'un retour au pays natal». Or, comment regarder cette population noire sans prendre en compte les préjugés, les peurs, voire ce qui demeure encore dans l'inconscience du monde blanc? Le Noir n'a-t-il pas fourni inconsciemment au Blanc le fagot de préjugés qui expliquent de nos jours sa «condition»? A ces questions, on pourrait en rajouter une autre, souvent absente des débats: qu'en est-il du «racisme» entre personnes de même couleur? Les réponses peuvent être surprenantes quand on se rappelle que les Noirs de France ne sont pas «homogènes», puisqu'ils ne sont pas tous arrivés sur le territoire français, à l'inverse des Noirs américains aux Etats-Unis, dans les mêmes circonstances. D'où les divergences et les oppositions dans la perception de faits historiques comme l'esclavage ou la colonisation. Dans ce roman, j'ai choisi d'aborder les choses sous l'angle de l'éclat de rire et de l'expérience des personnages. Mais la fiction est souvent proche de notre réalité.
N.O. - L'historien Pap Ndiaye, lui, parle plus volontiers d'une «condition noire» qui se constitue en «minorité» sous l'effet d'une expérience sociale (1). Partagez-vous cette analyse?
A. Mabanckou. - Nous avons discuté de cette question avec Pap Ndiaye en décembre dernier, à Bamako - il visitait pour la première fois l'Afrique. Son livre sur la condition noire en France est riche et complète les études menées depuis fort longtemps aux Etats-Unis, je pense notamment à «Black France» de Dominic Thomas. Il est illusoire de parler de «communauté noire de France». L'erreur la plus grave consiste à faire le parallélisme avec les Etats-Unis alors même qu'en France nous comptons des Noirs de différents horizons. Songeons par exemple qu'il existe certains Antillais qui ne se reconnaissent pas comme Africains en dépit de la vérité historique; d'autres reprochent aux chefs de tribus africaines de les avoir vendus pendant la traite négrière. On trouve aussi des Africains qui alimentent un mépris contre leurs «frères des îles» au motif que ceux-ci s'estiment supérieurs, proches du Blanc - ce que Frantz Fanon évoque dans «Peau noire, masque blanc».
Entre les Africains eux-mêmes on peut également distinguer des nuances dont l'importance n'est pas négligeable: les Noirs de l'Afrique de l'Ouest n'ont pas la même culture que ceux de l'Afrique centrale. A l'intérieur de ces espaces géographiques du continent noir, d'autres subtilités viennent déjouer toute analyse hâtive et péremptoire. Dans ces conditions comment parlerait-on de communauté ou de minorité noire de France?
Je partage les analyses de Pap Ndiaye. On ne peut fonder l'existence d'une communauté sur le fait exclusif d'être noir mais plutôt sur l'expérience commune, et cette expérience est le résultat de la somme des injustices ou des inégalités subies à cause de la couleur de la peau. Il s'agit donc de reconnaître que le Noir de France est un Français à part entière et non entièrement à part. C'est ainsi que je saisis d'ailleurs les propos de Claude-Lévi Strauss lorsqu'il évoque la question de la diversité des cultures et souligne, en conclusion de «Race et histoire»: « Il faut donc écouter le blé qui lève, encourager les potentialités secrètes, éveiller toutes les vocations à vivre ensemble que l'histoire tient en réserve...»
N.O. - Plus largement, votre roman met donc à mal le mythe d'une Afrique unie, celui de «la terre de l'entraide» et du «continent de la solidarité». Ne craignez-vous pas de renouer avec une vision coloniale, celle de tribus incapables de s'entendre?
A. Mabanckou. - Si le colon avait eu une vision nuancée de l'Afrique, peut-être aurions-nous fait l'économie de la situation calamiteuse dans laquelle se retrouvent aujourd'hui la plupart des pays du continent noir. Certains mythes ont été importés ou fabriqués de toute pièce depuis l'Europe. Plusieurs conflits en Afrique ont des mobiles lointains liés à «la mythologie», aux «origines» ou à la prédestination: tel peuple serait plus noble que tel autre; telle ethnie serait plus apte à commander que telle autre. On ne peut pas généraliser en déclarant que l'Afrique a le monopole de la solidarité ou de l'entraide. Une telle généralisation produit des conséquences immédiates: tel peuple est plus solidaire que tel autre, telle tribu est plus a plus vocation à l'entraide que telle autre. On devine la joie des uns et la frustration des autres.
