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Le Pangolin

analyses socio-politiques, culture, relations internationales, société, philosophie

14 juin 2007

Faut-il aller aux éléctions?

A l'heure où la question devient de plus subsisdiaire voir inutile de se la poser, je me permets ici de vous mettre en ligne, ce que j'avais déjà répondu sur le site www.mwinda.org/forum/reaction227/affichage1.php à l'article écrit par Bonda en date du 30 septembre 2006.

Mouele Kibaya

dimanche 1 octobre 2006, 20:08

Avant de parler élections, il faut d'abord parler d'organisation, d'environnement et répondre à ses questions :

* Quel est le leader de l'opposition qui est prêt à donner de sa vie s’il le faut pour changer de régime?

*Est-ce que l'opposition congolaise qui est vraiment disparate a obtenu la liberté des médias?
*Est-ce que l'opposition congolaise a un imaginaire collectif et dessein d'avenir à proposer aux Congolais?
*Quel est le projet politique et fédérateur des partis d'opposition?
Sur quoi se base leur opposition sur la bonne gouvernance? Sur un idéal politique( liberté fraternité humanité...?

Quand les partis d'opposition congolaise auront marqué leurs différences avec le pouvoir dissuasif de Sassou, en ce moment ils pourront parler d'élections et exiger une commission électorale indépendante.

 

Mouele Kibaya

dimanche 1 octobre 2006, 20:10

C'est prendre les Congolais pour des idiots que de vouloir demander une commission électorale indépendante, une chose fondamentale que les internautes débatteurs de Mwinda doivent savoir que Sassou n'organisera jamais son suicide politique et il a un égo énorme pour prendre le risque de se faire battre, il n'aime pas l'échec même si il a toujours échoué. Et puis entre nous il fait bien son boulot de gouverneur général du Congo et la France serait idiote de licencier. Surtout que tous les Congolais sont complexés des français et ne demandent qu'à l'être.

La vraie opposition congolaise a une seule chose à faire pour obtenir le renversement des rapports de force:
C'est de déclarer à la face du monde et des congolais qu'elle ne participera à aucune élection et de faire un travail de lobbying africain et international surtout en l'endroit de la France et USA qu'elle ne participera pas à aucune élection qu'elle veut un changement en profondeur, une transition de 3 à 5 ans, dès aujourd'hui. Et toutes les actions doivent se faire pour atteindre cet objectif.

 

Mouele Kibaya

dimanche 1 octobre 2006, 20:11

Le reste n'est que de la masturbation intellectuelle et du divertissement. Il faut changer les rapports de force, faire savoir à Sassou et ses auxiliaires ainsi que ses donneurs d'ordre (La France) que les choses doivent changer, sinon c'est la vraie révolution sanglante et atroce.
 

Posté par Kibaya à 17:42 - Congo rive droite - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les pseudos éléctions des chefs d'état africains et leurs coûteuses cérémonies d'investiture

A propos des fameuses élections présidentielles, voici ce que nos amis de la République Centrafricaine écrivent sur le site www.centrafrique-presse.com

Les pseudos élections des chefs d’état africains et leurs coûteuses cérémonies d’investiture

Après les deux tours de l’élection présidentielle qui vient de se dérouler en France et qui a vu la victoire indiscutable de Nicolas Sarkozy, on a également assisté dix jours après, le 16 mai dernier au palais de l’Elysée, à une passation de pouvoir dans la pure tradition républicaine française, entre le sortant Jacques Chirac et le nouveau président Nicolas Sarkozy, tout ceci en présence seulement des corps constitués de l’état français. On n’a vu aucun chef d’état ni européen, ni du continent américain, ni d’Asie ni d’Afrique. 

Or en Afrique, dès qu’un président sort des urnes généralement à l’issue de scrutins dont la régularité est souvent sujette à caution ou dont le côté antidémocratique et rocambolesque est la caractéristique principale comme récemment au Nigeria, le gagnant tient à organiser une coûteuse cérémonie d’investiture à laquelle il convie le maximum de ses pairs chefs d’état et d’amis du monde entier.

Et aussi paradoxal que cela puisse être, plus l’élection aura été irrégulière ou plus la victoire électorale aura été acquise par la fraude, plus l’heureux gagnant tient à ce que le maximum de ses collègues chefs d’état et décideurs de ce monde soient présents à la cérémonie de sa prestation de serment, un peu comme pour faire un pied de nez à ses propres opposants et aux autres candidats malheureux.

Ainsi, bien souvent, on assiste à une espèce de surenchère entre ces présidents africains qui rivalisent d’un pays à l’autre, d’une mascarade électorale à l’autre, à des cérémonies dont la pitrerie le dispute au ridicule. C’est à qui enregistrerait le maximum de chefs d’état présents à son investiture, peu importe la qualité et la crédibilité de ceux-ci. Il y a pourtant lieu de s’interroger sérieusement sur ce que pourrait apporter comme crédibilité à une cérémonie d’investiture la présence d’un Bozizé ou d’un Idriss Déby dont les régimes ne sont pas, ni pour l’un ni pour l’autre, des modèles de démocratie bien au contraire.

Comment faire pour que tous ces milliards engloutis dans les cérémonies d’investiture puissent résoudre ou soulager bien des misères dans les pays de ces illustres fraudeurs d’élections ?
Les occidentaux doivent bien se gausser de nous autres africains, toujours considérés comme de grands enfants, bons rieurs et autres clichés dont ils aiment bien nous affubler et dont certains de nos dirigeants n’ont  malheureusement pas conscience.

En quatre mois à peine, il y a eu des élections présidentielles avec des fortunes diverses au Sénégal, en Mauritanie, au Mali, au Nigeria, suivies de cérémonies d’investiture. Celle de Mauritanie mise à part, toutes les autres ont fait l’objet de contestation plus ou moins fondées. Celles du Nigeria ont été, presque à l’unanimité des observateurs du monde entier, qualifiées de grosse plaisanterie. Même la propre classe politique locale a reconnu les nombreuses irrégularités, les cas de violences graves et de bourrage d’urnes mais demandé sans rire qu’on puisse leur pardonner cela.

Mais les premières contestations occidentales de cette vaste supercherie ont vite cédé place aux considérables intérêts pétroliers des compagnies américaines et européennes dans ce pays. L’hypocrisie a donc vite repris le dessus et le pseudo gagnant de cette grande mascarade a été adoubé et même invité à la fameuse réunion du G 8 en Allemagne pour se retrouver aux côtés d’Abdoulaye Wade, Alpha Oumar Konaré, John Kufuor et autre Meles Zénawoui et mendier l’aumône des pays occidentaux.

Au Sénégal, le vieux Wade qui, malgré son âge avancé a tenu à gagner le scrutin dès le premier tour pour continuer à s’accrocher au pouvoir. Le boycott par l’opposition sénégalaise des législatives qui ont suivi et le faible taux de participation du corps électoral sénégalais sont bien la preuve que la victoire de Wade n’en était pas vraiment une et que des turbulences ne sont pas à écarter dans ce pays tout le long de ce second  mandat de me Wade qui ne fait que commencer. Du reste, on est très surpris des velléités monarchiques de ce dernier qui s’est toujours drapé dans des apparences démocratiques alors qu’on lui prête l’intention, est-ce à tort de préparer son fils pour lui succéder. 


Par une ironie du sort, alors que se tenait le sommet du G 8 et que certains chefs d’état africains se bousculaient pour y prendre part vers la fin, une douloureuse et macabre cérémonie totalement passée inaperçue se déroulait à Toulon pour les 18 corps en décomposition de ces malheureux Africain repêchés en mer méditerranée, vraisemblablement des Africains de l’ouest, Sénégalais ou Maliens) par un navire de guerre français. La tragédie des boats people de ces pays de l’ouest africain dont les chefs d’état sont davantage soucieux de la conservation de leur pouvoir est vraiment un scandale tout autant que les tralala de ces onéreuses prestations de serment.

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12 juin 2007

Procès Charles Taylor

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PREND CONNAISSANCE DES TRAVAUX DU TRIBUNAL SPECIAL

Envoyé par : "PRESSE AFRICAINE" appa_org@yahoo.fr   appa_org Dimanche 10. Juin 2007  16:20

Ceci est un communiqué de presse  8/06/2007
http://www.un. org/News/ fr-press/ docs/unlogo_ blue_sml_ fr.jpg

Conseil de sécurité CS/9037
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité  5690e séance – après-midi

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PREND CONNAISSANCE DES TRAVAUX DU TRIBUNAL SPÉCIAL POUR LA SIERRA LEONE ET DÉBAT DU SOUTIEN À LUI APPORTER

Outre le fait que sa création et son mandat aient marqué un pas important dans la lutte contre l’impunité, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone contribue largement à la consolidation de la paix dans ce pays et dans la région de l’Afrique de l’Ouest, ont fait remarquer les membres du Conseil de
sécurité et les autres intervenants qui se sont exprimés cet après-midi sur les travaux de cette juridiction, marqués cette semaine par l’ouverture à La Haye du procès de Charles Taylor.

