27 novembre 2006
De la désobéissance civile
Je viens vous donner à lire la biographie d'un grand homme qui merite d'être connu des africains.
En effet il enseigne comment nous ne devons pas accepter la soumission, c'est le chantre de la désobéissance civile.
Henry David Thoreau
Écrivain américain. Disciple de Ralph Waldo Emerson, il "fut un non-conformiste résolu. Après avoir vécu seul dans une cabane au bord d'un étang dans les bois, Thoreau publia Walden, récit de cette expérience, dans lequel il prêche la résistance aux diktats de la société organisée. Ses écrits expriment la tendance à l'individualisme fortement enracinée dans l'âme américaine" (Portrait des USA. Chapitre 10." L'Amérique et les arts" (Service d'information du Département d'État américain).
Dans son essai La désobéissance civile ( Civil Desobedience, 1849) Thoreau proclame son hostilité au gouvernement américain, qui tolère l’esclavagisme et mène une guerre de conquête au Mexique. « Pas un instant, je ne saurais reconnaître pour mon gouvernement cette organisation politique qui est aussi le gouvernement de l’esclave. (…) Je pense qu’il n’est pas trop tôt pour les honnêtes gens de se soulever et de passer à la révolte. Ce devoir est d’autant plus impérieux que ce n’est pas notre pays qui est envahi, mais que c’est nous l’envahisseur. » L’essai eut une grande influence sur le Mahatma Gandhi et sur Martin Luther King.
En haut - Portrait de Henry David Thoreau
Photographie © Geo. F. Parlow, 1879
Source : Library of Congress, Prints and Photographs Division
Numéro de reproduction : LC-USZ61-361
Au milieu - Emplacement de la cabane de Thoreau, au bord du lac Walden, à Concord, Massachussetts, É.-U.
Photo publiée par la Detroit Publishing Co., © 1908
Source : Library of Congress, Prints and Photographs Division,Detroit Publishing Company Photograph Collection
Numéro de reproduction : LC-USZ62-39828
Domaine public
En bas - Henry David Thoreau, Les Forêts du Maine, traduction F. Specq, éditions Rue d’Ulm/Presses de l’Ecole normale supérieure, Paris, 2004
23 novembre 2006
Opposition politique ,
Le Petit Dictionnaire Mouele Kibaya des mots 1 : opposition poilitique
Je continue le tour des définitions des mots pour l'action en Africaine.
Je viens vous donner quelques définitions du mot opposition, voici ce que dit le dictionnaire Larousse de Langue française,
il fait 6 occurences, selon le grand Larousse, le mot opposition nom féminin vient du bas latin oppositio, onis) :
1. situation de choses placées vis-à-vis; effet qui résulte du rapprochement de la coexistence des choses opposées.
2.situation de ce qui est en contradiction avec quelque chose.....
3. action de s'opposer à quelque chose, d'y mettre obstacle par sa resistance
4. fait de s'opposer à quelqun, de lui resister, d'être plus ou moins hostile ou agressif à son égard
5. Ensemble des partis et des forces politiques qui s'opposent à un moment donné au pouvoir et au gouvernement et dont le programme est opposé à celui de la majorité politique
6 en opposition avec, en conflit, en contestation............"
Il y a aussi cette définition que j'ai lue et approuvée sur le site tunisien "www.reveiltunisien.org
Définition de l’opposition politique
mercredi 23 octobre 2002, par T.I.Z
Faut il appeler le mouvement contre le régime de Ben Ali une Opposition ou une Résistance ? Quelques éléments de réponse dans Encarta [*].
[*] Encyclopédie Microsoft® Encarta® 2002 en ligne
I. Introduction
opposition (politique), ensemble des forces politiques qui expriment des divergences importantes par rapport aux détenteurs du pouvoir.
Pour qu’il puisse exister une opposition, il faut que le système politique d’un pays soit organisé et régi par des règles précises. L’opposition est ouverte et collective. Lorsque la lutte contre les détenteurs du pouvoir est clandestine, il ne s’agit pas d’opposition mais de résistance. De même, l’opposition n’est pas normalement la critique individuelle mais le regroupement de personnes partageant des vues critiques sur la manière dont le pays est gouverné.
II. Les modèles d’opposition
La réflexion sur l’opposition est récente. Parmi les auteurs qui se sont intéressés de près à cette notion, il faut citer R. Dahl, qui a écrit en 1966 un ouvrage intitulé l’Avenir de l’opposition dans les démocraties. Dans ce livre, R. Dahl propose un essai de typologie des différents modèles d’opposition en régime démocratique. Ainsi, il distingue les pays dans lesquels le « consensus » étant très élevé, les minorités d’opposition sont peu nombreuses et les citoyens sont en général d’accord avec l’esprit des lois qui sont édictées ; les pays dans lesquels il y a en permanence une importante minorité qui accepte les formes et les procédures constitutionnelles tout en étant profondément en désaccord avec la politique suivie par le gouvernement. Les personnes faisant partie de cette minorité obéissent aux lois qui ont été adoptées suivant la procédure constitutionnelle et légale reconnue légitime, mais ont le sentiment d’être contraintes d’obéir à ces lois bien qu’elles les trouvent mauvaises. Enfin, R. Dahl définit un troisième type, constitué par les pays dans lesquels une importante minorité refuse à la fois la politique gouvernementale et la Constitution.
