09 septembre 2007
Gestion de la forêt congolaise
Lu et approuvé pour vous sur le site de mon ami Pépin Boulou à Pointe-Noire GESTION DE LA FORET CONGOLAISE |
| INTERMINABLE POLEMIQUE SUR L’EXPLOITATION DE LA FORET CONGOLAISE |
(A mon Ami BIOKA BONGO Bernard) «Mentez, mentez. Il restera toujours quelque chose». Voltaire. Une ressource longtemps masquée. De même qu’un train peut en cacher un autre, de même une ressource peut en cacher une autre… Au Congo Brazza, l’immense succès de l’or noir a presque fait oublier, pendant longtemps, l’existence de l’or vert, la deuxième ressource du pays. Ressource renouvelable et inépuisable s’il est bien géré, le bois a été la première richesse du Congo Brazzaville jusqu’en 1972. A partir de cette date qui marque simultanément la fin de la suprématie du bois et le début du premier boom pétrolier Congolais, le secteur de l‘économie forestière fut non seulement relégué au second plan; mais manifestement négligé. Dès lors, les regards des Congolais, toutes catégories confondues, furent tous braqués sur l’exploitation pétrolière, et surtout les colossales recettes qu’elle a souvent générées. Une prise de conscience soudaine A partir de l’an 2000, la vigilance des Congolais, longtemps chloroformée par les miasmes des hydrocarbures, se réveilla brusquement. Le gouvernement congolais mis en cause Sans nul doute, ce débat public national au sujet de la forêt, avait été déclenché par l’hebdomadaire frondeur l’Observateur en fin décembre 2002. Ce journal Congolais titrait à la une:‘’Forêts Congolaises; la maffia bazarde et massacre en silence’’. En effet, dans un article à caractère documentaire, l’observateur mettait ouvertement en cause le régime en place. Principal accusé: Henri DJOMBO, le ministre de l’économie forestière et de l’environnement(3). Cet article provocateur avait été inspiré par des propos peu convaincants de Mr Henri DJOMBO sur les antennes de RFI. Cette réplique fut évidemment rapportée par l’observateur. Selon cet organe de presse Congolais, Jean Pierre EDIN avait rétorqué en ces termes: « La forêt congolaise est surexploitée…les opérateurs asiatiques qui s’intéressent de plus en plus aux forêts guinéo-congolaises, pratiquent vraiment des coupes terribles. Ils prennent sur la surface tout le bois, y compris des bois très jeunes pour être coupés… l’Etat Congolais récolte rarement les taxes forestières… il y a énormément des détournements quand elles sont payées; y’en a beaucoup qui ne sont jamais payées. Donc, les revenus pour les pays sont assez faibles par rapport au bois extraits… tout se passe dans l’opacité». Enfin, l’Observateur terminait ce dossier par un précieux avertissement aux Congolais:‘’Le ministère de l’économie forestière et de l’environnement est une mine d’or. Il faut y ouvrir un œil’’(5). Force est de constater que ce conseil demeure bien suivi. Par conséquent la polémique pouvait se poursuivre. Démenti d’un ministre morveux Blessé dans son amour-propre, le ministre Henri DJOMBO ne tarda pas à réagir. Une semaine après l’apparition de cette livraison de l’Observateur, il contre-attaqua «démocratiquement» par l’entremise d’un déjeuner de presse qui eut lieu le 28 Décembre 2002 à Brazzaville. D’un ton énergique, il avait déclaré: "… Les organismes internationaux ont décerné au Congo le prix le plus élevé dans la gestion durable du secteur forestier du bassin du Congo. Notre pays a été le premier à réaliser le clonage de l’eucalyptus. Les contrôles de chantier et la disparition des permis se font selon les normes légales. Il n’y a pas d’opacité dans la gestion de la forêt congolaise…Au Congo, il y a des garde-fous pour contrôler la coupe du bois…, la forêt primaire est quasi-intacte, malgré de nombreux passages de coupes opérées dans la zone sud …"(6). Au cours de ce déjeuner de presse, Henri DJOMBO avait fustigé l'altitude des propagateurs de mensonges qui agissaient de la sorte pour déstabiliser l'opinion publique nationale et internationale afin que le Congo soit discrédité sur le marché du bois. Selon lui, ces propagateurs de mensonges étaient à la solde des convoiteurs des exploitants actuels dans le secteur forestier au Congo. Réfutant les accusations de Jean Pierre EDIN(sans le citer), Henri DJOMBO soutenait mordicus que les malaisiens n’opéraient