Mme Asha-Rose Migiro, Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, s’est dite impressionnée par les réalisations du Tribunal spécial, cinq ans après la fin d’un conflit de 11 années, qui a été caractérisé en Sierra Leone par un niveau de violence indescriptible et le recours systématique aux mutilations, aux violences sexuelles et aux meurtres de civils. Les délégations qui se sont exprimées se sont elles aussi félicitées de l’avancée des travaux du Tribunal spécial, dont leur ont parlé George Gelaga King, son Président, et Stephen Rapp, son Procureur.

À l’heure actuelle, a indiqué le Président du Tribunal spécial pour la Sierra Leone, quatre procès mettant en cause neuf individus sont en cours. Trois d’entre eux se déroulent à Freetown, tandis que le quatrième, celui de Charles Taylor, l’ancien Président du Libéria, a lieu à La Haye. Il est reproché à ce dernier d’avoir notamment enrôlé des enfants de moins de 15 ans dans les forces militaires et les groupes armés qui ont commis des atrocités au Libéria, en Sierra Leone et dans le reste de la région, a rappelé le Procureur, après avoir précisé que le Tribunal spécial est la première juridiction pénale internationale à poursuivre en justice des individus pour ce motif.

L’importance du Tribunal spécial pour la Sierra Leone va bien au delà de l’aboutissement de ses procédures judiciaires, car son établissement a contribué au retour à la paix et à la sécurité durables en Sierra Leone et dans la région, a souligné le Président. Plusieurs intervenants ont évoqué l’héritage que laissera cette étape dans l’histoire du pays et de la région, le représentant canadien qualifiant l’attitude favorable du peuple sierra-léonais de véritable « vote de confiance » à l’égard du Tribunal spécial. La Section de diffusion de l’information du Tribunal fait d’ailleurs de gros efforts pour s’assurer que la rediffusion du procès de Charles Taylor soit accessible à tous les Sierra-Léonais et aux habitants de la région de l’Afrique de l’Ouest, ont relevé plusieurs délégations, tandis que d’autres, comme celle du Qatar, ont regretté que le procès de Taylor ait du être transféré à l’étranger.

Pour permettre au Tribunal d’achever ses travaux, plusieurs délégués, à l’instar du Procureur et du Président du Tribunal spécial, ont lancé un appel aux États Membres pour qu’ils y contribuent financièrement. Le budget dont il a besoin pour la période allant du 1er juillet 2007 au 31 décembre
2009, date présumée de la fin de ses travaux, a été estimé à 89 millions de dollars. Or les fonds actuellement disponibles seront épuisés d’ici au mois de novembre 2007, a averti son Président. Depuis le début des procès en 2002, l’Union européenne a financé à elle seule plus de 56% des dépenses totales du Tribunal, a précisé le représentant de l’Allemagne, qui parlait au nom des pays de l’Union européenne.

Il ne faut pas se laisser tromper par le concept « d’achèvement des travaux» a ensuite averti ce représentant. Pour lui, en effet, s’il apparaît que le Tribunal a pris toutes les dispositions nécessaires pour réaliser ses objectifs dans les délais impartis, l’aventure ne s’arrêtera pas à la fin des travaux. Il a rappelé qu’il faudra encore appliquer les peines, peut-être aussi prolonger la protection des témoins ou traiter les éventuels éléments nouveaux et enfin maintenir intacts les dossiers du Tribunal et y assurer l’accès. Le représentant a donc appelé la communauté internationale à examiner dès maintenant les « questions résiduelles » comme elle l’a fait pour les Tribunaux spéciaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda.

LA SITUATION EN SIERRA LEONE

Déclarations

M. GEORGE GELAGA KING, Président du Tribunal spécial pour la Sierre Leone, a indiqué que le Tribunal spécial était arrivé à une étape critique de ses travaux et que ses activités s’étaient ralenties à Freetown. Le Président a informé le Conseil des procédures juridiques en cours ainsi que de la stratégie de sortie du Tribunal, de l’impact du Tribunal sur la Sierra Leone, et des domaines d’activités où le concours de la communauté internationale reste nécessaire pour garantir que le Tribunal achève son mandat avec succès. À l’heure actuelle, a précisé le Président, quatre procès mettant en cause neuf individus sont en cours. Trois d’entre eux se déroulent à Freetown, tandis que celui de Charles Taylor, l’ancien Président du Libéria responsable de crimes en Sierra Leone, se déroule à La Haye.

Le procès de membres présumés des Forces de défense civile qui avait lieu devant la Première Chambre d’accusation du Tribunal spécial, a pris fin, et un jugement est attendu en juillet 2007. S’agissant du procès des membres présumés du Front révolutionnaire uni (FRU), la défense a entamé la présentation de ses arguments, a indiqué le Président du Tribunal spécial. Le jugement des membres présumés des Forces armées du Conseil révolutionnaire (AFRC), dont le procès a lieu devant la Deuxième Chambre d’accusation, sera quant à lui rendu le 20 juin, tandis que le procès de Charles Taylor s’est ouvert le 4 juin dernier, a rappelé M. King.

Selon la stratégie d’achèvement, dont le document de description a été distribué aux membres du Conseil de sécurité, le Tribunal spécial conclura ses activités à Freetown et à La Haye à la fin de 2009. Une fois que le jugement des membres présumés du Front révolutionnaire uni (FRU) sera rendu,
la Première Chambre aura achevé son mandat. S’agissant de Charles Taylor, le Président du Tribunal spécial a précisé que son procès durera jusqu’en novembre 2008 et qu’un jugement sera rendu en juin 2009. Une procédure d’appel pourrait être entamée à Freetown dès le mois de juillet 2008.
Chaque procédure d’appel dure approximativement six mois et devrait prendre fin d’ici décembre 2008. On s’attend à ce que la Cour d’appel achève l’examen du recours en appel de Charles Taylor au plus tard au mois de décembre 2009. Un autre accusé, Johnny Paul Koroma, est toujours en
liberté. S’il est arrêté d’ici la date d’achèvement des travaux du Tribunal, prévue en décembre 2009, le budget et la stratégie d’achèvement du Tribunal devront être revus.

L’importance du Tribunal spécial pour la Sierra Leone va bien au delà de la conclusion de ses procédures juridiques, car son établissement a contribué au retour à la paix et à la sécurité durables en Sierra Leone et dans la région. Le Tribunal spécial, a affirmé son Président, a contribué aux efforts déployés par le pays pour restaurer la primauté du droit et mettre un terme à l’impunité. Les activités du Tribunal font partie de l’héritage de la Sierra Leone et sont entrées dans le discours national. La Section de diffusion de l’information de la Cour a remporté d’importants succès en impliquant tous les acteurs de la société sierra-léonaise dans le déroulement du processus judiciaire. La Section fait de gros efforts, à l’heure actuelle, pour s’assurer que la rediffusion du procès de Charles Taylor, qui se déroule à La Haye, soit accessible à tous les Sierra-Léonais et aux habitants de la région de l’Afrique de l’Ouest dans son ensemble. Le Tribunal fait également tout son possible pour transférer son expertise et cherche les moyens de garantir la préservation de ses structures, de ses bâtiments et de ses archives, a dit M. King.

Le Président du Tribunal spécial a ajouté que pour achever son mandat, le Tribunal a besoin du soutien du Conseil de sécurité et de tous les États Membres. En priorité, il faudrait lui assurer des financements et des ressources prévisibles et fiables. Le budget dont il a besoin pour la période allant du 1er juillet 2007 au 31 décembre 2009 a été estimé à 89 millions de dollars. Les fonds actuellement disponibles seront épuisés d’ici au mois de novembre 2007, ce qui est une importante source de préoccupation, a averti M. King. Le Tribunal spécial a également besoin de l’appui de la communauté internationale afin de négocier et de conclure des accords supplémentaires pour garantir l’application des peines et la relocalisation des témoins, a indiqué le Président.

M. STEPHEN RAPP, Procureur du Tribunal spécial pour la Sierra Leone, rappelant l’ouverture lundi dernier du procès de Charles Taylor, l’ancien Président du Libéria, a salué le rôle inestimable du Conseil de sécurité dans le renforcement de la paix et de la sécurité au Sierra Leone et en Afrique de l’Ouest, et l’a remercié pour son assistance au Tribunal spécial. Charles Taylor a été arrêté en 2006, a-t-il précisé, alors qu’il tentait de passer la frontière entre le Nigéria et le Cameroun, puis transféré devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone dont le siège est à Freetown. Sur décision du Conseil de sécurité en juin 2006, il a ensuite été conduit à La Haye où se déroule maintenant son procès devant le Tribunal spécial. Le mandat de cette juridiction est de poursuivre ceux qui ont la plus grande part de responsabilité dans les violations du droit international humanitaire qui ont été commises en Sierra Leone depuis le 30 novembre 1996, a expliqué le Procureur.