Il s\’agit bien entendu de formes « idéales ». Il semble que la France, après avoir appartenu à la troisième catégorie, appartienne désormais à la deuxième, celle où les textes fondamentaux, la Constitution et l’esprit qui l’inspire sont à peu près acceptés. On peut donc distinguer dans les faits les régimes politiques à « consensus élevé » ou de nombreux citoyens ne sont que très modérément opposés au pouvoir et les régimes à « consensus limité » où beaucoup de citoyens sont fortement opposés au pouvoir. Parmi les premiers, on peut citer la Suède, parmi les seconds, la France ou l’Italie. Un régime de consensus limité offre plus de liberté dans l’action politique qu’un pays de consensus élevé, mais il entraîne des risques importants de violences politiques, d’impasses politiques, d’instabilité constitutionnelle et, à la limite, de destruction de la démocratie elle-même. C’est l’une des causes de la chute de la IVe République en France en 1958.
III. Les fonctions de l’opposition
Alfred Sauvy écrit dans la Tragédie du pouvoir (1978) : « La démocratie ne consiste pas à s’unir mais à savoir se diviser. L’unanimité, le plein accord, est un mauvais signe. » L’opposition assure donc certaines fonctions indispensables en démocratie. Elle permet d’abord une information contradictoire des décisions et des intentions du gouvernement du pays. Il revient à l’opposition de soulever des questions, de critiquer les interrogations ou les orientations de telle ou telle politique. L’opposition doit ensuite constituer pour les électeurs un éventuel gouvernement de rechange. Cela signifie que l’opposition doit avoir un programme réalisable. Le principe de l’alternance fait donc de l’opposition un gouvernement en puissance.
TIZ 100% réveillé
21 novembre 2006
Le 20 novembre journée mondiale de l’enfant et l’Afrique ?
Hier 20 novembre 2006 comme chaque année le monde entier a célébré la journée de l’enfance.
Cette célébration décidée par les instances des Nations Unies bénéficie de l’écho médiatique mondial au même titre que la journée de la femme.
Pour ma part je pense que c’est un autre gadget inventé par les puissants pour endormir les faibles de la planète et aussi se donner bonne conscience.
C’est ainsi que dans tous les pays on fait le bilan de ce qui a été fait en faveur des enfants et aussi de ce qui doit être fait.
En Afrique avec les taux de mortalité records que l’on connaît, les gouvernements de la plupart de ces pays ayant signé la charte des droits de l’enfant, se sont tous gargarisés de prétendues évolutions faites en direction de l’enfance pour certains et pour d’autres ils ont déployé de trésors d’imagination pour refuser la réalité des choses qui leur incombe en matière de responsabilité. C'est le cas du Niger
Le Tiers-Monde dans la mondialisation (LES CHIFFRES DE LA DETTE 2005) source CADTM www.cadtm.org [Abréviations : M = millions, Mds = milliards]
1.1Population et richesse
|
Tiers-Monde |
Ex-bloc soviétique |
Pays riches |
Monde |
Population en 2003 |
80 % |
6 % |
14 % |
6,3 Mds habitants |
PIB en 2003 |
19 % |
3 % |
78 % |
36 000 Mds $ |
PIB par habitant |
1 410 $ |
2 950 $ |
31.000 $ |
5 800 $ |
Source cadtm
1.2 Les inégalités dans le monde
Part de la population la plus pauvre dont le revenu est égal à celui des 1 % les plus riches : 57 %
Rapport entre le revenu des 5 % les plus riches et des 5 % les plus pauvres : 114
Nombre de personnes vivant avec moins de 2$ par jour : 2,8 milliards
Nombre de personnes vivant avec moins de 1$ par jour : 1,2 milliard
(Population africaine en 2000 : 770 millions) |
1990 |
2000 |
2015 (prév.) |
nombre de personnes vivant avec moins de 1$ par jour en Afrique |
242 millions |
300 millions |
345 millions |
Source cadtm
C’est ainsi que le gouvernement du Niger a fait parler de lui en refusant de diffuser les chiffres du rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à propos de l’indice de développement et du traitement des enfants. Cette attitude anachronique appelle à quelle analyse de notre part ?
Les lacunes du développement humain (Rapport PNUD 2003)
Nombre de personnes souffrant de la faim dans les PED : 799 millions.
Nombre d’enfants en âge d’être scolarisés dans le primaire mais n’allant pas à l’école : 115 millions (sur un total de 680 millions), dont 3/5 sont des filles
Nombre d’adultes illettrés dans le monde : 876 millions, dont 2/3 sont des femmes
Nombre d’enfants morts chaque jour de maladies facilement curables : 30.000.
Nombre de femmes mourant chaque année de complications liées à une grossesse : 500.000
Nombre d’individus infectés par le virus du sida : 42 millions dont 70% en Afrique subsaharienne
Espérance de vie au Botswana : 65 ans en 2000 ; 31 ans en 2005
Espérance de vie au Zimbabwe : 53 ans en 2000 ; 27 ans en 2005
Nombre de décès annuels à cause du paludisme : 1 million, dont 900 000 en Afrique
Nombre de décès annuels à cause de la tuberculose : 2 millions
Nombre de décès annuels d’enfants de moins de 5 ans à cause du paludisme : 700.000.
