Pour l’Afrique les nouveaux défis comme le SIDA, la grippe aviaire, et la crise de l’eau, rendent d’actualité les idées de Nkrumah et des pères fondateurs de l’OUA. Tandis que l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation dans une optique du fédéralisme panafricain apparaît à long terme caduque même si à court celle-ci semble être nécessaire. Cette intangibilité contrairement à ce que l’on croit n’est pas un obstacle, tout au contraire elle nie  l’idée d’une nation ou d'une république basée sur le fait ethnique ou tribale, qui depuis 50 ans est l’instrument privilégié de la politique coloniale. A leur profit, on peut dire, que les frontières actuelles ont participé à la stratification historique de l’Africain dans chacun des territoires. Elles ont renforcé dans l’imaginaire collectif africain, l’idée de l’unicité africaine. Elles reconnaissent l’Africain et rendent possible le fédéralisme et l’idée de la paix perpétuelle entre nations africaines. 

Elles fabriquent du citoyen et appuie l’idée des droits de l’homme par le fait par le fédéralisme, tous les Etats sont solidaires entre eux. La prise en compte des autres peuples constituera le progrès attendu par le fédéralisme africain.

L’intangibilité des frontières au niveau de l’Etat, a pour le moment dans le cadre d’un processus évolutif,  tout son sens,  pour permettre l’élection au suffrage direct d’un parlement africain ayant de réels pouvoir de légiférer. Une étape décisive pour l’émancipation africaine et pourrait constituer un palier irréversible pour la paix et la démocratie.

Une des premières conséquences du fédéralisme aura pour effet de limiter les souverainetés nationales qui ont eu pour seule fonction d’exclure les différentes dictatures évoluant au sein de ces territoires clos du regard et/ou de l’ingérence des autres peuples d’Afrique.

On peut dire que c’est à cause de ces fameuses souverainetés nationales, que des pays comme le Nigeria, l’Angola, Congo, le Gabon, le Cameroun, excluent les autres peuples d’Afrique de la jouissance des richesses naturelles comme le pétrole.

Toujours à cause de cela, ces pays peuvent avoir à leur tête des dictateurs qui vendent à vils prix ces richesses sans que les autres peuples africains puissent intervenir. Par contre dans un système fédéraliste, il aurait été difficile pour les autres pays d’accepter cela.

L’intangibilité des frontières héritées de la colonisation  a fait dégénérer les indépendances nationales en dictatures plus ou moins sanglantes.

Les enseignements de près de 50 ans passés, obligent à penser que l’expérience négative des indépendances qui a auto aliéner les libertés individuelles, la dignité humaine et le respect de la vie, devrait conduire les Etats africains à renoncer à leurs fameuses souverainetés et indivisibilité de territoire pour se diriger d’abord à l’intérieur de chaque pays actuel dans la voie du fédéralisme panafricain, si les populations africaines veulent s’imposer et se faire respecter sur la place mondiale.

Le fédéralisme doit commencer à l’intérieur des frontières actuelles de chaque pays, comme palier permettant d’éviter les guerres dites « tribales ». Plusieurs raisons plaident pour cette démarche :

- proximité du territoire avec les habitants,

- Démocratie sans trop d’intermédiaire,

- Liberté des individus,

Ainsi au sein des territoires plus ou moins homogènes, on ne peut plus évoquer la question ethnique, car les populations composant un territoire donné de façon théorique sont de la même  ethnie.

Mais il faut vite souligner que le fédéralisme ne rayera pas de l’Afrique les questions dites ethniques, car la nature humaine a plus tendance à l’égoïsme qu’au partage.

Quoi qu’il en soit la première étape du fédéralisme au niveau de chaque pays africain révélera à ces territoires, jalouses de leur autonomie, d’abord leurs faiblesses notamment démographique, économique, politique, territoriale, et autres. La prise en compte de leurs faiblesses devra les conduire à gravir l’autre échelon celui du fédéralisme panafricain.

La coordination des mesures à prendre étant en ce moment-là,  facilement réalisée.

Un fédéralisme panafricain issu de la volonté des peuples de se mettre ensemble renforcerait la liberté des individus et le progrès de ce continent.

Ce type de fédéralisme éliminerait aussi plusieurs facteurs de convoitise de richesses naturelles, donc de guerre entre pays, sur le prétexte des frontières comme il en est le cas entre le Tchad et la Lybie ; le Cameroun et le Nigeria ; le Burkina et le Mali.

Les pays africains au lieu de se faire concurrence entre eux se compléteraient comme par exemple sur les problèmes du coton, du café, du cacao, du tourisme et surtout sur la taille des usines.

La puissance politique et économique serait beaucoup visible.