Le Bureau du Procureur a procédé à 13 inculpations qui ont été confirmées par un juge du Tribunal spécial et 11 personnes ont ainsi été appréhendées et traduites devant le Tribunal. Deux procès étant terminés, le Bureau du Procureur se prépare à un éventuel appel en attendant le prononcé des jugements, a indiqué M. Rapp. Un autre procès, celui des membres du Front révolutionnaire uni, devrait s’achever au début de 2008, a-t-il ajouté. Le procès de Charles Taylor se déroule à La Haye, a-t-il expliqué, sur la demande du Président du Tribunal spécial qui répondait aux inquiétudes de certains dirigeants de la région d’Afrique de l’Ouest. Il appartient maintenant au Procureur d’appeler des témoins à la barre et de fournir les éléments de preuve à l’appui des chefs d’inculpation qui dénoncent la planification, l’instigation et les ordres donnés par M. Taylor pour la commission de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de violations d’autres dispositions du droit international humanitaire. Il lui est reproché en effet d’avoir enrôlé des enfants de moins de 15 ans dans les forces et groupes armés, ou de les avoir utilisés pour participer activement aux combats, a rappelé le Procureur.

Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, a fait remarquer M. Rapp, est la première juridiction pénale internationale à poursuivre en justice des individus pour le motif de recrutement d’enfants soldats qui constitue une violation du droit international humanitaire, a-t-il précisé. Les procès ainsi engagés sont la preuve de l’engagement de la communauté internationale à s’assurer que les responsables de crimes motivés par la haine, comme ceux commis en Sierra Leone, sont poursuivis. Ils lancent le message que des crimes tels que les mutilations, comme l’amputation de bras et de jambes, l’esclavage sexuel des femmes et des filles et l’utilisation des enfants soldats ne peuvent pas rester impunis.

Le Tribunal devrait s’accomplir de sa tâche d’ici à décembre 2009, a indiqué M. Rapp, qui a souligné la nécessité pour les États Membres de poursuivre leur soutien à la juridiction. Au cours des procès qui ont déjà eu lieu ou qui sont en cours, son Bureau a présenté 220 témoins et il y en a eu au total 354 qui ont été entendus. Ces témoins prennent pour la plupart de grands risques et le Tribunal spécial a l’obligation de les protéger, a-t-il rappelé, parfois même de les réinstaller. Les enquêtes exigent donc une coopération de la part des États Membres pour geler les éventuels actifs et y accéder, afin de pourvoir aux indemnisations des victimes. Le Tribunal spécial a besoin de fonds pour fonctionner, a plaidé le Procureur, rappelant qu’il s’agit d’une institution transparente sur le plan économique avec un budget pour les années 2007, 2008 et 2009. Les défis à relever sont sérieux, a conclu M. Rapp, qui a encouragé les États Membres à poursuivre leurs efforts pour que la justice soit rendue en Sierra Leone.

Mme ASHA-ROSE MIGIRO, Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, a dit qu’elle était impressionnée par les réalisations du Tribunal spécial, cinq ans après la fin d’un conflit qui a duré 11 ans et qui a été caractérisé par un niveau de violence indescriptible et le recours systématique aux mutilations, aux violences sexuelles, et aux meurtres de civils. Ce Tribunal, s’est-elle félicitée, constitue un nouveau modèle hybride de justice internationale présente sur le territoire même où les crimes à juger ont été commis. Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone a le grand avantage de pouvoir bénéficier de personnel international et de professionnels sierra-léonais, a dit Mme Migiro. Mettant en avant le caractère exceptionnel du Tribunal, elle a précisé que celui-ci a non seulement traduit en justice des personnes accusées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, mais également toutes les personnes accusées d’avoir enrôlé des enfants âgés de moins de 15 ans pour participer au conflit armé. S’inspirant de la jurisprudence des Tribunaux ad hoc pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie, le Tribunal spécial a mis au défi l’impunité qui a régné pour les crimes basés sur le sexe des victimes, comme les mariages forcés, et il a reconnu la nature unique que revêtent les crimes sexuels. Pour la première fois, l’esclavage sexuel est traité comme un crime contre l’humanité, s’est félicitée la Vice-Secrétaire générale.

En garantissant que les auteurs de ces crimes sont traduits en justice, le Tribunal spécial a contribué à la restauration et au maintien de la paix et de la sécurité en Sierra Leone, a estimé Mme Migiro. Elle s’est également félicitée des accomplissements du Service de diffusion de l’information du Tribunal spécial, qui a rejoint le rang des autres tribunaux spéciaux, en offrant un espoir aux générations futures. Le jour de l’ouverture du procèsde Charles Taylor, a dit Mme Migiro, le Secrétaire général a encouragé tous les États Membres à continuer de fournir un soutien au Tribunal spécial. Le Tribunal a aussi besoin de leur aide pour ce qui est de la relocalisation des témoins, de l’exécution des peines et pour d’autres détails juridiques en souffrance. Je réitère fermement ces demandes aujourd’hui, a déclaré Mme Migiro.

Mme KAREN PIERCE (Royaume-Uni) a rappelé l’intervention militaire qui, il y a moins de huit ans, a été nécessaire pour sauver la Sierra Leone. La Commission de consolidation de la paix continue d’aider ce pays qui se reconstruit, a-t-elle noté. Mais aux yeux du Royaume-Uni, le Tribunal spécial a un rôle encore plus important à jouer dans le redressement de la Sierra Leone, a-t-elle estimé. La même semaine que l’ouverture du procès de Charles Taylor, cette séance du Conseil de sécurité est particulièrement opportune, a-t-elle estimé. Elle a précisé que le Royaume-Uni a versé une importante contribution au budget de fonctionnement du Tribunal spécial.
Elle a aussi indiqué que le Royaume-Uni pourrait accueillir Charles Taylor dans ses prisons s’il était condamné. Mme Pierce s’est aussi réjouie que, du fait de sa diffusion télévisée, la population de la Sierra Leone peut suivre le procès de Charles Taylor à La Haye. Pour permettre au Tribunal spécial d’achever ses travaux, elle a lancé un appel aux États Membres pour qu’ils contribuent financièrement à son fonctionnement, notamment en ce qui concerne la relocalisation des témoins.

Mme JACKIE W. SANDERS (États-Unis) a indiqué que cette séance d’information du Conseil qui se tient en présence du Président du Tribunal spécial et de son Procureur arrivait à point nommé, compte tenu de l’étape critique que traverse le Tribunal et notamment en raison de l’ouverture, le 4 juin dernier, du procès de Charles Taylor à La Haye. Les États-Unis, a-t-elle affirmé, ont toujours soutenu fermement les travaux du Tribunal depuis sa création et ont joué un rôle crucial dans les négociations ayant mené à l’adoption de la résolution 1315 (2000) du Conseil de sécurité qui appelait le Secrétaire général à conclure un accord avec le Gouvernement sierra-léonais afin de créer un tribunal indépendant permettant de traduire les personnes portant la plus grande part de responsabilité dans les atrocités commises dans ce pays. L’achèvement du mandat du Tribunal spécial, a précisé la représentante, fait partie des priorités des États-Unis.

Le Tribunal spécial constitue le premier test d’un nouveau modèle de justice internationale, à savoir un tribunal international, indépendant, à juridiction mixte et situé dans le pays où ont été commis les crimes, a
signalé la représentante des États-Unis. Cet aspect constitue un héritage important pour l’avenir du pays, a-t-elle estimé. Dans ce contexte, nous demandons instamment aux dirigeants du Tribunal de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour remédier aux lacunes et aux retards dans les procès. Les États-Unis, qui ont consenti une enveloppe budgétaire de 35 millions de dollars depuis 2002 en faveur du Tribunal spécial, ont l’intention de lui verser des contributions supplémentaires afin qu’il puisse achever son travail. Nous appelons également tous les États Membres à en faire de même pour que la justice suive son cours, a dit la représentante.

M. LAZARE MAKAYAT-SAFOUESSE (République du Congo) a estimé qu’en organisant le procès de Charles Taylor, le Tribunal sert les objectifs de la Charte des Nations Unies. Les auteurs des crimes poursuivis par le Tribunal répondront tôt ou tard de leurs actes, a-t-il espéré. Le Congo apporte tout son appui au Tribunal spécial et veut contribuer à ses travaux pour permettre leur achèvement dans les délais impartis, a-t-il précisé. Il a aussi estimé que la communauté internationale dans son ensemble devrait profiter de cette expérience.

