26 juillet 2007
André Milongo
Le Congo vient de perdre le symbole de la tolérance,en la personne de Monsieur André Milongo ancien premier de la transition démocratique de 1991-1992.
Ce dernier est mort le 23 juillet à lâge de 71 ans , il aurait eu 72 ans au mois d'octobre 2007.
Pour le Congo de ces seize dernières années, André Milongo aura été un homme d'ouverture malgré les pressions des fanatiques de son camp. Privilégiant la paix à la guerre.
Il aura le mérité de ne pas avoir participé à aucune des inciviles guerres ayant tué des milliers des Congolais. Dure posture à tenir dans un pays où les haines dites tribales furent portent dans les hauts sommets de l'intolérables. Jamais il a fait un appel à la violence.
Il nous faut garder de lui l'homme qui a conduit la transition vers le retour du mutipartisme et de beaucoup de libertés, même si le pouvoir actuel s'ingénue à les étouffer.
Il lui faut être réconasissant d'avoir organisé des élections transparentes et équitables en 1992.
Il a droit à notre profonde réconnaissance.
Milongo était un homme du compromis, même si en apparence on pouvait croire à la compromission de l'homme ce qui ne fut pas le cas.
Sa recherche de la rigueur et de l'excellence économique doit être comme une lampe (mwinda) pour la jeunesse congolaise.
En tant que député, même s'il pouvait se tromper, il atoujours à être près de la vérité. Prêt à mettre sa main pour trouver des solutions aux problèmes du Congo.
la mort de André Milongo doit nous faire réflechir sur la qualité de notre existence. Pour ceux qui restent, elle doit nous obliger à rendre notre existence humble comme lui.
Que la terre te soit legère mbuta muntu MILONGO
25 juillet 2007
La liberté n'a pas de prix, la dignité ne peut se marchander
CONGO BRAZZAVILLE
La liberté n’a pas de prix, la dignité ne peut se marchander.
La conjoncture politique actuelle du Congo Brazzaville, qui se caractérise par un affaiblissement continu du pouvoir de Brazzaville, interroge tout congolais. Les affres publiques de ce régime despotique et corrompu constituent-elles des augures de sa fin probable ou s’agit-il simplement de soubresauts mineurs d’un régime, certes impopulaire, mais toujours préférable à l’anarchie ou à la nouveauté sociale de l’alternance ?
Lors de la conférence internationale des intellectuels et hommes de culture d’Afrique et de la diaspora, de Mai 1996, à Dakar au Sénégal, dont le thème s’intitulait « la place de L’Afrique au 21° siècle », les Conférenciers identifièrent, à la lumière des expertises et des données statistiques, les deux causes fondamentales du sous développement du continent. Il s’agit, d’une part, de l’absence d’implication, active et démocratique, de toutes les composantes sociales, économiques et politiques, aux différentes initiatives de développement politique et économique ou aux politiques publiques ; et, d’autre part, la réelle rareté des hommes d’Etat, dignes de ce nom, et éventuellement charismatiques.
Dans cet horizon, le Congo Brazzaville, dont la courte expérience démocratique (1992-1997) fut brutalement interrompue en octobre 1997, en est aujourd’hui la dramatique illustration. C’est ainsi que sa descente aux enfers actuels s’explique, pour une large part, par la conjonction de ces deux paramètres.
D’abord à travers la figure exemplaire du Général Denis SASSOU NGUESSO. C’est un personnage politique dont le déficit de légitimité reste chronique dans la mesure où, en permanence, il privilégie les registres de la violence et de l’arbitraire. Il ne possède aucune vision stratégique et programmatique sur le futur désirable de son pays puisqu’il se satisfait d’un catalogue de recettes et de projets empiriques, sans cohérence d’ensemble, « La nouvelle Espérance », applaudi par les épigones et raillé par les critiques. Enfin, il est dépourvu des attributs propres aux hommes d’Etat d’envergure, en effet, il agit souvent de manière partisane, il ne corrige jamais les dérives et les extravagances, il se moque de l’intérêt général et du bien public et il est le promoteur premier de la corruption.
Devant ces handicaps objectifs, on comprend pourquoi ce Général s’échine à imposer depuis à notre peuple un modèle politique despotique, qui s’apparente à la fameuse <<épicerie familiale>>, assisté par une clientèle politique hétéroclite.
Ce système, né de la violence, l’imposture, le cynisme et la corruption, atteint aujourd’hui ses limites objectives. C’est une dictature, en bonne et due forme. Et comme toute dictature, elle ne peut se reformer, elle se désintègrera de l’intérieur ou alors elle sera décapitée par le peuple souverain. Néanmoins, en attendant cette fin inéluctable, ce système despotique s’acharne à survivre malgré sa nature anachronique : il veut absolument apparaître démocratique, il prétend défendre les libertés formelles, etc. Toujours dans cette optique de survie, il lui arrive de jeter des bouées salvatrices quand les conjonctures deviennent difficiles. Hier, il s’agissait du spectaculaire ralliement de Bernard BAKANA KOLELAS, l’éternel allié masochiste de Denis SASSOU NGUESSO. Demain, à qui le tour ?
Notre peuple a compris la nature politique de ces expédients, qui n’amusent et n’intéressent que leurs auteurs et leurs complices, toujours les mêmes acolytes. Ces ralliements n’étonnent plus. Seule l’alternance politique anime toute l’énergie de notre peuple. La communauté nationale en est consciente, pour preuve le refus de Madame Rama YADE, Secrétaire d’Etat français aux affaires étrangères et aux droits de l’homme de rencontrer le Général SASSOU NGUESSO ; les forces démocratiques et patriotiques sont prêtes à relever ce défi. L’enjeu, en effet, correspond à la question suivante : Denis SASSOU NGUESSO et ses thuriféraires, visibles, c’est-à-dire le PCT et ses alliés, mais surtout masqués, les plus perfides, souvent il s’agit de présumés opposants, constituent-ils les ressorts du progrès social et politique ? La réponse de notre peuple, le souverain primaire est clair et limpide, et il l’a exprimé en de nombreuses occasions. Non, Denis SASSOU NGUESSO n’est pas le promoteur du progrès social et démocratique. Il en est le principal obstacle. Voilà pourquoi l’alternance, quelle qu’en soit la forme, devient le principal objectif de cette conjoncture politique.
Le bilan kleptocratique du très long règne du Général Denis SASSOU NGUESSO semble en effet édifiant. La liste de ces errances est exemplaire :
· La mise en place d’un cadre institutionnel inique, qui le consacre monarque absolu et surtout Ubu roi.
· Le minimum vital de notre peuple est comparable au quotidien paysan du Moyen Âge occidental: ni eau, ni électricité, ni éducation, ni système sanitaire.
· L’insécurité alimentaire a atteint le seuil critique correspondant aux critères objectifs de la famine. C’est donc une famine qui ne dit pas son nom.
· La faillite de l’Etat et de ses organes, qui n’assument plus depuis longtemps ses fonctions régaliennes. L’Etat devient un instrument partisan de domination politique du despote. Cette situation insécurise complètement l’ensemble de la population et l’assujettit à la loi des plus forts. La concorde nationale en lambeaux.
