Comme à mon habitude je viens vous livrer un commentaire que j'ai trouvé interessant à partager avec vous.

Je l'abstiens toujours de porter de jugement de valeur cela pour permettre un débat autour du commentaire.

je vous invite donc à la lecture et vous oblige presque à réagir plus nous serons nombreux à véhiculer cette idée dans chacun de nos pays, meiux nous réussirons dans cette voie que je considère que le seule et véritable issue pour l'Afrique. Je rappelle que tous les pays d'Afrique ont le même problème car ayant un même fond culturel et surtout une unique histoire douloureuse.

Pour ma part je suis convaincu depuis longtemps de la viabilité et de la faisabilité des ETATS UNIS D'AFRIQUE pour notre cher continent.

Titre du commentaire : L'organisation des Etats Généraux de l'Afrique pour la création des Etats-Unis d'Afrique

Commentaire :
Voici notre contribution pour la création des Etats-Unis d'Afrique.

Ce document avait été adressé au Président de la Commission de l'Union Africaine, le Professeur Alpha Omar Konaré en mars 2004. Bonne lecture.

Groupe de Travail des Etudiants Africains de France (GTEAF) AFRIQIYAH Paris le 21 septembre 2003 Le Groupe de Travail des Etudiants Africains de France (GTEAF) s'est expressément réuni à Paris en date du 21 septembre 2003 pour mener une réflexion sur la question éminemment urgente, des récentes évolutions que vit notre continent.

Le présent document vise à contribuer et enrichir par quelques propositions le débat au sein des commissions de la nouvelle Union Africaine. Celui-ci est sûrement ouvert et associe sans nul doute toutes les élites sociales, économiques et politiques panafricaines.

Car lélaboration d'un projet de société d'échelle continentale passe nécessairement par-là. L'objectif est de susciter au sein du Conseil Exécutif de l'Union Africaine, l'organisation des ETATS GENERAUX DE L'AFRIQUE.

Les nouvelles mutations du contexte international et la situation politique, économique et sociale de l'Afrique ont constitué les facteurs clés à la base de notre démarche. Il convient, avant d'aller plus loin, de revenir un tant soit peu sur les principaux traits. Depuis l'effondrement du mur de Berlin et la fin des rivalités Est-Ouest symbolisées par l'opposition Etats-Unis - Union soviétique, le monde se dirige irrémédiablement vers un bloc monolithique : celui d'une mondialisation dont les seuls architectes demeurent à l'heure actuelle les Etats-Unis d'Amérique. Dans ce nouveau panorama politique et économique, la première puissance du monde cherche à peser de tout son poids sur les relations internationales afin de continuer à jouer le rôle de leadership, malheureusement en exerçant une domination de type impérialiste à l'échelle planétaire, au mépris souvent des règles du droit international et du droit à l'émancipation et l'autogestion des autres peuples. Mais on constate que malgré leur puissance économique et militaire, les Etats-Unis ont toujours eu besoin de s'unir à d'autres Etats du même continent. Ils ont créé avec le Canada (un autre Etat d'Amérique du Nord) et le Mexique (un Etat d'Amérique latine) un espace économique commun connu sous le sigle de l'ALENA . Pour leur part, certains pays d'Amérique latine ont entrepris de se dégager progressivement de la tutelle impérialiste nord-américaine, notamment depuis la fin de la guerre froide.

Leurs efforts se sont traduits concrètement par la mise sur pied d'un marché commun : le MERCOSUR. Craignant de voir cette partie du monde échapper à son contrôle, le Président George W. Bush avait aussitôt convoqué à l'époque, un « sommet des Amériques » réunissant tous les Etats d'Amérique du Nord, des Caraïbes et du Sud, à l'exception de Cuba. Mais, il est parfaitement clair que le but de celui-ci n'était autre que de garder une mainmise permanente sur cette région du monde que Washington a toujours considéré comme sa chasse gardée. Or, à l'heure actuelle, les peuples de ces Etats, mus par des idéaux de justice et d?émancipation, y compris certains des dirigeants d?Amérique latine dont la nouvelle génération actuellement au pouvoir, s'organisent très activement pour trouver des voies et moyens authentiques leur permettant d'atteindre leurs objectifs et affirmer ainsi leur « personnalité ». Les changements politiques survenus au Venezuela, au brésil, et plus récemment en Argentine (pour ne citer que ces cas là) le prouvent suffisamment.

En Asie, le Japon et les « quatre dragons » constituent un autre pôle économique, capable depuis bien des années de rivaliser avec la puissance nord-américaine partout dans le monde.

La République Populaire de Chine de son côté, a déjà entrepris de grandes réformes pour rattraper son retard économique. Dans quelques années elle sera assurément une grande puissance économique avec laquelle il faudra compter « dans la bataille des marchés » dans le monde au cours de ce XXIème siècle. Il y a peu elle s'est d'ailleurs rapprochée de l'Inde, l'autre puissance démographique asiatique détentrice elle aussi de l'arme atomique. Tous ces événements renforcent notre détermination et l'impérieuse urgence de mettre tout à profit pour concrétiser au plus vite le « réveil » de notre continent et l'unité des peuples et des Etats.

Plus près de chez nous, dans un continent pourtant moins riche mais beaucoup plus développé que le nôtre, les pays européens sont en train de parachever leur unité économique. Les premiers signes palpables de cette union ont été l'adoption de l'Euro comme monnaie unique européenne à partir de janvier 2002 et son élargissement aux pays de l'Est où l'adhésion d?anciens Etats du bloc « communiste » aura à long ou moyen termes, des retombées positives. Il semble tout à fait clair que les dirigeants européens ont très tôt compris que sans l'unité de leur continent, l'Europe ne pourra jamais faire face à la puissance financière et monétaire des Etats-Unis.