M. JEAN-PIERRE LACROIX (France) a réitéré l’importance que son pays attache à l’arrestation de Charles Taylor. Qu’un ancien chef d’État réponde devant un tribunal pénal des atrocités qu’il a encouragées et soutenues envoie un message fort, qui au delà de la Sierra Leone et de la région, est de portée universelle. Il s’agit d’un message d’espoir pour les victimes des crimes les plus graves et pour ceux qui luttent contre l’impunité, a estimé le représentant. La phase de présentation des témoignages, qui commencera bientôt, sera cruciale à cet égard. C’est aussi un avertissement pour les responsables de tels crimes où qu’ils soient. Le Conseil doit appuyer ces progrès. Il est important que le Conseil puisse suivre la mise en œuvre, par le Tribunal spécial, de sa stratégie d’achèvement des travaux, récemment révisée. Le Tribunal spécial s’est récemment doté d’un budget couvrant la période de travaux restant, ce qui est certainement un instrument utile qui permet de mieux évaluer l’effort financier attendu de nous, a ajouté le représentant. Le déplacement à La Haye de Charles Taylor a naturellement une incidence non négligeable sur ce budget, mais les considérations de sécurité qui ont justifié ce transfert restent à nos yeux valables. Il sera essentiel de veiller à ce que les travaux du Tribunal ne soient pas mis en péril par l’insuffisance des ressources, a dit le représentant de la France. C’est dans cet esprit que nous examinerons l’appel à de nouvelles contributions, a-t-il indiqué.

Mme YELLA ZANELLI (Pérou) a déclaré que sa délégation était engagée en faveur de la lutte contre l’impunité et salué l’importance de cette réuniondans ce domaine. Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone contribue à l’instauration d’une paix durable non seulement en Sierra Leone mais aussi dans la région tout entière, a-t-elle fait remarquer. Elle a ajouté que le procès de Charles Taylor montre que personne n’est au-dessus des lois. La représentante a aussi salué la contribution de la communauté internationale dans les procédures engagées, notant en particulier que les procès se déroulent à La Haye. Elle a ensuite parlé de la mise en œuvre de la stratégie d’achèvement du Tribunal spécial pour souligner qu’il était important de créer de bonnes conditions pour que le système judiciaire local puisse poursuivre ceux qui ne relèvent pas de la compétence du Tribunal spécial. Elle a enfin engagé tous les États qui sont en mesure de contribuer aux travaux du Tribunal spécial à le faire.

Mme CHEN PEIJIE (Chine) a déclaré qu’en deux années d’activités, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone a progressé dans ses travaux de manière louable. Elle a précisé que la Chine avait toujours appuyé les travaux du Tribunal spécial et entendait le faire à l’avenir. Le Tribunal a fait d’importants progrès puisque certains de ses procès sont achevés et que d’autres sont en cours, comme celui de Charles Taylor à La Haye. Un procès juste et indépendant pour M. Taylor contribuera à la promotion de la paix et de la stabilité dans la région d’Afrique de l’Ouest et nous comptons sur le bon déroulement des procédures de La Haye, a dit la représentante. Nous sommes aussi satisfaits du fait que le Tribunal spécial ait révisé sa procédure relative aux preuves pour accélérer ses travaux dans le cadre de sa stratégie d’achèvement. Relevant les difficultés que connaît le
Tribunal, notamment en matière de coopération, la représentante a appelé les pays en mesure de le faire à continuer de l’appuyer et de coopérer avec le Tribunal spécial, notamment pour ce qui est de la réinstallation des témoins.

M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER (Qatar) a estimé que le début du procès de Charles Taylor à La Haye illustre le fait que personne, quelle que soit sa position, n’est au-dessus de la loi, et que tout individu, quels que soient les crimes qu’il a commis, a droit à un procès équitable. M. Al-Nasser a salué les résultats concrets obtenus par le Tribunal et a souligné la nécessité d’établir un équilibre entre le respect du calendrier pour que les travaux s’achèvent en temps voulu, une mise en œuvre pleine, efficace et satisfaisante du mandat du Tribunal, et le respect des droits des accusés. Commentant, à son tour, les questions financières, le représentant a appelé les donateurs à fournir au Tribunal spécial pour la Sierra Leone les contributions nécessaires à son bon fonctionnement. Il a conclu en regrettant, une nouvelle fois, que le procès de Charles Taylor n’ait pas pu se tenir sur le continent africain. Il a donc souligné l’importance qu’il y a à faire en sorte que les peuples de la sous-région d’Afrique de l’Ouest soient dotés des moyens de suivre le procès, ce qui pourrait être fait grâce à un circuit fermé de télévision.

M. IGOR BARTHO (Slovaquie) s’est félicité de l’ouverture du procès de Charles Taylor à La Haye. Bien qu’il ait lieu à la Cour pénale internationale à La Haye, ce procès est et restera le procès du Tribunal spécial pour la Sierra Leone, a-t-il déclaré. C’est pourquoi la Slovaquie salue et appuie les mesures visant à garantir que le déroulement du procès soit accessible aux Africains de l’Ouest, en facilitant la participation de journalistes et de représentants de la société civile du Libéria et de la Sierra Leone aux audiences; en préparant des synthèses vidéo et audio du procès; en les diffusant dans toute la Sierra Leone et en réalisant des enregistrements du procès de Charles Taylor qui seront disponibles dans les locaux du Tribunal spécial à Freetown. Le représentant slovaque s’est par ailleurs félicité du programme de sensibilisation mené en Sierra Leone par le Tribunal sur ses activités et résultats, qui peut, selon le représentant, servir de modèle aux autres tribunaux.

Mme BONGIWE QWABE (Afrique du Sud) a estimé que si des progrès importants ont été faits dans la mise en œuvre du mandat du Tribunal, l’assistance continue de la communauté internationale demeure néanmoins cruciale. Le projet de budget pour les trois prochaines années s’élève à 90 millions, a-t-elle dit, en invitant les donateurs internationaux à continuer à offrir leur appui. L’Afrique du Sud, a-t-elle ajouté, appelle les États à coopérer, à appuyer et à rallier l’appel du Président du Tribunal visant à conclure les accords liés à l’application des peines, la relocation des témoins, l’identification des biens des personnes condamnées, et l’appréhension de Johnny Paul Koroma, qui est toujours en fuite. L’Afrique du Sud est convaincue, a encore dit sa représentante, que la tenue d’élections libres et justes, le 11 août, et le travail du Tribunal contribueront à l’émergence d’une Sierra Leone pacifique et stable.

M. ALFREDO SUESCUM (Panama) a rendu hommage aux travaux indispensables du Tribunal spécial pour la Sierra Leone, qui contribuent notamment à la mise en place de l’état de droit dans ce pays. Il a apprécié en particulier le fait qu’un ancien chef d’État n’ait pas pu échapper aux poursuites judiciaires. En outre, cette juridiction est la première à traiter de crimes nouveaux en droit international, comme le mariage forcé, le recrutement d’enfants ou les crimes d’esclavage sexuel, a relevé le représentant. Aux yeux du Panama, il est important que les travaux du Tribunal spécial répondent aux normes les plus élevées, a dit le représentant, en soulignant qu’il fallait pour cela lui fournir les moyens nécessaires à l’accomplissement de sa tâche. Il a aussi demandé quelles étaient les prévisions en matière de protection des témoins et d’indemnisation des victimes et a voulu savoir ce qui était prévu pour
l’archivage des documents.

M. GENNADY V. KUZMIN (Fédération de Russie) a estimé que le Tribunal spécial contribue de manière efficace aux processus de paix et de réconciliation dans la région d’Afrique de l’Ouest. Il a constaté une dynamique positivequi opère au sein du Tribunal et a estimé qu’il est nécessaire de la maintenir. L’arrestation de Charles Taylor a constitué un véritable tournant dans les travaux du Tribunal. Toutefois, a relevé le représentant, entre la décision prise par le Conseil de sécurité de transférer Charles Taylor à La Haye et le début de son procès, une longue période s’estécoulée. De plus, les audiences, qui n’ont commencé que lundi, ont été interrompues et ne devraient reprendre que le 21 juin. Quelle est la cause de ce nouveau retard et dans quelle mesure les délais d’achèvement des travaux du Tribunal sont-ils réalistes? a demandé le représentant.

