Pointe-Noire : de 1959 à 1992

Pointe-noire ayant cessé d’être la capitale du Congo au plan politique, va garder sa place de première ville économique du pays avec ses usines, son port, ses ateliers du chemin de Fer Congo Océan.

Au niveau de l’administration cette ville va perdre son autonomie, toutes les décisions en ce qui la concerne vont émaner des autorités de Brazzaville.

On verra plus tard les conséquences de ce transfert de compétences.

Le gouvernement de 1961 va commander un plan directeur pour la ville.

Avant d’analyser la deuxième partie de l’évolution de Pointe-Noire, voici en résumé les dates principales en ce qui concerne le destin de cette ville.

1961, publication du plan directeur conçu par Arsac et Guerin.

1962, premier document écrit sur la ville : création des symboles de la ville.

1966, subdivision en trois arrondissements de la commune.

1973, nouveau plan directeur de la ville dit plan Tchec et Congo objectif 2000, mais jamais publié, population de base estimée à 153.000 habitants.

1980, conception d'un nouveau plan directeur par le centre de Recherches et Techniques de l'Habitat (CRETH), population de base 195.000 habitants.

1982, adoption par l'assemblée nationale du peuple et le gouvernement du plan directeur du CRETH.

1986, Pointe-Noire atteint une croissance spatiale de 5.800 hectares, soit une densité de 50 habitants au kilomètre carré.

1990, Pointe-Noire représente à elle seule, 17 % de la population totale du Congo, avec une croissance démographique de 6,2 % l'an.

1992, la ville atteint la barre de 500.000 habitants.

1992, élections municipales et législatives.

1994, en Mai-Juin, adoption de la loi dite de décentralisation.

Croissance et consommation de l'espace

Depuis sa fondation, Pointe-Noire a connu un très fort taux d'accroissement de sa population, 4,5 dans les premières années jusqu'en 1990. Cette croissance fulgurante est simplement due à une évolution démographique de 2000 habitants à sa création, la ville compte aujourd’hui près d’un million d’habitants.

La caractéristique essentielle de Pointe-Noire, c'est son développement urbain extensif qui a pour conséquence la consommation incontrôlée de l'espace. Cette forte consommation de l'espace, est aussi due au mode de construction qui privilégie l'extension en horizontal, pour la grande partie de la ville, c'est-à-dire toute la partie Est. La ville en moins de 50 ans a grandi de façon exponentielle. Elle a consommé toutes ses terres et sortie de ses limites originelles.

Cette croissance se fait en plusieurs étapes, surtout pour les quartiers de la cité. 

Pour le centre la consommation de l'espace est encore équilibrée. 

Croissance et consommation de l'espace selon les périodes 

Dans un premier temps nous allons analyser l'évolution spatiale des terres, et des paysages. Après l'analyse se portera sur les dynamiques internes de différents tissus urbains, toujours à partir du découpage spatial. 

Nous avons divisé cette croissance en dix périodes, c'est-à-dire, les périodes suivantes : 

·       1/ période de la naissance 1922 à 1931 

·       2/ période en 1931 

·       3/ période 1936 à 1945 

·       4/ période 1945 à 1950 

·       5/ période 1950 à 1955 

·       6/ période 1955 à 1960 

·       7/ période 1960 à 1970 

·       8/ période 1970 à 1990 

·       9/ période 1990 à 1992  

Pointe-Noire de la fondation à 1931 

La ville est fondée en 1922, la ville n'est pas encore une agglomération, car pour l'heure, l'essentiel du trafic avec l'extérieur, se fait encore avec Loango à une quinzaine de kilomètres de là. 

Pointe-Noire ne doit son implantation que par la perspective de la construction du port et du chemin de fer, en fait n'est encore qu'un camp de chantier. 

Les chantiers du port et du chemin de fer viennent à peine de débuter les travaux. 

il n'y a pas encore d'implantation définitive des populations, mais dès l'année 1923, on commence à penser à l'aménagement de la ville. 

C'est ainsi que dès 1924, POINTE-NOIRE va avoir son premier plan directeur de développement. Ce plan va consacrer la division en deux de la ville, la zone européenne et la zone indigène. Dans ce premier plan, seule la partie européenne a véritablement le visage d'une cité.

La gestion foncière est réglée par les dispositifs du code foncier noir dans les colonies 1920, ce code foncier va reconnaître le droit coutumier, sur la base de la notion que la terre non fertile n'appartient à personne individuellement mais seulement à toute la communauté. Toute la partie du centre-ville actuelle étant une zone des marécages et difficile aux travaux agricoles, et vide de populations (sauf le petit village Ndjindji), Les colonisateurs français avaient pris le soin de ne pas entrer en conflit avec les autochtones. 

La division de la ville était justifiée, le développement de la partie européenne autour du port et du chemin de fer (avec la gare centrale), le développement des africains à partir des villages en l'occurrence celui de Tié-Tié (première gare du chemin de fer au kilomètre 15). 

En cette période, la ville se cherche encore, commençant son peuplement démographique, au départ ce sont les travailleurs pour les deux grands chantiers (C.F.C.O. et port), la population atteint  3000 habitants en 1928. 

Pointe-Noire en 1931 

Selon Pierre Vennetier, POINTE-NOIRE, est encore un semis de constructions éparses parmi le quadrillage des rues en terre que l'on commence à empierrer. 

pour notre part si l'on regarde la carte de POINTE-NOIRE de cette année, on voit très bien que la ville était tout simplement constituée du centre-ville actuel pour l'essentiel et la ville se terminait à l'actuel rond point du marché central. 

On pourrait dire que la ville (actuel centre-ville) était seulement la ville européenne. La ville était complète dans son organisation c'est-à-dire les zones de production et les zones résidentielles avec écoles, terrains de sport. Le port n'étant pas encore achevé. 

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Pointe-Noire en 1936 

Avec l'achèvement du port et du chemin de fer en 1934, et l'installation de la société coloniale d'électricité. la ville va connaître une certaine vitalité dans ces activités. 

Il va avoir l'arrivée des populations du pays, cette période sera celle du développement de la cité. 

L'hôpital sera construit, le marché s'agrandit, c'est la formation de la première couronne. 

Le premier quartier à être loti sera le camp chic, fait des maisons de la SCIC. ces maisons sont construites sur des parcelles d'environ 250 m². elles comprennent pour essentiel deux chambres à coucher, un petit séjour, une douche, un W-C. et une cuisine. 

le centre-ville va connaître une relative densification par l'occupation des terrains vides contenus dans le tracé directeur. 

le quartier Ndjindji va se densifier le long des grands axes, il n'y a pas des nouvelles voies. 

Les constructions sont encore sommaires, peu de constructions à plusieurs étages, presque pas. Les constructions ont en moyenne rez-de-chaussée.

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CARTE DE LA VILLE EN 1936 figure 1

Au niveau du paysage urbain, on note peu de changement dans la physionomie de la ville. 

par contre le développement économique se traduit par la densification du quartier du port. On poursuit la progression de la ville vers l'Est, par la construction du chemin de fer Kouilou, cela pour joindre Loango. 

La construction de l'hôpital général sur l'un de grands axes, va introduire à la ville le découpage en îlot. Il va y avoir la quatrième avenue du quartier de l'évêché. 

le développement spatial de cette partie  va se faire désormais de l'Est vers l'Ouest.