Quant à notre continent, le bilan est négatif sur toute la ligne et la situation économique plus que jamais catastrophique. L'Afrique présente à l'heure actuelle les traits caractéristiques d'un continent sous-développé où règnent : la misère, la famine, l'analphabétisme, l'illettrisme, les maladies telles le sida, la lèpre, la tuberculose, le paludisme etc. Les interminables guerres civiles observées sur le continent africain au Soudan, en République Démocratique du Congo, au Burundi et au Libéria contribuent au malheur des populations civiles africaines, les obligeant à quitter leurs terres ancestrales pour trouver refuge dans les territoires voisins. D'autres conflits frontaliers ont par le passé, opposé certains pays africains (Ethiopie-Erythrée par exemple). On peut également signaler l'éternelle crise du Sahara occidental qui oppose en effet, depuis des décennies, l'armée marocaine contre le peuple frère sahraoui ; voici pour certains théâtres d'opérations militaires actuels en Afrique. On en déduit que tous ces événements constituent un danger réel pour la stabilité économique et sociale de notre continent. Ils sont aussi la preuve concrète du malaise politique que traverse l'Afrique depuis la fin de la colonisation.

Ces conflits sont pour la plupart issus de manoeuvres de déstabilisation orchestrées depuis l'extérieur par les puissances impérialistes et certaines de leurs multinationales ayant trouvé là un autre moyen habile et beaucoup plus aisé pour exploiter et piller à qui mieux-mieux l'Afrique.

C'est par rapport à toutes ces situations que le colonel Muammar Kadhafi avait, lors du sommet extraordinaire de l'Organisation de l'Unité Africaine tenu à Syrte en septembre 1999, pris l'initiative courageuse de proposer, non seulement aux dirigeants, mais aussi aux peuples africains un nouveau projet fédéral : les ETATS-UNIS D'AFRIQUE. Cette idée du leader de la Jamahiriya libyenne reprenait un projet si cher à l'Osagyefo Kwameh N'krumah, dont l'objectif principal était de proposer au continent africain un nouveau cadre politique et économique permettant aux forces vives de relever avec succès et dignité, les différents défis qui se pointaient déjà à l'horizon tant sur le plan économique que technologique. Cette proposition panafricaine, revue et améliorée, est à la fois prometteuse et révolutionnaire ; elle a déjà reçu l'adhésion des masses populaires africaines, suscitant un véritable espoir : celui de voir désormais les Africains prendre leurs destinées en main pour le décollage économique de leur continent. Cependant, entre la rencontre de Syrte (Libye) en septembre 1999 et les trois derniers sommets de l'OUA tenus à Lomé (Togo) en 2000, à Lusaka (Zambie) en 2001, à Durban (Afrique du Sud) en 2002, et tout récemment à Maputo (Mozambique), quatre années se sont écoulées sans aucune concrétisation politique palpable, en vue de matérialiser cette volonté des peuples africains à s'unir et s'investir dans le destin commun. Les institutions politiques (le parlement africain par exemple) et économiques promises n'ont toujours pas vu le jour ! De nombreux citoyens africains avaient émis divers avis, très enrichissants et encourageants sur l'unité africaine dans divers journaux dont Jeune Afrique.

La lecture des différents messages adressés à cet organe de presse africain, avaient permis de répartir leurs auteurs en deux camps. Un camp optimiste et majoritaire à notre avis, favorable à l'unité de l'Afrique et reconnaissant au colonel Kadhafi pour son courage. Un autre camp, pessimiste, minoritaire, constitué d'individus résidant en France, loin des réalités africaines et, préoccupés par les problèmes de l'Afrique, manifestant une hostilité marquante contre l'unité du continent en brandissant des arguments pauvres et puérils tels : l'absence de démocratie sur le continent, non-respect des droits de l'homme, le tribalisme, le régionalisme, pour justifier leur position.

Nous devons rappeler ici que lorsque les Etats-Unis d'Amérique - reconnus aujourd'hui comme la plus grande puissance du monde - se sont constitués, il n'y avait aucune démocratie dans ce pays. L'Europe qui se construit sous le regard d'Africains éduqués à l'européenne et tenants de l'idéologie « afro-pessimiste » ne saurait non plus, être un exemple de démocratie ni de respect des droits de l'homme. Il suffit pour s'en convaincre de se rappeler des traitements parfois infligés à certains ressortissants étrangers vivant en Europe. Mais, dans ces deux cas, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe, où les peuples vivent dans le cadre d'une politique de « liberté surveillée », l'unité a été possible parce que des femmes et des hommes courageux et responsables l'ont voulu. L'Afrique dispose d'atouts essentiels pouvant faire de cette partie du monde une puissance économique, politique, voire militaire.

Ses immenses ressources naturelles en font le continent le plus riche de la planète. Avec une superficie de 30,5 millions de km2 (presque deux fois la Russie, deux fois et demi les Etats-Unis, trois fois la Chine populaire et six fois l'Europe !) et une population estimée à plus de 850 millions d'habitants ; elle constitue aussi la troisième puissance démographique du monde.

Les ETATS GENERAUX DE L'AFRIQUE que nous souhaitons pourraient se tenir très rapidement en Afrique, eu égard à l'efficacité des trois commissions : Affaires politiques ; Affaires économiques ; Affaires sociales et culturelles.