Nombre de personnes n’ayant pas accès à des points d’eau aménagés : 1,1 milliard
Nombre de personnes privées d’infrastructures sanitaires correctes : 2,4 milliards
Nombre de décès annuels à cause de diarrhées : 2,2 millions
Les riches sont de plus en plus riches
Nombre de milliardaires en dollars en 2005 : 793
Leur patrimoine cumulé : 2 600 milliards de dollars
En 2002, les 7 plus grosses fortunes du monde possédaient ensemble plus que le PIB total du groupe des 49 pays les moins avancés, où vivent 650 millions d’individus
Pour ma part je crois qu’elle est logique, car la quasi majorité des gouvernements africains ont fait le choix de soumettre leurs populations aux diktats du Fonds Monétaire International (FMI) et des autres institutions financières du grand capital qui se cachent sous le vocable de la communauté internationale.
Le gouvernement de Niamey s’est illustré en ce début de mois de novembre par le refus du débat sur la pauvreté et ses causes internationales, en expulsant un militant du CADTM (Comité pour l’annulation de la Dette du Tiers-Monde). On ne comprend toujours pas pourquoi une ONG qui lutte pour l’effacement de la dette soit en désaccord avec un gouvernement africain.
Pour le comprendre , il faut remonter au début des années 1990, où certains pays du Tiers-Monde avaient menacé de ne plus payer leur dette, la grande majorité de ces pays étaient des pays de l’Amérique Latine (Brésil, Argentine, Vénézuala, Bolivie ) et d’Asie (Indonésie et Inde en particulier). Cette menace était fondée sur le principe de légitimité des pouvoirs ayant contracté ces dettes. Car ce sont des dictatures militaires qui ont contracté toutes ces dettes qui mettent en esclavage les paysans et pauvres du Tiers-Monde.
A cette époque l’Amérique rentrait dans la démocratie, le harcèlement des guérillas militaires et des organisations syndicales commençait à avoir raison des dictatures militaires, par exemple l’Argentine, le Nicaragua, et le Panama qui avaient opté pour de véritables élections.
Et comme l’Afrique entreprenait elle aussi sa mutation vers la démocratie, les pays du Nord qui depuis lors avaient institué la dette en système de captivité et d’esclavagisme des populations du Sud, se sont inquiétés d’une situation au cas où à la suite des vraies élections, des gouvernements disposant de véritable légitimité pourrait à raison refuser de consacrer leurs efforts au service de la dette. Nous étions dans la période des conférences nationales et de la libération du Grand Madiba Nelson Mandela en Afrique du Sud. Le Nigeria et le Ghana après des périodes de guerre optaient pour des élections comme de médiation pour conquérir le pouvoir central. Il était donc naturel qu’un débat s’ouvre sur la question du remboursement de la dette. Je crois que ce n’est pas ringard pour nous Africains de rouvrir ce débat qui fut à l’époque compte tenu des rapports de force clos à la faveur d’une acceptation servile pour le remboursement de la dette du Nord. Plusieurs analyses, publications des chiffres rapportent que le Sud a déjà payé sa dette plusieurs fois.
Les PED ont remboursé presque 10 fois ce qu’ils devaient en 1980, mais leur dette a été multipliée par presque 5.
Le transfert net sur la dette (différence entre prêts reçus et remboursements totaux)
5.2.a Transfert net global
Transfert net (en Mds $) |
En 2004 |
1999-2004 |
Amérique latine |
-34 |
-264 |
Afrique subsaharienne |
-0,2 |
-21 |
Moyen-Orient et Afrique du Nord |
-6 |
-42 |
Asie du Sud |
-1 |
-30 |
Asie de l’Est |
-3 |
-161 |
Ex-bloc soviétique |
+25 |
+32 |
Total |
-19 |
-486 |
Source cadtm
A l’époque les élites africaines ont accepté de garantir le remboursement de la dette, ce fut le pacte de la soumission et depuis lors plus aucune voix ou parti politique ne s’élève pour soulever la question de la légitimité de ces dettes qui n’ont jamais bénéficié aux Africains.
Comme le montre ce tableau.
Comparaison de plusieurs montants entrants ou sortants des PED en 2004
APD |
+ 78 Mds $ |
Rapatriement des multinationales |
- 104 Mds $ |
Envoi des migrants |
+ 126 Mds $ |
Service de la dette |
- 374 Mds $ |
Source cadtm
Il était donc normal que le gouvernement du Niger fasse diversion, en déclarant qu’il contestait les chiffres publiés par le PNUD, au moins il avait déjà rempli sa mission empêcher le peuple du Niger d’avoir accès aux éléments et faits qui pourraient les émanciper face aux mensonges de leurs gouvernants.
Deuxième enseignement que l’on peut tirer de ces actes que l’élite africaine et les partis dits d’opposition sont en fait d’accord pour perpétuer le système captif mis en place par ses institutions.
Je demande donc aux internautes d’aller sur le site de l’Ong CADTM www.cadtm.org afin de télécharger ce document de 8 pages qui doit les édifier sur la spoliation et le pillage organisés de l’Afrique par la finance internationale.