N.O. - La question du racisme, centrale dans «Black Bazar», s'y pose surtout ici entre les Noirs eux-mêmes. Tous sont obsédés par la couleur de leur peau, et le personnage qui reprend les pires clichés sur les Africains est un Antillais. Ce n'est pas très politiquement correct... mais vous n'exagérez pas un peu?
A. Mabanckou. - Je ne pense rien exagérer. Franz Fanon était allé plus loin dans son analyse des rapports entre le Blanc et le Noir, et surtout entre le Noir et le Noir. Le racisme serait alors une situation dans laquelle «le Noir s'enferme dans sa noirceur» et «le Blanc s'enferme dans sa blancheur». Le politiquement correct a longtemps étouffé les débats de fond. A ce jour, tout ce que le Noir sait du Noir lui a été dit et appris par le Blanc. Il existe donc encore des Noirs qui croient que leur couleur est synonyme de malédiction, la fameuse malédiction de Cham qui se serait abattue sur tout un peuple désormais frappé de noirceur, et condamné à se coltiner un sexe surdimensionné. Il n'est pas surprenant d'entendre un Noir reprendre sur un autre Noir les clichés qu'on croirait sorti de la bouche d'un raciste blanc. Les séquelles de la colonisation? Peut-être. Mais cela peut provenir d'une expérience personnelle ou d'une conception du monde centrée sur la haine et l'exclusion de l'autre. Ce qui m'intéressait, entre autres, dans ce roman c'était d'aller au cœur de la haine qui existe entre des individus de même couleur et de voir comment l'idéologie ambiante, l'accumulation des mythes peuvent changer un homme ordinaire en un personnage plus qu'exécrable.
N.O. - Il est question dans «Black Bazar» du trafic de «produits à dénégrifier» et des «sommes faramineuses» dépensées par de nombreux immigrés pour «se blanchir la peau». Comment analysez-vous ce phénomène? La revendication de la «négritude» appartient-elle au passé?
A. Mabanckou. - La négritude dépasse le cadre de la race - on sait que ce mouvement a bénéficié du soutien de grands intellectuels français, comme Théodore Monod, Michel Leiris ou Jean-Paul Sartre qui, sans doute, fut celui qui avait le mieux cerné cette notion de négritude dans «Orphée Noir», sa préface à l'anthologie de poésie africaine publiée alors par Senghor. Mais en effet, être noir peut dans certains cas «indisposer» certains Noirs. Dans les îles, par exemple, il y a d'un côté le «chabin», plus clair, mieux vu; et de l'autre le «nègre-congo» qui, aux yeux de beaucoup, rappelle la barbarie, le cœur des ténèbres, j'allais dire le continent noir...
Les produits à «dénégrifier» se vendent encore de nos jours en plein cœur de Paris et dans les principales capitales africaines: Dakar, Kinshasa, Brazzaville, Lagos, Yaoundé... Senghor avait-il eu tort de vanter la beauté de la femme noire? Probablement qu'à cette période ces produits n'étaient pas répandus. Mais les hommes aussi se blanchissent la peau. J'y vois le refus de s'accepter tel qu'on est, et l'idée que le destin du Noir serait de se rapprocher de la couleur la plus proche possible du blanc, alors même que le poète noir américain Langston Hughes, un des inspirateurs des chantres du mouvement de la négritude, proclamait dans «le Blues du désespoir» sa fierté d'être noir. Il rappelait que lui aussi chantait l'Amérique, avant de conclure face à «l'Amérique blanche»: «De plus, ils verront comme je suis beau / Et ils auront honte...»
N.O. - D'ailleurs, quelle est votre position sur l'usage du mot «nègre»? Le racisme est aussi un phénomène linguistique: un essai récent démontre que la colonisation repose sur un «empire du langage» qui marque durablement les consciences (2). Or votre narrateur refuse, pour sa part, une épuration politiquement correcte de la langue française. Et vous, qui êtes écrivain?