Nous estimons qu'ils requièrent naturellement la participation très active de toutes les élites compétentes du continent africain : décideurs politiques et économiques, potentiels et expérimentés ; universitaires et chercheurs africains travaillant sur le continent ou à l'étranger ; étudiants africains dont l'intérêt est affirmé pour l'Afrique ; chefs d'entreprises, hommes d'affaires, etc. Nous sommes convaincus qu'une telle initiative permettra de maintenir les rapports d'un nouveau type jusque-là inconnus entre tous ces acteurs qu'ils auront créés. Car on ne saurait parler aujourd'hui d'unité ou de développement de l'Afrique si à la base, toutes les idées philosophiques, contributions économiques et politiques ne convergent pas : sans elles il n'y aura pas de projet de société capable de propulser le continent vers un avenir meilleur. L'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord se sont certes développées grâce à la volonté de leurs dirigeants politiques, mais aussi la prise en compte de résultats positifs de cette évolution au crédit du génie scientifique de leurs Hommes.

L'Afrique compte aujourd'hui un grand nombre d'intellectuels et de cadres dont les compétences s'expriment encore malheureusement en dehors de notre continent : en Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada) et en Europe. Certains parmi ces brillants intellectuels dont le nombre est évalué à 100 000 (chiffres de la Banque Mondiale), n'aspirent pourtant qu'à mettre leurs connaissances scientifiques au service de l'Afrique.

L'Union Africaine (UA) est née, vive l'Afrique ! Mais, pour que le rêve des peuples africains devienne réalité et pour éviter les erreurs récurrentes de la défunte Organisation de l'Unité Africaine, la nouvelle structure panafricaine doit procéder à la mise en place rapide d'institutions efficaces.

PROPOSITION D'ORGANISATION DES ETATS GENERAUX DE L'AFRIQUE

Pour une meilleure organisation des Etats Généraux, et afin de leur garantir un plus grand succès, nous avons concentré notre attention sur quelques axes :

1/Commission des Affaires politiques ;

2/Commission des Affaires économiques ;

3/Commission des Affaires sociales et culturelles.

I/ COMMISSION DES AFFAIRES POLITIQUES

Cette commission est à juste titre une des plus importantes car il lui incombe de redéfinir les grandes lignes politiques de l'Afrique et de mettre en place ses institutions définitives.

A) Politique intérieure

L'Union Africaine (UA) dans sa forme actuelle est une structure provisoire assurant la transition avant la création des Etats-Unis d'Afrique. Car, la formule actuelle est en grande partie inspirée du modèle de l'Union Européenne (UE) et reste le choix d'un groupe de dirigeants africains refusant d'abandonner leur « souveraineté nationale » au profit des intérêts généraux de tout un continent.

Les peuples africains quant à eux, aspirent déjà à l'unité totale du continent avec un Exécutif fédéral.

1°) Le siège de l'Union Africaine Addis Abeba fut pour des raisons historiques et symboliques tenant au passé de toute l'Afrique, la capitale politique de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA).

Ce choix se justifiait déjà à l'époque par les objectifs que s'était fixés la première organisation panafricaine, dont la libération du continent de la domination étrangère et son émancipation à tous les niveaux.

Est-il besoin de rappeler ici que le peuple éthiopien a vaillamment résisté contre les troupes italiennes, constituant ainsi avec le peuple du Libéria, les deux exceptions non colonisés du continent ?

L'OUA est devenue l'UA avec des objectifs fort différents, certes, mais la désignation de la capitale africaine ne devrait poser aucun problème. Le critère primordial pour abriter les futures institutions panafricaines doit être la stabilité économique et politique du pays d'accueil. Or, il se trouve qu'actuellement seuls deux pays remplissent cette condition : l'Afrique du Sud et la Libye. Il serait donc souhaitable que l'une des capitales ou grande ville de ces Etats abrite les institutions politiques et l'autre, les institutions économiques de l'Union Africaine.

2°) Les institutions panafricaines

Ainsi le calendrier pourrait être le suivant :

1 - Mise en place à partir de 2004 du Parlement africain ;

2 - Elaboration d'une justice fédérale à travers la création de tribunaux fédéraux ;

3 - Adoption imminente d'un drapeau africain portant un sigle symbolisant l'unité africaine, flottant aux côtés de tous les drapeaux nationaux ;

4 - Création au sein de chaque Etat du continent d'une représentation locale de l'Union Africaine ;

5 - Création dès l'année 2004 d'un passeport africain et trois à cinq ans plus tard, d'une carte d'identité nationale africaine donnant droit de résidence dans tout Etat africain ;

6 - Suppression dès 2004 des visas et cartes de séjour entre pays africains et signature par tous les chefs d'Etats d'Afrique ou de gouvernement d'une charte facilitant la libre circulation des personnes et des biens, le droit de résidence et l'accès à la propriété privée dans chaque Etat.

Cette étape étant déterminante à l'adhésion et l'engouement des populations africaines, nous souhaitons que le calendrier soit écourté le plus possible.

3°) Indépendance et souveraineté africaines

Aucun pays digne de ce nom, quelle que soit l'ampleur de ses richesses ou la compétence de ses Hommes ne peut aspirer à un développement économique approprié s'il ne peut décider en toute liberté de ses choix politiques et de ses orientations économiques. Alors que tous les Etats du continent ont adhéré à l'Organisation des Nations Unies ;

leur souveraineté étant par conséquent été reconnue ; on constate malheureusement que depuis l'accession à la souveraineté internationale, les relations avec les anciennes métropoles coloniales n'ont pas véritablement évolué. Ceci a fait dire à beaucoup que les indépendances n'ont été qu'un semblant de transfert de compétence car la plupart des Etats africains n'assument pas clairement et librement cette responsabilité. Cest pourquoi l'une des missions primordiales de l'UA devrait être de créer les conditions indispensables à l'émancipation politique et économique de notre continent et surtout veiller à leur application. Nous préconisons à cet effet :

1-L'abrogation de certains accords politiques, économiques et militaires signés au moment des indépendances entre certains Etats africains et les anciennes puissances coloniales, désavantageant les Africains en les plaçant par exemple de fait en situation de dépendance ;

2 - Le démantèlement progressif et définitif des bases militaires non africaines ;

3 - La signature d'un protocole par tous les Etats membres de l'UA prohibant le renouvellement de tout accord militaire encourageant l'interventionnisme non africain.

