GENÈVE (AFP) — Le choléra, qui a fait 1.123 morts depuis son apparition en août selon un dernier bilan, continue de progresser au Zimbabwe où la situation "s'aggrave" dans certaines régions malgré de premiers signes d'amélioration près de la capitale, a estimé vendredi l'ONU.

Un total de 20.896 personnes malades ont été diagnostiqués au 18 novembre dans tous le pays, a précisé le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Le précédent bilan de l'ONU rendu public jeudi faisait état de 1.111 morts et de 20.581 malades.

La capitale Harare porte toujours le plus lourd fardeau, selon OCHA. Toutefois le nombre de 224 décès n'a pas évolué depuis la veille. Selon un épidémiologiste de l'OMS, de retour d'une mission sur place, la situation donne quelques signes d'amélioration près de la capitale.

"La situation sur le terrain diffère d'une région à l'autre. Elle semble apparemment s'améliorer dans la périphérie de la capitale Harare", a raconté Dominique Legros lors d'un point de presse.

"Mais, elle s'aggrave dans d'autres régions", a-t-il poursuivi s'alarmant particulièrement de l'état de nombreux hôpitaux, révélateur des difficultés des autorités à répondre à l'épidémie rampante.

"La situation dans les établissements de santé est tout à fait préoccupante. J'ai vu des hôpitaux vides, des sortes d'hôpitaux fantômes désertés par le personnel médical qui ne vient pas travailler", a décrit le docteur Legros.

Les médecins et infirmières qui ne parviennent plus à obtenir leurs salaires auprès des banques en rupture de billets, n'ont plus les moyens de payer leur ticket de transport jusqu'à leur lieu de travail, avait expliqué OCHA jeudi.

Depuis août, la maladie qui se transmet par les eaux usées ne cesse de progresser au Zimbabwe pour s'étendre à tout le pays et menacer ses plus proches voisins tel que l'Afrique du Sud. Les organisations internationales ont peiné à répondre aux besoins croissants de la population.

L'OMS a estimé toutefois que les choses vont dans la bonne direction: "nous faisons d'énormes progrès dans notre surveillance de la situation. Nous avons obtenu du gouvernement l'autorisation de faire remonter du terrain les informations, de manière à être alertés instantanément en cas de nouvelle épidémie. Jusqu'à la semaine dernière, le système de surveillance et d'alerte était trop lent", a expliqué M. Legros.

Ce système d'informations est crucial, a-t-il insisté car il permet d'adapter en conséquence l'aide humanitaire.

L'épidémie a mis en valeur le marasme social, économique et politique du pays gouverné depuis 28 ans par Robert Mugabe, qui s'accroche au pouvoir malgré une défaite historique de son parti aux législatives de mars.