Les différentes sortes de pouvoir (2)

a) le pouvoir de dissuasion

Dans d’autres pays l’asymétrie du pouvoir peut être accentué, dans le cas où l’une des parties qui a le pouvoir de structure ou de position cherche à dominer l'autre partie, à ne plus respecter le contrat, en ce moment on sort de la  Démocratie. Le pouvoir devenant dictatorial est obligé de dissuader toute velléité d’opposition, de rébellion  et rééquilibrage du « contrat social ».

Ce type de pouvoir est qualifié de pouvoir dissuasif. C’est celui qui caractérise plusieurs pays d’Afrique sinon tous à quelques exceptions près.

Au Congo par exemple, le pouvoir dissuasif peut être illustré par les actes de l’actuel détenant du pouvoir  du fait de sa facilité à utiliser les armes pour éviter de répondre à résoudre les asymétries sociales qu’il crée. Il dissuade toute tendance pour un positionnement du pouvoir national de l'ensemble du Congo vers un consensus. Ceux qui veulent dominer les autres, comme les colons français, ont  volontairement divisé le Congo en plusieurs parties non égales, par une fausse hiérarchisation des communautés la composant. Les classes sociales ici sont représentées par les groupes dit ethniques et pour maintenir le déséquilibre, le discours politique se remplit par les vocables comme celui d’unité nationale sur la base d’une vraie fiction sociale : le tribalisme ou l’ethnisme.

Le trait essentiel du pouvoir dissuasif c’est qu’il parvient au consensus par la soumission, or en droit, n’importe lequel, ainsi que dans l’ordre des choses, aucun contrat ne peut être consensuel et durable si l’une des parties du contrat se sent lésée. « Un peuple est toujours considérable » comme le dit si bien Pierre Akendengué et ne peut indéfiniment se laisser léser et spolier. Toute forme d’oppression à une fin car contraire à la vie.

L’obtention de la soumission dans une situation de pouvoir dissuasif se fait toujours par la violence explicite ou implicite. A ce niveau-là tout dépend de l’intelligence de celui qui est en position dominante, déterminant de ce fait l’échelle et le degré de violence. On a une palette de pouvoir dissuasif qui va de l’autocratie, passant par la dictature pour finir à la tyrannie. 

Le pouvoir dissuasif non seulement utilise la violence physique, mais aussi la violence morale, psychologique et matérielle. Il empêche tout épanouissement de l’individu en le dissuadant d’affronter la mort. Ceux qui détiennent le pouvoir suprême en Afrique dissuadent toute velléité de liberté en brandissant le spectre de la mort à toute remise en cause du déséquilibre. La plupart des esprits se sont résignés à cause de cette peur de la mort « ne fais pas la politique, tu vas mourir ». L’impunité qui est sciemment organisée, dans la plupart des pays d’Afrique, participe à une politique de soumission de ces peuples.

Au Congo par exemple, depuis 1997 la permanence d’une guerre incivile dans la région du Pool est voulue dans le seul but de soumettre l’ensemble de tous les Congolais à l’oppression exercée par celui qui détient la position dominante du  pouvoir Congolais.

Pendant longtemps ce dernier s’est arrangé à dissuader de manière implicite les Congolais à parvenir à une liberté matérielle, au prétexte que « le Congolais n’est pas compétent pour le commerce et l’industrie » seul l’étranger est travailleur, et pourtant ce sont les mêmes congolais qui exercent ailleurs. Pour appuyer cette dissuasion, la dictature  sous couvert de marxisme exigeait de certificat de moralité aux candidats congolais qui voulaient ouvrir une échoppe ou un commerce. L’enquête était menée par les services secrets d’Etat, tandis que dans le même temps n’importe quel étranger ouvrait facilement une boutique ou installait une industrie. Cette dissuasion était faite pour pouvoir soumettre le Congolais, et ce n’est pas étonnant que près de cinquante ans après son indépendance que l’on ne récolte pas toujours du sel  de table dans ce pays situé au bord de la mer, que l’on importe des légumes et autres aliments pour un pays bénéficiant des grâces de la nature, il pleut en moyenne dix mois sur douze et les terres sont à 98% fertiles. Le maintien de la pauvreté des Congolais contribue à leur soumission. Et ce n’est pas un hasard si tous les pays pétroliers d’Afrique ont des taux élevés de pauvreté avoisinant les 70 à 80% de leur population globale.   (Voir rapport banque mondiale )

à suivre....................................