A. Mabanckou. - L'usage du mot «nègre» ne m'a jamais posé de problème. Un de mes livres s'appelle: «Les Petits-fils nègres de Vercingétorix»... C'est parfois amusant de voir les expressions de «couleur noire»: marché noir, idées noires, bête noire... Remarquez, passer une nuit blanche n'est pas non plus quelque chose à souhaiter. De même, que dirait-on d'un blanc-bec? Au fond je me suis tout simplement amusé sur cette question linguistique, parce que je sais que le seul pouvoir que je puisse revendiquer, c'est celui des mots, celui de la langue.
N.O. - On peut lire votre roman comme un procès de la colonisation et de ses effets, avec ses procureurs et ses avocats. L'un de vos personnages cite constamment cette phrase de Césaire: «L'Occident nous a trop longtemps gavés de mensonges et gonflés de pestilences». Où vous situez-vous dans le débat sur son éventuel «rôle positif», sur le «sanglot de l'homme blanc» et le «devoir de repentance»?
A. Mabanckou. - La colonisation est avant tout un système fondé sur le viol de la culture d'un peuple, qui se retrouve du jour au lendemain dominé par une puissance étrangère et conquérante. Quels que soient les arguments qu'on peut avancer pour la justifier, force est de constater qu'elle laisse des séquelles durables. Les populations de l'ancien Congo-belge ont connu des massacres décriés par les intellectuels européens les plus influents - je pense à André Gide ou à Théodore Monod. Je suis pour un enseignement objectif de cette période de l'histoire, sans l'enjoliver. Pour l'heure, j'ai le sentiment que les colonisés n'ont pas encore abondamment écrit leur version de ce fait historique. Je regrette toujours l'angle sous lequel ce sujet est abordé et je me demande sans cesse pourquoi «le Discours sur le colonialisme» de Césaire avait été aussi vite retiré des programmes scolaires en France [inscrit en 1994 pour une durée de deux ans, il avait été retiré dès 1995, NdlR]. Comme si ceux qui l'avaient programmé ne l'avaient lu qu'après une multitude de lettres d'indignation!
La question de la repentance - ce que Pascal Bruckner qualifie de «sanglot de l'homme blanc» - brouille les pistes puisqu'il s'agit de rassurer le colonisateur quant à son «humanisme», à sa bonté, au travail qu'il aurait honnêtement exécuté malgré quelques bavures d'une poignée d'administrateurs. C'est oublier que l'Afrique n'était pas un «désert des Tartares» avant la colonisation, qu'elle comptait des royautés qui n'avaient rien à envier à celles de l'Occident, des systèmes politiques structurés. Coloniser c'est forcément affirmer qu'une civilisation est supérieure à une autre.
N.O. - Vous évoquez aussi les conditions assez misérables dans lesquelles vivent de nombreux immigrés à Paris. Vous-même êtes arrivé en France en 1989. Quelle évolution percevez-vous?
A. Mabanckou. - En quelques années nous avons assisté à un changement considérable dans la conscience de l'ancien colonisé, ce que souligne d'ailleurs Albert Memmi dans son «Portrait du décolonisé»: l'immigré réclame de plus en plus sa place dans la société française parce qu'il est conscient que lui aussi «chante la France», pour parodier Langston Hughes. La question de la «visibilité» de l'immigré est donc un des enjeux de toute politique ou revendication. Parallèlement, les règles sur l'immigration se sont durcies, aussi bien en France que dans toute l'Europe, comme si l'immigré était par principe un délinquant, voire un criminel. Les années 1980 peuvent être de ce fait vues comme celles de la «chasse aux immigrés», avec la montée des partis politiques extrémistes et la fin de cette utopie qui consistait à croire que la gauche défendait forcément ces «damnés de la Terre».
Certains clichés perdurent, et je les reprends souvent dans mon livre: les odeurs dans les immeubles, la polygamie prétendue des Africains etc. On note tout de même un besoin de faire bouger les choses et l'émergence de quelques associations de défense des «minorités», comme le CRAN. Une chose est certaine: l'immigré demeure toujours exclu du paysage politique et médiatique en tant qu'acteur.
