Du 10 au 11 juillet 2006, s'est tenue à Rabat au Maroc, la première rencontre interministérielle euro-africaine sur les problèmes des migrations entre ces deux continents.Elle a regroupé 57 pays africains et européens et certaines organisations humanitaires qui se sont bruyamment invitées à la table de négociation.

De ce qui est ressorti de cette conférence c’est une impression générale d’une rencontre pour rien, même si pour certains observateurs optimistes c’est signe que l’Europe reconnaît son échec et surtout le Maroc malgré ses exactions envers les négro-africains de l’année dernière passées sous silence internationale, ne peut continuer à jouer au gendarme de l’Europe, car le Maroc lui-même est un pays qui offre que l’émigration à sa jeunesse malgré son potentiel économique.

Une première  et une dernière?

En effet pour la première fois des ministres de l’intérieur des pays émetteurs des migrants se rencontrent avec les pays qui reçoivent (par leur volonté ou contre) les immigrants.

Cette différence de langage  cache plusieurs intérêts divergents voire opposés.

A cette conférence les ministres africains dans leur ensemble ont défendu les bienfaits de l’émigration de leur ressortissants tandis que les Européens voulaient choisir qui recevoir, combien recevoir et selon leurs critères. Pour les Européens il ne s’agit plus de subir « toute la misère du monde » pour précision disons africaine car il s’agit bien de cela. D’où dans un premier temps le barricadage de l’Europe de leurs frontières à partir de 1985, en durcissant les conditions d’entrée, la France et la plupart des pays européens ont rendu presque impossible l’obtention des visas d’entrée.

Cette politique menée depuis la fin des années 80 voilà bientôt 20 ans à réduit par 10, voire 15 le nombre de visas délivrés aux Africains par les pays Européens. Pour les Africains obtenir un visa européen relève des travaux d’Hercule ou de l’odyssée de Ulysse, cela en plus des humiliations. En dépit de tous ces efforts vains, la forteresse Europe n’arrive pas  toujours pas à contenir l’invasion africaine, les Africains arrivent toujours et commencent à s’organiser pour revendiquer leurs droits fondamentaux. Les ressorts psychologiques qui les retenaient s'écroulent de plus en plus vite, plus besoin d'attendre des générations.

C’est ce qui explique le recours par les Africains d’autres moyens pour sortir de  cette Afrique de plus en plus malade de la pauvrété, de manque de libertés individuelles et de démocratie. En effet tous les chiffres indicateurs de l’indice de développement humains sont en constante régression si bien qu’une ONG française s’est permise de diffuser un spot publicitaire alarmant l’opinion française de la disparition des vieux en Afrique, expliquant qu’à cause de manque de soins et de la pauvreté, les vieux sont une espèce en voie de disparition au même titre que les animaux d’Afrique. En effet l’espérance de vie moyenne en Afrique au sud du Sahara est inférieur à 50 ans pour la plupart d’entre eux.

Deux positions qui s'opposent pour combien de temps encore?

Avant de poursuivre, il sied de résumer les deux positions

Africaine : l’émigration est normale et s’intègre dans certaines politiques économiques de la plupart des pays africains, l’argent envoyé au pays par les expatriés a dépassé les montants ridicules de l’aide au développement.

Européenne : à cause de son postulat raciale, pense que le seuil a déjà été atteint, et que ces populations sont difficilement intégrables, car constituant des « minorités visibles » donc dérangeantes pour la pureté de la race blanche. A cette raison psychologique il faut ajouter que les économies européennes sont en très grande difficulté du fait de l’irruption de la Chine, de l’Inde (deux pays qui constituent à eu deux près de la moitié de la population mondiale) ainsi que des autres pays asiatiques. Les économies européennes n’ont plus besoin de main d’œuvre, car les usines se délocalisent vers l’Asie. L’Europe a besoin de cerveaux. A cause de sa politique de restrictive de visas d’entrée s’est aliénée les cerveaux africains, les cerveaux africains préfèrent les Etats Unis d’Amérique et le Canada. Ceux des cerveaux africains qui sont déjà sur le sol européen, ils  ne peuvent pas faire l’affaire dans la mesure qu’ayant acquis des droits à la force de plusieurs batailles, surtout connaissant la nature profonde des Européens, ces derniers aux yeux des Européens seraient difficilement malléables, car le complexe racial ayant disparu pour avoir fait des études et fondé des familles avec des Européens.

Tandis que les Africains formés en Afrique et subissant de plein fouet la crise, sont facilement malléables et surtout complexés vis-à-vis du « blanc ». Pour exemple, une enquête informelle effectuée auprès de la majorité des cadres africains travaillant dans la compagnie Total au Congo sont en accord total avec la  politique d’exploitation de leur entreprise vis-à-vis du bien congolais et la défendent.

