ACCRA - Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche au Ghana pour des élections présidentielle et législatives qui interviennent alors que ce pays d'Afrique occidentale amorce un essor économique et se prépare à devenir producteur de pétrole.

Plus de 12 millions d'électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche au Ghana pour des élections présidentielle et législatives qui interviennent alors que ce pays d'Afrique occidentale amorce un essor économique et se prépare à devenir producteur de pétrole. (Reuters/Peter DiCampo)

Huit candidats sont en lice pour remplacer le président John Kufuor, dont le second et dernier mandat expire en janvier. Ses réformes opérées sur fond de stabilité politique ont en partie relancé une économie naguère stagnante. Les 230 sièges de l'Assemblée nationale seront renouvelés simultanément.

Les deux principaux candidats à la présidentielle sont des juristes formés en Occident. L'avocat Nana Akufo-Addo, 64 ans, membre du Nouveau parti patriotique (NPP) de Kufuor, et l'opposant John Atta Mills, dirigeant du Congrès national démocratique (NDC), ont promis l'un et l'autre des avancées économiques.

L'issue du scrutin présidentiel est incertaine et beaucoup s'attendent à ce qu'un second tour ait lieu le 28 décembre.

Les 21.000 bureaux de vote sont ouverts de 07h00 à 17h00 (GMT) pour plus de 12 millions d'électeurs inscrits.

Le dépouillement des suffrages débutera aussitôt après leur fermeture et des résultats sont attendus dans un délai maximum de 72 heures.

INÉGALITÉS

L'atmosphère optimiste qui prévaut rappelle les premières années du Ghana indépendant, lorsque le pays avait pour dirigeant Kwameh Nkrumah. Ce champion du panafricanisme avait fait de la Côte-de-l'Or britannique le premier pays d'Afrique noire à se libérer de la domination coloniale en 1957.

Déjà au deuxième rang des producteurs mondiaux de cacao et des producteurs d'or africains, le Ghana peut espérer accélérer sa transformation économique depuis la découverte de gisements de pétrole offshore dont l'exploitation doit débuter fin 2010.

Mais il reste un long chemin à parcourir. "A Accra, il n'y a pas de système sanitaire", souligne Ishac Diwan, directeur régional de la Banque mondiale. "Si l'on examine la carte, la moitié nord du pays a un réseau routier de très faible densité."

La croissance économique du pays, dont le taux oscillait depuis des années entre cinq et six pour cent, risque en outre de ralentir sous l'impact de la crise financière internationale, ajoute Diwan qui s'attend à voir baisser les revenus tirés des exportations, les investissements et les versements d'expatriés.

L'espoir d'une croissance future est donc lié au pétrole.

Version française Philippe Bas-Rabérin, Jean-Stéphane Brosse