N.O. - Depuis 2001, vous enseignez aux Etats-Unis. Quelle distinction faites-vous entre la situation des Noirs de France et celle des Afro-Américains?
A. Mabanckou. - La distinction est toujours délicate à opérer puisqu'ils n'ont pas la même histoire. Pourtant je constate que la condition du Noir américain est politiquement plus consolidée que celle du Noir de France. Le Noir de France est un «homme invisible», pour reprendre le titre du roman de Ralph Ellison. Le Noir des Etats-Unis, à travers ses leaders et le cours de l'Histoire, a imposé à l'Amérique sa présence. Ça n'a pas été pas une promenade de santé, si on se rappelle que, dans les années 1960, plusieurs des défenseurs des droits civiques, blancs ou noirs, ont été assassinés: John Fitzgerald Kennedy, Malcolm X, Martin Luther King... Je ne dis pas que la situation du Noir américain est désormais «normalisée». Il demeure quelques couacs.
L'idéal serait d'arriver à un stade où l'Amérique n'aurait plus besoin des lois sur la discrimination positive et considérerait le Noir comme un citoyen ordinaire: pas comme un individu «sous tutelle», donc éternellement assisté par les lois. En France, un tabou mine cette question: on ne peut quantifier la présence noire sur le sol français à cause des principes constitutionnels. Or certains principes, avec le temps, sont dévoyés, détournés. Nous sommes plutôt dans une période de balbutiements sur la condition noire en France...
N.O. - Que change l'élection d'Obama?
A. Mabanckou. - Les Américains ont élu un président américain et non un président de tous les Noirs de la terre! On nous présente cette élection comme une victoire sur les injustices fondées sur la race, et nous gommons le parcours individuel de Barack Obama. C'est l'image que nous avons de l'Amérique qui va changer.
N.O. - Croyez-vous possible, en France, l'élection d'un chef d'état «de couleur»?
A. Mabanckou. - Tout est possible. C'est comme l'œuf de Christophe Colomb, il suffit d'y penser. La stature d'un «présidentiable» ne se mesure pas par la couleur de sa peau, mais par son itinéraire personnel et sa vocation à souffler un vent d'espoir. Si les Français sont en face d'un être qui réunit ces conditions, je suis persuadé que sa couleur sera une question subsidiaire, et qu'aucun parti politique ne pourrait barrer la voie à un tel candidat, quel que soit le poids de ce parti.
N.O. - Avec Michel Le Bris, Jean Rouaud et de nombreux autres écrivains, vous aviez défendu au printemps 2007 l'avènement d'une «littérature-monde». Les prix décernés cet automne doivent vous réjouir: non seulement le Goncourt a récompensé un Afghan, Atiq Rahimi, le Renaudot un Guinéen, Tierno Monenembo, mais en décernant le Nobel à Le Clézio, un Franco-Mauricien, l'Académie suédoise a déclaré qu'elle couronnait «l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante»...
A. Mabanckou. - En 2006 déjà nous avions eu un cas de figure plus vaste, avec quatre des grands prix d'automne attribués à des écrivains venus d'ailleurs: l'Amérique [Jonathan Littell], le Canada [Nancy Huston], le Cameroun [Léonora Miano] et le Congo [Alain Mabanckou]. Les prix décernés en 2008 confirment la vitalité actuelle des lettres d'expression française. Pour Le Clézio, il était normal que l'un des plus importants écrivains de nos lettres -avec Modiano et Michon- porte au sommet nos couleurs. Je suis très optimiste quant à l'avenir de notre littérature. Tout le reste n'est qu'une question de querelles.
N.O. - La «littérature-monde» a cependant fait l'objet de critiques sévères. Camille de Toledo (*) lui reproche notamment de disqualifier des écrivains comme Beckett ou Perec, au nom d'une vision nostalgique du monde, d'une défense naïve d'un «réel» illusoire et d'une soif de reconnaissance sociale, sans véritablement se battre «pour l'avènement d'une scène littéraire postcoloniale». Que répondez-vous à ces attaques?