4 - Le rôle de la Force de Paix Africaine doit par conséquent être renforcé par la formation adéquate de ses cadres dans les meilleures unités de formation militaire d?Afrique et du monde ;

5 - L'implication totale de l'UA dans la signature des accords de paix (conflits des Grands Lacs, Libéria, Sahara occidental, Côte-d?Ivoire).

4°) Communication

Il est impératif que l'Union Africaine se dote très rapidement de puissants moyens de communications, modernes et aptes à informer instantanément, non seulement tous les Africains (y compris ceux de la diaspora) mais également le reste du monde, de ses activités internes, les problèmes et l'évolution du continent. Il ne fait pas de doute que cette infrastructure aura pour effet de : contrebalancer l?influence propagandiste des médias occidentaux entretenant généralement l'afro pessimisme ; rétablir l'image de l'Afrique dans le monde et aux yeux de ses ressortissants ; susciter un intérêt patriotique aux Africains de la diaspora, et du coup, lutter contre le défaitisme et l'illusion de certains Africains de mieux assurer leur avenir en dehors du continent. C'est là une tâche urgente et prometteuse.

L'UA devra donc dès 2004 promouvoir :

1 - Les échanges radio (programmes et personnels) et téléphoniques à moindre coût entre les Etats africains ;

2 - La création d'une chaîne de télévision émettant par câble et satellite, traitant des actualités politiques, économiques, sociales et culturelles de l'ensemble du continent ;

3 - Encourager l'engagement de personnels africains hautement qualifiés (journalistes, cadres et techniciens) à la station de radio internationale Africa n° 1 ;

4 -La création d'un grand quotidien panafricain édité en plusieurs langues.

Pour leur crédibilité chaque média devra disposer de correspondants permanents sur le plan local et à l'étranger.

B) Politique étrangère

Permettre à l'Afrique de s'affirmer sur le plan international équivaut à :

1 - La création dans l'immédiat d'un poste de responsable de la diplomatie africaine afin de l'exprimer d'une seule voix et trancher définitivement avec la traditionnelle diplomatie à plusieurs vitesses ;

2 - La création dans les autres continents de missions de l'Union Africaine faisant office de représentations diplomatiques avec prérogatives spéciales sur certains dossiers de coopération.

C) Politique de défense, de sécurité intérieure et extérieure

Le Conseil de Paix et de Sécurité crée à Durban le 9 juillet 2002 a un rôle primordial dans la prévention et la gestion des crises et des conflits en Afrique. La Commission Paix et Sécurité se doit d'organiser et structurer la force de maintien de la paix africaine. C'est à cette condition qu'elle contribuera activement à l'éradication des facteurs endogènes et exogènes générateurs d'agressions, armées ou non que sont la misère, la pauvreté, la faible formation des cadres militaires, etc. Et quelques années plus tard, la CPS pourra se transformer en Commission de Défense et de Sécurité Intérieure (CDSI) apte à s'investir avec efficacité dans la politique de défense et la gestion des crises continentales, en somme, garantir la protection des populations et des ressources naturelles du continent de toute agression extérieure et impérialiste.

Il est par conséquent urgent de l'équiper de la sorte :

1 - Une Marine dotée d'un équipement moderne, établie à proximité des grands ports africains et/ou grandes villes du littoral ;

2 - Une Force armée aérienne pour la protection de l?espace aérien africain ayant des bases dans chaque site stratégique des Etats africains ;

3 - Une Armée terrestre avec des unités spéciales dont les bases devront se trouver à proximité des régions sensibles et riches ;

4 - Une Police fédérale d'intervention. Elle se devra de gérer et coordonner efficacement les différentes académies de police régionales créées au Centre, à l'Ouest, à l'Est, au Sud et au Nord du continent ;

5 - Un service africain d'espionnage et de contre-espionnage opérationnel sur le continent et en dehors de celui-ci. Ses fonctions devraient s'étendre jusqu?à la lutte contre :

-Le trafic de drogue et autres stupéfiants ;

- Les faussaires ;

-L'esclavage sous toutes ses formes ;

- Le proxénétisme et la pédophilie ;

- Les malversations financières et autres crimes économiques.

II/ COMMISSION DES AFFAIRES ECONOMIQUES

Il est universellement reconnu que l'élaboration d'une politique de développement et d'un projet de société doit toujours susciter l'adhésion du plus grand nombre. C'est dans ce sens que nous suggérons l'organisation d'un débat ouvert à tous les Africains, sur le NEPAD (dont les peuples africains ne saisissent pas encore la portée exacte), les relations avec le G8, et les regroupements régionaux tels que l'Alena, le Mercosur et l'UE. Dans cet ordre d'idées, la récente invitation du NEPAD par le Japon est opportune pour l'instauration d'une véritable coopération multilatérale. Il convient de rappeler que l'échec du dernier sommet de Cancun au Mexique est une victoire des paysans africains.

