29 juillet 2006
Pour ou contre l'intangibilité des frontières héritées de Berlin et de la colonisation ? 2
Pour continuer le debat pour ou contre l'intangibilité des frontières héritées de la conférence de Berlin (1885) et de la colonisation, je vous donne à lire la réponse de notre ami Koulama.
ORGANISER LES FRONTIERES COLONIALES PAR UNE GEOPOLITIQUE SIMPLE
L'union africaine devra se bâtir sur la base d'un partenariat politique et économique très étroit, avec une monnaie unique, mais doit tenir compte des frontières actuelles, en les ramenant dans une autre approche géopolitique africaine.
Le problème que connaît l'Afrique aujourd'hui est lié en partie par des frontières coloniales, tracées par les européens, sans avoir demander démocratiquement nos avis, c’est donc une imposition pour bien contrôler le continent d’une part, et éviter des guerres entre européens dans le continent.
L’histoire du monde démontre, lorsque des communautés différentes ayant aussi des caractéristiques différentes sont imposées à vivre ensemble pour former un état, la dislocation de ce dernier est prévisible. C’est ainsi que la Yougoslavie (frontière créée par les européens sous Tito) s’est éclatée. Dans ce sens, les frontières coloniales sont en grande partie la source des conflits en Afrique, le plus souvent ethnique.
Bon nombre d’africains ou de congolais en particulier, pensent que les dirigeants divisent la population de façon ethnique pour bien régner, or, essayons d’entrer dans les analyses sociologiques et historiques :
• Sur notre base psychosocial : l’homme né et grandit dans une sphère ou il puise toute son éducation, sa culture, ses coutumes et ses enracinements, lesquels il en reproduira durant son évolution. Il ressort donc, notre base psychosociale étant tribale, que les dirigeants reproduisent naturellement ces valeurs tribales qui sont aussi les leurs, pour leurs intérêts. Ces valeurs se retrouvent aussi sur les choix économiques, en délaissant les chemins du réalisme économique au profit des régions où ils sont natifs. Ce dernier point montre que l’utilisation du tribalisme est, bien lié, aux complexes liés aux hégémonies entre communautés différentes, en extrapolant vers la définition du racisme primaire qui est « l’hégémonie d’une race envers une autre dans le but de domination »,
• Sur l’aire culturelle Kongo où les différents royaumes la composant était autonomes et indépendants, sans aucune guerre des tribus ne soit signalée dans les manuels, on peut par conséquent, approuver que cette forme d’organisation sociale détruite par les européens, devrait nous servir d’inspiration.
Or l’union africaine ou les états africains n’ont jamais pris en compte, les particularités historiques et culturelles de chaque communauté constituant les états et permettre, ainsi, de trouver un équilibre pour vivre ensemble. Autour des frontières du Congo actuel qui est le brassage de plusieurs communautés, il est nécessaire de rejeter les constitutions néo-coloniales de la CNS et du dictateur de M’pila, afin de créer celle qui approche d’avantage les différentes communautés vers leurs destins, leurs cultures et nous y donnerons un sens à ces frontières.
Dans le but de dynamiser nos forces, les intégrations régionales seront plus efficaces que l’intégration africaine, dont l’autorité sera très éloignée des peuples africains. Il nous faut garder les tracés coloniaux à condition que les peuples qui les composent s’y adhèrent pleinement et imaginer d’autres formes d’organisation en Afrique :
• Les états intégrés sous les intégrations régionales, dont le fonctionnement sera celui des véritables confédérations.
• Les intégrations régionales, intégrées elle-même sous l’intégration africaine, laquelle n’aura que pour rôle de fixer la politique commune, économique et étrangère des états africains, et aura en son sein des organismes sur la santé, l’éducation, les finances…Afin d’éviter une technocratie, le dirigeant de l’union africaine devra être élu par les africains et ses prérogatives très limitées.
Le but est de sortir les états de leurs faiblesses liées aux économies et pour certaines aux constitutions mal adaptées qui poussent au loin l’existence d’une nation, d’une réelle démocratie et pour l’Afrique, la rendre plus pratique, plus opérationnelle, plus forte pour protéger le continent.
Appolinaire KOULAMA
02 juillet 2006 à 22:43
e-mail: a.koulama1@wanadoo.fr
24 juillet 2006
La RENAISSANCE PANAFRICAINE par THABO MBEKI: APPEL à LA REBELLION
Comme à l'habitude je vous donne à lire un texte envoyé par un internaute en commentaire d'un article Celui-ci nous est envoyé par René-Louis Parfait ETILE et je me fais le plaisir de le relayer vous devez en faire pareil, il s'agit du président de l'Afrique du Sud à propos de la Renaissance africaine. A vous de le commenter en apportant vos objections. Merci de votre contribution.
La Renaissance Panafricaine par Thabo Mbeki : APPEL À LA RÉBELLION
« L’Afrique n’a nul besoin de gangsters qui usurpent le pouvoir par des élections frauduleuses ou l’achètent par la corruption » Retour sur un ancien discours de Thabo Mbeki, à l’époque futur successeur de Nelson Mandela. Aujourd’hui, il est à la tête de l’État Sud-Africain.
La République démocratique du Congo plonge à nouveau dans une guerre que ses habitants pensaient oubliée à jamais. Le silence de la paix s’est évanoui aux frontières de l’Érythrée et de l’Éthiopie parce que, pour quelques arpents de terre, les armes ont pris la place de la raison. Ceux qui ont risqué la mort en Guinée-Bissau en combattant ensemble les colonisateurs portugais se retrouvent aujourd’hui face à face, ne parlant le langage mortel des bazookas et des obus de mortier, au rythme effroyable de la mitraillette. Une guerre apparemment sans merci ravage l’Algérie, rendue plus effroyable encore par une sauvagerie qui donne l’apparence de la foi religieuse.