L’Europe de façon unilatérale demanderait donc aux ministres africains d’empêcher l’émigration des jeunes africains.

En ce qui me concerne examinons cette position

Une vue unilatérale et hors contexte historique du problème

L’Europe à partir de cette vue étriquée croît résoudre le problème, pour la simple raison que sa position unilatérale relève d’abord d’un manque de courage d’assumer les dégâts humains qu’elle a causé en Afrique (entre l’Europe et l’Afrique il faut dire que  c’est l’Europe qui a pillé, détruit l’autre et elle continue. L’Europe s’est bâtie sur le sang des Africains et leur spoliation. Elle refuse d’assumer l’histoire.

Elle oublie que si les Africains se précipitent en Europe c’est parce qu’elle l’Europe ne perd pas de temps et d’énergie pour vanter à longueur de journée 24 heures sur 24 cela par le biais des journaux, des télévisions par satellites et radio (RFI, BBC, la voix de l’Amérique, Radio Hollande ou Moscou etc…), les mérites de ce continent, dans les capitales africaines, les services culturels des ambassades des pays européens avec leurs bibliothèques orientées se dépensent pour faire la publicité.  Le matraquage médiatique relèverait de la propagande stalienne.

Si l’Europe commence à vouloir associer les autorités potiches africaines, c’est surtout à cause leur opinion interne qui a l’impression d’être assiégée à cause des images télévision  presque quotidiennes des naufrages des frêles embarcations empruntées par les Africains pour débarquer en Europe en dépit du durcissement des lois sur l’entrée et le séjour des étrangers sur leur sol. Non seulement que ces images prouvent que la forteresse Europe est prenable et que c’est peine perdue d’empêcher d’autres humains d’aller chercher ailleurs une vie meilleure.

Ainsi le traitement répressif qui continuerait à oublier les vraies causes du départ des Africains ne ferait qu’amplifier le problème en le complexifiant.

L’Europe a intérêt (chose très difficile pour elle) de s’acheminer vers une solution qui tiendrait compte du point de vue des Africains. Une position unilatérale n’est guère bonne.

Elle doit se rendre à l’évidence que la pression devient de plus en plus forte de deux côtés de la Méditerranée et cela malgré les lois répressives; tant que les économies européennes et africaines n’auraient pas trouvé le chemin de la prospérité, le problème demeurera entier.

A Rabat au Maroc, les représentants européens ont semblé continuer à camper sur leur position en privilégiant le traitement politique et surtout policier.

Quand les Africains de leur côté n’ont pas eu le courage de demander aux Européens d’assumer les conséquences de leurs stratégies economico-politiques, on peut conclure que ce fut un dialogue des sourds, une autre rencontre pour rien, sinon pour brasser du vent et faire semblant.

A mon humble avis le problème est multidimensionnel.

A problème multidimensionnel, traitement multidimensionnel

Le problème des migrations humaines entre l’Europe et l’Afrique vient de mettre à nu l’essoufflement et les limites humaines du système de spoliation institué entre ces deux continents. A souligner que le système fut imposé aux Africains, soit, mais que certains Africains ayant volontairement choisi la soumission collaborent à leur faire durer.

Le système actuel à dominance capitaliste basé sur l’exploitation de l’homme régit les relations euro-africaines.

Ce système économique est solidement adossé au système politique colonial en vigueur en Afrique. L’Afrique malgré les fameuses indépendances n’a jamais réussi à décoller économiquement , socialement, culturellement et politiquement.

Sur le plan économique, l’Afrique a du mal à nourrir sa population, sa production agricole détournée vers les cultures d’exportation pendant la colonisation, puis poursuivie les années d’indépendance a scellé le sort alimentaire des Africains. Ces derniers pour survivre devaient importer des pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique leur alimentation , c’est ainsi que la balance de la plupart des pays africains se trouvent déficitaire à cause du poste alimentation. Un pays comme le Congo pour un budget annuel d’Etat de près de 1000 milliards de francs cfa, dépense près de 200 milliards de francs cfa pour subvenir à ces besoins alimentaires (et dire que dans ce pays il pleut en moyenne 9 mois sur 12 et que près de 60% de sa superficie est constituée de foret).

La production agricole africaine pour nourrir les africains à continuellement baissé depuis les années 1970, cela du fait au profit du système défavorable de la baisse tendancielle des cours des produits agricoles d’exportation (coton, café, caoutchouc, palmiste, cacao, banane), c’est ce qui explique les famines récurrentes dans les pays du Sahel (Niger, Mauritanie, Guinée, Sénégal, Mali, Tchad) et de l’Est africain (Somalie, Ethiopie, Kenya, Tanzanie).