· Les frustrations quotidiennes du peuple face à la famille régnante, dite présidentielle, dont les frasques inondent les journaux, et sa clientèle politique, toujours arrogante et méprisante, etc.
Le cri du cœur de Monsieur KOPA Ludovic Junior correspond bien aux attentes et aux exigences de notre peuple, ce jeune compatriote qui interpelle le Général SASSOU NGUESSO en ces termes : "[...] M. SASSOU NGUESSO est un homme dépassé, un homme révolu, un homme du passé, à tel enseigne que tu ne seras jamais un vrai homme d’Etat [...]". Et il poursuit, "[...] Le Congo, ce beau pays vous a tout donné, éducation, nationalité, emploi, tout et même au-delà des espérances de vos géniteurs. Et pourtant, dans votre arrogance maladive et votre cynisme, vous ne voulez pas entendre les cris de ce peuple qui souffre. [...]". Voilà un édifiant portrait psychopathologique qui rend improbable tout espoir de prise de conscience de la part de celui qui incarne à ce point ce pouvoir autocratique, le Général Denis SASSOU NGUESSO.
Au-delà de ce bilan kleptocratique et de ce portrait psychopathologique, ce régime, en l’espace d’une année a ouvert, toujours sous ce registre de l’ubuesque, d’autres pages sombres de notre histoire. Tenez :
· La construction du mausolée Savorgnan DE BRAZZA, celui de la honte puisqu’elle érige en héros panthéonisé un colonialiste patenté, voire un bourreau. C’est un acte sans précédent historique et une insulte à la mémoire résistante de notre peuple.
· L’organisation des élections de la honte dignes de la seule Corée du nord de l’inamovible
Kim JONG IL. Poto Poto, "Mboka Monéné " du musicien Antoine MOUNDANDA, le premier quartier historique de Brazzaville en est la tragique illustration puisque le député sortant, Monsieur Nicéphore FYLLA de Saint Eudes, double fois victorieux, mais est déclaré perdant sur l’ordre du Prince de MPILA, le "Roi Soleil", au profit de son gendre, le sieur Jean de Dieu KOURISSA. Il s’agit là d’un acte sacrificiel sur l’autel du délit d’opinion, FYLLA aurait manqué de respect au "Roi Soleil ", au profit des intérêts de " l’épicerie familiale".
· Enfin, le FESPAM de la honte où mes frères pygmées de la Likouala ont été relégués au rang d’animaux de foire ou de curiosités de parcs zoologiques, en plein 21°siècle.
Cet enjeu politique inaugure une ligne de démarcation claire, notamment depuis ces pseudos élections du 24 juin 2007, à savoir, d’une part, le pouvoir de Denis SASSOU NGUESSO et sa clientèle politique, qui travaillent à la survie et à la conservation du pouvoir politique, afin de pérenniser ce système despotique ; et, de l’autre, l’aspiration de notre peuple au changement ou à l’alternance. Cette dynamique du changement doit être accompagnée et amplifiée.
Mon parti, le Rassemblement pour la Démocratie et le Développement (RDD) s’inscrit dans cette logique claire de l’alternance politique radicale. Ainsi, les festivités du 15/08/2007, liées à la célébration de l’indépendance du Congo Brazzaville, à Owando, la préfecture régionale de la Cuvette centrale, ne peuvent nous concerner ni de près ni de loin. En effet, il ne s’agit jamais de fêtes nationales, ni pour l’indépendance, ni pour le FESPAM, par exemple, car à chaque fois ce sont des entreprises de propagande politique en l’honneur du Grand Timonier éclairé Denis SASSOU NGUESSO.
Par ailleurs, toutes les expériences précédentes l’ont démontrées, ces municipalisations dites accélérées ne sont rien d’autre que des entreprises déguisées d’enrichissements accélérés de "l’épicerie familiale" et de la clientèle politique. Aussi, tous ceux qui y participent, de manière naïve, en arguant qu’il s’agit simplement d’une fête nationale, ou en conscience et de manière cynique, ils apportent de fait leur caution à ce régime corrompu. Ils s’opposent objectivement à l’alternance politique salutaire.
Pour ma part, je fais mien cette réflexion, oh ! Combien d’actualité, de Franz FANON : "Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir". Ainsi, à tous ceux qui ont choisi l’indifférence face aux souffrances de notre peuple, ou à tous ceux qui sont tentés par la compromission, ou à tous ceux qui sont gagnés par la résignation, je leur suggère cette réflexion de Jean Marie BOCKEL Secrétaire d’Etat français de la Coopération : "Nos lâchetés d’aujourd’hui peuvent être les conflits de demain"
Pour paraphraser le regretté MONGO MBETI, ce digne fils d’Afrique, le pouvoir n’a pas dit son dernier mot, nous non plus. En effet, le Général SASSOU NGUESSO Denis constitue l’obstacle principal du progrès social et du développement économique et politique du Congo Brazzaville. C’est le grand temps de l’alternance. Tous les Congolais doivent travailler à sa réalisation.
Guy MAFIMBA MOTOKI
Membre du comité directeur du RDD
20 juillet 2007
Le colonialisme français en Afrique
Voici un texte qui parle du colonialisme, et on peut comparer cela aux propos tenus par le président Congolais à propos de la plainte déposée contre lui à Paris à propos de son riche patrimoine immobilier en France.
Monsieur Sassou lors de son séjour en France chez le Président Sarkozy a traité cette affaire de colonialisme. Pour mieux comprendre ce discours , je vous propose de lire ce texte glané sur le site de la ligue des droits de l'Homme de Toulon . www.ldh-toulon.net
Pour l'internaute qui voudra approfondir la reflexion il peut aller sur le site de la ligue des droits de l'homme Toulon France ;on trouve d'autres textes sur le colonialisme très interessants.
la situation des indigènes au Congo, il y a un siècle
histoire et colonies > colonies date de publication : lundi 14 novembre 2005 :
Félicien Challaye fit partie de la commission présidée par Savorgnan de Brazza chargée en 1905 par le gouvernement français d’enquêter sur "la condition matérielle et morale des indigènes au Congo".
Il publia ses notes en 1935 dans un ouvrage intitulé « Souvenirs sur la colonisation ».
Ces textes furent repris en 1998 dans « Un livre noir du colonialisme » édité par Les nuits rouges. En voici quelques extraits. L’article consacré à Pierre Savorgnan de Brazza (1852 - 1905) vous donnera des précisions sur le contexte de l’époque.
La situation des indigènes Depuis le début du vingtième siècle, les noirs du Congo sont soumis à un régime de travail forcé comparable à l’esclavage, pire que l’esclavage sous certains rapports. Autour de 1900, un certain nombre de capitalistes et de parlementaires commencent à réclamer la création de compagnies privilégiées, destinées à exploiter les richesses naturelles des colonies en général, du Congo français en particulier.
Le principal défenseur de cette thèse est Eugène Etienne, alors sous-secrétaire d’État aux Colonies. Un autre sous-secrétaire d’État aux Colonies, Delcassé accorde discrètement, sans publication officielle du contrat, une concession de 11 millions d’hectares (soit 1/5 de la France), située dans le Haut-Ogooué.