Les anges de la mort et les victimes de leur courroux sont tous africains, comme vous et moi. C’est pour cette raison, parce que nous sommes les mères africaines éventrées et les enfants décapités du Rwanda, que nous devons dire : ça suffit ! C’est pour ces âmes misérables, les victimes des forces destructrices, que l’Afrique a besoin d’une renaissance. L’Afrique n’a nul besoin de criminels qui accèdent au pouvoir en massacrant des innocents, comme le font les bouchers de Richmond, au Kwazulu-Natal. Elle n’a pas besoin de ceux qui, parce qu’ils n’ont pas accepté que le pouvoir soit légitime et serve les intérêts du peuple, ont mené la Somalie au gâchis et privé ses habitants d’un pays qui leur donnait le sentiment d’exister et de se construire.
L’Afrique n’a pas besoin non plus de gangsters qui gouvernent en usurpant le pouvoir par des élections frauduleuses, ou en l’achetant par des pots-de-vin et la corruption. Les voleurs et leurs complices, les corrupteurs et les corrompus sont africains comme vous et moi. Nous sommes le corrupteur et le courtisan qui agissent de concert pour avilir notre continent et nous avilir nous-mêmes. Le temps est venu de dire : ça suffit ! D’agir pour bannir la honte et d’être les hérauts de la renaissance africane.
Je suis allé à la rencontre de l’Afrique malade. J’ai vu la pauvreté d’Orlando East et la richesse de Morningside, à Johannesburg. J’ai vu les pauvres du township de Kanyama et les résidents prospères de Kabulonga, à Lusaka. J’ai vu les bidons villes de Surulere, à Lagos, et l’opulence de Victoria Island. J’ai vu les visages des pauvres de Mbari, à Harare, et la richesse paisible de Borrowdale. J’ai écouté bien des histoires. On m’a raconté comment ceux qui ont accès au pouvoir (ou à ses proches) volent et pillent. Comment, pour s’enrichir, ils violent sans scrupules les lois et les règles éthiques, toutes reliées à un fil invisible qui espèrent-ls, les aménera à Morningside, Borrowdale, Victoria Island ou Kabulonga...
Chaque jour, vous et moi, dans nos pays respectifs, en voyons apparaître de nouveaux. Leur but dans la vie est de s’enrichir par tous les moyens légaux ou illégaux. Ils mesurent leur succès à l’aune de la fortune qu’ils ont amassée et à l’ostentation dont ils font preuve pour convaincre tout le monde qu’ils ont réussi : n’ont-ils pas, visiblement les moyens ? En conséquence, ils cherchent à accéder au pouvoir (ou à ceux qui en sont proches) afin de corrompre la sphère politique pour leur profit personnel, quel qu’en soit le prix. Dans cette équation, la pauvreté des masses devient nécessaire pour l’enrichissement de quelques-uns, et la corruption du pouvoir politique, l’unique moyen d’y parvenir. C’est de ce mélange nauséabond de cupidité, de pauvreté déshumanisante, de richesse obscène et de corruption endémique, publique et privée, que sont issus la plupart des coups d’État, des guerres civiles et des situations instables en Afrique.
Le temps est venu pour nous de rompre avec cette déification de la richesse matérielle et avec les abus qui appauvrissent la population et empêchent notre continent d’accéder à un développement économique durable. L’Afrique ne pourra pas se renouveler tant que ses élites ne seront qu’un parasite du reste de la société, usant et abusant d’un pouvoir autoproclamé. Tant qu’il en sera ainsi, notre continent restera en marge de l’économie mondiale, pauvre, sous-développé et incapable de décoller. La renaissance africaine exige que nous nous purgions des parasites et que nous demeurions, en permanence, vigilants face au danger de l’enracinement dans la société africaine de ces rapaces qui voudraient nous faire croire que tout, dans la société, doit être organisé pour le plus grand profit d’une minorité.
Au moment où nous nous souvenons avec fierté de Sadi, le savant et écrivain du Moyen Age, qui maîtrisait le droit, la logique, la dialectique, la grammaire et la rhétorique, ainsi que d’autres intellectuels africains qui ont enseigné à l’Université de Tombouctou, il nous faut poser la question : où sont les intellectuels africains aujourd’hui ?
Je rêve du jour où les mathématiciens et les informaticiens africains quitteront Washington et New York, où les physiciens, ingénieurs, docteurs, managers et économistes abandonneront Londres, Manchester, Paris et Bruxelles pour se joindre aux cerveaux du continent et entreprendre de trouver des solutions aux problèmes et aux défis de l’Afrique, d’ouvrir la porte de l’Afrique au monde du savoir, d’intégrer l’Afrique dans l’univers de la recherche sur les nouvelles technologies, l’éducation et l’information. Le renouveau de l’Afrique exige que son intelligentsia s’engage totalement dans la lutte titanesque et sans merci pour éradiquer la pauvreté, l’ignorance, la maladie et l’arriération, en s’inspirant des africains d’Égypte qui étaient, dans certains domaines, deux milles ans en avance sur les Européens de Grèce, eux qui maîtrisaient la géométrie, la trigonométrie, l’algèbre et la chimie.