A. Mabanckou. - En consacrant un essai à la littérature-monde, Camille de Toledo confirme l'intérêt de notre démarche. Remarquons donc ses brillantes analyses tout en soulignant qu'il n'est pas question, en ce qui me concerne du moins, de disqualifier Beckett - qui d'autre mieux que lui nous aura enseigné la mobilité des langues, le passage d'une langue à une autre? N'est-ce pas cela aussi, l'anéantissement des frontières? J'ai besoin de Perec parce que je ne conçois pas la littérature sans l'exigence de la forme. Cet auteur me montre combien le monde est un amas de pièces détachées. Le rôle de l'écrivain consiste alors à recomposer les choses, j'allais dire, à les «modifier» avant leur «disparition». Voilà où se situe ma nostalgie, si nostalgie il y a.
Propos recueillis par Grégoire Leménager
(1) «La Condition noire», par Pap Ndiaye, Calmann-Lévy.
(2) «L'Empire du langage. Colonies et francophonie», par Laurent Dubreuil, Hermann.
(3) «Visiter le Flurkistan ou les Illusions de la littérature-monde», par Camille de Toledo, PUF.
«Black Bazar», par Alain Mabanckou, Seuil, 248 p., 18 euros.
Ceci est la version intégrale de l'entretien publié dans «le Nouvel Observateur» du 8 janvier 2008.
Légende
Né en 1966 au Congo-Brazzaville, Alain Mabanckou enseigne la littérature francophone à la UCLA de Californie. Prix Renaudot en 2006 pour «Mémoires de porc-épic», il est notamment l'auteur de «Verre cassé», «African psycho» et «Lettre à Jimmy».
Source : bibliobs.com
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John Atta-Mills investi président du Ghana
ACCRA (AFP) — Le nouveau président du Ghana, John Atta-Mills, a prêté serment mercredi lors d'une cérémonie de passation de pouvoir avec son successeur John Kufuor qui se retire après huit ans à la tête du pays.
"Nous sommes à l'aube d'une nouvelle ère (...) j'espère tirer profit des expériences des deux précédents présidents du Ghana pour construire un Ghana meilleur", a déclaré le nouveau dirigeant, 64 ans, issu des rangs de l'opposition.
Vêtu d'un boubou blanc et d'un kente, tissu traditionnel ghanéen, John Atta-Mills a prêté serment sur la bible lors d'une cérémonie organisée sur la plus grande place d'Accra, décorée aux couleurs du drapeau ghanéen - rouge, jaune, vert et noir -, en présence de plusieurs chefs d'Etat africains et de milliers de Ghanéens en liesse.
C'est la deuxième fois en dix ans qu'un président élu transmet le pouvoir à l'opposition à l'issue d'un scrutin régulier dans cette nation ouest-africaine de 23,5 millions d'habitants, érigée en modèle de démocratie pour l'Afrique.
M. Atta-Mills, qui représentait l'opposition sous la bannière du Congrès national démocratique (NDC), a remporté de justesse la présidentielle, dont les résultats ont été annoncés samedi, face au candidat du pouvoir Nana Akufo-Addo (Nouveau parti patriotique, NPP).
Juriste et ancien vice-président de Jerry Rawlings, il se présentait au poste suprême pour la troisième fois, après avoir été défait en 2000 et 2004 par John Kufuor.
John Kufuor, 70 ans, un démocrate tenace dont les efforts en matière de démocratie et d'économie ont été régulièrement salués par la communauté internationale, a tiré sa révérence après deux mandats de quatre ans, la limite constitutionnelle qu'il n'a pas cherché à repousser.
Il n'a pas pris la parole lors de la passation de pouvoir.
Les présidents ivoirien Laurent Gbagbo, burkinabé Blaise Compaoré, sierra-léonais Ernest Koroma, sénégalais Abdoulaye Wade, nigérian Umaru Yar'Adua et béninois Thomas Boni Yayi étaient présents à la cérémonie.
Le secrétaire d'Etat britannique à l'Afrique, Mark Malloch-Brown, y a aussi pris part, représentant l'ancienne puissance coloniale, dont le Ghana est devenu indépendant en 1957 avec Kwame Nkrumah comme premier président.