Puis, de mars à juillet 1899, le ministre des Colonies Guillain accorde, par décret, quarante concessions au Congo français. Les concessionnaires reçoivent pour trente ans d’immenses domaines variant entre 200 000 et 14 millions d’hectares. Pendant cette période, toutes les richesses naturelles de ces domaines appartiennent aux concessionnaires : ivoire, bois précieux, caoutchouc.
La compagnie doit payer à la colonie une redevance fixe de 15 % de ses bénéfices. Les terres que l’Etat, pour les concéder, baptisait « terres vacantes », étaient en réalité les propriétés collectives des tribus indigènes. Celles-ci utilisaient à leur profit ces vastes étendues de savanes et de forêts, sur lesquelles elles revendiquaient des droits exclusifs, reconnus et respectés par les tribus voisines.
Par suite de l’établissement du régime concessionnaire, les noirs sont victimes d’une immense expropriation. D’un trait de plume, on leur arrache toutes les richesses naturelles de leur sol, c’est-à-dire leurs seules richesses. Puis les compagnies, rémunérant trop mal le travail des noirs, ne peuvent compter sur leur coopération volontaire ; elles sont conduites à employer la menace et la violence. Elles fixent elles-mêmes, aussi bas que possible, le prix du caoutchouc qu’elles achètent. Considérant que le latex leur appartient, en vertu de l’acte de concession, elles déclarent ne payer aux indigènes que le travail nécessaire à le récolter ; et elles évaluent ce travail au plus bas prix.
Elles paient aussi le caoutchouc cinq ou dix fois moins que ne le payent les commerçants dans les régions de commerce libre où les acheteurs se font concurrence. Puis, les compagnies payent souvent les produits du sol, ou plutôt (selon leur thèse) le travail nécessaire à leur récolte, non pas en argent, mais en marchandises, évaluées à très haut prix, souvent à 300, 400, 500 % et plus, de leur valeur réelle, parfois imposées d’office à des indigènes qui ne savent qu’en faire. Ainsi, en échange de leur caoutchouc, évalué à un prix dérisoire, les indigènes reçoivent des marchandises évaluées à des prix exorbitants.
Ils se sentent incapables d’obtenir facilement les produits d’Europe qu’ils désirent ; ils ne sont pas encouragés à travailler, ils ne font spontanément aucun effort pour sortir de leur misérable condition. Les compagnies concessionnaires ne peuvent compter sur le travail volontaire des noirs. Aussi ont-elles, dès l’origine, réclamé le droit de forcer les indigènes à travailler pour elles.
Ayant reçu en concession les produits du sol. elles estiment que l’Etat leur a concédé la main-d’œuvre nécessaire à les récolter ; elles regardent les indigènes comme leur propriété, leur chose, leur instrument. L’Etat ne leur accorde pas officiellement le droit de contraindre les noirs au travail.
Mais toutes les fois, qu’elles le peuvent, elles se l’attribuent. Certaines compagnies équipent elles-mêmes des travailleurs armés ; d’autres utilisent et paient des gardes régionaux prêtés par l’Etat Travailleurs armés et gardes régionaux servent à terroriser les indigènes par la vue de leurs fusils. Souvent la menace suffit, appliquée à des populations faibles et sans armes modernes. Quand la menace ne suffit pas, on emploie la violence pour obliger les noirs à chercher le caoutchouc. On les emprisonne ; on les passe à la chicote (c’est - on l’a vu déjà - une cravache en cuir d’hippopotame, qui inflige de cruelles souffrances).
On arrête, on amarre » (comme on dit là-bas) le chef du village. On enlève comme otages les femmes et les enfants ; on ne les relâche que contre une certaine quantité de caoutchouc ou d’ivoire. On fusille les récalcitrants. Quand un village s’obstine à faire preuve de mauvaise volonté, on organise contre lui une « expédition punitive » : on brûle les cases, on détruit les plantations, on massacre hommes, femmes et enfants, pour l’exemple.
En 1905, accompagnant le noble Savorgnan de Brazza au Congo français, j’ai recueilli, sur les violences et les crimes des compagnies concessionnaires, des témoignages accablants. Le passage de la mission Brazza ne met pas fin à ces atrocités. En 1906, une compagnie concessionnaire, la M’Poko, pour l’exemple, massacre quinze cents indigènes.
________________________
Sur ces malheureuses populations victimes des compagnies concessionnaires s’abat, en outre, la tyrannie toute puissante d’une administration complice. L’Etat exige de ces noirs, auxquels il ne rend aucun service, un impôt de capitation, payé en caoutchouc ; il remet ce caoutchouc aux compagnies concessionnaires ; les prix de rétrocession sont très favorables à ces sociétés.
Le 19 mars 1903, le commissaire général Gentil envoie aux fonctionnaires une circulaire par laquelle il leur annonce qu’il se basera, pour les noter, sur les résultats obtenus au point de vue de l’impôt indigène. Désormais, les administrateurs vont employer tous les moyens pour faire rentrer l’impôt. J’ai cité précédemment le drame des femmes de Bangui.
En avril 1904, un administrateur envoie de Bangui un commis des Affaires indigènes lever l’impôt dans les environs de Mongoumba. Le commis, accompagné d’un agent de la compagnie concessionnaire, fait enlever, dans deux villages mauvais payeurs, 68 otages (58 femmes et 10 enfants). Emmenés à Bangui, ces otages sont entassés dans un étroit espace, une sorte de cave, sans lumière, empestée par les respirations et les déjections ; on oublie de les nourrir ou on les nourrit à peine.
Quand un jeune docteur, récemment arrivé, exige la libération des survivants, on constate qu’il reste 21 otages sur 68 (13 femmes et 8 enfants) ; 47 otages (45 femmes et 2 enfants) sont morts de faim et de manque d’air dans cette prison maudite.
L’administrateur qui a ordonné l’expédition obtient de la justice un non-lieu ; alors il est déplacé avantageusement, envoyé de Bangui, poste alors détestable, à Brazzaville, capitale de la colonie, poste unanimement désiré...
Au moment où la mission Brazza était au Congo se continuaient dans le secret des razzias de femmes et d’enfants. En mai 1905, l’administrateur de Fort-Sibut (Krébedjé), M. Gaboriaud, fait enlever de villages en révolte, et garde comme otages 119 femmes et fillettes.
Une trentaine de ces femmes sont atteintes de maladies vénériennes communiquées par les gardes régionaux du détachement, qui les ont violées.
A la même époque dans le Haut-Chari, l’administration emploie, pour se procurer des porteurs, les pires procédés de violence - on l’a vu plus haut, en étudiant l’affaire Toqué-Gaud. On fait enlever les hommes dans les villages, par des gardes régionaux noirs, souvent très brutaux.
On s’empare des femmes et des enfants qu’on garde dans des « camps d’otages » ; on ne les relâche que quand l’homme a fait sa corvée.
Ces camps d’otages sont des séjours d’intolérable misère : les femmes, les enfants, entassés dans un étroit espace, y sont l’objet de toutes les violences, de tous les outrages ; beaucoup meurent, de variole ou de faim.