Pour perpétuer leur domination impériale sur les peuples d’Afrique, les colonisateurs ont cherché à réduire l’esprit africain en esclavage et à détruire l’âme africaine. Ils nous ont obligés à accepter le fait que, en tant qu’Africains, nous n’avons rien apporté à la civilisation humaine, sauf en tant que bêtes de somme. En fin de compte, ils voulaient nous amener à nous mépriser nous-mêmes. Même s’ils voulaient bien admettre que nous n’étions pas des sous-hommes, ils n’envisageaient pas que nous puissions nous comparer au maître colonial. Nous étions à leurs yeux, dépourvus de la pensée originale et de la créativité qui ont donné au monde cet inestimable trésor de chefs-d’œuvre architecturaux et artistiques. La renaissance de notre continent commence par la redécouverte de notre âme, inscrite à jamais dans de grandes créations, tels les pyramides et les sphinx d’Égypte, le bâtiment en pierre d’Axum, les ruines de Carthage et du Zimbabwe, les peintures sur le roc de San, les bronzes du Bénin et les masques africains, les sculptures makonde et shona.
Dans cette redécouverte de nous-mêmes, cette restauration de notre propre dignité, sans lesquelles nous ne deviendrons jamais les combattants de la renaissance africaine, nous devons réécouter la musique des Congolais Zao et de Franco, la poésie du Sud-Africain Mazisi Kunene, et tourner notre regard vers les peintures du Mozambicain Malangatane et les sculptures du Sud-Africain Dumile Feni.
L’appel au renouveau de l’Afrique, pour la renaissance africaine, est un appel à la rébellion. Nous devons nous rebeller contre les tyrans et les dictateurs, ceux qui cherchent à corrompre nos sociétés et à voler des richesses qui n’appartiennent qu’au peuple. Nous devons nous rebeller contre ces criminels qui, tous les jours, tuent, violent et volent en toute impunité, et mener une guerre contre la pauvreté, l’ignorance et l’arriération des enfants d’Afrique. Il faut que, du Cap au Caire et de Madagascar au Cap-Vert, des hommes politiques et des hommes d’affaires, des jeunes et des femmes, des activistes, des syndicalistes, des chefs religieux, des artistes et des professionnels, révoltés par la condition de l’Afrique dans le monde, rejoignent les rangs de la grande croisade pour le renouveau de l’Afrique. Nous n’hésitons pas à leur dire : pour être un vrai Africain, il faut être un rebelle, il faut se battre pour la cause de la renaissance africaine.
''Auteur : Thabo Mvuyelwa MBEKI''
Note : Malheureusement, la corruption dépasse largement les frontières du continent noir. A Paris, par exemple, des escrocs cupides arnaquent les ignorants et les faibles...Il faut aussi se rebeller contre eux.
21 juillet 2006
A quand des monuments à la gloire des héros africains? 2
Pour faire suite à l'article sur les heros africains Pour qu'il y ait le maximum de yeux pour regarder et comprendre l'histoire africaine je viens relayer l'information ci-dessus que je vous prie de diffuser au maximum autour de vous, merci.
REGARDEZ Lundi 24 juillet soir sur ARTE à 23h55 HL
L’assassinat de Félix Moumié L’Afrique sous contrôle Documentaire de la télévision suisse romande de Frank Garbely
LISEZ
Victime du colonialisme français Mon mari Félix Moumié
Editions Duboiris, Paris, 2006, 176 pages, photos inédites, 15 euros.
Préface du président Ben Bella
Le débat suscité par la loi du 23 février 2005 sur « les aspects positifs de la colonisation » a peu donné la parole aux acteurs de l’histoire. Pour la première fois, Marthe Moumié, aujourd’hui âgée de 75 ans, témoigne. Elle a lutté pour l’indépendance de son pays, le Cameroun, et l’a payé au prix fort : séparation forcée d’avec sa fille, arrestation, torture, emprisonnement, exil, assassinat de son mari , le célèbre leader nationaliste camerounais Félix Moumié, par les services secrets français en 1960 à Genève …
Pour fuir les persécutions de l’administration coloniale, le couple Moumié a dû vivre dans la clandestinité, avant de se réfugier au Soudan puis en Egypte, où ils sont accueillis par le président Nasser. Leur fille Hélène doit suivre sa scolarité en Chine, séparée de ses parents. Après l’assassinat de son mari, Marthe Moumié tente de reconstruire sa vie : elle rencontre un militant nationaliste équato-guinéen, Athanasio Ndong, qui lutte contre les colons espagnols dans son pays. La vie de Marthe Moumié bascule à nouveau lorsque Athanasio est à son tour assassiné en 1969 alors qu’il est à la tête d’un parti politique en Guinée. Elle est aussitôt arrêtée, battue et torturée. Alors qu’elle demande d’être exilée en Guinée Conakry où repose le corps de son mari, les autorités équato-guinéennes décident de la renvoyer au Cameroun où elle sera à nouveau emprisonnée et maltraitée. Marthe Moumié passera encore cinq ans en prison et sera libérée le 14 juillet 1974.
Malgré toutes ces années de souffrance, Marthe Moumié ne garde ni haine ni rancune contre la France. Elle souhaite que son témoignage aide la jeunesse à connaître l’histoire du colonialisme telle que l’ont vécue les peuples colonisés. Dans son livre, Marthe Moumié évoque aussi ses rencontres avec les chefs d’Etat tels le Guinéen Sékou Touré, le Ghanéen Kwame Nkrumah, l’Egyptien Nasser, le Chinois Mao-Tse-Toung, le Vietnamien Ho-Chi-Minh et l’Algérien Ben Bella. A 88 ans, c’est avec émotion qu’Ahmed Ben Bella a accepté de préfacer ce livre et de porter son regard sur l’histoire coloniale dont il a été également victime et acteur de premier plan. Ben Bella a participé à la guerre contre les Nazis et à la Libération de la France au sein de l’armée française. Puis il a été l’un des leaders de la lutte pour l’indépendance algérienne avant de devenir le premier président de l’Algérie indépendante en 1963.