pas des coupes sauvages du bois congolais, mais plutôt en conformité à la législation en vigueur. Dans la foulée, il avait ajouté: "Les malaisiens ont installé des usines de transformation de bois sur place. Ce que certains ne font pas". Enfin, Henri DJOMBO a indiqué les perspectives de développement du secteur forestier au Congo; notamment la promotion du reboisement en forêt dense, l’agroforesterie et de la foresterie villageoise, l’implication des populations et de la société civile dans la gestion des terrains et le contrôle de la circulation des produits de la chasse. Malgré le déficit démocratique notoire au Congo, la salive et l’encre ne pouvaient que continuer de couler à flots à propos de ce sujet à la fois économique et écologique. Fin momentanée du suspense La rigueur audacieuse et appréciable du nouveau ministre de l’économie et des finances Rigobert Andely, doublée d'un excès de zèle, mit vite un terme au suspense sur le sujet. En critiquant publiquement le code forestier ,pourtant adopté par le C.N.T(7), qui accordait, selon lui, trop de pouvoirs au ministère de l’économie forestière et de l’environnement, notamment en ce qui concerne les recouvrements, Rigobert Andély avait fragilisé l’argumentation de son collègue, le cacique Henri DJOMBO. De plus, à l'hémicycle, Rigobert Andély avait promis de corriger les lacunes constatées dans ce code forestier, de telle sorte que la majeure partie des revenus de l’exploitation forestière puisse désormais atterrir dans les escarcelles du Trésor Public. Une mégestion vite confirmée Un nouvel épisode de cette polémique nationale, par médias interposés, commença lorsque l’Observatoire Congolais des droits de l’Homme vint apporter de l’eau au moulin aux troublantes accusations de l’Observateur. Par le biais de son bulletin trimestriel d’information ‘’Lumière’’, paru au cours du premier semestre 2003, L’O.C.D.H fit le compte-rendu de leurs missions d’enquête sur l’exploitation forestière dans les départements administratifs du Niari, de la Lékoumou et de la Sangha. A travers l’article intitulé: «Man Fai Tai , un exemple de mauvaise gouvernance», L’O.C.D.H incrimina les autorités nationales. En effet, dans cet article, L’O.C.D.H dénonça sans détour l'exploitation intense du bois, la coupe des bois hors normes, la destruction des routes existantes, l'opacité dans la gestion des redevances forestières, la non-publication et le non-respect des cahiers de charges, enfin la violation des droits de travailleurs. Selon L'O.C.D.H; tous ces méfaits et abus, inacceptables dans un Etat qui se respecte, auraient été commis avec l’aval des autorités congolaises. Celles-ci préféreraient garder le silence lorsqu’on les interroge au sujet des questions relatives à l’économie forestière. Le même article de l’O.C.D.H n’épargna pas le Chef de l’Etat Congolais. Véritable crime de lèse-majesté, le Président de la République du Congo fut éclaboussé par les enquêteurs de l’O.C.D.H. selon ces limiers ,à la question de savoir à combien s'élevaient les redevances imputables à Man Fai Tai et comment étaient-elles payées, M. Chen ,responsable chinois de MAN FAI TAI du chantier de NGOUA II répondit :<< Je n'ai rien à vous dire; moi je ne traite qu' avec Sassou >>. Pour ces enquêteurs de l'O.C.D.H, l'assurance dont M. Chen avait fait montre et le ton familier avec lequel il désignait le président de la République du Congo constituaient des preuves suffisantes de l'implication de ce dernier dans ces crimes économiques et écologiques. contre son propre pays! Ultime démenti du gouvernement A partir du moment où le Chef de l’Etat avait été directement mis en cause, dans ce scandale, l’affaire ne pouvait que prendre une autre tournure. Dès lors, la palabre quitta la cité et les médias pour aboutir à l’Assemblée Nationale où le ministre incriminé fut interpellé. Les informations sur la surexploitation de la forêt et sur les coupes de bois sous dimensionnés et jeté dans les ravins pour ne pas être récupérés, n’étaient que pure spéculation. En réalité, le problème est né de la sous information des autochtones, habitués à voir, jusqu’il y a quelques années, des exploitants forestiers nationaux, nantis de très peu de moyens, et donc n’exploitant pas au maximum les permis qui leur étaient