17 novembre 2006
Pétrole et démocratie au Congo
ce Samedi 18 Novembre 2006 De 14h à 17h
CONFERENCE DE L’HARMATTAN
PETROLE ET VIOLENCES au Congo-Brazzaville Les suites de l’affaire Elf
Au LUCERNAIRE FORUM 53, rue Notre-Dame des Champs 75006 Paris
Métro : Notre-Dame des Champs, Ligne 12
Table ronde autour de : Mr Yitzhak KOULA, Docteur en chimie du pétrole
Mme Sarah WYKES, Porte-parole de Global Witness
Maître Patrick BAUDOUIN, Avocat à la Cour, Président d’Honneur de la FIDH
Mr Félix BANKOUNDA, Juriste, Chercheur au CRIDAU, Université de Limoges.
Au LUCERNAIRE FORUM 53, rue Notre-Dame des Champs 75006 Paris
Métro : Notre-Dame des Champs, Ligne 12
Impératif : Inscription à : ykoula@noos.fr
15 novembre 2006
Bamako, le film à voir absolument

L’affiche du film présenté au festival de Cannes 2006 qui a reçu le grand prix du public
Bamako, film d’action et de justice
Comme à l’accoutumé je vous livre en lecture sans commentaires un article sur le film Bamako du Malien Abderrahmane Sissako, une façon originale de parler de la dette africaine.
Je vous incite à aller regarder ce film.
Vous avez toutes les dates de passage en cliquant sur le site du film www.bamako-film.com Et le site de l’organisation CADTM www.cadtm.org
Je vous souhaite donc bonne lecture et surtout bon film allez voir et venez me dire ce que vous pensez.
"Bamako", film d’action et de justice
par Damien Millet, Olivier Lorillu (CADTM) www.cadtm.org
Il a déjà fait parler de lui au festival de Cannes 2006, il sera à l’affiche dans les cinémas à partir du 18 octobre : le film « Bamako » est un évènement cinématographique majeur de cette rentrée [1] , et ce pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, les choix artistiques de son réalisateur, le Malien Abderrahmane Sissako [2], en font un vrai film d’auteur. Tour à tour, ils étonnent, ils émeuvent, ils amusent, ils secouent, autant dire qu’ils ne laissent jamais indifférents. Insistons ici sur le premier de ces choix, l’idée de base du scénario qui donne au film sa colonne vertébrale : mettre en scène, dans la cour d’une maison malienne où la vie quotidienne continue de s’écouler, le procès du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale à propos de leurs responsabilités dans la situation économique africaine. La Cour, les avocats, le public, les témoins sont là, sur la terre battue malienne. Loin d’être des boucs émissaires, les deux institutions mises en cause doivent effectivement rendre des comptes pour leur rôle central dans l’impasse actuelle pour le continent noir. Qu’on en juge.
Créées toutes les deux à Bretton Woods (États-Unis) en juillet 1944, elles sont les héritières du rapport de forces issu de la seconde guerre mondiale. Installées à Washington, à proximité de la Maison blanche, elles constituent un dispositif clé pour les Etats-Unis et les puissances alliées dans leur mainmise sur l’économie mondiale.
Après l’accession à sa présidence en 1968 de Robert McNamara, ancien secrétaire d’État à la Défense des États-Unis (alors empêtrés militairement au Vietnam), la Banque mondiale a utilisé l’endettement dans un but géopolitique : déstabilisation de gouvernements progressistes et démocratiques en leur supprimant toute aide (Soekarno en Indonésie, Kubitchek puis Goulart au Brésil, Allende au Chili...) pour contrer les velléités d’émancipation ; soutien aux alliés stratégiques du bloc occidental, notamment des régimes dictatoriaux responsables avérés de crimes contre l’humanité (dictatures brésilienne et argentine, Pinochet au Chili, Mobutu au Zaïre, régime d’apartheid en Afrique du Sud, Suharto en Indonésie, régimes dictatoriaux en Corée du Sud et en Thaïlande, régimes dissidents de l’ancien bloc soviétique comme Ceaucescu en Roumanie et tant d’autres [3]).
Une très grande quantité des prêts octroyés par la Banque mondiale a servi à mener des politiques qui ont porté préjudice à des centaines de millions de citoyens. Elle a systématiquement privilégié les prêts pour des projets néfastes pour les populations concernées et pour leur environnement : grands barrages souvent inefficaces (plus de 10 millions de personnes ont dû être déplacées à cause de tels projets soutenus par la Banque mondiale, souvent privées d’indemnisation suffisante), industries extractives (mines à ciel ouvert, oléoducs), politiques agricoles favorisant le « tout à l’exportation » au prix de l’abandon de la souveraineté alimentaire, centrales thermiques (grandes consommatrices de forêts tropicales), etc.
En violation des principes du traité de Versailles de 1919, les prêts accordés par la Banque mondiale à des métropoles coloniales pour l’exploitation des ressources naturelles de leurs colonies ont été transférés à la charge des États au moment de leur indépendance. Voilà comment des pays comme la Mauritanie, le Gabon, l’Algérie, le Congo Kinshasa, la Zambie, le Kenya, le Nigeria et d’autres ont hérité d’une véritable dette de l’indépendance avec l’aval de la Banque mondiale.