Contact : 06 61 11 20 78/contact@editionsduboiris.com/www.editionsduboiris.com
17 juillet 2006
Afrique-Europe : Migrations et problèmes des Hommes quel avenir ?
Du 10 au 11 juillet 2006, s'est tenue à Rabat au Maroc, la première rencontre interministérielle euro-africaine sur les problèmes des migrations entre ces deux continents.Elle a regroupé 57 pays africains et européens et certaines organisations humanitaires qui se sont bruyamment invitées à la table de négociation.
De ce qui est ressorti de cette conférence c’est une impression générale d’une rencontre pour rien, même si pour certains observateurs optimistes c’est signe que l’Europe reconnaît son échec et surtout le Maroc malgré ses exactions envers les négro-africains de l’année dernière passées sous silence internationale, ne peut continuer à jouer au gendarme de l’Europe, car le Maroc lui-même est un pays qui offre que l’émigration à sa jeunesse malgré son potentiel économique.
Une première et une dernière?
En effet pour la première fois des ministres de l’intérieur des pays émetteurs des migrants se rencontrent avec les pays qui reçoivent (par leur volonté ou contre) les immigrants.
Cette différence de langage cache plusieurs intérêts divergents voire opposés.
A cette conférence les ministres africains dans leur ensemble ont défendu les bienfaits de l’émigration de leur ressortissants tandis que les Européens voulaient choisir qui recevoir, combien recevoir et selon leurs critères. Pour les Européens il ne s’agit plus de subir « toute la misère du monde » pour précision disons africaine car il s’agit bien de cela. D’où dans un premier temps le barricadage de l’Europe de leurs frontières à partir de 1985, en durcissant les conditions d’entrée, la France et la plupart des pays européens ont rendu presque impossible l’obtention des visas d’entrée.
Cette politique menée depuis la fin des années 80 voilà bientôt 20 ans à réduit par 10, voire 15 le nombre de visas délivrés aux Africains par les pays Européens. Pour les Africains obtenir un visa européen relève des travaux d’Hercule ou de l’odyssée de Ulysse, cela en plus des humiliations. En dépit de tous ces efforts vains, la forteresse Europe n’arrive pas toujours pas à contenir l’invasion africaine, les Africains arrivent toujours et commencent à s’organiser pour revendiquer leurs droits fondamentaux. Les ressorts psychologiques qui les retenaient s'écroulent de plus en plus vite, plus besoin d'attendre des générations.
C’est ce qui explique le recours par les Africains d’autres moyens pour sortir de cette Afrique de plus en plus malade de la pauvrété, de manque de libertés individuelles et de démocratie. En effet tous les chiffres indicateurs de l’indice de développement humains sont en constante régression si bien qu’une ONG française s’est permise de diffuser un spot publicitaire alarmant l’opinion française de la disparition des vieux en Afrique, expliquant qu’à cause de manque de soins et de la pauvreté, les vieux sont une espèce en voie de disparition au même titre que les animaux d’Afrique. En effet l’espérance de vie moyenne en Afrique au sud du Sahara est inférieur à 50 ans pour la plupart d’entre eux.
Deux positions qui s'opposent pour combien de temps encore?
Avant de poursuivre, il sied de résumer les deux positions
Africaine : l’émigration est normale et s’intègre dans certaines politiques économiques de la plupart des pays africains, l’argent envoyé au pays par les expatriés a dépassé les montants ridicules de l’aide au développement.
Européenne : à cause de son postulat raciale, pense que le seuil a déjà été atteint, et que ces populations sont difficilement intégrables, car constituant des « minorités visibles » donc dérangeantes pour la pureté de la race blanche. A cette raison psychologique il faut ajouter que les économies européennes sont en très grande difficulté du fait de l’irruption de la Chine, de l’Inde (deux pays qui constituent à eu deux près de la moitié de la population mondiale) ainsi que des autres pays asiatiques. Les économies européennes n’ont plus besoin de main d’œuvre, car les usines se délocalisent vers l’Asie. L’Europe a besoin de cerveaux. A cause de sa politique de restrictive de visas d’entrée s’est aliénée les cerveaux africains, les cerveaux africains préfèrent les Etats Unis d’Amérique et le Canada. Ceux des cerveaux africains qui sont déjà sur le sol européen, ils ne peuvent pas faire l’affaire dans la mesure qu’ayant acquis des droits à la force de plusieurs batailles, surtout connaissant la nature profonde des Européens, ces derniers aux yeux des Européens seraient difficilement malléables, car le complexe racial ayant disparu pour avoir fait des études et fondé des familles avec des Européens.
Tandis que les Africains formés en Afrique et subissant de plein fouet la crise, sont facilement malléables et surtout complexés vis-à-vis du « blanc ». Pour exemple, une enquête informelle effectuée auprès de la majorité des cadres africains travaillant dans la compagnie Total au Congo sont en accord total avec la politique d’exploitation de leur entreprise vis-à-vis du bien congolais et la défendent.
L’Europe de façon unilatérale demanderait donc aux ministres africains d’empêcher l’émigration des jeunes africains.
En ce qui me concerne examinons cette position
Une vue unilatérale et hors contexte historique du problème
L’Europe à partir de cette vue étriquée croît résoudre le problème, pour la simple raison que sa position unilatérale relève d’abord d’un manque de courage d’assumer les dégâts humains qu’elle a causé en Afrique (entre l’Europe et l’Afrique il faut dire que c’est l’Europe qui a pillé, détruit l’autre et elle continue. L’Europe s’est bâtie sur le sang des Africains et leur spoliation. Elle refuse d’assumer l’histoire.