M. ALDO MANTONAVI (Italie) a rappelé que son pays avait appuyé la création du Tribunal spécial et considéré que la création de cette instance joue un rôle crucial dans l’exercice du droit. Les premiers jugements doivent être prononcés sous peu et le Tribunal entame maintenant une nouvelle étape de ses travaux en commençant le procès de Charles Taylor, a-t-il fait remarquer. Il a considéré que la poursuite de nouveaux crimes internationaux, comme les mariages forcés dans les zones de conflit, contribue au développement du droit international. La création du Tribunal spécial est positive, mais il faudra veiller à ce que cette instance et les travaux qu’elle aura menés continueront à servir le pays après ses travaux, a-t-il aussi averti. Il a conclu, en estimant que l’adoption du budget pour 2007 et 2008 prépare la voie à une bonne stratégie d’achèvement.

M. LESLIE KOJO CHRISTIAN (Ghana) a reconnu le rôle important joué par le Tribunal et a signalé que son pays attachait une importance considérable à sa stratégie d’achèvement. S’il ne mène pas à terme les affaires les plus sérieuses, le mandat du Tribunal ne sera pas achevé, a estimé le représentant. Il ne doit pas y avoir d’impunité pour les crimes et les atrocités les plus graves commis pendant la guerre. L’ouverture du procès de Charles Taylor est dans ce contexte un développement important dans la lutte contre l’impunité, a-t-il dit. Le représentant s’est félicité des progrès réalisés par le Tribunal qui a amendé ses règles de procédure et de preuves, ainsi que des succès remportés par le service de diffusion de l’information du Tribunal. Dans la recherche de la justice, il est important que les procédures du Tribunal ne soient pas perçues comme étant distantes et comme n’ayant aucun effet sur la vie des citoyens. Nous demandons à la communauté internationale de fournir au Tribunal tout le soutien nécessaire à l’achèvement de son mandat, a dit le représentant du Ghana.

M. HASAN KLEIB (Indonésie) s’est félicité des progrès du Tribunal spécial pour la Sierra Leone dans la réalisation de son mandat, et a notamment applaudi l’ouverture du procès de Charles Taylor. Il a apporté le soutien de sa délégation aux progrès accomplis par le Tribunal dans la mise en œuvre de sa stratégie d’achèvement. Il a émis l’espoir que les procès en cours seront menés dans le respect de la présomption d’innocence. Il est difficile de panser les blessures de la Sierra Leone, qui a grandement souffert des actions de Charles Taylor, a-t-il noté, mais ces procès devraient y contribuer. M. Kleib a jugé compréhensible que le Gouvernement soit toujours en difficultés après les années de conflit que la Sierra Leone a connues et a appelé la communauté internationale à l’appuyer pour les élections à venir, ainsi que pour le renforcement de ses capacités dans tous les domaines. Il a enfin émis l’espoir que les procès se déroulent sans heurts.

M. JOHAN VERBEKE (Belgique) a salué l’ouverture du procès de Charles Taylor cette semaine qui démontre combien l’impunité n’est plus de mise pour les personnes accusées des crimes les plus graves, quel que soit leur rang. Paix et impunité ne sont en aucun cas compatibles. Une des innovations du Tribunal, a ajouté le représentant, est qu’il pourrait prononcer la première condamnation pour le recrutement d’enfants soldats. Ceci ne manquera pas d’envoyer un message clair aux groupes armés partout dans le monde. Nous n’oublions pas que le conflit a été caractérisé par une brutalité extrême dont les enfants et les femmes ont été les premières victimes. La perception des victimes que la justice leur est rendue est cruciale. À cet égard, a ajouté le représentant, nous soulignons le travail remarquable accompli par le Tribunal spécial en matière de diffusion de l’information.

Le représentant a aussi salué l’avancée des travaux du Tribunal qui se concrétisera par un jugement attendu le 20 juin à l’encontre du Conseil révolutionnaire des forces armées et au mois de juillet à l’encontre des Forces de défense civile. Le représentant a aussi salué l’achèvement de deux documents, à savoir la stratégie d’achèvement des travaux et le budget pour les trois prochaines années. Décembre 2009, date d’achèvement des travaux du Tribunal spécial, n’est plus très loin, a encore relevé le représentant. Il faudra auparavant entamer une réflexion sur les fonctions résiduelles du Tribunal, comme la protection des témoins, l’exécution des peines, l’archivage. Il sera utile dans ce cadre de rechercher d’éventuelles synergies avec d’autres juridictions, comme les Tribunaux pénaux internationaux pour le Rwanda et pour l’ex-Yougoslavie.

M. ALLIEU IBRAHIM KANU (Sierra Leone) a indiqué que son pays continue de soutenir le Tribunal spécial et a estimé qu’il est essentiel que justice soit rendue, que la Sierra Leone surmonte son passé et redevienne l’un des pôles de l’Afrique de l’Ouest. Le Tribunal se doit d’être indépendant et juste, a-t-il souligné. Il a fait remarquer que, dès le début, la population de la Sierra Leone a été au premier rang de ceux qui réclamaient la création de ce tribunal, et que c’est pour cette raison qu’il est basé à Freetown. M. Kanu a indiqué que le Tribunal a créé un groupe de travail sur l’héritage qu’il laissera, pour renforcer l’état de droit et jouer un rôle actif dans la promotion des initiatives visant les mêmes objectifs. Dans cet esprit, il a parlé des efforts menés par le Tribunal pour permettre une consultation organisée, notamment par l’ONG dénommée « Pas de paix sans justice », sur la mise en œuvre de la loi sur le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Cette conférence a d’ailleurs donné lieu à la rédaction d’un projet de loi et ses résultats devraient être utiles pour les futures générations de Sierra-Léonais, a espéré M. Kanu.

Dans quelques mois, des élections se tiendront en Sierra Leone dans une atmosphère de paix, a poursuivi le représentant, qui s’est félicité de ce que les citoyens sierra-léonais restent unis dans leur désir de démocratie. L’idée de cette juridiction a été un facteur important pour la cessation des hostilités, a ajouté M. Kanu, qui a évoqué la cérémonie spéciale au cours de laquelle des armes ont été brulées en Sierra Leone pour marquer la fin de la guerre. Cette cérémonie avait eu lieu quelques jours après la signature de l’Accord pour la création du Tribunal spécial. La vie du Tribunal a été caractérisée par plusieurs étapes, la dernière étant le procès d’un ancien chef d’État. Pour M. Kanu, il faut veiller à ce que la population de la Sierra Leone ait accès au procès de Charles Taylor, malgré sa délocalisation à La Haye. L’administration de la justice ne doit pas être onéreuse, a-t-il ensuite relevé, en notant que le Tribunal a réussi à se fixer des budgets limités. Il a enfin lancé un appel à la communauté internationale afin qu’elle respecte ses engagements concernant les ressources afin de donner au Tribunal la stabilité financière dont il a besoin pour les procédures de première instance et celle d’appel. Dans un grand effort de coopération, la Sierra Leone a pris l’initiative de solliciter la participation des États africains et des États Membres de l’Organisation de la Conférence islamique
(OCI), a précisé M. Kanu.

M. HENRI-PAUL NORMANDIN (Canada) a rappelé que tous les procès tenus à Freetown devraient se terminer sous peu et que les jugements dans deux de ces procès devraient être rendus au cours des prochaines semaines. En cas d’appel, à l’issue de ces mêmes procès, la procédure devrait se terminer à la fin de la prochaine année. Enfin, le Tribunal spécial devrait conclure définitivement ses travaux à Freetown et à La Haye d’ici à la fin 2009, a précisé le représentant. Il pourrait s’avérer utile de connaître le point de vue des Sierra-Léonais à ce sujet, a-t-il estimé, en s’appuyant sur une enquête récente selon laquelle 91% d’entre eux se sont dits « d’accord » ou « fortement d’accord » à la question de savoir si le Tribunal spécial avait contribué à instaurer la paix en Sierra Leone.

Malgré ce témoignage de confiance, il reste beaucoup à faire, a prévenu le représentant canadien, qui a expliqué que le financement continuait d’être l’un des problèmes les plus criants. Présidé par le Canada, le Comité de gestion du Tribunal spécial a pris des mesures, notamment en adoptant un budget sur trois ans, qui devrait lui permettre de conclure ses travaux en 2009. Le Canada a toutefois invité les pays qui le peuvent à apporter une contribution additionnelle pour lui permettre de mener à bien sa stratégie d’achèvement. Mais le Tribunal spécial se heurte à trois autres difficultés majeures: l’application des peines, la protection des témoins et les enjeux ultérieurs. Jusqu’à présent, seulement trois pays ont accepté de prendre en charge les individus condamnés à l’emprisonnement et seulement un petit nombre ont offert d’aider certains témoins, qui doivent être réinstallés dans un pays tiers pour leur sécurité, a regretté le représentant. En outre, a fait remarquer M. Normandin, la conclusion des travaux du Tribunal spécial suscitera un certain nombre de questions délicates, comme par exemple la question de l’accès du public aux archives. Dans ce cas, il sera essentiel de protéger les renseignements confidentiels qu’elles contiennent, tels que le nom des témoins, a-t-il fait observer.