A/ Quelques grandes lignes

Nous sommes convaincus que c'est en encourageant l'émergence d'une bourgeoisie locale africaine par une politique originale et adaptée de financement, que les projets de création de Petites et Moyennes Entreprises (PME) et de Petites et Moyennes Industries (PMI) survivront et prospéreront sur notre continent. Assurer à tout Africain l'accès au capital des petites et grandes entreprises africaines pourrait être une voie nouvelle originale les associant concrètement et intimement aux affaires et à la destinée du continent.

1°) Agriculture et environnement

Même si elle occupe 70% de la population active, l'agriculture demeure un des secteurs les plus négligés en Afrique. Alors qu'elle n'assure que 25% des revenus, l'UA doit s'atteler à promouvoir le développement agricole du continent de façon à atteindre dans une ou deux décennies au moins 50% des revenus. La finalité n'est plus à évoquer : l'autosuffisance alimentaire. Encourager dans ce cas les échanges de techniciens et de pratiques culturales régionales nous semblent original et adapté aux faibles revenus des paysans africains. Au regard des fluctuations du marché, la création d'un Institut Africain du Coton (IAC) s'avère urgente .

Pour ce qui concerne le volet de l'autosuffisance alimentaire, l'Union Africaine doit rapidement se joindre au « plan mondial contre la faim » du Président du Brésil, si nécessaire en l'adaptant et l'améliorant de manière à en tirer le maximum de bénéfices pour les populations africaines, notamment les régions de « sous-production alimentaire » . Les succès agricoles reposent sans aucun doute sur la mise en place d'une politique de protection de l'environnement à travers des mesures de protection des espèces animales et végétales menacées. Le programme doit évidemment comporter la lutte contre le braconnage et l'exploitation sauvage, veiller aux ressources en eau et prévenir la sécheresse et la désertification.

Les résolutions prises au Brésil du 3 au 14 juin 1992 lors du premier sommet de la Terre sous l'égide de l'ONU doivent constituer les bases d'une politique responsable de l'environnement : préservation de tous les types de forêts ; effet de serre occasionnant entre autres, la remontée des eaux par la fonte des glaciers dont les conséquences se répercutent sur l'écosystème côtier africain ; etc. Il est important de rappeler qu'il faut à tout prix ne pas « répéter les fautes des pays riches du Nord » commises durant leur révolution industrielle. A ce titre, les pays du Sud  dont notre continent, l'Afrique se sont encore une fois, engagés à lutter contre la pauvreté, le pire ennemi de l'environnement.

L'urgence revient donc à d'abord nourrir et éduquer les populations pour améliorer leur sort. La signature de « l'Appel de Heidelberg » qui s'insurge contre « l'écologisme qui gomme l'homme » souligne à nos yeux cette légitime volonté et dénonce « une idéologie irrationnelle qui s'oppose au progrès économique et industriel ». Sans pour autant tomber dans l'industrialisation à outrance, nous estimons qu'un équilibre peut être trouvé avec le concours de tous les Africains. Le « Forum des peuples » ou « Sommet des pauvres » qui s'est tenu du 31 mai au 3 juin à Siby au Mali présuppose qu'il est possible d'instaurer une « journée ou semaine Panafricaine de la Terre » durant laquelle les Africains seront encouragés à consommer les produits locaux fournis par leur terroir.

2°) Politique bancaire

Toute économie repose sur les capacités d'autofinancement. Dans le contexte actuel, redéfinir les objectifs de la Banque Africaine de Développement (BAD), et en crée d'autres à vocation régionale (crédits réservés à des petites unités), seraient des garanties nécessaires. L'Union Africaine devra à ce propos créer, à l'instar du dollar ou de l'euro, une monnaie unique en remplacement de la multitude de monnaies actuelles, résurgence des blocages du commerce interafricain.

3°) Commerce et industrie

Ce sont là, avec l'agriculture, deux autres secteurs clés de toute économie mais qui, en Afrique, n'ont malheureusement pas encore bénéficié de toute l'attention nécessaire. Les économies des Etats africains, extraverties, s'appuyaient bien avant les indépendances sur des projets trop souvent élaborés hors du continent pour satisfaire les marchés occidentaux. Les bases en étaient fondamentalement viciées, altérant dès lors toutes leurs chances de réussite.

A l'aube du IIIème millénaire l?industrialisation en Afrique a pris un grand retard. Elle doit donc désormais occuper une place prépondérante dans les projets de « dynamique d'auto développement » de l'UA. Il ne fait pas de doute que, d'une part, les atouts et d'autre part, les possibilités de réguler un taux de croissance annuel permettant un relèvement du niveau de vie et un contrôle du taux de chômage sont des opportunités à saisir très rapidement. Il semble tout à fait honorable d'accorder la priorité aux secteurs traditionnels du décollage économique (agriculture, élevage, pêche, extraction des ressources pétrolières et minières).

Les produits devront être transformés sur place et les efforts d'expansion portés rapidement à d'autres types d?industries (automobiles, navales, informatiques, pharmaceutiques, etc.). Tous ces secteurs, encore inexistants ou très peu développés en Afrique nécessiteront une étroite collaboration entre l'Afrique et les pays industrialisés d?Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada) et du Sud, d'Asie (Chine populaire, Japon, Corée du Sud) et de l'Union Européenne.

L'objectif visé ici est double : le transfert et la maîtrise des innovations technologiques des Africains, d'une part, et le relèvement du niveau de vie et l'amélioration des conditions de vie, d'autre part. Il est indéniable que produire des voitures et des ordinateurs sur place permettra, non seulement de les vulgariser, mais encore et surtout, de les acquérir à moindre coût. Rappelons que près de 70% des importations de l'Afrique portent sur des produits manufacturés.