La présidentielle, déroulée sans heurts malgré des tensions croissantes sur la fin qui avaient fait craindre des affrontements, a été unanimement saluée par les dirigeants étrangers alors que l'année 2008, en Afrique, a été marquée par des violences post-électorales au Kenya et au Zimbabwe.
"Lors des élections, la démocratie au Ghana a été mise à l'épreuve mais au final, la volonté souveraine du peuple a prévalu", a déclaré John Atta-Mills après sa prestation de serment. "Il sera de mon devoir de président de panser les plaies et d'unifier notre chère nation".
Bien que l'alternance du pouvoir au Ghana soit générale, le Parlement ayant aussi basculé à la faveur du NDC à l'issue des législatives du 7 décembre, les observateurs s'attendent à une transition en douceur.
John Atta-Mills, qui a prôné le changement tout au long de sa campagne, s'était engagé lundi à "continuer les projets initiés par le président Kufuor, à maintenir la paix et la stabilité et à promouvoir l'unité".
Aucun changement de cap majeur n'est attendu dans le domaine de l'économie, mais la nouvelle équipe devra composer avec la crise financière internationale et apporter des réponses satisfaisantes à l'électorat populaire qui l'a portée au pouvoir, estimait Yaw Kwakwa, analyste du cabinent Generation Investment.
John Atta-Mills devra aussi gérer, à partir de 2010, le début de la production commerciale de pétrole découvert au large des côtes du pays en 2007. Le Ghana est déjà un important producteur d'or et de cacao.
Mélamine : l’OMS fixe une dose journalière « tolérable » dans l’alimentation
Depuis l’éclatement du scandale du lait chinois contaminé à la mélamine, cette substance toxique préoccupe les autorités sanitaires mondiales. A tel point que des experts de l’OMS se sont récemment réunis à Ottawa, au Canada, pour faire le point. Une dose tolérable de mélamine a même été fixée : elle est de 0,2 mg par kilo de poids corporel et par jour.
Concrètement pour une personne de 50 kg, l’ingestion quotidienne de 10 mg serait ainsi tolérée. Mais attention, l’absence de données fiables ne nous permet pas d’assurer que cette dose ne présente aucun danger pour la santé humaine insistent les 31 experts rassemblés au Canada.
Ils rappellent d’ailleurs que la mélamine est un contaminant qui n’a pas sa place dans la chaîne alimentaire. Et que sa présence, qui s’explique très souvent par la migration depuis l’emballage, peut être « tolérée » mais en aucun cas jugée comme « normale »… C’est d’ailleurs pourquoi il n’existe pas de norme internationale dans ce domaine.
L’occasion de rappeler que la mélamine ou plus exactement le formaldéhyde de mélamine (FM) est une résine mise au point dans les années 1930. Toxique, elle est encore aujourd’hui utilisée pour la fabrication d’emballages plastiques, de colles et même de retardateurs de flamme.
La démocratie renforcée au Ghana à l'issue de la présidentielle
Peu après l'annonce de sa victoire, l'opposant John Atta-Mills, du Congrès national démocratique (NDC), a tendu la main à son adversaire qui, en dépit de protestations, a reconnu sa défaite et l'a félicité.
La course, très serrée, a été remportée avec à peine un demi point de pourcentage.
"Le Ghana va connaître sa seconde alternance pacifique du pouvoir (...) en une décennie, un évènement qui renforcera certainement la transition démocratique du pays et ses jeunes institutions", a estimé Chris Fomunyoh, expert Afrique au National Democratic Institute (NDI), un organisme basé à Washington.
La première passation de pouvoir entre deux présidents démocratiquement élus s'était déroulée dans le calme en janvier 2001, lorsque Jerry Rawlings, un ancien dirigeant militaire converti à la démocratie, avait transmis les rênes à l'opposant John Kufuor après deux mandats de quatre ans.
La récente élection était la cinquième au Ghana depuis le retour du multipartisme en 1992, et John Atta-Mills, un juriste de 64 ans, se présentait pour la troisième fois consécutive.