Après la crise de la dette au début des années 1980, le FMI est intervenu à la demande des créanciers pour organiser et sécuriser le remboursement de la dette. Il a conditionné ses prêts aux pays surendettés à la signature de programmes d’ajustement structurel (PAS) qui correspondent toujours au même schéma : production agricole tournée vers l’exportation ; austérité budgétaire et baisse drastique des budgets sociaux (santé, éducation, infrastructures...) ; suppression des subventions aux produits de base ; licenciements dans les services publics et gel des salaires ; fiscalité souvent réduite à une TVA frappant surtout les plus démunis ; privatisations ; libéralisation de l’économie, ouverture totale aux capitaux étrangers et mise en concurrence déloyale des producteurs locaux avec les transnationales... Le FMI a donc complété l’action de la Banque mondiale dans le sens d’une colonisation économique. En effet, tant le FMI que la Banque mondiale soutiennent une politique de captation des richesses des pays du Sud au profit d’une poignée d’entreprises multinationales, de quelques individus fortunés et des proches du pouvoir, dont les choix s’imposent cruellement à la majorité des habitants de la planète.
Le caractère nocif de ces prétendus remèdes a été démontré dans les multiples crises qui se sont succédé à partir du milieu des années 1990, du Mexique à l’Asie du sud-est, de la Russie au Brésil, de la Turquie à l’Argentine... Le résultat de ces politiques est une profonde dégradation des conditions de vie des populations du Sud, particulièrement en Afrique : le nombre d’Africains devant survivre avec moins de 1$ par jour a doublé entre 1981 et 2001, plus de 200 millions de personnes souffrent de la faim et l’espérance de vie est en chute (pour 20 pays d’Afrique, elle est passée sous la barre des 45 ans).
Depuis quelques années, ces deux institutions internationales font des annonces tonitruantes sur l’annulation d’une partie de la dette des pays les plus pauvres. Mais elles oublient de préciser que peu de pays sont concernés et que cet allégement s’effectue en contrepartie de longues années de réformes économiques draconiennes, dans la droite ligne de l’ajustement structurel. En termes de réduction de la dette, de lutte contre la pauvreté, de respect des droits humains, le FMI et la Banque mondiale ont indéniablement échoué et les dégâts qu’ils ont provoqués sont considérables.
Aucune institution ne bénéficie d’immunité si elle est impliquée dans des crimes contre l’humanité, pour lesquels n’existe aucune prescription. Au motif de crimes contre l’humanité, le FMI et la Banque mondiale doivent être traduits en justice. « Bamako », film d’action et de justice, film d’action en justice soutenu par le CADTM, vient révéler cela au grand jour.
Notes:
[1] Durée : 1h58. Sortie en France : 18 octobre 2006. Voir le site du film
[2] Auteur récompensé notamment au festival de Cannes en 2002 par le Prix de la critique internationale pour « En attendant le bonheur ».
[3] Voir Eric Toussaint, Banque mondiale, le coup d’état permanent, CADTM/Syllepse/CETIM, 2006.
Source. Cadtm URL: http://www.cadtm.org
12 novembre 2006
Carte postale pan-africaine
Voici ce que j'ai lu sur le site www.pambazuka.org et que j'ai trouvé interessant de partager avec vous. Vous souhaite bonne lecture, merci
Comment écrire sur l’Afrique
Voici quelques pistes : coucher du soleil et famine.
Binyavanga Wainaina (2006-01-12)
Employez toujours le mot ‘Afrique’ ou ‘Obscurité’ ou ‘Safari’ pour votre titre. Les sous-titres pourront inclure des mots comme ‘Zanzibar’, ‘Massai’, ‘Zambèze’, ‘Congo’, ‘Nil’, ‘Gros’, ‘Ciel’, ‘Ombre’, ‘Tambour’, ‘Soleil’ ou ‘Passé’. Il y a aussi des mots utiles tels ’Guérillas’, ‘Eternel’, ‘Primordial’ et ‘Tribal’. A noter que ‘Peuple’ signifie les Africains qui ne sont pas Noirs, alors que ‘Les Peuples’ signifient les Africains Noirs.
Pas d’image d’Africain en règle sur la couverture de votre livre ou à l’intérieur, à moins que cet Africain ait gagné le Prix Nobel. Un AK-47, des taquineries, des seins nus, voilà ce que vous devez utiliser. Si vous devez inclure un Africain, assurez-vous que vous prenez un Massai ou un Zoulou ou une robe Dogon.
11 novembre 2006
Les activités du CADTM (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde)
Depuis septembre, c'est un déferlement de sollicitations auquel le CADTM fait face, et cela nous ravit ! Les films "La dignité du peuple", de l'Argentin Fernando Solanas, et "Bamako", du Malien Adberrahmane Sissako, sont à l'affiche et les débats d'après projection se multiplient dans toute la France.
Le site du film : http://www.bamako-film.com
novembre 2006
\\ 2 novembre | Agen, France
Film-débat "Bamako"
Les Montreurs d'images, Intervention de Nicolas Sersiron après la projection du film
\\ 3 novembre | St Gaudens, France
Film-débat "Bamako" Intervention de Nicolas Sersiron après la projection du film
\\ 6 novembre | Richelieu, France
Film-débat "Bamako"
21h, Le Majestic, Intervention de Michaël Charruault après la projectio du film
\\ 7 novembre | Besançon, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Nicolas Sersiron après la projection du film
\\ 8 novembre | Alès, France
Conférence-débat
"Quel avenir pour les pays du sud et de l'est de la méditerranée ?"