Elle oublie que si les Africains se précipitent en Europe c’est parce qu’elle l’Europe ne perd pas de temps et d’énergie pour vanter à longueur de journée 24 heures sur 24 cela par le biais des journaux, des télévisions par satellites et radio (RFI, BBC, la voix de l’Amérique, Radio Hollande ou Moscou etc…), les mérites de ce continent, dans les capitales africaines, les services culturels des ambassades des pays européens avec leurs bibliothèques orientées se dépensent pour faire la publicité. Le matraquage médiatique relèverait de la propagande stalienne.
Si l’Europe commence à vouloir associer les autorités potiches africaines, c’est surtout à cause leur opinion interne qui a l’impression d’être assiégée à cause des images télévision presque quotidiennes des naufrages des frêles embarcations empruntées par les Africains pour débarquer en Europe en dépit du durcissement des lois sur l’entrée et le séjour des étrangers sur leur sol. Non seulement que ces images prouvent que la forteresse Europe est prenable et que c’est peine perdue d’empêcher d’autres humains d’aller chercher ailleurs une vie meilleure.
Ainsi le traitement répressif qui continuerait à oublier les vraies causes du départ des Africains ne ferait qu’amplifier le problème en le complexifiant.
L’Europe a intérêt (chose très difficile pour elle) de s’acheminer vers une solution qui tiendrait compte du point de vue des Africains. Une position unilatérale n’est guère bonne.
Elle doit se rendre à l’évidence que la pression devient de plus en plus forte de deux côtés de la Méditerranée et cela malgré les lois répressives; tant que les économies européennes et africaines n’auraient pas trouvé le chemin de la prospérité, le problème demeurera entier.
A Rabat au Maroc, les représentants européens ont semblé continuer à camper sur leur position en privilégiant le traitement politique et surtout policier.
Quand les Africains de leur côté n’ont pas eu le courage de demander aux Européens d’assumer les conséquences de leurs stratégies economico-politiques, on peut conclure que ce fut un dialogue des sourds, une autre rencontre pour rien, sinon pour brasser du vent et faire semblant.
A mon humble avis le problème est multidimensionnel.
A problème multidimensionnel, traitement multidimensionnel
Le problème des migrations humaines entre l’Europe et l’Afrique vient de mettre à nu l’essoufflement et les limites humaines du système de spoliation institué entre ces deux continents. A souligner que le système fut imposé aux Africains, soit, mais que certains Africains ayant volontairement choisi la soumission collaborent à leur faire durer.
Le système actuel à dominance capitaliste basé sur l’exploitation de l’homme régit les relations euro-africaines.
Ce système économique est solidement adossé au système politique colonial en vigueur en Afrique. L’Afrique malgré les fameuses indépendances n’a jamais réussi à décoller économiquement , socialement, culturellement et politiquement.
Sur le plan économique, l’Afrique a du mal à nourrir sa population, sa production agricole détournée vers les cultures d’exportation pendant la colonisation, puis poursuivie les années d’indépendance a scellé le sort alimentaire des Africains. Ces derniers pour survivre devaient importer des pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique leur alimentation , c’est ainsi que la balance de la plupart des pays africains se trouvent déficitaire à cause du poste alimentation. Un pays comme le Congo pour un budget annuel d’Etat de près de 1000 milliards de francs cfa, dépense près de 200 milliards de francs cfa pour subvenir à ces besoins alimentaires (et dire que dans ce pays il pleut en moyenne 9 mois sur 12 et que près de 60% de sa superficie est constituée de foret).
La production agricole africaine pour nourrir les africains à continuellement baissé depuis les années 1970, cela du fait au profit du système défavorable de la baisse tendancielle des cours des produits agricoles d’exportation (coton, café, caoutchouc, palmiste, cacao, banane), c’est ce qui explique les famines récurrentes dans les pays du Sahel (Niger, Mauritanie, Guinée, Sénégal, Mali, Tchad) et de l’Est africain (Somalie, Ethiopie, Kenya, Tanzanie).
Cette orientation économique imposée par les diktats du FMI et banque Mondiale par leurs politiques de crédits (dans les années 60 jusqu’à maintenant) ces organismes occidentaux ne consentent à prêter que pour les cultures d’exportation. Le FMI et la banque Mondiale ont cassé au nom des accords de l’OMC le système performant ivoirien de garantie de prix au planteur de café et de cacao dit STABEX, quand dans le même temps l’union européenne augmentait ses subventions aux agriculteurs européens. La moitié du budget de l’union européenne est consacrée à l’agriculture, et les aides sont directes à l’agriculteur, ainsi la Pologne comme les récents pays membres admis à l’union européenne sont déjà performantes au niveau alimentaire, la vague d’immigrants polonais n’a pas déferlé sur l’Europe.
Par le biais de ce système d’exploitation, l’Europe sous couvert de l’OMC empêche aux gouvernants africains de subventionner leur agriculture vivrière, du coup les élevages des poulets bicyclette ferment une à une en Afrique.
Avec plus de 60% de sa population ayant moins de 27 ans, chiffre qui va continuer à s’accroître du fait même de l’abaissement de l’espérance de vie, les gouvernement africains doivent offrir du travail à cette jeunesse qui a manqué de formation. Les politiques d’ajustement structurelles ayant préconisé la réduction drastique des fonctionnaires (enseignants, infirmiers, vétérinaires, médecins). Les jeunes ne pouvant pas non plus se diriger vers l’agriculture, car ils ne pourront pas vendre leurs produits (trop chers) qui seront en concurrence directe avec ceux de l’UE, bénéficiant des subventions.
Les gouvernements africains en dépit de leur notoire incompétence, pour continuer à rester au pouvoir acceptent les diktats occidentaux en matière économiques, des politiques économiques qui privent pour l’essentiel les Africains de ressources financières et des allocations factorielles de base (santé, éducation, logement, justice et démocratie)., ce qui fait non seulement incapables d’offrir de la nourriture et du travail à leur population notamment la jeunesse, ces gouvernements accentuent le désespoir par le manque d’ouverture démocratique.