attribués, devant des Mastodontes comme la société Man Fai Tai, qui, à elle seule possède entre 200 à 250 véhicules grumiers et a besoin de 15.000m3 pour faire fonctionner ses deux usines de Pointe-Noire. Voila qui donne l'illusion d'un abattage sauvage du bois. Et, sur ce point, les députés du Niari élèvent une protestation pour dénoncer le fait qu’aucune usine de transformation n’ait été implantée dans le département du Niari, qui ne bénéficie nullement des bienfaits de sa forêt… au niveau des entreprises forestières, il leur est fait le reproche de la part des populations de détruire outrancièrement la forêt sans la replanter … avec un personnel faible de 362 agents, il est difficile à l’administration forestière de contrôler les 20 millions d’hectares que compte le Congo…>> Les conclusions de ce rapport d’enquête, tant attendu, ne firent pas l’unanimité. Une partie de l’opinion estima que la commission d’enquête était partisane, corrompue et lâche… en un mot inféodée au pouvoir en place. Pépin BOULOU NOTES (1)- L’exploitation pétrolière au Congo s’effectue au mépris total des normes de protection de l’environnement. Pour s’en convaincre, lire ’’Pointe-Noire: bidonville de pétrole’’. In ’’les dossiers du canard Enchaînés’’. ‘’l’empire d’essence’’(fric, politique, Barbouzes); publiés en mars 1998. (2)- Lire l’hebdomadaire congolais l’Observateur N°182 du 19 au 25 Décembre 2002, page3. (4)- Ce douloureux troc n'a pas vraiment disparu. Une démagogique du ministre des transports, Emile Ouosso( lors d'une récente allocution, prononcée à Oyo en 2007) nous le confirme :<<…Financés entièrement par le consortium malaisien Korail Corée, ces deux chemins de fer ne coûteront aucun franc à l'Etat congolais . En retour, le consortium va exploiter les ressources naturelles trouvées sur le parcours des deux projets >>. (5)- Dans un ouvrage qu'il a co-écrit avec d'autres intellectuels de la diaspora et qu'il a coordonné , Michel NKAYA présente ainsi la richesse de la biodiversité congolaise:<<…une diversité abondante la caractérise, avec des écosystèmes variés: 500 espèces végétales, 150 espèces de bois d'œuvre, 200 espèces de mammifères et 700 espèces d'oiseaux. Le Congo est le seul pays du bassin qui possède une forêt primaire quasi – intacte. Par ailleurs, le Congo occupe la deuxième place mondiale, après le Brésil, pour ce qui concerne les eucalyptus; mais c'est au Congo que la technique du clonage de l'eucalyptus a été mis au point pour la première fois... >> Lire Michel Nkaya, le Congo – Brazzaville à l'aube du 21ème siècle; plaidoyer pour l'avenir, collection études africaines, éditeur l'Harmattan). (7)- C.N.T ou Conseil National de transition a été le parlement de transition de 1998 à 2002. Ces 75 membres ne furent pas élus; mais tout simplement désignés sur liste unique par le pouvoir. (8)- Lire "De l’ordre dans les revenus de l’exploitation forestière", la semaine Africaine N°2396 du jeudi 9 Janvier 2003, page3. (9)- Lire "La SOCALIB: paie tes impôts", l'Observateur N°184 du 02 au 08 Janvier 2003 Page5. (10)- Pour les autorités actuelles du pouvoir de Brazzaville, l’observatoire Congolais des droits de l’homme (O.C.D.H) n’est pas une institution neutre. Elle serait à la solde des dirigeants de l’ancien régime contraints à l’exil et aussi de l’opposition interne. (11)- Lire Roch Euloge NGOBO et Jean Jules KOUBOU «Exploitation forestière: Man Fai Tai, un exemple de mauvaise Gouvernance», in ‘’Lumière’’ N°13-14 du premier semestre 2003, pages 9 et 10. Man Fai Tai est une société de droit congolais dont les promoteurs sont des entrepreneurs chinois qui importent la main d’œuvre de la Malaisie et des Philippines. Elles exploite le bois du Congo, dans le département du Niari depuis 1995 à Ngoua II, Mayoko et Poumbou. (12)- Lire "Exploitation forestière du massif du Chaillu: polémique entre l’administration forestière", in les Echos du Congo N°181 du 15 au 22 Octobre 2003, page2. (13)- Victime de critiques incessantes de la part des citoyens sceptiques, le gouvernement Congolais ne manque aucune occasion pour prouver sa gestion transparente des ressources forestières de leur pays. C’est ainsi qu’en Septembre 2006 à New York, en marge de la 61è session ordinaire de l’assemblée générale des nations Unies, le gouvernement Congolais