Le Tribunal spécial sera la première instance de ce genre à devoir faire face à ces problèmes ainsi qu’à d’autres questions difficiles liées à la conclusion de ses travaux. Or, jusqu’à présent, cette juridiction a fait
souvent œuvre de pionnier, a souligné le représentant. Il s’agit du premier tribunal pénal international à être financé par des contributions volontaires. C’est aussi le premier tribunal de l’histoire moderne à tenir ses délibérations dans le pays où les crimes sont réputés avoir été commis.
De même, il s’agit de la première instance du genre à créer un bureau de défenseur principal. Enfin, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone sera le premier à se livrer à un exercice complexe, à savoir la tenue de procès simultanés sur deux continents différents, à des milliers de kilomètres de distance l’un de l’autre. Il continuera d’apporter sa contribution au rétablissement du droit et à la fin de l’impunité si nous continuons de lui apporter la nôtre, s’est déclaré convaincu M. Normandin avant de conclure.

M. ARJAN HAMBURGER (Pays-Bas) a déclaré que le débat sur le Tribunal spécial pour la Sierra Leone se tenait à un moment important dans l’histoire du Tribunal, en raison notamment de l’ouverture du procès de Charles Taylor cette semaine à La Haye. Le travail du Tribunal contribue fortement à la lutte que nous menons contre l’impunité, a-t-il ajouté. Renouvelant l’appui des Pays-Bas au Tribunal spécial, et ce, jusqu’à l’aboutissement de la stratégie d’achèvement, M. Hamburger a déclaré que les Pays-Bas assumaient a responsabilité qui leur incombait en tant que pays hôte du procès de Charles Taylor et a fait part du soutien financier et logistique que son pays apportait à ce processus. Il s’est, à cet égard, dit satisfait de la coopération positive qui s’est instaurée, pour le jugement de Charles Taylor, entre l’État hôte, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, et la Cour pénale internationale dont les infrastructures sont utilisées pour le procès Taylor.

Estimant que le respect des dispositions de la stratégie d’achèvement était essentiel, M. Hamburger a appelé le Tribunal spécial à faire tout ce qui esten son pouvoir pour y parvenir, et il a exhorté les États Membres à garantir des ressources financières suffisantes au Tribunal. Il est d’autre part important de souligner que le travail du Tribunal spécial ne s’achèvera pas complètement en 2009, et que l’héritage de l’institution doit être garanti pour le public en général et le peuple sierra léonais en particulier, a conclu le représentant néerlandais.

M. AMINU BASHIR WALI (Nigéria) a estimé que la tenue de ce débat sur la situation en Sierra Leone ne pouvait pas mieux tomber, compte tenu du début du procès de Charles Taylor et de la nécessité urgente de fournir les ressources nécessaires pour permettre au Tribunal spécial pour la Sierra Leone d’être à la hauteur de la tâche qui lui a été confiée. Le Tribunal s’avère être une partie intégrante du processus de paix en Sierra Leone, en montrant que l’immunité politique d’un chef d’État ne l’empêche pas d’être poursuivi pour violations des droits de l’homme et crimes contre l’humanité, a dit M. Wali. Le Tribunal s’est prononcé contre le recrutement d’enfants soldats et a qualifié le mariage forcé de crime contre l’humanité et de violation du droit coutumier, a encore rappelé le représentant nigérian, avant de se réjouir du fait que le jugement des crimes de haine commis en Sierra Leone sera bientôt rendu.

Parlant des moyens de fonctionnement du Tribunal, le représentant a estimé que les contributions volontaires se sont révélées insuffisantes. Il a donc appelé la communauté internationale à étudier, de manière urgente, d’autres mesures pour consolider les fonds du Tribunal afin de lui assurer un flux prévisible de ressources financières qui permettrait, par exemple, de financer la participation des victimes aux procès et d’éviter des retards et des suspensions des activités du Tribunal. Cela permettrait aussi au Tribunal de gérer efficacement les autres problèmes auxquels il ne saurait échapper, comme la surveillance des détenus, les relocations et la protection des témoins, ou encore l’application des sentences, a ajouté le représentant du Nigéria.

M. THOMAS MATUSSEK (Allemagne), au nom de l’Union européenne, s’est félicité de ce que le nouveau projet de budget du Tribunal spécial pour la Sierra Leone couvre toute la période d’achèvement des travaux, à savoir de 2007 à 2009. Il a salué là l’intention claire du Tribunal de fonder son plan financier et administratif sur sa stratégie d’achèvement. Le Tribunal envoie ainsi, a commenté le représentant, un message politique fort à la communauté internationale lui indiquant qu’il est sur la bonne voie et qu’il a pris toutes les dispositions nécessaires pour réaliser ses objectifs dans les délais impartis. Mais il est tout aussi clair, a poursuivi le représentant, que pour finir ses travaux, le Tribunal a besoin de l’appui continu des États Membres. Il a rappelé, dans ce contexte, que depuis le début des procès en 2002, l’Union européenne a financé à elle seule plus de 56% des dépenses totales du Tribunal. En outre, plusieurs projets du
Tribunal ont été financés par la Communauté européenne. L’Union européenne ne faillira pas à ses engagements, a promis le représentant.

Toutefois, a-t-il ajouté en s’en félicitant aussi, la présentation du Président du Tribunal spécial contient un certain nombre d’éléments qui vont bien au-delà des chiffres et dont le Conseil de sécurité et les États Membres, en général, devraient tenir compte. Le représentant a cité les campagnes de sensibilisation que le Tribunal a menées sur ses travaux, le recrutement d’un nombre remarquablement élevé de personnels locaux et le fait que le Tribunal ait imprimé un élan déterminant à la « culture d’état de droit ». Ces faits ne feront que renforcer l’appui international et la conviction qu’il n’y a pas de dichotomie entre la paix et la justice, a estimé le représentant en disant que toutes les sociétés ont droit aux deux, en particulier les victimes des oppresseurs sadiques. L’expérience de la Sierra Leone montre qu’il n’existe aucune loi qui voudrait que la justice soit sacrifiée au profit de la paix, a-t-il insisté avant de poursuivre.

« L’achèvement des travaux », a-t-il mis en garde, est un concept tentant mais, à bien des égards, trompeur, a poursuivi le représentant. L’aventure ne s’arrêtera pas à la fin des travaux. Il faudra encore appliquer les peines, en respectant les droits et le statut des condamnés. Il faudra peut-être aussi prolonger la protection des témoins ou traiter les éventuels éléments nouveaux. Il faudra enfin maintenir intacts les dossiers du Tribunal et y assurer l’accès. Le représentant a donc appelé la communauté internationale à examiner dès maintenant les « questions résiduelles » comme elle l’a fait pour les Tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et pour le Rwanda.

M. GEORGE GELAGA KING, le Président du Tribunal spécial, s’est dit encouragé par les messages de coopération adressés aujourd’hui par les membres du Conseil de sécurité et d’autres États Membres au Tribunal spécial. De son côté M. STEPHEN RAPP, le Procureur du Tribunal spécial, s’est félicité du vif appui exprimé par les États Membres ainsi que de leurs paroles d’encouragement. Répondant à la question posée par le représentant de la Fédération de Russie, il a précisé que Charles Taylor n’était pas présent à l’ouverture de son procès, ce qui explique le retard pris par le déroulement de cette procédure. Un avocat a été désigné qui représente M. Taylor et qui a pour responsabilité de le représenter dans toute la mesure de ses capacités, même s’il n’a pas reçu toutes les instructions dont il pourrait avoir besoin. Il y a eu une prolongation supplémentaire de trois semaines avant l’ouverture du procès Taylor afin que l’accusé puisse travailler avec son représentant avant le témoignage des premiers témoins. Il subsiste maintenant un certain nombre de questions pratiques que le Greffier devra régler, a dit M. Rapp. La question de la représentation juridique et du financement de la représentation des accusés est dans ce contexte de la plus grande importance, a-t-il souligné.

* *** *
À l’intention des organes d’information • Document non officiel

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Ce communiqué de presse vous a été transmis par l'Association de la Presse  Panafricaine.

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11 juin 2007

L'Union Africaine est-elle fiable?

BBC AFRIQUE.COM / L'Union africaine est-elle viable?

Envoyé par : "Association de la Presse Panafricaine (AP" appa_org@yahoo.fr   appa_org Dimanche 10. Juin 2007  16:09  http://www.bbcfrenc h.com

08 Juin, 2007 - Heure de publication 19:24 GMT

L'Union africaine est-elle viable?

L'Union africaine qui se réunit en sommet annuel le mois prochain au Ghana répond-elle aux préoccupations des populations africaines?

BBC AFRIQUE vous invite à en débattre le samedi 16 juin à partir de 11 h GMT.