Les échanges sont la clé du commerce, lui-même vitrine du niveau économique d'un Etat ; d'où la nécessité de mettre en place une dynamique de libre-échange régional en vue de faciliter l'accès aux marchés intérieurs et d'augmenter les exportations vers les autres continents afin d'accroître la part de notre continent dans le commerce international . Car il s'agit en définitive de garantir et renforcer avant tout l'écoulement des produits de consommation locale. Le commerce extérieur du continent pourra par exemple s'organiser autour des « poids lourds » de l'économie africaine, qui du reste, disposent d'infrastructures portuaires de qualité : l'Afrique du Sud (Saldanha, Le Cap), la Côte-d'Ivoire (Abidjan), le Nigeria (Burutu, Bonny, Port Harcourt), la Libye (Zuwaytinah et Tobrouk) et l'Egypte (Alexandrie, Port Saïd et Suez). Il est impératif d'envisager la construction d'un port de grands tonnages sur la côte orientale, entre le Soudan et le Mozambique.

4°) Pétrole et mines

Pour assurer de meilleures productions et garantir le contrôle des exportations et des ventes, la création de sociétés africaines de pétrole est impérieuse. Elle permettra entre autres, de limiter les détournements et scandales (Affaire Elf). Nous suggérons que la gestion soit assurée en partenariat : 30% (investisseurs étrangers) ; 40% (Etats africains, producteurs ou non) ; et 30% (particuliers et entreprises africaines). Deux autres suggestions : la transformation des structures d'enseignement pétrolier d'Algérie en un Institut Africain du Pétrole et des Hydrocarbures (IAPH) afin d'assurer la formation des techniciens, et la création d'un Institut Africain des Mines (IAM) en Afrique du Sud ou en Angola et dont les missions seront identiques à celles de l'IAPH. En résumé, l'UA devra, conformément à sa vocation, envisager :

1 - De maîtriser et coordonner l?ensemble des activités pétrolifères du continent ;

2 - D'en fixer les conditions d'exploitation et les prix ;

3 - De financer les projets de recherches. A défaut, d'en fixer les grandes lignes, elle encouragera des initiatives du genre de l'Association des Pays Africains Producteurs de Pétrole (APPA) créée en 1987.

5°) Infrastructures de base

Nous avons mentionné plus haut l?importance du commerce et de l'économie dans la bonne marche d'un Etat. Il va de soi que des bases saines et solides leur sont indispensables.

Ce sont :

1 - Le transport routier : secteur à développer par la construction d'autoroutes permettant de relier toutes les capitales d'Etat et les villes africaines ;

2 - Le transport ferroviaire : construction d'un réseau ferroviaire adéquat désenclavant les régions rurales et consolidant les relations urbaines à une double échelle, régionale et continentale. C'est un autre point décisif pour la libre circulation des produits de consommation ;

3 - Les autres infrastructures : scolaires, universitaires, sanitaires, et des logements sociaux sur l'ensemble du continent. L'urgence est de loger décemment les populations africaines. Il sera souhaitable pour l'UA d'encourager à l'échelle continentale la création de sociétés immobilières dont l'essentiel des actions sera détenu par des Africains. Ces logements socio-économiques (du type HLM) devraient avant tout être adaptés aux populations et au milieu naturel.

6°) Energie et eau L'Union Africaine doit tout faire pour permettre à tous les citoyens du continent d'accéder à l'eau potable et à l'électricité. De ce fait elle prendra toutes les dispositions et mesures nécessaires pour relever ce défi par :

1 - La création d'une Société Africaine d'Electricité. Celle-ci devra produire l'électricité à partir de différents procédés adaptés aux diverses régions (hydraulique, éolienne, thermique ou fossile) ;

2 - La création d'une Société Africaine des Eaux dont l'ambition sera de participer à plus de la moitié du capital des sociétés locales ou nationales. Comme pour les entreprises de communication et de transport, les prérogatives d?exception ou de priorité doivent lui être accordées par les Etats africains. En élaborant des études, la construction de canaux doit être rapidement envisagée afin de fournir de l'eau aux pays et régions déficitaires (du Sahel ou non). L'UA contribuera à la fourniture de l?eau dans toutes les régions du continent en procédant également à la création ou dynamisation de sociétés de production d'eau minérale. Au vu d'exigences récurrentes, des appels d'offres doivent rapidement être lancés.

B) Autres détails

L'objectif est d'harmoniser le rythme et la nature du développement, tout en réduisant les écarts encore trop flagrants en Afrique, entre les villes et les zones rurales. Il s'agit là d'un impératif. C'est pourquoi il nous importe de revenir ou nous attarder sur certains détails et généralités.

1°) L'économie rurale

L'Union Africaine mettra à la disposition des populations des zones rurales - les laisser pour compte -, un programme d'aide économique axé sur l'octroi de crédits bancaires, de projets individuels ou collectifs dans les secteurs clés (agriculture, pêche, élevage, pisciculture, artisanat) selon les réalités locales et des facilités d?exportation ou d'importation de denrées périssables africaines.

Ces initiatives devront présenter le triple avantage classique : fixer les populations, freiner l'exode rural et le chômage. Des réseaux de communication en bon état en constitueront le support.

2°) Le tourisme

Les atouts du continent ne sont plus à démontrer.

L'UA doit tout mettre en oeuvre pour faciliter le développement des activités touristiques et dynamiser ainsi l'économie de certaines zones rurales. Car de nombreux cas attestent que cette activité est un grand soutien aux activités de production traditionnelle (agriculture, pêche, artisanat). L'arrière-pays des Etats africains ne devrait pas en souffrir comme c'est le cas depuis des décennies. Une remarque toutefois : le patrimoine naturel et culturel ne sera préservé que par une prise de conscience générale de sa valeur.