Modifier les rapports internationaux notamment en ce qui concerne les règles mondiales du commerce agricole. Tant que les pays du Nord et de l’Asie continueront à subventionner leur agriculture et que le FMI et la banque Mondiale continueront à imposer le libéralisme à tout va aux pays africains en empêchant les gouvernements africains de subventionner leur agriculture, du coup tous ces éléments rendant l’agriculture pas du tout lucrative en poussant les paysans vers les villes (le taux d’urbanisation des pays africains a dépassé celui des pays d’Europe et des USA, on relève de chiffres dépassant 65% ) tout cela ayant pour conséquences :
L’augmentation de la pauvreté rurale
Ø Augmentation des bidonvilles
Ø Augmentation d’insalubrité donc des maladies infantiles et de sa mortalité
Ø Augmentation du taux de chômage, les migrants ruraux n’ayant pas pour la plupart de formation professionnelle, ces derniers manqueraient de tout (école, loisirs, santé, travail) d’où criminalisation de la vie privée et politique en Afrique.
Ø Augmentation des importations des produits alimentaires européens, asiatiques et américains avec conséquences augmentation de l’achat des devises étrangères.
Les problèmes économiques sont nombreux je ne vais pas les citer tous, mais je peux par contre affirmer qu’ils découlent du système d’échange issu de la traite négrière, ce système inique mis en place par les Européens depuis bientôt 6 siècles est largement accepté de manière passive par les élites africaines.
Et donc il est normal pour eux que les jeunes aillent chercher le salut ailleurs que sur la terre de leur ancêtres. Avant les Européens embarquaient de force les Africains, aujourd’hui les Africains se jettent à la mer de leur propre gré à la seule différence que le retour est possible. Mais, plusieurs études sociologiques prouvent que les immigrés retournent difficilement dans leur pays. Enfin bref revenons à notre sujet.
Il faut dire que les Européens sont très malins, comment concevoir que les mêmes déploient de l’arrogance (centres culturels pour les élites) et de l’argent (télévision, radio, publicité pour le reste de la population), pour attirer les Africains chez eux, et le re poussent en même temps ?
A cette question il faut rechercher les réponses dans la psychologie existentielle du « blanc » car l’histoire est en train de le rattraper « chaque chose a un fin ».
Spoliant les Africains cela depuis plus de 5 siècles, l’Europe a du mal à reconnaître sa responsabilité historique dans ce drame humain. Elle veut toujours continuer à jouir, mais le gâteau s’est rétréci, il va falloir partager. L’Europe n’a pas encore compris cela, c’est pour cela qu’elle veut d’abord exclure, d’où l’accélération des proposition d’aide au retour pour les étrangers qui habitent sur leur sol, des mesures d’exclusion de tous les nécessiteux européens (modification des lois sur le chômage, les retraites, l’assurance maladie).
En effet les chose ayant évolué car le capitalisme a une chose de géniale, c’est que « l’argent n’a pas de couleur et d’odeur » et c’est sa plus grande faille. Il y a aussi le fait du fait de l’essoufflement des économies occidentales face à celles de l’Orient (Asie), les besoins impérieux des Hommes depuis longtemps standardisés par l’impérialisme culturel américain augmentent la pression. Les politiciens européens en manque d’idées et d’audace préconisent le durcissement des lois envers les étrangers et l’exclusion d ‘une partie de leur population.
C’est ce qui ressort du plan adopté à Rabat ce sont des mesures vagues du genre :
ØCoopération entre l’Europe et l’Afrique dans le contrôle des frontières
ØRéduction de la pauvreté
ØAccroissement de l’aide au développement
ØEt l’Europe sans scrupule souhaite contrôler les flux financiers émanant des ressortissants africains à destination de leurs pays.
A lire ces mesures on comprend vite que les ministres africains et européens n’ont rien compris à la chose.
Pour les ministres africains c’était l’occasion de remettre à plat les rapports économiques existants, mais hélas les ministres africains n’ont pas encore saisi tous les contours du problème.
Il faut changer de vision et notre rapport au temps
Aux politiciens européens, je crois qu’il faut qu’ils aient le courage de changer de vision, car à y regarder de près, les Africains et eux se trouvent dans le même bateau.
En effet je me suis amusé à faire une toute petite projection sur les rapports entre Européens et Africains, en prenant le cas de la France par exemple.
Si la France au lieu de prendre de haut ses anciennes colonies en établissant au contraire des rapports de respect et de considération, je suis convaincu qu’elle gagnerait beaucoup.
Prenons l’exemple du domaine de l’automobile, pour ma part il est logique que les Asiatiques occupent le terrain. Ils ont de très bon pris et on peut trouver des pièces de rechange ce qui n’est pas le cas avec les voitures françaises comment en sommes-nous arrivés là ?
Première réponse, à cause de l’idéologie coloniale, Renault et Peugeot ont privilégié la mise en concession à des européens au lieu de faire confiance au Africains
De deux les voitures françaises n’étaient pas adaptées au coût de la vie des Africains trop chères car la politique néo coloniale ne permettant pas un enrichissement des africains.