Félicien Challaye
Source : IDH TOULON France www.ldh-toulon.net
17 juillet 2007
Congo-Kinshasa : Un journaliste en danger
A l'issue d'un procès en catimini, un journaliste est condamné
Envoyé par : "PRESSE PANAFRICAINE - ¦" appa.org@wanadoo.fr appa_org
Lundi 16. Juillet 2007 14:10 Ceci est un communiqué de presse POUR DIFFUSION IMMEDIATE
URGENT COMMUNIQUE DE PRESSE LIBERTE DE LA PRESSE
RD CONGO / Kinshasa
Kinshasa, le 16 juillet 2007
A l’issue d’un procès en catimini, un journaliste est condamné à 6 mois de prison ferme et à de lourds dommages-intérêts Pold Kalombo, Journaliste à l’Hebdomadaire Le Soft International, paraissant à Kinshasa, capitale de RD Congo, a été condamné par défaut, le 18 mai 2007, à 6 mois de prison ferme, avec arrestation immédiate, et au paiement de 20 000 Francs congolais (40$ US) d’amende par le Tribunal de paix de Kinshasa/Ngaliema à l’issue d’un procès tenu en catimini. Le journaliste a, également, été condamné, solidairement avec son journal, au paiement de 150 000$ US à titre des dommages-intérêts.
Kalombo a été reconnu coupable de diffamation € ¦à l€ ¦’²endroit de la SOCIR (Société congolaise des industries de raffinage, une société mixte de production du pétrole basée dans la province du Bas Congo) pour avoir publié, dans l’édition n°901, du 03 avril 2007, un article intitulé : «Tournée en bourrique par X-OIL, la SOCIR est désormais au plus mal».
Dans cet article, le journaliste, que Journaliste en danger (JED) a joint au téléphone, dit avoir exploité, entre autres, les extraits du livre L’industrie pétrolière en RDC : Des réseaux d’intérêts croisés pour le profit d’aujourd’hui ou de demain, paru en 2005, dont l’auteur, chef d’études économiques attaché à la Haute Direction de la SOCIR, avait sévèrement critiqué le partenariat entre la SOCIR et X-OIl, conclu en 2002.
C’est le 05 juillet 2007, en arrivant à sa rédaction, que Pold Kalombo a trouvé, entre les mains du gardien de l’immeuble, l’extrait du jugement qui le condamnait, alors qu’il n ’a jamais été notifié ou même informé d’une quelconque action en justice intentée contre lui devant un tribunal quelconque. Les avocats du journaliste, qui est encore en liberté, ont immédiatement formé opposition contre ce jugement rendu qui viole les fondements d’un procès public, juste et équitable.
JED condamne cette énième manière cavalière de la justice congolaise de dire le droit et demande, par conséquent, au tribunal de reprendre le procès selon les normes internationales en permettant au journaliste d’apporter ses JOURNALISTE EN DANGER (JED)374, avenue Colonel Mondjiba, Complexe Utexafrica
moyens de défense et d’être défendu par des avocats de son choix.
Galerie St Pierre - Kinshasa/Ngaliema B.P. 633 Kinshasa 1
Ce communiqué de presse vous a été transmis par l'Association de la PressePanafricaine.
16 juillet 2007
Voyageurs au fil du Congo (extraits)
Congo, l'un des fleuves les plus puissants du monde, l'un des plus mystérieux peut-être, aussi. Le Congo n'est pas navigable en aval de Brazzaville, privant ainsi la capitale congolaise d'un accès fluvial à la mer, mais en le remontant et en empruntant son affluant, l'Oubangui, on peut se rendre jusqu'en Centrafrique. Pour effectuer ce voyage "au coeur des ténèbres", il fallait des navires étonnants. Mais peut-on encore appeler navires ces ensembles surprenant de barges et de pousseurs qui remontent avec patience et puissance les flots du fleuve ? Ce sont de véritables villes flottantes sur lesquelles prennent place pas loin de 2000 personnes pour un voyage de 10 à 15 jours. Véritable ville donc, avec ses rues, ses places, ses avenues, ses marchés et ses échopes, ses boîtes de nuit ... Le commerce y tient, comme partout en Afrique, une place primordiale et le bateau est tout à la fois comptoir d'échanges et super-marché. les gens de la forêt l'abordent en pirogue pour y vendre poisson et gibier, frais, séchés ou boucannés. Ils repartent avec des vêtements, des médicaments, des piles et des radios... A bord de véritables ateliers fument et conditionnent les vivres frais achetés en route. A Brazzaville, ils seront revendus avec une marge confortable... Sur son trajet, le convoi s'arrête peu. Les rives sont noyées par une forêt impénétrable. Les rares villes rencontrées sont de véritables oasis au milieu de ce désert de verdure. Le bateau constitue souvent le seul lien sur l'extérieur. Un véritable voyage initiatique, également, sur les traces de Conrad, Gide et Céline... Film documentaire de 26'. Tourné en 16mm. Image : Christophe Bidot Commentaire, texte et voix : Robert Arnaut Réalisation et montage : JF Perigot Diffusé sur Planète15 juillet 2007
LA PLACE DES PAYS EN DEVELOPPEMENT DANS LA MONDIALISATION
LA PLACE DES PAYS EN DEVELOPPEMENT DANS LA MONDIALISATION : LA CNUCED PRESENTE LES DERNIERS CHIFFRES
La nouvelle édition du Manuel de statistiques[ 1], que la CNUCED rend public aujourd'hui, permet de décrypter les dernières tendances de la mondialisation dans les domaines du commerce international des biens et services, des flux financiers internationaux et des prix des produits de base.
On y découvre que la valeur totale des biens échangés dans le monde en 2006 a atteint plus 12 000 milliards de dollars des Etats-Unis, ce qui représente globalement 1 850 dollars en moyenne par habitant. Les écarts restent cependant considérables d'un continent à un autre. Par exemple, les exportations par habitant sont de moins de 300 dollars en Afrique contre un peu plus de 10 000 dollars en Europe. Bien que la progression du commerce des pays en développement soit toujours plus forte que celle des pays
développés, les écarts en matière de participation au commerce mondial montrent que le fossé entre pays développés et en développement est loin d'être comblé.
Plus exhaustif que les versions précédentes, le nouveau Manuel intègre les premiers résultats de l'année 2006. Ces données récentes complètent les séries statistiques que la CNUCED calcule sur de longues périodes, certaines remontant à 1948. Ces séries comparables d’un pays à l’autre sont particulièrement utiles pour effectuer des analyses structurelles.
Cette version du Manuel de statistiques, disponible en version imprimée ou électronique (DVD et Internet), est également plus pratique. Grâce à une présentation harmonisée, elle permet de découvrir nombreux faits en un coup d'œil ou un click :
- Forte progression en 2006 des exportations de biens (17,6%) et de services (12,9%) par les pays en développement; mais à un rythme moins soutenu qu'au cours des deux années précédentes;
Peu d’échanges interafricains
-Progression régulière de la part des échanges régionaux dans le commerce total des marchandises. Cependant, les écarts restent considérables. Ainsi, en 2005, les échanges intra-régionaux se sont élevés aux deux tiers du total des échanges de l'Union européenne, à 26% de ceux de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE), à 13% pour le Marché commun sud-américain (MERCOSUR) et seulement 9% pour la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO);
- Le commerce Sud-Sud se renforce, essentiellement en raison des flux à destination ou en provenance de l'Asie, et surtout entre pays d'Asie:
Des chiffres africains très bas !