3°) Politique sociale

La politique sociale sera axée sur trois secteurs fondamentaux : l'éducation, la santé et le logement.

a) L'éducation

Il s'agira de créer dans les zones rurales et « déficitaires » en la matière, les conditions favorables à « l'éclosion » intellectuelle et scientifique des jeunes autochtones. Comme pour le logement, l'UA doit s'efforcer de construire des écoles, collèges et lycées, avec la contribution des populations locales :

1 - Des crèches, garderies d'enfants et écoles maternelles afin d'alléger les tâches socioprofessionnelles des femmes et rendre du coup disponible et « mobilisable » cette partie de la population active en dégageant les énergies ;

2 Construire des établissements scolaires dans chaque village ou regroupement de villages. Chaque école sera dotée de : Salles de classe équipées de vestiaires. Une cantine scolaire. Une bibliothèque. Des laboratoires de Travaux Pratiques. -Une salle d'informatique. Des installations sportives.

3 - Des établissements d'enseignement secondaires avec pour certains des programmes d?enseignement professionnel spécialisé axé sur les besoins locaux.

Ceux-ci seront dotés de toutes les structures commodes suivantes : De salles de classe équipée de vestiaires. D'un internat. D'une bibliothèque et d'une salle d?informatique ; de laboratoires de Travaux Pratiques (histoire, géographie, sciences naturelles, physique et chimie, etc.) et de langues étrangères ; d'une vidéothèque ; De terrains de football. Des infrastructures sportives (terrains de basket-ball, de hand-ball, terrains de volley-ball, gymnase et piscine) ; D'une salle de jeux. Un des objectifs prioritaires de l'éducation doit être de favoriser sur le continent les échanges interscolaires et inter-universitaires afin d'enrichir les connaissances culturelles de la jeunesse africaine en particulier entre le nord et le sud ou encore l'est et l'ouest du continent.

L'efficacité de toutes ces initiatives ne pourra à notre sens être garantie que dans la mesure où un vaste programme d'alphabétisation obligatoire pour tous pourra être mené activement et très méticuleusement. Les innombrables enfants enrôlés dans les guerres et autres conflits constituent une hérésie des temps modernes au même titre que leur exploitation ou maltraitance (pédophilie, esclavage, drogue).

En marge de tout ceci les institutions panafricaines doivent les garder à l'abri de toute discrimination (raciale, religieuse). Bien que majoritaires en Afrique, dans une certaine mesure les modérations de protection des minorités les concernent en premier lieu.

b) Santé et logement

Chaque village ou regroupement de villages doit être doté d'un centre hospitalier et d'une maternité, équipés de tous les services adéquats. La politique de logement doit garantir à tous l'accès facile au logement. Une des mesures urgentes de l'UA sera de créer une société immobilière capable de construire des logements sociaux sur l'ensemble du continent. Dans ce cadre également les crédits doivent être accessibles au plus grand nombre et les modalités allégées. Il est important de concevoir des types de logements adaptés au milieu culturel et au paysage géographique africains.

III/ COMMISSION DES AFFAIRES SOCIALES ET CULTURELLES

Celle-ci est abordée en deux volets autonomes mais complémentaires : le social et le culturel.

A) Affaires sociales

Toute politique sociale a pour objectif essentiel : l'élévation du niveau de vie, puis l'amélioration par la transformation des conditions socio-économiques des populations.

1°) Politique sanitaire

S'il nous fallait résumer la politique sanitaire, elle se solderait à une absence chronique de sécurité sociale à l'échelle continentale et paupérisation. Car, la misère, l?analphabétisme et l'illettrisme, autant que les maladies telles la lèpre, la tuberculose, le paludisme et le sida bien sûr, continuent de menacer le continent. Il est urgent pour l'Union Africaine de mener en compagnie des autorités nationales des campagnes d'information et de sensibilisation auprès des populations africaines sur l'hygiène et la propreté. Procéder ensuite à la construction d'hôpitaux disposant de tous les services nécessaires selon les régions.

Il est important de rappeler que l'UA devra avoir droit de regard dans la gestion des hôpitaux quel que soit le pays. Le développement de la médecine traditionnelle et de la pharmacopée doit être encouragé et un véritable programme d'assistance et d'aide médicale aux malades porteurs du virus VIH doit être maintenue. La poursuite des efforts de protection des mineurs se complètera par un programme d'assistance médicale pour les jeunes toxicomanes et d'un plan d'aide sociale de réinsertion. Et les mesures d'aide concerneront évidemment les personnes handicapées.

2°) Sécurité sociale

Mise en place également d'un système de sécurité sociale garantissant la prise en charge d'une partie des soins médicaux à l'intérieur et en dehors du continent. Dans cet esprit, l'UA devra accorder une attention toute particulière aux millions de ressortissants africains expatriés vivant dans la misère. Au séjour à l'étranger devraient être en priorité réservé aux Africains exerçant ou étudiant dans des domaines non maîtrisé sur le continent, ainsi qu'aux chercheurs, aux diplomates et aux commerçants. Sur ce dernier point, des mesures d'urgences doivent être prises pour faciliter le rapatriement des familles le souhaitant dans leurs pays d'origine.

3°) Protection de l'enfance africaine

Mettre sur pied une politique de protection des mineurs des pratiques illégales et immorales, et promotion de l?éducation. L'UA devra promulguer des lois pour :

1 - Sanctionner les diplomates des Etats africains accrédités à l?étranger, dont la responsabilité est avérée dans la maltraitance des enfants ;

2 - Réprimer sur le sol africain tout individu coupable de mauvais traitements, de pratiques esclavagistes et pédophiles.