L’Europe en faisant la PAC (politique commune agricole) a oublié de subventionner les voitures et autre objets industriels, préférant appauvrir les paysans africains, du coût les pays africains ont manqué d’argent. Les sociétés françaises installées en Afrique ne respectent aucune législation et chercher à réaliser des super méga profits au détriments de la population autochtone. Ler comportement de Elf-total au Congo est la première cause de l’augmentation de l’immigration des Congolais en France. Imaginez un seul instant que les pays comme le Gabon, le Cameroun, le Congo avec leurs multiples richesses minières et humaines, que le niveau de vie des populations avaient atteint la moitié de celui des pays du golfe. Quel marché pour les produits français qui bénéficiaient d’une grande image de marque de qualité par rapport aux produits asiatiques. On ne parlerait pas en France de délocalisation et d’immigrés car les Camerounais, les Gabonais, les Congolais resteraient chez eux.
La France par sa cupidité et arrogance raciale s’est aliénée les marchés africains, à force de multiplier les obstacles pour les visas, les petits commerçants ont trouvé le chemin de Dubaï, Hong Kong et autres pôles asiatiques. Elle s’est aliénée un marché de près de 80 millions de consommateurs, forcément cela apparaît sur la balance commerciale.
En ce qui concerne les produits manufacturés la France a perdu sa première place dans les pays de la zone franc, elle arrive à se maintenir à cause de son système de traite monétaire le franc cfa. Le jour où ces pays auront leur monnaie, la France à moins de faire la guerre perdra de toute son influence, c’est la monnaie qui maintient ces pays dans son captif giron.
Comme on le voit pour la France et les autres pays, la solution à l’immigration se trouve dans la remise en cause totale du système économico-politique actuel qui appauvrit l'Afrique et ce n'est que justice si ces habitants veuillent la quitter pour aller recuperer quelques miettes de leur bien.
Qui aura le courage de le remettre ? That is the question, pour la réponse semble évidente : l’évolution humaine et surtout que le temps n’est plus le même, car les rapports de force se modifient à la vitesse de l’internet maintenant. Ce qui prenait 1 ou 2 siècles avant ne prend plus que 10 ans à peine. Il nous faut changer notre rapport au temps.
10 juillet 2006
Elections au Congo rive droite : entre boycott et participation
A l’orée des élections législatives et présidentielles qui se profilent respectivement en 2007 et 2009, compte tenu de la situation politique, sociale et économique difficile, de la méfiance qui caractérise le personnel politique congolais, l’on est en droit de s’interroger sur les motivations des protagonistes de ces élections. Les conditions socio-politiques qui entoureraient ces élections pour le moment ne permettent pas de prédire une issue pacifique.
Alors dans ces conditions la question qui se pose actuellement aux Congolais est la suivante : participer ou pas aux élections législatives de 2007 et présidentielles de 2009 ?
L’opposition congolaise, malgré son désir d’y participer, accuserait déjà le pouvoir en place de les truquer. Elle se trouve pour cela confortée dans cette idée par les expériences Togolaise, Burkinabée, gabonaise, et Tchadienne, même si de façon objective le Bénin fait figure d’exception. Dans ce dernier cas on peut avancer l’argument que le Bénin avait réussi son alternance et le renouvellement de la classe politique s’opère de façon positive et qui plaiderait pour une participation aux élections.
Une autre partie de l’opposition préconiserait le boycott, en accusant le pouvoir en place de manque de sincérité et de culture démocratique. Pour elle, la constitution actuelle taillée sur mesure pour le président Sassou n’a pas permis une vie démocratique réelle d’où absence de notion de tolérance et de culture démocratique au sein du personnel politique. En effet la vie politique dans une démocratie n’a pas eu lieu en commençant par le parlement qui n’aurait pas joué son rôle.
La partie de l’opposition contre ces élections croit aussi davantage, que l’issue est déjà connue d’avance, le pouvoir actuel n’avait pas hésité à prendre les armes en juin 1997, quand bien même les élections étaient prévues pour le 27 juillet de la même année. Les élections qu’il organisa par la suite furent empreintes de fraudes massives, de l’aveu même de certains membres influents du PCT (parti au pouvoir).
La partie de l’opposition opposée aux élections pense que si les élections ont lieu, c’est pour conduire à un changement de régime. Ce qui fait que les tenants du pouvoir compte tenu des enjeux financiers énormes détenu par certains milieux ethno-oligarchiques auraient du mal à lâcher du lest dans la gestion de ces élections, d’où la tentation de la fraude à défaut de convaincre par la concussion et la corruption les derniers des irréductibles.
Ainsi avant 2007 et 2009, l’opposition dans sa globalité débat de la question. C’est pour essayer d’apporter un élément de réponse que j’expose ci-dessous mon avis.
Participer ou pas aux élections législatives de 2007 et présidentielles de 2009 ?
Ce qui nous amène à s’interroger sur le rôle du parlement congolais au vu de la constitution actuelle et surtout des pratiques parlementaires observées ces cinq dernières années (2002-2007). Tous les analystes congolais s’accorderont à dire que le parlement congolais n’a aucun pouvoir du fait de son impossibilité de sanctionner le président de la république.
Deuxième élément d’analyse est le non-renouvellement du personnel politique, l’ancien personnel du fait de ses atavismes culturels notamment le droit d’aînesse, accepte difficilement d’accorder de la place à la jeune génération. Il faut aussi souligner que l’ancienne génération est aidée en cela par la pusillanimité des jeunes, ces derniers se considèrent toujours enfants même à 40 ans. Ils ressentent le besoin de se soumettre volontairement à un yaya (grand, vieux). Il faut dire qu’ils ont été éduqués dans ce sens.
En ce qui concerne l’élection présidentielle de 2009, quels sont les éléments qui plaideraient à une ouverture d’esprit démocratique de la part de Sassou, au cas où ce dernier arriverait à perdre?
Pour l’heure je crois qu’il n’en existe aucun. Sassou aime le pouvoir et est entouré de tout un monde qui ne voudrait jamais lâcher le pouvoir. La preuve, en 1992 après avoir obtenu 17% des suffrages des Congolais, éliminé dès le premier tour (3è), en tant que président sortant, il a fait la guerre à un président élu démocratiquement 5 ans plus tard en 1997.