- En 1995 sur un montant de 1 400 milliards de dollars d'exportations à destination des pays du Sud, 40% viennent d'autres pays en développement, dont 2% d'Afrique, 5% d'Amérique et 33% d'Asie. Dix ans plus tard, la situation est quasiment identique pour l'Afrique (3%) et inchangée pour l'Amérique (5%) alors que l'Asie assure désormais 45% des exportations vers les pays en développement.
- Le boom des exportations vers l'Asie se fait surtout dans le cadre d'échanges entre les pays de la région qui représentent 53% des exportations vers l'Asie en 2005 contre 41% en 1995, les continents africain et américain ne réussissant à occuper chacun que 2% du marché asiatique (1% en 1995), essentiellement grâce au commerce des produits de base;
- Ce sont dans les pays de l'Asie de l'Est et du Sud-est que l'évolution des termes de l'échange est la moins favorable, confirmant la tendance qui avait été analysée dans le Rapport sur le commerce et le développement 2005 de la CNUCED;
- Presque 60% des diodes, transistors, circuits intégrés et tubes cathodiques exportés viennent de pays en développement, soit une part de marché qui a augmenté de 50% par rapport à 1995;
- Les exportations des pays les moins avancés se concentrent sur une palette de produits plus restreinte, ce qui peut être un facteur de vulnérabilité;
- Près des deux tiers de la flotte marchande (en tonnes de port en lourd) arborent un pavillon qui les immatricule dans un pays en développement, soit quasiment deux fois plus qu'il y a 30 ans ; toutefois, les Bahamas, le Libéria et le Panama, qui sont des pays de libre immatriculation, représentent 58% de la flotte des pays en développement et 37% de la flotte mondiale;
- En 2005, les réserves en devises des pays en développement pouvaient financer 8 mois de leurs importations contre 5 mois trente ans plus tôt;
- En 2005, le Bangladesh et les Philippines ont reçu de leur ressortissants travaillant à l'étranger des sommes représentant 41% et 30% de leurs exportations totales de biens et services;
balance de paiements : l’Asie tire son épingle du jeu, pas l’Afrique
- Depuis une dizaine d'années, le solde du compte courant de la balance des payements des pays en développement d'Asie est positif. En 2006, il représentait 6,7% de leur Produit intérieur brut (PIB). La tendance est inverse pour les pays développés, en particulier pour les Etats-Unis dont le solde s'affiche à - 6,4% de leur PIB:
Faibles taux d’investissements directs
- Les flux d'investissement directs vers les pays en développement représentent 3% de leur PIB en 2005, soit le double des flux d'IED dans les pays développés;
- Avec 5,2% de hausse annuelle moyenne du PIB par habitant en valeur réelle de 2000 à 2006, l'Asie se détache nettement des autres pays en développement (4,0%) et du monde (1,8%);
- L'indice des prix des produits de base calculé par la CNUCED montre un doublement des prix à la fin du 1er trimestre 2007 par rapport à l'année 2000. Cet indice, calculé en fonction de la structure des exportations des pays en développement, reflète la hausse des prix des minéraux, minerais et métaux observée depuis le début de la décennie et, dans une moindre mesure, de celle des produits alimentaires et des matières premières d'origine agricole.
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Ce communiqué de presse vous a été transmis par l'Association de la Presse Panafricaine.
Envoyé par : "PRESSE PANAFRICAINE - Le Conseiller Sp" appa.org@wanadoo.fr appa_org Vendredi 13. Juillet 2007 12:10 <http://www.capefran ce.com/fr/ cape/association s/24.html> avec texte Ceci est un communiqué de presse COMMUNIQUE DE PRESSE UNCTAD/PRESS/ PR/2007/018*12 juillet 2007 Original: Français
Les inter titres en rouges sont du Pangolin
13 juillet 2007
Congo Brazzaville - Un début de normalisation ?
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12 juillet 2007
La question du tribalisme et/ou de l’ethnie doit-elle être au centre des questions politiques en Afrique ?
Ce texte fait suite à une série d’articles sur des blogs et autres sites à propos des élections au Congo notamment les législatives prévues en juin 2007 et présidentielles en 2009. Tout cela à la faveur de la nécessité de changement socio-politique, qui inexorablement, se dessine dans la société congolaise.
Ce texte voudrait plus particulièrement réagir, aux écrits de Kovalin Tchibinda et Djess Dia Moungouansi ainsi que des réactions qui s’en sont suivies sur leurs sites http://kovalin.oldiblog.com ; http://demainlecongo.oldiblog.com et www.mwinda.org .
Je ne vais pas procéder à l’exégèse de ces écrits, mais plutôt m’autoriser à poursuivre ma réaction faite sur le blog de Kovalin Tchibinda pour un approfondissement et aussi porter l’ambition d’orienter le débat vers d’autres horizons philosophiques et intellectuels.
Avant de verser proprement dans le débat, que l’on doit nécessairement dépassionner, il m’apparaît utile de faire deux mises au point essentielles.
Premièrement :
Dans l’histoire du continent africain, on doit se rendre compte que les postulats qui président à la formulation de la pensée et des idées structurantes pour nos sociétés sont loin de révéler la réalité et de la refléter. Il y a beaucoup des fausses bonnes idées qui prennent la forme d’une réalité souvent tragique, malheureusement.
Dans la plupart des cas, ces idées s’installent avec force et empêchent les hommes de regarder à travers l’épais nuage des problèmes qui minent la vie en société sur ce continent.
La vérité qui conduit inéxorablement à la liberté et à l’envol de l’humain est souvent occultée ou refoulée par des simulacres de scientisme intellectuel.
Deuxièmement :
Les analystes et acteurs politiques africains manquent réellement d’outils efficients pour garder une certaine objectivité et rigueur intellectuelle. La démarche analytique souvent empreinte des agrégats socio-psychologiques ayant traversé leur vie, permettrait très peu de recul intellectuel nécessaire à toute formulation de pensées et/ou idées structurantes.
Dans pareilles situations, il existe très peu de distance suffisante entre l’objet étudié et sa propre façon de faire dans la pratique. Et dans beaucoup des cas, ces derniers prennent leurs angoisses pour de la réalité objective et réduisent cette distance entre eux et l’objet étudié.
C’est le cas ici lorsqu’il s’agit d’analyser le phénomène que l’on qualifie de tribalisme ou d’ethnicisme en Afrique en général et au Congo en particulier dans ce qu’il a comme impacts (positifs ou négatifs) sur nos sociétés et l’évolution politique voire identitaire.
Beaucoup d’entre eux analysant la situation particulière du Congo, où Denis Sassou Nguesso arrivé par coup d’Etat en 1997, après avoir légitimé son pouvoir en 2002 par un vote s’apprête, selon ses opposants et certains observateurs à « faire un hold up électoral total en 2007 et 2009 afin de garder le pouvoir cela en dépit que les derniers rapports des institutions internationales classaient le Congo au 154ème sur 173 de rang mondial pour le PIB et surtout de la gestion chaotique voire mafieuse (selon les opposants) de la chose publique (la res publica).
D’autres chiffres montrent que près de 70% des Congolais, sinon plus, vivent sous le seuil de pauvreté ; quand d’une manière générale dans toute l’Afrique ce sont les tenants du pouvoir en dépit de leurs médiocres résultats dans tous les domaines (social, sanitaire, économique, culturel, politique, et autres…) conservent le pouvoir.