Cette orientation économique imposée par les diktats du FMI et banque Mondiale par leurs politiques de crédits (dans les années 60 jusqu’à maintenant) ces organismes occidentaux ne consentent à prêter que pour les cultures d’exportation. Le FMI et la banque Mondiale ont cassé au nom des accords de l’OMC le système performant ivoirien de garantie de prix au planteur de café et de cacao dit STABEX, quand dans le même temps l’union européenne augmentait ses subventions aux agriculteurs européens. La moitié du budget de l’union européenne est consacrée à l’agriculture, et les aides sont directes à l’agriculteur, ainsi la Pologne comme les récents pays membres admis à l’union européenne sont déjà performantes au niveau alimentaire, la vague d’immigrants polonais n’a pas déferlé sur l’Europe.

Par le biais de ce système d’exploitation, l’Europe sous couvert de l’OMC empêche aux gouvernants africains de subventionner leur agriculture vivrière, du coup les élevages des poulets bicyclette ferment une à une en Afrique.

Avec plus de 60% de sa population ayant moins de 27 ans, chiffre qui va continuer à s’accroître du fait même de l’abaissement de l’espérance de vie, les gouvernement africains doivent offrir du travail à cette jeunesse qui a manqué de formation. Les politiques d’ajustement structurelles ayant préconisé la réduction drastique des fonctionnaires (enseignants, infirmiers, vétérinaires, médecins). Les jeunes ne pouvant pas non plus se diriger vers l’agriculture, car ils ne pourront pas vendre leurs produits (trop chers) qui seront en concurrence directe avec ceux de l’UE, bénéficiant des subventions.

Les gouvernements africains en dépit de leur notoire incompétence, pour continuer à rester au pouvoir acceptent les diktats occidentaux en matière économiques, des politiques économiques qui privent pour l’essentiel les Africains de ressources financières et des allocations factorielles de base (santé, éducation, logement, justice et démocratie)., ce qui fait non seulement incapables  d’offrir de la nourriture et du travail à leur population notamment la jeunesse, ces gouvernements accentuent le désespoir par le manque d’ouverture démocratique.

Modifier les rapports internationaux notamment en ce qui concerne les règles mondiales du commerce agricole. Tant que les pays du Nord et de l’Asie continueront à subventionner leur agriculture et  que le FMI et la banque Mondiale continueront à imposer le libéralisme à tout va aux pays africains en empêchant les gouvernements africains de subventionner leur agriculture, du coup tous ces éléments rendant l’agriculture pas du tout lucrative en poussant les paysans vers les villes (le taux d’urbanisation des pays africains a dépassé celui des pays d’Europe et des USA, on relève de chiffres dépassant 65% ) tout cela ayant pour conséquences :

L’augmentation de la pauvreté rurale

Ø Augmentation des bidonvilles

Ø Augmentation d’insalubrité donc des maladies infantiles et de sa mortalité

Ø Augmentation du taux de chômage, les migrants ruraux n’ayant pas pour la plupart de formation professionnelle, ces derniers manqueraient de tout (école, loisirs, santé, travail) d’où criminalisation de la vie privée et politique en Afrique.

Ø Augmentation des importations des produits alimentaires européens, asiatiques et américains avec conséquences augmentation de l’achat des devises étrangères.

Les problèmes économiques sont nombreux je ne vais pas les citer tous,  mais je peux par contre affirmer qu’ils découlent du système d’échange issu de la traite négrière, ce système inique mis en place par les Européens depuis bientôt  6 siècles est largement accepté de manière passive par les élites africaines.

Et donc il est normal pour eux que les jeunes aillent chercher le salut ailleurs que sur la terre de leur ancêtres. Avant les Européens embarquaient de force les Africains, aujourd’hui les Africains se jettent à la mer de leur propre gré à la seule différence que le retour est possible. Mais, plusieurs études sociologiques prouvent que les immigrés retournent difficilement dans leur pays. Enfin bref revenons à notre sujet.

Il faut dire que les Européens sont très malins, comment concevoir que les mêmes déploient de l’arrogance (centres culturels pour les élites) et de l’argent (télévision, radio, publicité pour le reste de la population),  pour attirer les Africains chez eux,  et le re poussent en même temps ?

A cette question il faut rechercher les réponses dans la psychologie existentielle du « blanc » car l’histoire est en train de le rattraper « chaque chose a un fin ».

Spoliant les Africains cela depuis plus de 5 siècles, l’Europe a du mal à reconnaître sa responsabilité historique dans ce drame humain. Elle veut toujours continuer à jouir, mais  le gâteau s’est rétréci, il va falloir partager. L’Europe n’a pas encore compris cela, c’est pour cela qu’elle veut d’abord exclure, d’où l’accélération des proposition d’aide au retour pour les étrangers qui habitent sur leur sol, des mesures d’exclusion de tous les nécessiteux européens (modification des lois sur le chômage, les retraites, l’assurance maladie).