\\ 8 novembre | Pau, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Olivier Duteille après la projection du film
\\ 9 novembre | Nïmes, France
Conférence-débat
" Sortir la Tunisie de l'impasse ! "
\\ 9 novembre | Cadillac, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Eric Berr après la projection du film
\\ 10 novembre | Uzès, France
Film-débat "Bamako"
Intervention du groupe CADTM Nîmes après la projection du film, organisé
par AttacUzège
\\ 10 novembre | Plougonvelin, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Gérard Masure après la projection du film
\\ 10 novembre | Alençon, France
Intervention de Damien Millet
sur le FMI et la Banque mondiale
\\ 11 novembre | Paris, France
Conférence-débat
entre le 11 et le 19 novembre, intervention de Nicolas Sersiron à
l'invitation d'Artisans du monde dans le cadre de la SSI (date à définir)
\\ 11 novembre | Bressuire, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Michaël Charruault après la projection du film, Quinzaine de la solidarité internationale
\\ 11 novembre | Paris, France
Intervention de Damien Millet au salon Marjolaine, Parc Floral de Paris, Bois de Vincennes 14 h - Le
modèle économique libéral actuel : une fatalité ?
\\ 13 novembre | Pessac, France
Film-débat "Bamako"
Intervention d'Eric Berr après la projection du film d'Abderrahmane Sissako
\\ 14 novembre | La Courneuve, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Véronique Racine, Jérôme Duval et François Mauger après la projection du film
\\ 14 novembre | Cergy, France
"Citoyenneté et solidarité" intervention de Véronique Racine
\\ 14 novembre | Louviers, France
"Bienvenue en Afrique"
Participation de Roseline Péluchon au débat après le film
\\ 15 novembre | Nancy, France
Film-débat "La dignité du peuple"
Intervention de François Mauger après la projection du film
\\ 15 novembre | Brétigny sur orge, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Damien Millet après la projection du film
\\ 15 novembre | Saint Médard en Jalles, France
Film-débat "Bamako"
Intervention d'Eric Berr après la projection du film d'Abderrahmane Sissako
\\ 15 novembre | Calais, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Serge Vienne après la projection du film
\\ 16 novembre | Louviers, France
"Congo River"
Participation de Roseline Péluchon au débat après la projection du film
\\ 16 novembre | Annonay, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Denise Milberge après la projection du film
\\ 18 novembre | Châteauroux, France
Film-débat "Bamako"
20h30 Cinéma Apollo, Maison de l'image, intervention de Nicolas Sersiron
après la projection du film
\\ 18 novembre | Grande-Synthe, France
1er Forum du commerce équitable et de la solidarité internationale samedi 18 et dimanche 19 novembre, intervention de Claude Quémar et stand du CADTM
\\ 19 novembre | Cergy, France
"Dette, droits de l'Homme et migrations"
Interventions de Roseline Péluchon et Véronique Racine
\\ 20 novembre | Rillieux la Pape, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Julie Castro après la projection du film
\\ 20 novembre | Aubervilliers, France
Conférence-débat
Intervention de Damien Millet à l'invitation de CEMEA
\\ 20 novembre | Hérouville St Clair, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Roseline Péluchon après la projection du film
\\ 21 novembre | Pauillac, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Nicolas Sersiron après la projection du film
\\ 22 novembre | Autun, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Claude Quémar après la projection du film
\\ 22 novembre | Lyon, France
Film-débat "Bamako"
Ciné Duchère, Intervention du groupe CADTM Lyon après la projection du film
\\ 22 novembre | Créon, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Nicolas Sersiron après la projection du film
\\ 22 novembre | Autun, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Claude Quémar après la projection du film
\\ 23 novembre | Bordeaux, France
2e journées du développement du GRES
"Quel financement pour quel développement ?" - Université Montesquieu-Bordeaux IV, 23-24 novembre 2006
\\ 23 novembre | Bazas, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Nicolas Sersiron après la projection du film
\\ 23 novembre | Chilly Mazarin, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Damien Millet après la projection du film
\\ 24 novembre | Versailles, France
Film-débat "Bamako"
Le Roxane, Intervention de Damien Millet après la projection du film
\\ 24 novembre | Les Mureaux, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Julie Castro après la projection du film
\\ 24 novembre | Andernos, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Nicolas Sersiron après la projection du film
\\ 25 novembre | St Renan, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Roseline Péluchon après la projection du film
\\ 26 novembre | Douarnenez, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Roseline Péluchon après la projection du film
\\ 27 novembre | Ecully, France
Film-débat "Bamako"
Intervention du groupe CADTM Lyon après la projection du film
\\ 28 novembre | Ferney-Voltaire, France
Film-débat "Bamako"
Intervention du CADTM Suisse après la projection du film
\\ 28 novembre | St Gratien, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Julie Castro et Véronique Racine après la projection du film
\\ 28 novembre | Sens, France
Film-débat "Bamako" Intervention de Nicolas Sersiron après la projection
du film
\\ 29 novembre | Annecy, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Mylène Chantran et Martine Toulotte après la projection du film
Les autres voix de la planète
Quatre fois par an, la revue "Les autres voix de la planète" propose des dossiers et des articles sur les thèmes développés par le CADTM et suit l'actualité de la dette, du mouvement altermondialiste et des grandes mobilisations internationales. Elle se présente sous une forme attrayante, partageant sa pagination (une quarantaine de pages à chaque numéro) en différentes rubriques (articles de fond, dossiers, interviews, brèves, échos du réseau international CADTM, notes de lecture, agenda...), et accordant une importance particulière à l'iconographie qui vient renforcer son contenu (photographie, dessins originaux...). Elle paraît uniquement en français.
