EXPERIENCE

NOUVELOBS.COM | 28.01.2009 | 11:47

L’Agence spatiale européenne (ESA) va tester en 2009 un service complet de télé-échographie robotisée. Si l’évaluation du service est positive, la télé-échographie pourrait être déployée dans divers hôpitaux secondaires mais pourrait également trouver sa place dans certains villages isolés d’Afrique ou d’Amérique du Sud.

Bientôt des échographies à distance pratiquées de manière courante. Crédit photos : C. Ducros/ESA.

Bientôt des échographies à distance pratiquées de manière courante. Crédit photos : C. Ducros/ESA.

L’échographie est une technique d’imagerie médicale d’usage courant, du moins dans les pays développés, qui nécessite un appareillage relativement complexe ainsi qu’un opérateur formé capable d’interpréter les images obtenus. Depuis 1997, l’Esa et le CNES (Centre national d'études spatiales) testent en collaboration avec le professeur Philippe Arbeille du CHU de Tours un robot de télé-échographie qui permet de réaliser cet examen sans que la présence « au pied du malade » de l’échographiste soit nécessaire.

Le principe ? Un bras robotisé portant une sonde ultrasonore est placé sur le ventre du patient par un infirmier. De son côté, à plusieurs dizaines voire centaines de km de là, le médecin dirige les mouvements de la sonde à l’aide d’un joystick et réalise son diagnostic, en direct, grâce à un écran de contrôle. Les communications entre les sites peuvent se faire par le biais de lignes téléphoniques au sol ou par voie satellitaire.

Les différents essais réalisés ces dix dernières années ont démontré la faisabilité du concept ainsi que la bonne qualité des images obtenues par le robot. Pour autant, la validation en conditions réelles du service est encore nécessaire et sa pérennisation reste à évaluer. Démarré en novembre 2007, financé par l'ESA et piloté par le Medes (Institut de médecine et de physiologie spatiale) à Toulouse, le projet ARTIS a donc pour objectif de concevoir un service complet de télé-échographie robotisée qui puisse être effectivement utilisé en pratique médicale courante.

Les robots seront installés sur des sites pilotes dans le courant du 1er trimestre 2009 et le service testé tout au long de l’année. Si l’évaluation est positive, des robots seront alors installés dans divers hôpitaux secondaires mais également dans certains villages isolés d’Afrique ou d’Amérique du Sud. Combinée à des satellites de télécommunications, ces robots permettront d’améliorer sensiblement la qualité des soins dans les régions isolées où les spécialistes font cruellement défaut.


J.I.
Sciences-et-Avenir.com
28/01/2009