En effet les chose ayant évolué car le capitalisme a une chose de géniale, c’est que « l’argent n’a pas de couleur et d’odeur » et c’est sa plus grande faille. Il y a aussi le fait du fait de l’essoufflement des économies occidentales face à celles de l’Orient (Asie), les besoins impérieux des Hommes depuis longtemps standardisés par l’impérialisme culturel américain augmentent la pression. Les politiciens européens en manque d’idées et d’audace préconisent le durcissement des lois envers les étrangers et l’exclusion d ‘une partie de leur population.

C’est ce qui ressort du plan adopté à Rabat ce sont des mesures vagues  du genre :

ØCoopération entre l’Europe et l’Afrique dans le contrôle des frontières

ØRéduction de la pauvreté

ØAccroissement de l’aide au développement

ØEt l’Europe sans scrupule souhaite contrôler les flux financiers émanant des ressortissants africains à destination de leurs pays.

A lire ces mesures on comprend vite que les ministres africains et européens n’ont rien compris à la chose.

Pour les ministres africains c’était l’occasion de remettre à plat les rapports économiques existants, mais hélas les ministres africains n’ont pas encore saisi tous les contours du problème.

Il faut changer de vision et notre rapport au temps

Aux politiciens européens, je crois qu’il faut qu’ils aient le courage de changer de vision, car à y regarder de près, les Africains et eux se trouvent dans le même bateau.

En effet je me suis amusé à faire une toute petite projection sur les rapports entre Européens et Africains, en prenant le cas de la France par exemple.

Si la France au lieu de prendre de haut ses anciennes colonies en établissant au contraire des rapports de respect et de considération, je suis convaincu qu’elle gagnerait beaucoup.

Prenons l’exemple du domaine de l’automobile, pour ma part il est logique que les Asiatiques occupent le terrain. Ils ont de très bon pris et on peut trouver des pièces de rechange ce qui n’est pas le cas avec les voitures françaises comment en sommes-nous arrivés là ?

Première réponse, à cause de l’idéologie coloniale, Renault et Peugeot ont privilégié la mise en concession à des européens au lieu de faire confiance au Africains

De deux les voitures françaises n’étaient pas adaptées au coût de la vie des Africains trop chères car la politique néo coloniale ne permettant pas un enrichissement des africains.

L’Europe en faisant la PAC (politique commune agricole) a oublié de subventionner les voitures et autre objets industriels, préférant appauvrir les paysans africains, du coût les pays africains ont manqué d’argent. Les sociétés françaises installées en Afrique ne respectent aucune législation et chercher à réaliser des super méga profits au détriments de la population autochtone. Ler comportement de Elf-total au Congo est la première cause de l’augmentation de l’immigration des Congolais en France. Imaginez un seul instant que les pays comme le Gabon, le Cameroun, le Congo avec leurs multiples richesses minières et humaines, que le niveau de vie des populations avaient atteint la moitié de celui des pays du golfe. Quel marché pour les produits français qui bénéficiaient d’une grande image de marque de qualité par rapport aux produits asiatiques. On ne parlerait pas en France de délocalisation et d’immigrés car les Camerounais, les Gabonais, les Congolais resteraient chez eux.

La France par sa cupidité et arrogance raciale s’est aliénée les marchés africains, à force de multiplier les obstacles pour les visas, les petits commerçants ont trouvé le chemin de Dubaï, Hong Kong et autres pôles asiatiques. Elle s’est aliénée un marché de près de 80 millions de consommateurs, forcément cela apparaît sur la balance commerciale.

En ce qui concerne les produits manufacturés la France a perdu sa première place dans les pays de la zone franc, elle arrive à se maintenir à cause de son système de traite monétaire le franc cfa. Le jour où ces pays auront leur monnaie, la France à moins de faire la guerre perdra de toute son influence, c’est la monnaie qui maintient ces pays dans son captif giron.

Comme on le voit pour la France et les autres pays, la solution à l’immigration se trouve dans  la remise en cause totale du système économico-politique  actuel qui appauvrit l'Afrique et ce n'est que justice si ces habitants veuillent la quitter pour aller recuperer quelques miettes de leur bien.

Qui aura le courage de le remettre ? That is the question, pour la réponse semble évidente : l’évolution humaine et surtout que le temps n’est plus le même, car les rapports de force se modifient à la vitesse de l’internet maintenant. Ce qui prenait 1 ou 2 siècles avant ne prend plus que 10 ans à peine. Il nous faut changer notre rapport au temps.