"On peut espérer que le Ghana continuera d'être un modèle de démocratie pour d'autres pays africains, comme le sont le Bénin, le Botswana, le Mali, l'île Maurice et l'Afrique de Sud", a-t-il poursuivi.
La nation ouest-africaine de 23,5 millions d'habitants est régulièrement citée en exemple et louée pour ses avancées en matière de démocratie, dans un continent où violences et fraudes électorales sont fréquentes.
Au Kenya, des violences post-électorales ont fait plus de 1.500 morts début 2008, tandis qu'au Zimbabwe, plongé dans un crise politique et humanitaire, Robert Mugabe refuse de céder le pouvoir malgré la défaite de son parti aux législatives de mars.
Malgré quelques incidents, les observateurs de la présidentielle au Ghana ont relevé surtout l'ordre et le calme qui ont prévalu.
Bien qu'il ait reconnu sa défaite, Nana Akufo-Addo, du Nouveau parti patriotique (NPP), a insisté sur des irrégularités qui se seraient produites dans une région traditionnellement aux mains du parti adverse et déclaré que la justice devra examiner l'affaire, sans plus de précisions.
"Dans d'autres pays, on ne serait pas en train de rassembler des bulletins de vote (comme preuves de fraudes), mais des armes", a estimé Emmanuel Gyimah-Boadi, du Centre pour le développement démocratique (CDD), une institution ghanéenne.
"C'est tout à l'honneur du NPP qu'il présente ses griefs devant un tribunal. C'est à cela que servent les tribunaux électoraux", a de son côté noté Chris Fomunyoh du NDI.
Selon des observateurs, le recours en justice évoqué par le candidat défait ne devrait toutefois pas avoir d'impact réel sur la passation de pouvoir le 7 janvier entre le président sortant John Kufuor et John Atta-Mills.
Theodore Dzeble, porte-parole de la Coalition d'observateurs des élections (CODEO, 34 organisations) a estimé que Nana Akufo-Addo, également un juriste de 64 ans, était lui-même capable de se rendre compte que s'il souhaite se présenter lors des prochaines élections dans quatre ans, il doit se résoudre à la défaite.
"Sinon, personne ne votera pour lui la prochaine fois".
source AFP
L'Afrique salue la transition en douceur au Ghana
Par Reuters, publié le 04/01/2009 à 15:30 ACCRA - Le bon déroulement de l'élection présidentielle au Ghana et la transition en douceur qui en découle est un rare exemple du bon fonctionnement des institutions démocratiques en Afrique et doit servir de modèle au continent, estiment responsables politiques et citoyens ordinaires.
John Atta Mills, candidat du Congrès démocratique national (NDC), qui a remporté samedi l'élection présidentielle ghanéenne, avec 50,23% des suffrages. Responsables politiques et citoyens ordinaires estiment que le bon déroulement de ce scrutin et la transition en douceur qui en découle est un rare exemple du bon fonctionnement des institutions démocratiques en Afrique et doit servir de modèle au continent. (Reuters/Luc Gnago)
La troisième tentative a été la bonne pour le chef de l'opposition ghanéenne, John Atta Mills, qui a remporté l'élection de justesse, avec 50,23% des voix contre 49,77% à son adversaire du parti au pouvoir, Nana Akufo-Addo.
"La victoire de John Atta Mills et l'attitude du peuple ghanéen offrent un rare exemple de démocratie en Afrique", a déclaré dans un communiqué le Premier ministre kényan Raila Odinga, dont le pays a connu de graves violences politiques qui ont fait un millier de morts au début de l'an passé.
Des soubresauts politiques ont également marqué la Mauritanie, où le premier président civil librement élu a été déposé en août par les militaires, et la Guinée, où un putsch a suivi le décès du président Lansana Conté le mois dernier.
La crise gouvernementale au Zimbabwe, elle, n'est toujours pas dénouée malgré l'accord de partage du pouvoir conclu le 15 septembre.
L'Afrique du Sud, première puissance économique du continent, votera en mars prochain, un scrutin que les spécialistes annoncent comme très tendu en raison des dissensions au sein du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir.