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10 novembre 2006
Claude a été libéré cette nuit à Niamey
avec obligation de quitter le territoire nigerien. Aucun motif pour cette arrestation ne lui a été communiqué à quelque moment que ce soit.
Il est actuellement chez des amis, sous la responsabilité de l'Amabassadeur de France. Il va bien, "vient de boire un très bon café", etc... et est sommé de quitter le Niger.
Il a argué que son billet était pour une autre date et qu’il n’avait pas les moyens de payer les frais liés à un changement de date. A suivre...
Le CADTM s'oppose catégoriquement à cette décision d'expulsion et continuera avec encore plus de force son combat pour l'élaboration d'alternatives au modèle économique dominant que les autorités nigériennes servent au mépris de l'intérêt de leurs populations.
L'équipe du CADTM
09 novembre 2006
URGENCE MOBILISATION INTERNATIONALE
Claude Quemar, secrétaire du Cadtm France vient d'être arrêté ce jeudi 9 novembre 2006 au Niger aux alentours de midi.
Il a été arrêté à Tahoua alors qu'il était en train de donner une conférence dans le cadre de la Caravane des Alternatives au Niger. Les 3 hommes qui l'ont arrêté n'ont donné aucun motif à son arrestation (il semble que cela soit dû à ses interventions lors du Forum Social du Niger : pour info ce forum a été menacé à plusieurs reprises d'interdiction par le gouvernement). Il est en cours de transfert à Niamey. Il faut faire le plus de bruit possible autour de cette arrestation. La Caravane décidera ce soir collectivement si elle continue ou non selon les informations qu'ils recevront de Niamey.
Nous vous demandons d'envoyer des messages aux ambassades de votre pays, à la presse de votre pays, aux instances de la Ligue des Droits de l'Homme, éventuellement à Amnesty International afin d'intervenir le plus vite possible pour faire libérer Claude Quémar.
Ci-dessous un texte que j'ai envoyé à l'ambassade de Belgique à Niamey. Tenez-nous au courant des résultats et informations que vous obtenez
Denise Comanne pour le réseau international CADTM
----- Original Message -----
From: Denise Comanne
To: niamey@diplobel.org <http://domainepublic.net/webmail/src/compose.php?send_to=niamey%40diplobel.org>
Sent: Thursday, November 09, 2006 2:10 PM
Subject: Libération immédiate de Claude Quémar
Madame, Monsieur,
Je vous écris ce message en urgence. Claude Quémar, citoyen français et membre du réseau international CADTM (dont le siège est en Belgique) a été arrêté ce matin à Tahoua alors qu'il participait à la Caravane des alternatives. Il a été arrêté par 3 personnes qui sont en train de le ramener en ce moment à Niamey. Claude Quémar a participé au Forum Social
du Niger : c'est peut-être la raison de son arrestation car rien n'a été expliqué quant aux causes de son arrestation.
Nous protestons énergiquement contre cette arrestation : nous allons avertir la presse belge, française et nigérienne, les bureaux de la Ligue des Droits de l'Homme et Amnesty international.
Nous vous demandons d'intervenir auprès des autorités nigériennes pour faire libérer immédiatement Claude Quémar.
Répondez d'urgence à ce message pour nous dire ce que vous comptez faire (nous ne manquerons pas de nous renseigner sur les interventions qui auront été faites ou pas faites).
Denise Comanne pour le Réseau international CADTM
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Denise COMANNE
CADTM
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07 novembre 2006
La soumission mentale des Africains vis-à-vis du blanc continue ?
Le 03 octobre 2006, vient de se passer à Brazzaville comme un jour ordinaire dans une dictature, un jour de plus d’oppression pour les Congolais qui subissent leur démocratie confisquée, car la prétendue opposition n’ ayant pas eu le courage de saisir l’occasion pour mobiliser le peuple.
Pire certains apprentis des chercheurs de la liberté ont fait semblant de s’émouvoir et de protester sans plus.
Comme on pouvait le penser cet évènement n’a rien changé des conditions de vie des Congolais, ni même de la marche historique sinon que qu’il devait permettre sur le long terme une cristallisation pour le Congo et l’Afrique tout l’échec des 50 ans de pseudo indépendances octroyées par De Gaulle en ce qui concerne l’Afrique francophone.
Il faut davantage comprendre que cette célébration ne participe pas de manière positive et onirique à un acte de méta-mémoire.
La célébration d’un héros ou d’un fait historique se fait toujours dans des contextes démocratiques et de liberté, pour construire le futur collectif permettant un vivre ensemble commun à tous. La célébration permet aussi de renforcer la cohésion nationale c’est en ce sens que l’on commémore le passé et on se fait un devoir de mémoire. Le souvenir est un liant pour avancer ensemble dans la même direction vers le futur.