Il semblerait donc que le Congo risquerait de ne pas échapper à cette règle régressive.
A quoi est donc est due cette situation, s’interrogent les analystes et intervenants de ce débat ?
A cela plusieurs raisons sont évoquées. L’élément important qui revient souvent c’est celui du choix des électeurs dans le cas où il y aurait transparence et équité et aussi de la résignation.
Beaucoup de ces auteurs soupçonnent les populations africaines de voter selon un choix tribal ou ethnique.
D'autres se demandent à juste titre si finalement la classe politique n’est–elle pas médiocre, car souvent les oppositions seraient faites sur des bases ethniques, c’est de moins en moins le cas comme on le voit au Zimbabwe ou bien au Sénégal.
Dans le cas du Congo, à côté du bras de fer qui oppose les tenants du pouvoir et ceux qui sont de l’autre côté(opposition ou résistance) en ce qui concerne la mise en place d’une commission indépendante garantissant une transparence et équité, à propos de futures élections législatives en 2007 et présidentielles en 2009, le débat fait rage entre les fameux intellectuels à propos du boycott et surtout du poids du tribalisme et/ou de l’ethnicisme dans la vie politique congolaise.
D’un côté se trouvent les tenants d’une participation et de l’autre ceux du boycott. Chacune des parties ayant des arguments à faire valoir. Un argument commun et récurrent qui revient comme cause de cette incapacité à une maturité politique est : le tribalisme ou l’ethnicisme (l’un de deux ou les deux à la fois selon les auteurs).Bien entendu, ces mêmes auteurs ne manquent pas d’ajouter d’autres causes tout aussi structurelles que conjoncturelles.
C’est pourquoi vouloir affirmer que l’action politique au Congo ne peut se dérouler sans fondement ethnique, c’est refuser d’admettre la médiocrité des instruits et des alphabétisés au français congolais, et d’explorer d’autres pistes au demeurant aussi intéressantes et denses.
De même, vouloir affirmer de plus que le vote de 1992 était un vote ethnique c’est faire preuve d’une méconnaissance de l’histoire du Congo et surtout d’un mépris envers les Congolais. C’est aussi accepter de s’inscrire de façon volontaire dans la stratégie de soumission mise en place par les tenants du pouvoir dictatorial actuel et des prédateurs du Congo, aidée par l’incohérence de l’opposition et/ou de la résistance ainsi que de prétendues sociétés civiles.
Afin de mieux réfuter ces thèses, c’est pourquoi il est toujours utile de procéder à un bref rappel de l’histoire politique, pour mieux restituer la réalité des faits, car dans l’histoire du Congo, plusieurs exemples de vote démocratique et d’adhésion sont légion.
Bien avant l’indépendance, les Congolais avaient choisi le centrafricain Bartélémy Boganda pour diriger l’AEF contre un originaire du Moyen-Congo. Tout comme ils avaient choisi d’envoyer au parlement de France, Jean-Félix Tchicaya comme député du Moyen-Congo à la suite de la loi cadre de Gaston Deferre en 1956.
A cette même époque, Ngoura originaire de Sibiti fut élu maire de Loubomo (Dolisie) sur une liste de l’UDDIA (Union pour la Démocratie et la Défense des Intérêts Africains) de l’Abbé Fulbert Youlou et pourtant on disait de cette région, acquise au PPC (Parti Progressiste Congolais) de Jean-Félix Tchicaya originaire du Kouilou-Niari allié du MSA (Mouvement Socialiste Africain) de Jacques Opangault originaire de Boundji dans la cuvette actuelle.
En 1992 Pascal Lissouba a reçu un vote d’adhésion à son discours et projet de faire du Congo une « petite Suisse ». En effet Pointe-Noire avec près de 69% de sa population non originaire du Kouilou, avait voté à 56% pour Bernard Kolélas au second tour de l’élection, quand, à Boko, Pascal Lissouba frôlait le chiffre de 73%.
Bien avant ce vote historique, l’UPADS (Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale), le parti de Pascal Lissouba, avait raflé la mise dans toutes les régions du Congo aux élections locales. Dans le Pool il était second tout comme à Brazzaville. Dans le Nord du Congo l’UPADS est arrivée en tête dans la majorité des cas. Ce qui a fait que l’UPADS avait la majorité absolue au sénat, la chambre des régions.
Une réalité importante doit être soulignée, les populations des pays du Niari (Bouenza, Lékoumou et Niari ) à elles seules ne peuvent jamais élire un président de la République, surtout que les plus grandes agglomérations du Congo sont localisées hors de ces régions. Cette réalité objective est aussi vraie pour toutes les autres régions du Congo, et doit donc être évoquée de manière scientifique. Elle s’est vérifiée au cours des élections de 1992.
C’est pour cela que l’on peut dire que Pascal Lissouba qui avait recueilli près de 61% des suffrages des Congolais au deuxième tour de l’élection présidentielle de août 1992 avait bel et bien fait l’objet d’un vote d’adhésion et non ethnique comme semble l’affirmer Kovalin Tchibinda http://kovalin.oldiblog.com, et beaucoup d’internautes sur Mwinda Press www.mwinda.org .
En effet, Pascal Lissouba avait obtenu près de 36% des votes au premier tour, ayant fait le plein des voix des Pays du Niari, au second tour il est passé à 61% soit un gain de 61%-36% = 25% soit une augmentation de près de 70%. Il est toujours utile de rappeler que Denis Sassou Nguesso avait recueilli 18% et occupé le troisième rang en tant que président de la république sortant après 13 ans de pouvoir.
La littérature mensongère de l’époque, venant surtout de l’ancien parti unique PCT (Parti Congolais du Travail), affirmait que Denis Sassou Nguesso a fait élire Pascal Lissouba, ce qui est faux[1].
Les Congolais avaient librement choisi Pascal Lissouba, surtout les populations du Nord et une partie des populations du Pool. Pour celles du Nord elles avaient peur du discours de Bernard Kolélas qui leur apparaissait menaçant et de type revanchard.
Les populations du Pool voyaient en Pascal Lissouba, le souvenir de son passage au gouvernement de Alphonse Massamba Débat qui a fait la différence, c’est-à-dire le technocrate.
Dans ce cas, on ne peut pas parler de tribalisme ou encore de ces mots barbares (ethnie, ethnicisme) qui tendent à masquer la réalité politique au Congo qui est d’un côté, l’exigence pour les gouvernants de satisfaire les besoins fondamentaux des populations congolaises ainsi que le respect de leurs droits aux libertés individuelles et collectives et de l’autre rendre compte de leurs actes.
Ce qui nous apparaît actuellement comme vote ethnique n’est que pure illusion savamment manipulée par les médias à la solde de l’oligarchie, qui depuis quarante cinq années, confisque la souveraineté du peuple congolais.
Dans des conditions normales de libertés, de discours, de transparence et de probité intellectuelle, les populations voteront pour celui ou celle qui a du charisme , une idéologie claire et un projet de société qui parle au peuple, cherchant à résoudre leur problèmes fondamentaux quotidiens (santé, éducation, nourriture, culture, libertés individuels).
