Pour continuer le debat pour ou contre l'intangibilité des frontières héritées de la conférence de Berlin (1885) et de la colonisation, je vous donne à lire la réponse de notre ami Koulama.

ORGANISER LES FRONTIERES COLONIALES PAR UNE GEOPOLITIQUE SIMPLE

L'union africaine devra se bâtir sur la base d'un partenariat politique et économique très étroit, avec une monnaie unique, mais doit tenir compte des frontières actuelles, en les ramenant dans une autre approche géopolitique africaine.

Le problème que connaît l'Afrique aujourd'hui est lié en partie par des frontières coloniales, tracées par les européens, sans avoir demander démocratiquement nos avis, c’est donc une imposition pour bien contrôler le continent d’une part, et éviter des guerres entre européens dans le continent.

L’histoire du monde démontre, lorsque des communautés différentes ayant aussi des caractéristiques différentes sont imposées à vivre ensemble pour former un état, la dislocation de ce dernier est prévisible. C’est ainsi que la Yougoslavie (frontière créée par les européens sous Tito) s’est éclatée. Dans ce sens, les frontières coloniales sont en grande partie la source des conflits en Afrique, le plus souvent ethnique.

Bon nombre d’africains ou de congolais en particulier, pensent que les dirigeants divisent la population de façon ethnique pour bien régner, or, essayons d’entrer dans les analyses sociologiques et historiques :

• Sur notre base psychosocial : l’homme né et grandit dans une sphère ou il puise toute son éducation, sa culture, ses coutumes et ses enracinements, lesquels il en reproduira durant son évolution. Il ressort donc, notre base psychosociale étant tribale, que les dirigeants reproduisent naturellement ces valeurs tribales qui sont aussi les leurs, pour leurs intérêts. Ces valeurs se retrouvent aussi sur les choix économiques, en délaissant les chemins du réalisme économique au profit des régions où ils sont natifs. Ce dernier point montre que l’utilisation du tribalisme est, bien lié, aux complexes liés aux hégémonies entre communautés différentes, en extrapolant vers la définition du racisme primaire qui est « l’hégémonie d’une race envers une autre dans le but de domination »,

• Sur l’aire culturelle Kongo où les différents royaumes la composant était autonomes et indépendants, sans aucune guerre des tribus ne soit signalée dans les manuels, on peut par conséquent, approuver que cette forme d’organisation sociale détruite par les européens, devrait nous servir d’inspiration.

Or l’union africaine ou les états africains n’ont jamais pris en compte, les particularités historiques et culturelles de chaque communauté constituant les états et permettre, ainsi, de trouver un équilibre pour vivre ensemble. Autour des frontières du Congo actuel qui est le brassage de plusieurs communautés, il est nécessaire de rejeter les constitutions néo-coloniales de la CNS et du dictateur de M’pila, afin de créer celle qui approche d’avantage les différentes communautés vers leurs destins, leurs cultures et nous y donnerons un sens à ces frontières.

Dans le but de dynamiser nos forces, les intégrations régionales seront plus efficaces que l’intégration africaine, dont l’autorité sera très éloignée des peuples africains. Il nous faut garder les tracés coloniaux à condition que les peuples qui les composent s’y adhèrent pleinement et imaginer d’autres formes d’organisation en Afrique :
• Les états intégrés sous les intégrations régionales, dont le fonctionnement sera celui des véritables confédérations.
• Les intégrations régionales, intégrées elle-même sous l’intégration africaine, laquelle n’aura que pour rôle de fixer la politique commune, économique et étrangère des états africains, et aura en son sein des organismes sur la santé, l’éducation, les finances…Afin d’éviter une technocratie, le dirigeant de l’union africaine devra être élu par les africains et ses prérogatives très limitées.

Le but est de sortir les états de leurs faiblesses liées aux économies et pour certaines aux constitutions mal adaptées qui poussent au loin l’existence d’une nation, d’une réelle démocratie et pour l’Afrique, la rendre plus pratique, plus opérationnelle, plus forte pour protéger le continent.

Appolinaire KOULAMA
02 juillet 2006 à 22:43
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