"RESPECT DE LA DÉMOCRATIE ET BONNE GOUVERNANCE"
"L'élection au Ghana est un témoignage du respect de la démocratie et de la bonne gouvernance en Afrique", a déclaré le président sud-africain Kgalema Motlanthe. "Le peuple du Ghana a montré dans les urnes combien il appréciait la démocratie."
Sortie d'une sanglante guerre civile, la Côte d'Ivoire, voisine du Ghana, a reporté l'élection présidentielle qui devait être organisée l'an dernier, en raison des retards dans le désarmement et dans le recensement des électeurs. Le scrutin ne devrait pas avoir lieu avant la fin de cette année.
"Dans ce pays, les élections se déroulent toujours dans le chaos et c'est le plus fort qui gagne", déclare un chauffeur de taxi d'Abidjan, Alpha Kante. "Mais si les Ghanéens, eux, ont pu élire un nouveau président sans problème, c'est une bonne chose et un exemple à suivre."
A Accra, la capitale ghanéenne, l'homme de la rue est fier du bon déroulement du vote, preuve que "la démocratie, ça marche".
"L'élection montre que le Ghana est un superbe exemple de démocratie sur un continent qui se bat pour être enfin reconnu", dit Richard Nunoo, un mécanicien.
Les deux camps en lice au Ghana s'étaient pourtant mutuellement accusés de fraudes et de violences et avaient demandé une nouvelle vérification des résultats dans plusieurs régions, mais la commission électorale a affirmé que ces demandes n'étaient pas fondées.
Les observateurs internationaux ont salué un scrutin libre et régulier.
Les huit années de présidence du chef de l'Etat sortant, John Kufuor, ont été marquées par une forte croissance économique qui a attiré de nombreux investisseurs.
Mais les détracteurs du chef de l'Etat sortant faisaient état d'une corruption généralisée, et notamment de trafics de drogue dans lesquels des fonctionnaires étaient impliqués.
Christian Akorlie à Accra, Helen Nyambura-Mwaura à Nairobi; Ange Aboa à Abidjan, version française Guy Kerviel
source : l'express
Suite de la plainte contre les chefs d'etats d'Afrique centrale : Arrestation d'un activiste de la société civile au Gabon
Gabon / Misappropriated public assets case / Gabonese authorities arrest civil society activists

Gabon / Misappropriated public assets case / Gabonese authorities arrest civil society activists
LIBREVILLE, Gabon, January 3, 2009/African Press Organization (APO)/ — Transparency-International (France) and Sherpa are gravely concerned about the arrest in Libreville, Gabon, of Gregory Ngbwa Mintsa, a civil plaintiff in a case filed in France denouncing the alleged embezzlement of public funds in Gabon.
On 2 December 2008, Gregory Ngbwa Mintsa and Transparency International (France) lodged a complaint calling for an investigation into how a large volume of assets such as real estate and automobiles, have been acquired in France by three foreign heads of state and their family members, including the President of Gabon, Omar Bongo Ondimba.
Gregory Ngbwa Mintsa was arrested at his home early on the morning of 31 December, 2008. To date, he has not had access to his attorney or his family. The official reason for his detention remains unclear.
Ngbwa Mintsa has faced intimidation in the past due to the civil complaint. His arrest coincides with the detention of two other civil society leaders: Marc Ona, coordinator of the “Publish What You Pay” coalition in Gabon, which calls for more transparent management of Gabon’s oil weath, and Georges Mpaga, President of the Gabonese civil society network for good governance (ROLBG). All those arrested are involved in fighting corruption in Gabon.
It appears that the arrest of Gregory Ngbwa Mintsa is the culmination of a series of attempts to intimidate him, and could be linked to his forming part of the legal complaint for damages in the misappropriated public assets case filed in December in France.
Sherpa and TI France are calling for the immediate release of Gregory Ngbwa Mintsa and the other anti-corruption campaigners. All efforts are being made to ensure that the detainees have adequate legal support.
Both organisations further urge the French government to immediately request that the Gabonese authorities ensure that a due process of law is followed and that Gabon’s commitments to uphold human rights are respected.
SOURCE : Transparency-International