En plus de 20 ans de pouvoir, s’il avait l’esprit démocratique et la notion d’honneur qui caractérise les grands hommes comme Mandela Madiba, il aurait accepté de rendre son tablier au vu de son catastrophique et meurtrir bilan. Ce qui n’est pas le cas et je ne vois pas « Sassou organiser son suicide politique » comme qui dirait l’autre.
Au vu de ces éléments une première réponse négative s’impose. Il vaut mieux laisser Monsieur Sassou seul, continuer à montrer qui il est véritablement et surtout l’obliger à prendre ses responsabilités historiques comme en 1990 et 1992.
En effet l’agitation politique de l’opposition congolaise en vue des élections de 2007 et 2009, prouvent par là qu’elle n’a rien compris à l’action politique et surtout à l’essence même du suffrage universel.
Pendant cinq ans elle s’est illustrée par sa complaisance en participant à un semblant de démocratie soit-disant au nom de la paix, le pompier pyromane faisant croire aux victimes que ce sont eux les pyromanes drôle de technique.
L’opposition congolaise (s’il y en a véritablement) en dépit du capital affectif de sympathie qu’elle bénéficie de la part des populations congolaises (du aux souffrances qu’elles endurent) souffre d’un manque patent d’implantation politique locale au sein des populations la rendant fragile.
L’opposition congolaise a l’illusion d’incarner une opposition, dans le fond il n’en est rien, car elle s’est illustrée par sa collaboration au système. Elle a permis à Sassou de montrer à l’international qu’il est démocratique. Donc pour cette opposition participer aux élections de 2007 dans les conditions actuelles qui ressemblent à 99% à celles de 2002 équivaut à une collaboration, à la non-démocratie qui existe actuellement au Congo.
Comment cette opposition peut-elle prétendre participer à des élections si elle ne peut s’exprimer librement ? La non libéralisation des médias (radio et télévision) doit être la première condition. Pour prétendre participer aux élections 2007, l’opposition doit exiger l’obtention de la création des radios libres avant septembre 2006.
A l’opposé examinons les raisons qui plaideraient pour une participation aux élections 2007.
Dans un premier temps, il faudrait découpler ces deux élections.
Un second élément qui plaide, une participation même perdue d’avance permets d’installer des réflexes de vote au sein de la population. De prouver à l’ensemble du peuple qui n’est jamais dupe que le pouvoir s’obtient désormais par le vote. Une participation de l’opposition au vote doit être pour elle une occasion d’exposer les contours d’une alternative pacifique à la dictature. Elle peut aussi obliger cette dernière à une ouverture démocratique.
L’opposition doit participer aux élections si elle présente des candidats uniques face au pouvoir dans toutes les circonscriptions, une autre façon pour elle de briser le fameux schéma de confrontation politicienne Nord-Sud à forte connotation ethniciste.
Si elle obtient le décompte des voix de chaque bureau de vote sur place après la clôture des opérations. Avec des téléphones on peut transmettre en temps réel les résultats.
Dernière raison qui plaide pour une participation aux élections, si l’opposition est prête à donner de sa vie, à aller jusqu’au bout de la logique.
En conclusion, on peut dire que les élections de 2007 vont marquer un tournant dans la vie politique congolaise, elles peuvent être le passage enfin trouvé vers la démocratie congolaise ou bien l’enracinement dans la dictature.
04 juillet 2006
ARCELOR – MITTAL STEEL suite et fin?
Le 26 juin 2006, le conseil du comité d’entreprise de la firme transnationale Arcelor donnait son feu vert pour un mariage avec l’indien de Mittal Steel. Les actionnaires de Arcelor venaient d’avoir raison de la vision de la direction et des propos méprisants des politiques occidentaux.
Ca y est après 5 mois de bataille boursière l’indien MITTAL STEEL a gagné son combat, même s’il avait des concessions pour ne pas fâcher la direction de ARCELOR cela étant dit il vaut mieux un mariage de raison que d’une guerre.
Cette fusion au plan historique dans les relations entre le monde dit « Occidental » et le reste du monde vient de prouver que le capitalisme n’a rien à voir avec la morale et la politique, même à l’intérieur des pays occidentaux. C’est le règne de l’argent facile et de l’individualisme qui prévaut. En somme ce qui a fait basculer les choses, c’est que les petits actionnaires ont accepté l’offre de l’Indien Mittal. En effet ces petits porteurs se voyaient offrir un bénéfice de près de 80% soit près de dix fois de gain que la bourse offre en temps normal. Dans ces conditions, il fallait être fou pour ne pas accepter d’apporter ces actions à Mittal.
Pour mémoire avant l’offre d’achat des actions de Arcelor par Mittal, elles valaient au mois de novembre 2005 près de 18 euros (moins de 20 euros en janvier 2006) contre 36 euros en juin 2006.
Cette histoire montre que le patriotisme économique, ne tient pas un seul moment debout face au bon sens des règles élémentaires de l’économie et des finances vues au niveau de l’individu. .
Les actionnaires de ARCELOR ont préféré faire confiance à l’indien qui a réussi par la force du poignée qu’a l’oligarque russe qui s’est vite enrichi sur les décombres de l’URSS .
Cette histoire nous autorise les enseignements suivants :
- Que les acteurs économiques des Pays en voie de développement ont la possibilité réelle de changer le monde, tout dépend de leur volonté.
- La politique n’a aucune influence sur l'économie
- Le système de la bourse avec les petits actionnaires permet les Raids
- Que l’Occident n’est pas invincible à ne pas confondre avec son déclin.