Pour participer à l'émission, envoyez nous un SMS au 0044 77 86 20 50 88 ou un courrier électronique à l'adresse suivante
bbcafrique@bbc. co.uk .

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08 juin 2007

18 Africains morts en mer de Malte : Tragédie du Darfour

Les 18 Africains mort en mer en mai 2007, dont les corps ont ramenés par la marine française à Toulon pour recevoir les honneurs des autorités françaises, Préfet et maire de Toulon afin d'être enterrés étaient selon l'AFP des Soudanais.Ce qui peut contraster avec le discours ambiant de la France à propos des clandestins.

Est-ce parce que ces Africains étaient Soudanais?

Est-ce parce que ces Africains sont apparus aux yeux des autorités françaises comme des Etres Humains?

Ou bien est-ce parce que dans tout Etre Humain face à la mort , il existe au fond de lui la certitude que rien ne vaut la vie  et un vrai fond d'humanité?

Dans tous les cas il ya lieu de saluer ce geste des autorités françaises, et de les encourager.

Pour que  ceux qui croient et pensent que c'est de gaiété de coeur que les Africains quittent leur pays doivent méditer et agir.

Par contre en tant qu'Africain,de façon général je dirais plus particulièrement Noir, nous devons nous poser des questions et une seule me paraît essentielle:

-Que font les Noirs du monde entier à propos du Genocide du Darfour?

Chaque Africain partout où il se trouve doit exiger des hommes politiques  de sa proximité un engagement et surtout en parler afin que l'action de mettre fin à cette tragédie qui fait offense à tous les humains de la planète cesse.

Nous devons demander à tous les acteurs politiques africains de se déterminer et le boycott du Soudan de toutes les compétitions sportives africaines doit être envisagé. Comme ce fut le cas a l'époque de l'Apartheid. Le président de l'UA le Ghanéen Kufor doit se différencier de son prédecesseur du Congo qui a lamentablement échoué, car entre dictateurs on s'entraide.  Nous pensons que Kufor qui a été  élu dans les bonnes règles de l'art et pratiquant la démocratie dans un pays qui a toujours eu une vocation panafricaine doit certainement marqué le coup. La pensée de Kwamé Nkrumah doit être revigorée pour gagner ce combat contre le racisme et négation de l'Etre Noir par les Arabes.

L'Afrique du Sud a aussi un rôle important à jouer, du fait de sa puissance économique et de son expérience, on doit notamment saluer le travail fait par Monseigneur Desmond Tutu prix Nobel de la Paix.

En ce qui concerne, les autres pays africains, ils peuvent de façon sérieuse faire pression sur la Chine et la Russie qui bloquent toute initiative des Nations Unies. En ce qui concerne la Chine, un boycott par les Africains des jeux olympiques comme ce fut le cas en 1976 à Montréal au Canada à propos de l'apartheid doit être envisagé. Là où les Africains peuvent faire mal à la Chine, c'est sur le plan économique, car la Chine a besoin des matières premières qui se trouvent en Afrique et a aussi besoin du marché africain en forte expansion. Faire voir à la Chine quels sont ses intérêts surtout qu'est-ce qu'elle a gagné en ne soutenant pas le gouvernement soudanias, peut modifier la donne.

Par cette histoire du Darfour, les sociétés civiles africaines et surtout la diaspora ont un atout pour faire revenir l'Europe et les USA en Afrique avec d'autres sentiments. Ces derniers pourraient convaincre les Occidentaux qu'ils ont intérêt à agir au Darfour s'ils veulent reduire l'influence chinoise qui s'avère nefaste pour les démocraties en Afrique et promouvoir les libertés et le progrès humains. Les Occidentaux à terme ne peuvent pas se passer du continent africain. La diaspora africaine a mission de reveler cette vérité aux Occidentaux, pour que le retour de ces derniers en Afrique accélère un progrès respectueux des libertés humaines et de la dignité humaine.

Il faut que tous les pays africains obligent le gouvernement soudanais à prouver par un cessez-le feu réel que les massacres perpétrés au Darfour ne relèvent pas d'un génocide.

Normalement au jour d'aujourd'hui tous les pays africains devaient avoir rétiré de Karthoum leur ambassade et rompu les relations diplomatiques.Sinon ils seraient coupables de genocide.

Quand aux fameuses sociétés civiles, artistes, intelectuels, leaders des partis d'opposition politiques, ils doivent agir en obligeant leurs gouvernement à se determiner de manière claire.

Les Africains se doivent d'agir, ce genocide ne peut plus durer!

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07 juin 2007

Crise du Darfour: Députés et Prix Nobel condamnent l'inaction

Envoyé par : "PRESSE AFRICAINE" appa_org@yahoo.fr   appa_org Mercredi 6. Juin 2007  21:39

Ceci est un communiqué de presse
Parlement Européen

PARLEMENT EUROPEEN

Crise du Darfour: Députés et Prix Nobel condamnent l'inaction internationale

Droits de l'homme - 05-06-2007 - 21:56

Protéger les populations contre le nettoyage ethnique,

les crimes contre l'humanité et le génocide est une responsabilité internationale qui exige une action internationale coordonnée qui s'applique par des sanctions, ont estimé Jody Williams et l'Archevêque Desmond Tutu, tous deux Prix Nobel de la paix, qui s'exprimaient lors d'une réunion extraordinaire des députés européens sur la crise du Darfour.

"Le Darfour incarne l'exemple le plus abominable de notre inhumanité envers l'autre",

a affirmé Desmond Tutu, "même s'il y a beaucoup de choses dont nous, leaders africains, puissions être fiers, nous devrions nous pendre de honte" pour ce qui est du Darfour. Remerciant tous ceux qui ont refusé que la crise du Darfour passe inaperçue pendant ses quatres dernières années Il a aussi exprimé de la gratitude envers les députés pour n'avoir pas abandonné l'Afrique ou succombé à ce qu'il a appelé "l'Afro-pessimisme” .

Protéger, une responsabilité internationale

Jody Williams, militante de la campagne internationale pour l'interdiction des mines anti-personnelles qui a mené en mars une mission du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (UNHCR) au Darfour, a dit faire peu confiance aux autorités soudanaises. Ce gouvernement, a-t-elle indiqué, est "expert dans sa manière de promettre des choses qui n'arrivent jamais".”Il est très difficile de croire ce que disent les autorités de Khartoum”.

Elle a indiqué que sa mission avait conclu qu'un Etat est responsable de protéger sa population contre le nettoyage ethnique, les crimes contre l'humanité et le génocide. S'il échoue, "sa responsabilité de protéger" devient “la responsabilité de la Communauté internationale, via les Nations Unies. ”En partant de ce principe, a-t-elle ajouté, "nous avons [tous] échoué à protéger la population du Darfour”. "Je ne suis pas Afro-pessimiste mais Darfouro-pessimiste ".

Appel à des sanctions

“Je soutiens de tout coeur la mise en place de sanctions spécifiques et ciblées contre Khartoum en réponse à son intransigeance” , a indiqué Desmond Tutu. Selon l'Archêque, l'UE devrait formuler trois demandes clé à l'égard du Soudan: permettre un accès non entravé à la fois aux forces de l'ONU et à l'aide humanitaire, et désarmer les milices Janjawids. Il faudrait aussi donner au gouvernement de Omar al-Bashir un ultimatum non négociable pour respecter ces conditions; s'il les remplit, les sanctions pourraient être levées. "Il ne faut pas se résoudre, le changement peut intervenir à Khartoum”, a conclu M. Tutu.

Appel à une initiative coordonnée pour la paix

Jody Williams a estimé que les acteurs internationaux devraient rédiger "une initiative de paix unique et coordonnée" accompagnée d'une "médiation, de fonds et d'une intervention diplomatique conséquente". L'UE quant à elle ne devrait pas hésiter à “isoler le Soudan économiquement et politiquement" sans attendre de "consensus évasif au Conseil de sécurité”, a-t-elle ajouté.

Réactions et appel à l'action des députés

Le gouvernement soudanais ferme les yeux sur ce qui est du génocide à l'égard de son propre peuple, a estimé Glenys Kinnock (PSE, UK), "il n'admettra jamais la vérité". Elle a estimé que l'UE devrait exiger un "cesser-le-feu immédiat", avant de relever que "la Communauté internationale se dirige tout droit vers un autre Rwanda”.

"L'absence d'action de l'UE" au Darfour est un outrage, a jugé Simon Coveney (PPE, IE). Quatre ans depuis le début de la crise, "nous entendons toujours qu'il est tant d'agir", a-t-il souligné. En ne faisant rien, nous “portons notre part de responsabilité ". Nous avons entendu le Conseil exprimer de
“graves inquiétudes” à propos de la situation au Darfour "cinquante quatre" fois et il n'y a toujours pas de sanctions en place, a-t-il relevé. Donner de l'argent européen pour aider les forces de l'Unité africaine n'est pas suffisant, a-t-il estimé. Il vaudrait mieux "fixer, un échéancier et des sanctions s'il n'est pas respecté”.

