Les différentes sortes de pouvoir

Il existe plusieurs sortes de pouvoir, et dans  l’homme est amené à user de chacun d’eux, comme le pouvoir de structure qui provient de l’organisation structurelle de la société. Ce type de pouvoir est aussi appelé pouvoir de position. Un homme de par sa position sociale peut détenir un pouvoir, c’est le cas du directeur de l’école à qui le recteur a confié un certain niveau de pouvoir sur les élèves et les enseignants, il en est de même pour un chef d’entreprise vis-à-vis de ses salariés. Un autre cas de pouvoir de position c’est celui par exemple du prêtre ou du pasteur vis-à-vis de ses fidèles. Le pouvoir de position ou de structure établit ainsi des rôles précis pour le bon fonctionnement de la société et ce type de pouvoir fait engager un système de responsabilités et de devoirs.

Le second  type de pouvoir est celui  qui fait intervenir un lien entre deux parties égales en droit, car c’est l’essence même du pouvoir. En effet les relations humaines pour qu’elles puissent avoir lieu découlent de la part des parties en présence du respect d’un lien social ou de l’acceptation d’un contrat entre ces deux parties. Ce qui confère au contrat ou au lien social un pouvoir suprême.

Les signataires d’un contrat sont tenus de le respecter de la même façon que l’autorité d’un pouvoir, il en est de même pour le lien social. Des parents sont tenus d'apporter assistance, soutien, amour à leurs enfants, de même que ces enfants à leur tour devenus grands fassent de même à leurs parents devenus vieux et faibles, c'est sur ce postulat que se base la relation parents-enfants. En Afrique on a souvent coutume de dire que les enfants c'est "l'assurance-vie". 

Ce type de pouvoir qui met tout le monde d’accord et crée un lien fort avait inspiré il y a quelques siècles de ça, le titre du livre de Jean-Jacques Rousseau[1] « Du contrat  social» , il voulait établir entre  le gouvernement et le peuple un pouvoir d'égale valeur. Pour lui , le pouvoir de l’une des parties sur l’autre ne pouvait s’exercer que de manière consensuelle, sans esprit de domination de l'une sur l'autre. La recherche d’un consensus permanent caractérise ce type de pouvoir.

La conception de ce type de pouvoir demande la libre adhésion des parties et l’établissement d’un lien social. Les contraintes du pouvoir de contrat sont la liberté, l'égalité, le lien et le consensus

Pour qu’il y ait liberté et consensus il y a nécessité d’ un contrat symétrique, c’est-à-dire que le pouvoir du chef doit  être égal au pouvoir du peuple, dans des démocraties cette symétrie est garantie par la possibilité que le peuple peut toujours révoquer le président de la république, ce qui n’est pas le cas dans des royaumes ou dictatures ou les chefs ne peuvent pas être démis par le peuple sauf à les obliger par des violences. Dans ce type de pouvoir lorsqu’il y a asymétrie, le pouvoir cesse d’être contractuel et consensuel, il est obligé de muter vers d’autres types de pouvoirs comme le pouvoir de persuasion ou de dissuasion.

Le troisième type de pouvoir pouvant être répertorié est le pouvoir de persuasion, en l’absence d’une autorité morale, spirituelle, matérielle et autre. L’asymétrie dans n'importe que pouvoir lorsqu'elle est souvent créée par celui qui détient une position dominante par exemple le chef de l’Etat, oblige ce dernier à persuader ses compatriotes. Dans une démocratie cette persuasion passe le plus souvent par les média, les débats, les meeting et autres actions de séduction, voire de manipulation faisant souvent appel au mensonge, à l’hypocrisie, à la désinformation, à la corruption, et à la concussion. On rencontre souvent ce type de pouvoir dans les démocraties occidentales  on peut citer l’affaire Nixon, aux Etats-Unis, ou bien le traitement que les médias occidentaux reserve aux problèmes africains. Ces derniers mentent systématiquement aux populations laborieuses de l'Occident.

En réalité le pouvoir dit de persuasion ne  peut se déployer qu’en présence de deux premiers types de pouvoirs cités ci-haut soit pour rétablir l’équilibre soit pour l’accentuer.

Dans d’autres pays l’asymétrie du pouvoir peut être accentué, dans ce cas on pense que celui qui a le pouvoir de structure ou de position cherche à dominer l'autre, à ne plus respecter le contrat, et on sort de la  Démocratie le pouvoir devenant dictatorial est obligé de dissuader toute velléité d’opposition, de rébellion  et rééquilibrage du « contrat social ».

Ce type de pouvoir est qualifié de pouvoir dissuasif. C’est ce type de pouvoir qui caractérise plusieurs pays d’Afrique sinon tous à quelques exceptions près.

Le pouvoir dissuasif au congo par exemple peut être illustré par les actes du pouvoir actuel du fait de sa facilité à utiliser les armes pour éviter de répondre à résoudre les asymétries sociales qu’il crée. Il dissuade toute tendance à un positionnement du pouvoir national de l'ensemble du Congo vers un consensus. Ceux qui veulent dominer les autres, comme les colons français, ont  volontairement divisé le Congo en plusieurs parties non égales, par une fausse hiérarchisation des communautés la composant. Les classes sociales ici sont représentées par les groupes dit ethniques et pour maintenir le déséquilibre, le discours politique se remplit par les vocables comme celui d’unité nationale sur la base d’une vraie fiction sociale qu'est le tribalisme ou l’ethnisme.

à suivre.........................................................

[1] Jean-Jacques Rousseau « du contrat social » Editions du Seuil  Paris 1977