Pareille célébration se fait pour ressouder la nation, faire le bilan des années passées pour en tirer des leçons qui permette au pays qu’il se retrouve et puisse penser à un vivre ensemble évident pour le futur.
En aucun cas le transfert des cendres du colonisateur de Brazza et de certains membres de sa famille rentre dans ce cadre, tout au contraire il rentre dans la volonté manifeste d’une oligarchie de prouver et de donner des gages de soumission. Cet acte illustre de façon pathologique la perfectibilité de l’Africain vis-à-vis de l’Occident. Le traumatisme colonial établi à partir des actes de négation de la dignité du Noir par le Blanc a encore trouvé dans cette célébration qu’il est toujours vivace dans la psychologie du Noir et de ses rapports avec le Blanc.
Il vient prouver comme le nez au milieu d’un visage humain que tout ce qui a été fait et se fait en Afrique n’est que divertissement et surtout mensonge, ce qui est grave vis-à-vis de l’histoire de la libération mentale du Noir et son épanouissement en tant que simple humain de cette planète.
Pour les philosophes ils diront qu’il y a encore du chemin à parcourir et pour les colonialistes que leur emprise sur le Noir est encore forte et en leur avantage, la seule interrogation que nous pouvons nous permettre c’est celle de savoir pour combien de temps encore le « calvaire » du Noir va encore durer ?
Cette célébration vient aussi prouver l’énorme médiocrité intellectuelle de ceux des Africains, ici des Congolais qui s’étaient accaparés le rôle de la production du socle des valeurs communes sur lesquelles devaient se reposer sans faille la Nation et la République.
En effet l’acte de Sassou et de ses zélés auxiliaires doit interpeller en premier lieu ces derniers. Qu’ont-ils fait de leur passé révolutionnaire ? De leur mémoire ?
Tout comme cet acte ignoble doit aussi réclamer en nous une interrogation profonde sur nos actes passés et à venir, surtout en ce qui concerne les fameux intellectuels et prétendues élites. Où sont-ils ? Ayez le courage d’assumer les conséquences de vos actes et soumissions !
Oui les intellectuels et élites qu’avez-vous fait ? Votre mission de produire et de diffuser la connaissance a donc échoué !
Une fois de plus, la preuve est faite que vous avez failli, car Sassou et son oligarchie en mal de proposition de reconnaissance, des héros, des symboles communs à tous les Congolais, à faire l’ensemble de toutes les communautés congolaises afin de construire et renforcer un vivre ensemble de plus en plus nécessaire face à l’apprêté des difficultés de l’ultraliberalisme imposé à toute la planète, se dérobe ainsi par cette célébration. Ils signifient à tous les Congolais et au monde entier qu’il n’existe point de Congolais ou d’Africain digne de recevoir pareille hommage. Sassou et ses zélés auxiliaires de la bêtise font acte de négation historique, ils dénient aux Congolais une histoire endogène et autonome découplée de l’irruption européenne, ils ont voulu dire par-là que le Congo du moins les humains congolais n’ont jamais existé en tant que véritables HOMMES avant la funeste pénétration des Blancs.
Sur ce point Sassou ne fait que reproduire les incohérences des intellectuels et élites Congolais. Ces derniers à cause de leur positionnement et refus d’assumer leur condition historique ont pratiqué depuis près de trente l’art du simulacre et de la soumission vis-à-vis du personnel politique. Il n’est donc pas étonnant que faute d’avoir reveler la vraie histoire des Congolais et d’en donner un sens historique, que l’on récolte en ce XXI siècle le fruit de ces actes. Les prétendues historiens congolais ne sont jamais accordés sur la véritable histoire du Congo. En 2006, il est impossible de trouver un seul ouvrage « académique » parlant de façon objective de toutes les facettes de l’histoire du Congo. Il n’existe aucun ouvrage de référence faisant autorité. L’histoire du Congo est encore émiettée et appartient difficilement à toutes les catégories et communautés des Congolais.
En effet le vide laissé volontairement ou par omission par les instruits et alphabétisés au français congolais permet ce genre de cérémonie de la honte pour tout l’Afrique. Cette façon de réviser l’histoire est très dangereuse pour la cohésion nationale.
Autre part, mise à part la lourde responsabilité des intellectuels et élites, nous devons donc, en tant que citoyen (si nous le sommes vraiment ? ) nous interroger sur une éventuelle différence qui pourrait exister entre la psychologie de Sassou et la notre quand nous passons notre temps à renier notre culture, nos femmes sont peu fières de leur cheveux, elles préfèrent les cheveux lisses comme ceux des blanches, il en va de même en ce qui concerne la couleur de peau, en effet les fantasmes des hommes africains poussent de plus en plus, les africaines à se dépigmenter la peau, on remarquera que Sassou et ses zélés auxiliaires (Thystère président de la fameuse assemblée et ministres ) se dépigmentent aussi la peau.
Que dire des fameux intellectuelles qui refusent d’enseigner leurs langues maternelles à leur progéniture ? Sur ce point je dis nous sommes tous des Complexés et c’est sur ce terrain que le Blanc a des beaux jours de domination sur nous.
Quel est ce prétendu intellectuel qui a donné de sa vie pour transmettre la connaissance qui aiderait à couper le cordon captif qui nous lie