Le Darfour n'est pas seulement une catastrophe humanitaire, mais aussi un "désastre politique", selon Graham Watson (ADLE, UK), qui a fait référence à "l'impuissance et l'incompétence" de la communauté internationale dans le cadre de la lutte contre les génocides. Il nous faut une "force conjointe Nations Unies - Union africaine" - tout autre chose sera insuffisante, selon le Président du groupe libéral. L'Europe, quant à elle, "devrait être le chef de file d'un Plan Marshall pour l'Afrique, avec le Darfour comme point de départ".

Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE, FR) a abondé dans le sens de Jody Williams: les Jeux olympiques de Pékin en 2008 doivent servir de levier envers la Chine, l'allié politique le plus important du Soudan, mais aussi son partenaire commercial et fournisseur d'armes. Nous devons faire peser "une menace réelle" sur les Jeux olympiques si le gouvernement chinois ne revoit pas ses relations avec Khartoum, selon le Président des Verts. "On ne peut pas organiser les Jeux de la paix d'une part et soutenir d'autre part le régime de Khartoum", a-t-il conclu.

Gernot Erler, qui représentait la Présidence du Conseil, est d'accord avec la nécessité d'arriver à un cessez-le-feu, mais il estime aussi que la mise sur pied d'une "mission de paix solide" est un must pour superviser tout processus de paix. L'UE continuera à apporter sa contribution financière aux opérations de la mission de l'Union africaine au Darfour (AMIS) en préparation d'une mission conjointe ONU-UA.

"Nous devons - et voulons - faire davantage", a renchéri Margot Wallström. La Vice-Présidente de la Commission a annoncé le déblocage d'une aide supplémentaire de 40 millions d'euros en faveur de la mission de l'AMIS. Tout en gardant à l'esprit la nécessité d'un consensus international, la Commissaire juge qu'il est "fondamental" que la Chine et les autres acteurs fassent jouer leur "poids diplomatique" à Khartoum. La Chine doit, estime Mme Wallström, faire correspondre son pouvoir croissant sur la scène internationale à un "sens accru des responsabilité s" pour travailler en commun à l'issue de la crise.

Jody Williams a exprimé sa solidarité avec ceux qui affirment que les mots ne sont rien s'ils ne sont pas suivis d'action: "Si vous n'êtes pas prêts à protéger les populations du Darfour, quelques mots en plus sur une page ne valent rien".

Réunion ouverte extraordinaire de la Conférence des Présidents sur la crise au Darfour

05/06/2007 Conférence des présidents Président : Alejo Vidal-Quadras (PPE-DE, ES)

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Ce communiqué de presse vous a été transmis par l'Association de la Presse
Panafricaine.

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02 juin 2007

Afrique francophone :la question des diplômes et la fuite des cerveaux

Voici un dossier intéressant publié par le site www.telemacongo.com , je vous demande pour ceux qui cela interesse d'aller poursuivre la lecture des autres article concernant cette problématique. Ils sont tous bien faits.Merci et bonne lecture.

Pour mieux saisir les enjeux de la fuite des cerveaux en Afrique francophone, il est utile de s’intéresser à la question des diplômes. Cette question peut être abordée à travers l’harmonisation internationale selon les règles établies par l’UNESCO. Le problème de fond est celui des ressources humaines suffisamment formées qui sont nécessaires pour le développement des pays africains dans le contexte actuel de la mondialisation.

L’harmonisation des diplômes.

Le système d’harmonisation des diplômes de l’enseignement supérieur tel que nous le connaissons aujourd’hui a été élaboré à la suite de la seconde guerre mondiale, plus précisément au cours de l’année 1949. Ce système de reconnaissance et d’équivalence intervient dans le cadre des accords intergouvernementaux et est régi par un ensemble de conventions qui sont devenues officielles à partir de 1953. Ces conventions ont pour objectif de créer un cadre légal pour la reconnaissance des diplômes délivrés au sein des Etats membres, de permettre et de gérer la mobilité des étudiants étrangers dans l’espace international de formation. A partir des années soixante dix, l’UNESCO a pris des initiatives au sujet de l’harmonisation des différents systèmes de formation internationale afin de permettre à l’ensemble de ces universités de se relier entre elles à travers leur mise en réseau. C’est ainsi qu’ont été élaborées des conventions régionales pour la reconnaissance des études et des titres de l’enseignement supérieur qui sont devenues effectives pour les Caraïbes à partir de 1974, en 1978 pour les Etats Arabes, l’Europe en 1979, l’Afrique à partir de l’année 1981, L’Asie et le Pacifique au cours de l’année 1983. Toutefois, certains Etats, comme ceux de l’espace européen semblent jouir de privilèges par rapport aux autres pays . Par exemple, c’est le cas des universités européennes où il existe un accord commun qui favorise la mobilité et la reconnaissance des titres universitaires des chercheurs européens. D’ailleurs, ce cadre se matérialise à travers la validation institutionnelle des projets de recherches qui sont gérés par le dispositif que l’on nomme ERASMUS.

Somme toute, depuis quelques années, l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) développe des projets bilatéraux avec les pays africains. Ces projets permettent aux étudiants et aux chercheurs Africains de s’inscrire dans des projets de mobilité.
C’est par rapport à cette mobilité garantie par certaines institutions que l’on peut mieux mesurer l’importance de ce qu’on appelle la fuite des cerveaux, quand on sait que celle-ci renvoie aux choix individuels de certains cadres, c’est-à-dire de certaines compétences.

La fuite des cerveaux ou l’exode des compétences.

En Afrique francophone, le problème de la fuite de ces cerveaux concerne différents secteurs de la formation supérieure où l’on assiste à une perte massive des ressources humaines. L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) estime qu’entre 1960 et 1975, ce phénomène a concerné sur 27 000 personnes. De 1975 à 1984, ce chiffre a atteint 40 000. Depuis 1990, ce sont au moins 20 000 personnes qualifiées qui quittent le continent chaque année.

Au-delà des projets de mobilité interuniversitaire qui permet aux étudiants et aux chercheurs d’améliorer leurs outils de travail en même temps qu’ils s’inscrivent dans une dynamique de recherche et d’échanges pluridisciplinaires et interculturelles, la question du maintien des ressources humaines demeure pour l’Afrique un problème crucial, car comment penser le développement et l’exploitation des richesses du continent si celui-ci n’arrive pas à mettre sur pied une politique efficace pour garder ses meilleurs cadres ?

D’autant que les Etats africains consacrent des sommes colossales à l’enseignement supérieur. Sans une réflexion sur les filières à promouvoir et la capacité d’accueil de chaque pays du continent, on continuera sans doute à assister au gaspillage et à la fuite des cerveaux africains qui ne feront que renforcer l’écart entre pays riches et pays pauvres. Dans un rapport publié par Alain Coulon et Saeed Paivandi intitulé : « Les étudiants étrangers en France : L’état des savoirs », et précisément au sujet de l’exode des compétences, il apparait que cette dernière question est l’une des plus importantes entre la France et les pays africains. Selon le résultat de l’OCDE pour l’année 2003 toujours dans ce rapport, environ 400000 spécialistes des pays du Sud rejoignent chaque année les Etats-Unis, l’Union Européenne et le Japon.

De ce point de vue, cette question devrait être prise en compte dans le débat actuel en France, en vue de l’élection présidentielle. On ne devrait pas en effet oublier que le thème de « l’immigration choisie » véhiculé récemment en France exprime la volonté de certaines forces politiques françaises de disposer des compétences africaines au mépris des besoins de développement du continent Noir.

Il est évident que le problème de l’exode des compétences est un problème politique et, qui ne peut trouver de solutions qu’à travers de nouveaux choix et de nouvelles pratiques de gouvernance dans les pays africains. Et c’est dans ce sens qu’une nouvelle coopération entre les pays africains et les pays industrialisés favorable à la mobilité internationale des compétences pourra être mise en œuvre sans favoriser un exode de compétences qui soit bénéfique qu’aux seuls pays du Nord. En ce sens, le dispositif de projet de formation, « Transfert of Knowledge Through Expatrial National », (Transfert de Connaissance par l’intermédiaire des Nationaux Expatriés) mis en œuvre au Mali en 1996 a permis le développement d’une coopération internationale pertinente. Afin d’éviter des pratiques dont relève le discours sur « l’immigration choisie. » et sur « la fuite des cerveaux » unilatéral, on peut prévoir la création commune de réseaux de mobilité.

Fanela Célestin   Sur www.telemacongo.com

Posté par Kibaya à 15:35 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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