sur le Thème: «Forêt congolaise, patrimoine de l’humanité». Conformément à la loi 16-2000 du 16 Novembre 2000, relative au code forestier, le gouvernement Congolais a crée le service ce contrôle des produits Forestiers à l'exploitation (S.C.P.F.E) par l'arrêté 461 du 19 février 2003, une nouvelle entreprise, la société générale de surveillance (S.G.S) est destinée comme prestataire suivant la convention du 06 Juin 2002 signé entre le gouvernement Congolais et la S.G.S dont le siège se trouve à Genève en Suisse. Voici les missions que le gouvernement Congolais a confié à la S.G.S; contrôler la quantité et la qualité du bois et dérivés à l’exportation, par l’agréage; contrôler la qualité des produits de la flore et la faune à l’exploitation, à la réexportation et à l’importation; suivre les prix du bois et des produits forestiers non ligneux à l’exploitation; suivre la conjoncture des produits forestiers sur le marché international; assurer le recyclage des classeurs de bois et autres produits forestiers; créer et gérer une banque de données, sur les exploitations des produits forestiers et dérivées tout en publiant les statistiques annuelles y relatives; participer au processus de la certification forestière; produit et publier périodiquement une note de conjoncture; et enfin veiller aux respect des quotas d’exportation des bois en grumes . Loin de contribuer à la sécurisation des recettes de l'Etat et de la gestion durable de la forêt congolaise par la lutte contre la fraude et la corruption, la S.G.S, après trois ans de service ,a absolument déçu. Au terme d'une enquête qu'il a menée sur le sujet, l'hebdomadaire congolais Le Choc ( pourtant très proche du pouvoir de Brazzaville) N°514 du 27 novembre 2006 page 6, affirme que << le contrat signé entre l'Etat congolais et la SGS est un vrai marché de dupes… L'irresponsabilité de l'Etat s'étale avec stupeur. Un vrai Etat voyou qui a toujours pris le plaisir de jeter son argent par les fenêtres…>> ©Pépin Boulou Août 2007 |
Pour un débat sur les choix économiques des gouvernants
L’objet de cet article est d’exprimer un souhait, celui de voir que le débat sur l'Afrique en général, et le Congo en particulier s’oriente aussi vers des questions pratiques dans les autres domaines autre que la politique. A partir de quelques exemples, je vais essayer de défendre cette idée et surtout de montrer en quoi une telle orientation serait une chose saine.
Plus que jamais le Congo a besoin de dépolitiser les questions sociales, économiques et culturelles, même si à l’origine de ces problèmes se pose la question de l’homme.
Il est toujours important de souligner que le Congo est victime de l’incompétence de ses Hommes. En économie la première richesse que possède un pays ce sont les HOMMES.
Ce sont les Hommes qui décident de l’orientation économique d’un pays cela à partir d’un postulat qui est comment vivre bien pour tout le monde et surtout maintenir le lien social ? Les Sociétés qui se sont posées cette question ont décidé d’y répondre par le biais économique.
La fonction assignée à l’économie dans ces pays c’est de redistribuer les richesses nationales, et pour cela deux idéologies se sont affrontées. Une qui pense que c’est la main invisible du marché qui peut opérer la redistribution optimale donc le libéralisme et une autre opposée qui est convaincue que c’est à l’Etat de redistribuer les richesses de façon équitable. Actuellement, il semble que c’est la première idéologie qui semble régir le fonctionnement économique du Monde par le biais de la mondialisation économique.
Et donc chaque pays du monde a intérêt à spécialiser comme l’explique bien Michael Porter dans son livre "l’avantage concurrentiel des Nations" Editions Dunod Paris 1993.
Il explique bien quelles sont les stratégies que doivent adopter les économies nationales qui se veulent performantes. Selon lui toutes les nations du Monde peuvent se développer si elles ont une stratégie basée sur l’avantage concurrentiel.
En premier il parle de formation en second il parle de choix stratégique basé sur la spécificité d’un pays à partir de l’allocation naturelle optimale c’est-à-dire sur quel(s) segment (s) de l’économie mondiale le Congo a - il un avantage concurrentiel naturel ? S’il n’y en a pas il faut le créer.