Mais en l’absence d’idéologie forte, de tout discours et attitudes cohérents, prenant en compte leurs besoins fondamentaux, le peuple comme tous les peuples du monde se rabat sur les repères culturels et de proximité, histoire de se rassurer face à l’incertitude et vide.
Les populations congolaises comme celles du monde votent d’abord pour un homme ou une femme en qui elles ont confiance et surtout qui les fait rêver. Et c’est normal qu’elles fassent confiance en quelqu’un qui est proche d’elles culturellement, qui parle le même langage qu’elles, surtout que l’action politique au Congo se déroule en français.
Le rêve d’indépendance nationale des années 1960 était porté par toutes les communautés congolaises, même s’il fut récupéré[2] par des imposteurs et opportunistes de tous ordres. En effet, cette période fut marquée par une absence des antagonismes dit ethniques.
Cela se lit dans les compositions des assemblées et des gouvernements de cette période. La création de l’orchestre « les Bantous de la capitale » en 1959, s’inscrivait dans cette culture.
Les différences étaient d’ordre idéologiques les uns voulaient le communisme et les autres le capitalisme, mais tous d’accord pour enterrer le multipartisme. C’est ainsi que naquit le MNR (Mouvement National de la Révolution) en son temps avait galvanisé le peuple congolais.
Massamba Débat parlait « un seul peuple, un seul combat, un seul parti » comme slogan pour imposer le parti unique pour un socialisme bantou.
Le PCT (Parti Congolais du Travail) qui succéda au MNR en 1968, avec une idéologie forte « le socialisme scientifique » d’obédience marxisme léninisme a fait adhérer les Congolais et surtout fait accepter à ces dernier le régime totalitaire de type stalinien qui n’offusquait personne malgré qu’il détruisait chaque jour l’excellent travail économico-administratif du tandem Massamba Débat – Lissouba, travail soit-dit qui faisait la fierté du Congo.
Le conditionnement idéologique du PCT avait convaincu tous les Congolais à près de 95%. Si bien que les assassins de Marien Ngouabi furent obligés de se déclarer fidèles continuateurs de la révolution. Ce fut encore le cas quand il s’agissait de destituer Jacques Joachim Yhombi-Opango que l’on accusa de déviationnisme de droite.
A partir de 1985 la désillusion politique (due aux assassinats, aux purges, népotisme, laxisme…) et les piètres performances économiques du PCT commencèrent à faire réfléchir les Congolais qui s’interrogeaient de plus en plus sur la réalité du socialisme scientifique pour leur pays. La chute du mur de Berlin finit par accélérer le démantèlement idéologique des Congolais, d’où à partir de 1990, ils réclamèrent le multipartisme.
A partir de 1991, après la conférence nationale, le retour du multipartisme s’est fait dans un contexte socio-psychologique fortement modifié depuis 1968, par l’enculturation idéologique totalitaire (régime de la peur et de la distribution des prébendes pour ceux ayant fait allégeance au pouvoir) du PCT.
Avant cela, ce parti au cours de dernières années pour essayer de garder le pouvoir s’était resserré autour du noyau ethnique (bureau politique).
Ce qui furent exclus du bureau politique s’organisèrent sans distinction d’appartenance ethnique. Ce qui provoqua la fissure, le PCT ayant lamentablement échoué dans la redistribution équitables des richesses se trouva acculé par son propre camp. Bokamba Yangouma originaire de Mossaka, Clément Miérassa, Jean-Pierre Tchistère Tchicaya furent parmi les membres du PCT qui réclamèrent le changement et l’ouverture en 1990. Ce mouvement conjugué à d’autres conduirent à la conférence nationale souveraine de 1991.
Les perdants des élections de 1992 n’ayant pas de discours et d’idéologie forte à contre-proposer aux Congolais ne pouvaient que réactiver le discours ethnique. C’est ce qui explique l’apparition des pratiques des techniques weberiennes mises en place par Sassou et ses alliés.
Il fallait recréer l’ethnie pour constituer le groupe, pour cela l’on inventa un ennemi commun pour souder le groupe. Première étape séparer les Bakongos c’est-à-dire les gens du Sud. C’est ce qui explique pourquoi Kolélas va être armé et s’attaquer aux ressortissants des pays du Niari installés depuis des générations dans Bacongo, Makélékélé, Diata, Mfouilou,Moutabala.Le piège a fonctionné, les pays du Niari et le Pool ont fait scission, pour le malheur du Congo. Car depuis l’origine du Congo, ces populations ont toujours vécu ensemble et surtout constitué le socle majeur de stabilité et de progrès économique du Congo.
Les présidents Fulbert Youlou et Alphonse Massamba Debat ont eu des gouvernements où les originaires des pays du Niari étaient proportionnellement majoritaires. Certaines langues disent même que c’est la raison pour laquelle ces deux présidents ont perdu le pouvoir.
C’est pourquoi quand Marien Ngouabi arrive au pouvoir en 1968, il s’empresse de ne pas faire comme ses deux prédécesseurs, d’où il fait appel massivement appel à tous les ressortissants du Nord pour occuper tous les espaces politico-adminstratif et militaire. Toutes les entreprises nationales qui furent confiées à ces derniers tomberent une à une en faillite. C'est le cas de l'OFNACOM (Office national de Commerce), de l'ONCPA (Office national de Collecte de Produits Agricoles) de CHACONA (Chantiers navals du Congo), de l'Usine textile de Kinsoundi SOTEXCO, de l'Usine de Cahier, du Laboratoire national de produits pharmaceutiques, de la Cidolou (Cimenterie Domaniale de Loutété) et d'autres unités économiques toutes confiées aux ressortissants des régions du Nord, qui n'avaient pour seules compétences l'appartenance au PCT et une forte allégeance à la révolution.
Plusieurs ressortissants du Nord vont alors occuper des postes de responsabilité et de gestion en dépit d’un minimum des règles universelles de conduite d’affaire publiques et nationales. D’autres pour la plupart vont abandonner la vie civile (enseignement et santé) pour entrer dans l’armée.
Cette politique va se poursuivre pendant plusieurs décennies avec les yaka noki noki à tous les niveaux même les plus subalternes. Il fallait pour Marien Ngouabi et les siens occuper tous les postes peu importe les compétences et surtout de leur faible poids démographique au sein de la population globale du Congo.
Forcément avec un tel système la médiocrité se trouve amplifié de façon exponentielle. C’est fut le règne de l’incompétence et du laxisme, l’impunité a favorisé l’apparition des réflexes de défense, de la part de cette classe pour garder le pouvoir. Les membres de cette classe d’incompétents avaient en commun leur origine linguistique.
Partant de cette configuration le PCT avait les moyens administratifs, surtout psychologiques pour imposer aux Congolais l’idée que le pouvoir était d’essence ethnique, cela pour mieux conserver le pouvoir.
Avec les moyens de communication de l’Etat, à sa disposition, il va enculturer les populations congolaises à cette idée.
Aux originaires du Nord on leur fait croire que leur sort serait mieux s’il soutiennent sans faille le pouvoir, car ils seront les premiers servis avant les autres, ils n’ont pas d’effort particulier à faire, seulement de défendre à tout crin le pouvoir.
Aux originaires du Nord qu’ils sont différents et que ceux du Sud ne veulent le pouvoir que pour se venger et les massacrer.