4°) Education, enseignement supérieur et recherche scientifique

Nous avons déjà mentionné l'importance de l'éducation et de la formation. Car, elles constituent la base du progrès et de l'évolution de toute société humaine. C'est pourquoi l'un des objectifs premiers de l'UA devra être la mise en place d'une politique éducative basée sur les échanges scolaires, universitaires et scientifiques afin de créer une « école nouvelle » dont le but est la formation des femmes et des hommes « nouveaux » capables d'assumer des responsabilités dans l'évolution du continent comme acteurs de la vie politique, économique et sociale. a) Enseignement primaire et secondaire

Parmi d'autres mesures, on notera :

1 - Création d'un Conseil Scientifique Pédagogique Africain (CSPA) chargé d'élaborer et d?harmoniser les programmes d'enseignement du niveau primaire et du secondaire ;

2 'L'institution dans chaque ville du continent d'établissements d'enseignement primaires et secondaires à vocation panafricaine ;

3 - Mise en place des programmes d'enseignement adaptés aux réalités socioculturelles et aux besoins économiques et technologiques de l'Afrique. L'objectif visé est de donner la possibilité aux jeunes africains de se forger une véritable identité africaine et une personnalité consciente de ses devoirs civiques.

C'est pourquoi les programmes scolaires devraient davantage mettre l'accent sur notre environnement écologique, politique, économique et social, en accordant une priorité exclusive à l'enseignement de l'histoire, de la géographie, de la littérature, de la philosophie et de l'économie africaine.

b) Enseignement supérieur

La construction régulière et tous les cinq ans d'établissements d'enseignement supérieur (universités, instituts et instituts supérieurs spécialisés) à vocation panafricaine dans tous les Etats africains. Ceux-ci seront dotés de tous les cycles de formation de la 1ère année au doctorat. Ainsi chaque faculté pourra avoir en son sein plusieurs départements autonomes aptes à créer des filières et passerelles de formation dès la première année. On parlera par exemple de Faculté d'histoire avec des départements d'histoire politique ; économique, sociale ou de l'art.

c) Recherche scientifique et technologique

La Commission des ressources humaines, sciences et technologies devra dans l'immédiat, procéder à la mise en place d'une véritable politique de recherche scientifique et technologique. Celle-ci passe par la création d?un Institut Africain de Recherches Scientifiques et Technologiques (IAREST) ou Centre Africain de Recherches Scientifiques et Technologiques (CAREST) dont le siège sera dans un pays africain doté de structures adéquates, avec des bureaux dans chaque pays ou villes africaines dotées d'une université.

Nous pensons que sa mission pourra être la suivante :

1 - Centraliser toutes les données scientifiques et autres informations sur les travaux de recherches actuels ou anciens traitant de l?Afrique, réalisés par des chercheurs africains et étrangers ;

2 - Dynamiser la recherche scientifique et technologique sur le continent ;

3 - Coordonner et harmoniser les programmes de recherches en Afrique en fonction des besoins du continent en matière de développement ;

4 - Etablir des liens de coopération scientifique entre l?Afrique et les autres pays du monde entier ;

5 - Octroyer des bourses et participer au financement des travaux de recherches des étudiants et chercheurs africains.

B) Affaires culturelles

Mise en place d'une politique de promotion des cultures africaines sur place et à l'étranger. Création dans chaque ville africaine et à travers le monde, de Centres Culturels Africains (CCA). Sur le plan continental ces centres seront le creuset de l'unité et permettront aux peuples africains d'approfondir leurs cultures.

Sur le plan international l'objectif sera d'établir les contacts entre les peuples africains et ceux du monde entier par le moyen de la culture, permettant ainsi aux jeunes de la diaspora de renouer avec leur passé culturel. Ces Centres culturels seront dotés de :

1 - Une grande bibliothèque universitaire et scientifique. Celle-ci sera constituée en priorité de tous les ouvrages publiés sur l'Afrique par les chercheurs africains et étrangers ;

2 - Une salle de lecture constituée de quotidiens africains et étrangers, de journaux économiques et politiques ; de magazines culturels et littéraires et de revues scientifiques et spécialisées universels ;

3 - Une vidéothèque constituée de films (documentaires et fictions) africains et étrangers ;

4 - Une ou plusieurs salles de cinéma dont la priorité sera accordée aux productions africaines ;

5 -Au moins une salle d'informatique équipée d'Internet utilisable pour les cours d'informatique ;

6 - Des salles de conférences, de spectacles et d?expositions d'art ;

7 - Un Institut International des Langues destiné à l'enseignement et à l'apprentissage des langues africaines et internationales ;

8 - Un café et un restaurant spécialisé dans la cuisine africaine. Il est important de souligner que comme pour les infrastructures sanitaires, l'Union Africaine aura un droit de regard sur les équipements scolaires, universitaires et culturels.

Nous espérons, Excellence, que ce document retiendra votre attention et vous sera un témoignage concret des jeunes africains qui croient en notre cher Continent, déterminés à contribuer à son essor au plus vite. Veuillez recevoir, Excellence, l'expression de notre considération distinguée.

Groupe de Travail des Etudiants Africains de France (GTEAF)

S/c Jean Martial MBAH

13 bis, rue Henri BARBUSSE

93130 NOISY-LE-SEC (FRANCE)

Auteur : Elangzakalindoua
Email : jmambah@hotmail.fr
Date de publication : 16/02/07 - 17:08