A partir de ces questions, on peut comprendre qu’au Congo, les dirigeants qui se sont succédés depuis 40 ans ne sont jamais posés ces questions d’où un mimétisme suicidaire dans la gestion économique faute d’éléments idéologiques longuement débattus par les Congolais.
On peut aisément ajouter à cela que l’économie congolaise et d’autres pays d’Afrique ne s’inscrivent dans aucune stratégie politique et économique.
Demander aux Congolais ou au Africains quelle est la stratégie de la politique économique de leur pays, revient à affirmer sans trop difficulté qu’elle n’existe. C’est-à-dire Rien sinon la gestion des effets d’aubaine comme le prix du pétrole, de l’uranium, de l’or, du diamant, du bois, et d’autres matières premières, aucune vision lointaine.
C’est pour cette raison que l’initiative privée, surtout celle en faveur des jeunes est jetée aux oubliettes tout comme l’abandon d’une politique de développement d’un tissu industriel de base.
Sinon comment expliquer qu’un pays comme le Congo avec une façade maritime ne possède pas d’industrie de pêche ? Parlez au ministre de la pêche de la création d’une école de marin pêcheurs, il vous dira que c’est impossible pour le Congo.
Ce qui fait que le Congo sera toujours obligé d’importer du poisson de mer. Cette importation aura pour conséquence pour le Congo d’aller chercher des devises sur le marché mondial, donc de dépendre des secteurs exportateurs pour assurer son économie domestique donc le pouvoir d’achat de ses concitoyens.
En parlant du pouvoir d’achat des Congolais très faible, cela est la conséquence de l’étroitesse de la masse monétaire du Congo.
En effet le Congo ayant une population en dessous du seuil minimum critique pour déclencher des économies d’échelles interne pour toute industrie lourde de transformation et de production locale est obligé de n’investir que dans les industries de cueillette d’exportation notamment les minerais et le bois.
C’est ce qui explique de façon structurelle le poids néfaste des industries du pétrole et du bois dans l’économie congolaise, seules ressources de devises.
C’est aussi ce qui explique pourquoi les hyper incompétents gouvernants congolais n’ont pas besoin de développer le secteur privé local encore moins des industries moyennes de transformations locales toutes estimées non rentables si elles sont exclusivement destinées au marché local.
Une industrie de transformation locale au Congo qui viserait que le marché local est vouée presque à l’échec sauf subventions d’un côté. Et de l’autre celle qui viserait le marché extérieur notamment la sous-région, est elle aussi encline à des difficultés de croissance à cause du manque de communication de transport déjà au Congo et dans la sous-région (il est plus facile pour un librevillois d’importer de Chine une marchandise que du Congo.
L’usine de ciment de Matadi située en RDC n’est pas concurrentielle par rapport à une usine située en Roumanie. Et pourtant Matadi a une ouverture sur l’Atlantique et est à quelques centaines de kilomètres du Congo. On touche là le vrai problème des économies africaines celui de la circulation des marchandises.
Dans la stratégie politique des gouvernants, les transports ne bénéficie d’aucune recherche théorique voir dogmatique.
Un autre exemple pour illustrer le manque de diagnostic et choix économique des gouvernants congolais peut s’illustrer dans le domaine de la construction. Le sol congolais regorge des ensembles géologiques naturels pouvant produire des agrégats bitumeux pour la construction des infrastructures de communications, que constate-t-on ? Aucune industrie.
La Coraf (congolaise de raffinage de pétrole) ne produit pas à partir du pétrole des produits bitumeux (goudron) nécessaires à la construction des routes, tout cela parce que d’un point de vue calcul économique, le Congo aurait été incapable d’absorber toute la production et aussi à cause d’une incompétence notoire pour les Congolais à vendre ce produit sur le marché international.
En effet l’université du Congo est incapable de former des jeunes au commerce international. A ce moment c’est la décision politique qui aurait primé, mais les gouvernants africains ont depuis longtemps accepté le diktat de l’Occident. Plusieurs exemples existent dans ce domaine.
L’absence des politiques de création de filières sectorielles dans tous les compartiments de l’économie est signe que les gouvernants n’ont aucune vision politique et économique de leur pays. C’est cette incompétence qui fait la pauvreté du Congo.
Il n’est de richesse que des Hommes. C’est la première richesse d’un pays.
Mouélé Kibaya 10 octobre 2007