Aux originaires du Sud, leur faire croire compte tenu de leur poids démographique, que la démocratie d’un homme une voix n’est pas équitable et anti-national car contraire à la protection et au respect des droits fondamentaux de la minorité du Nord. La seule issue qui leur resterait c’est de s’emparer du pouvoir par le coup de force, mais dans tous les cas cela est non-conforme aux conventions et surtout que l’armée est majoritairement aux mains des Nordistes.
Pour les politiciens originaires du Sud vouloir utiliser la force pour reconquérir c’est accepter de prendre le risque de faire plusieurs milliers des morts dans les pays du Sud. C’est ce qui explique la férocité du pouvoir actuel (PCT) en 1998 contre les populations de Bacongo.
Aux populations du Sud, on leur fait bien comprendre par des rituels d’assassinats d’innocents (le procès bidon de 1978, la mort de Barthélemy Kikadidi, le cardinal Emile Biayenda) par exemple) et les tracasseries policières et administratives que le pouvoir doit s’arracher par les armes comme l’avait bien su dire en son temps Marien Ngouabi. « le pouvoir s’arrache, il ne se donne pas »
Et sur ce point, ils sont mal lotis car en nombre insuffisant dans l’armée, ces derniers doivent exclure la possibilité d’un coup de force au risque d’être massacrés.
La seule issue c’est de s’allier avec ceux du Nord. C’est ce qui explique l’engouement d’une partie d’opposants originaires du Sud pour soutenir le général Emmanuel Ngouélondélé.
Ces derniers sans le savoir et avec un matraquage systémique de certaines thèses, appuient le discours de la séparation ethnique artificielle créée par le PCT depuis longtemps.
Il y a lieu de signaler que ce discours trouve sa force émotionnelle et obtient l’adhésion passionnée des victimes, dans l’opération de séparation physique réalisée en 1993-1994 par les évènements traumatiques de 1993-1994, dans l’incivile guerre de 1997 et plus près de nos mémoires la guerre dans le Pool et le pays du Niari de 1998-2001. Le Pool étant toujours déstructurée tant au niveau social, culturel, économique, administratif que politique.
Cette technique du traumatisme a soutenu le discours d’exclusion du PCT qui l’emploie à tout moment. Marien Ngouabi en son temps a user de même techniques, en parlant de façon permanente de paix et quiétude, tandis que dans le même temps les Congolais étaient soumis aux exactions et pressions psychologiques de la police militaire et des miliciens, qui créaient un état anxiogène de guerre civile entre les révolutionnaires qu’ils étaient eux et les réactionnaires, les valets locaux, les contre-révolutionnaires qu’étaient les autres, exclus du parti.
C’est ce qui explique que le discours de Denis Sassou Nguesso est basé sur les mots comme : la paix des cœurs, la paix opposé à la guerre, hors lui c’est le chaos absolu et la mort absolu pour les originaires du Nord, qui poursuit l’objectif essentiel de réveiller dans le tréfonds des souvenirs de chaque individu congolais, les périodes d’atrocité qui n’ont jamais été cicatrisées, ni expliquées par des séances collectives de vérité et guérison.
L’absence de prise en compte de la douleur humaine de chacun des individus congolais par la République de façon positive et historique conduit à cette impression et lecture biaisées des évènements politiques.
C’est suite, selon moi à ce constat d’échec et/ou d’impasse politique que certains préconisent le fédéralisme et réactivent la thèse absurde et mensongère des micro-nationalités. Or le fédéralisme dans les pays où il s’applique se fait sur la base d’optimisation economico-administrative des avantages et différences de chacun des territoires c’est le cas de l’Allemagne et des USA.
Dans les pays où il se fait sur la base communautaire, les tensions sont énormes et souvent réactivées par les politiciens ambitieux quand la redistribution des richesses nationales sont mal réparties, c’est le cas de la Belgique, de l’ex Yougoslavie, du Canada avec le Québec.
On doit avouer que le Congo n’est pas dans les deux cas, même si la solution fédérale doit être regardée et discutée avec objectivité, pour l’avenir du Congo.
En effet, au Congo les différences culturelles et de peuplement sont minimes car plus de 70% de la population vivent dans les deux villes coloniales (Pointe-Noire et Brazzaville) et que le reste du pays est un désert humain, le rapport de densité entre la campagne et la ville avoisine 1 sur 7.
A cause de ce brassage, qui est un progrès, les politiques congolais, les vrais à mon sens devraient plutôt réfléchir à comment répartir de manière équitable les richesses nationales et satisfaire les besoins fondamentaux de Congolais.
Le tribalisme et l’ethniicisme n’existent que parce que les politiciens congolais sont très très médiocres qu’il s’agisse des tenants du pouvoir actuel et de l’opposition, car ils ne sont que des sentiments humains. Face au désespoir l’être humain se réfugie facilement dans des repères identitaires. Malheureusement pour les Congolais, ses repères identitaires sont à près de 95% non définis.
Si tous les Congolais ont de quoi satisfaire leurs besoins fondamentaux et qu’en même temps leurs droits à la vie sont respectés, je suis convaincu que le problème du tribalisme ne va plus exister. Il ressort parce que les tenants du pouvoir sont hyper incompétents et malhonnêtes à la limite des salauds et qu’ils font tout pour rester au pouvoir. Ces derniers ont une certaine idée plutôt régressive d’eux-mêmes et du pays . Cela est aussi valable pour ceux qui prétendent appartenir à l’opposition et/ou la résistance.
En conclusion toutes les thèses qui soutiennent que le problème congolais provient du tribalisme et/ou de l’ethnicisme ne font qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui veulent le statu-quo. Ils enculturent les Congolais à admettre le tribalisme et l’ethnicisme comme la cause, tandis c’est la conséquence d’une stratégie de confiscation du pouvoir. Le tribalisme et l’ethnicisme sont des fictions sociales qui se transforment en réalité politique.
Nous devons poser les vrais problèmes du vivre ensemble, et éviter de nous divertir sur cet épiphénomène.
Si les Congolais étaient tribalistes ou tribaux, alors il n’y aurait pas eu autant de mariages interlinguistiques, au point que ce type de mariage commence à devenir majoritaire. De nos jours aucune famille congolaise peut se prétendre contenir en son sein des membres d’une seule communauté linguistique (ndinga) ou d’une seule région du Congo. Les familles sont de plus en plus mélangées. C’est ce progrès social et sociétal qui doit être mis en avant et doit être opposé à la médiocrité des politiciens congolais.
Ce travail de restitution de la vérité doit être réalisé par ceux qui détiennent la connaissance. Plus nous allons combattre la médiocrité, plus le débat sera d’un haut, plus vite l’épiphénomène tribalisme et/ou ethnicisme disparaîtra pour le bien-être à nous tous vers le progrès et notre envol.
Le travail intellectuel de restitution de la vérité, que chacun de nous est amené à faire, oblige, si nous voulons apporter de réponses durables, à sortir la question du tribalisme et/ou de l’ethnie du centre des questions politiques africaines, en général et plus particulièrement congolaises.
Mouélé Kibaya http://lepangolin.canalblog.com http://lepangolin.afrikblog.com lepangolin1@yahoo.fr

